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Cash Investigation ou l’art de la soupe populaire sans saveur !

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Par Julie Péréa

Une honte ! Oui. Une honte ! Dans le pays de la gastronomie, la soupe populaire servie dans « Quand les actionnaires s’en prennent à nos emplois », enquête d’Edouard Perrin pour Cash Investigation animée par Élise Lucet ce mardi 3 mars 2015 sur France 2, est une honte. Dans un bel emballage aux inscriptions tape à l’œil, « Que se passe-t-il quand les actionnaires deviennent trop voraces ? », ajoutez de l’eau (nos larmes), la soupe est prête.

Quel est le pire ? Les téléspectateurs qui remercient les auteurs de cette soupe lyophilisée « low cost » sur les réseaux sociaux ou les médias ? Les premiers sont excusables - quand on a faim et qu’on est sans le sou, on prend ce que l’on nous donne – mais pas les seconds qui servent cette soupe populaire sans autre ingrédient que les épluchures méticuleusement et finement détachées des légumes.

Les cas Sanofi, Pages Jaunes et la fermeture de Samsonite à Hénin-Beaumont sont passés au crible. Au final, le téléspectateur sait tout sur les mécanismes de pillage des vautours de la finance et la manière dont ils dépècent les entreprises qu’ils achètent, mettent les employés au chômage, poussent certains d’entre eux au suicide, et l’insistance des reporters auprès des faiseurs de chômeurs et veuves pour recueillir leurs propos donnent l’illusion qu’ils ont poussé loin leurs enquêtes. Telles des épices ajoutées pour masquer l’absence d’ingrédients de qualité et donc de réflexion sur la manière de combattre ces vautours.

Sur les réseaux sociaux, il m’a été rétorqué, qu’à la fin, les reporters amènent la nécessaire prise de conscience par les bénéficiaires involontaires de ces pillages. Explications.

L’usine de valises Samsonite à Hénin-Beaumont a été achetée puis revendue avec d’énormes bénéfices par plusieurs fonds d’investissements : Bain Capital (Boston) et Teachers, le fond de pensions des enseignants retraités de l’État de l’Ontario au Canada. Ce dernier assure un rendement de 20 % chaque année à ses bénéficiaires ; de quoi leur assurer une retraite dorée. Teachers a misé 60 millions de $ et en a gagné 300. Le reporter a montré à deux de ces retraitées une vidéo où l’une des ex-employés Samsonite explique les conséquences : usine en friche, employés licenciés sans indemnité.

« Pensez-vous que l’on peut avoir des rendements aussi élevés sans recourir à ce genre de méthodes ? », demande le journaliste aux deux retraités. Comment ne pas se sentir coupable ? La méthode est d’autant plus ignoble que Cash Investigation ne propose aucune solution. Le journaliste conclut le film sur Teachers sans solution :

Avoir une vue d’ensemble, afin de s’assurer un excellent rendement avec une très bonne raison : pouvoir payer une bonne retraite à ses profs. Un fond de pensions a laissé indirectement 200 familles françaises et une usine sur le carreau en toute impunité (…)

Pire. Si l’émission voulait désigner des bouc-émissaires à l’opinion pour blanchir les vrais responsables, elle ne ferait pas mieux. Si les reporters avaient la moindre honnêteté, ils iraient interroger ceux (politiciens et lobbies financiers) qui ont conçu et imposent de plus en plus les retraites par capitalisation en démantelant le système de retraites par participation (solidarité des générations… exception française).

La prise de conscience suffit-elle à changer le monde ? Non. Certes, les deux retraités ont de quoi « réfléchir » et l’une aimerait « que ce monde soit plus moral, plus éthique » mais « c’est l’argent qui décide ».

Certains souffrent du complexe de Zeus : forte surcharge pondérale. Ils se goinfrent de légumes et autres denrées de ce monde et ne laissent que les épluchures aux simples mortels. Le fondateur et ex-PDG de Sanofi, tourneur de formation, Jean-François Dehecq, l’exprime ainsi : « C’est un drôle de truc d’imaginer que parce que des mecs ont un peu de pognon et une action, [ils ont] le droit de vie et mort sur les ouvriers, sur les employés, sur l’ensemble de l’entreprise. »

Leurs excès exposent les Dieux de l’Olympe à un risque accru d’obésité morbide, prévient le PDG du plus gros fond d’investissements au monde, Larry Fink, dans une lettre ouverte aux grands patrons : « Ce qui nous inquiète, c’est que trop d’entreprises hésitent à investir (…) et préfèrent booster leurs dividendes. Rendre du cash aux actionnaires doit être le fruit d’une stratégie [pour la métaphore comprendre : un régime alimentaire] équilibrée. (…) cela met en péril la capacité de l’entreprise à engendrer des profits à long terme. » Pierre Gattaz, patron des patrons français, devrait consommer avec plus de modération les allègements fiscaux sur les dividendes.

D’autres ne sont pas… en reste. Ils consomment en moins grande quantité mais toujours le même plat : le dogmatisme libéral. Qu’Emmanuel Macron se rassure ; son plat favori n’est pas mortel mais handicapant quand on est « un ministre socialiste » de l’économie qui doit être « lucide et pragmatique ».

Difficile alors de vouloir « progressivement sevrer nos économies d’un actionnariat spéculatif qui veut du rendement », surtout quand le ministre explique à Elise Lucet qu’un mauvais signal serait envoyé si Sanofi diminuait son objectif de 50% de redistribution des bénéfices aux actionnaires, ce qui ferait s’effondrer le cours de ses actions. Non ? Pas sûr donc qu’il soit davantage compris avec sa tentative de variante de la recette originale : la loi. Encore trop salée pour les simples… mortels.

Quant aux restes, les épluchures donc, les médias et les experts les accommodent toujours de la même manière : en soupe populaire. Ils la servent si souvent qu’ils ne savent plus faire que ça. Cash Investigation a parlé des dividendes exorbitants des actionnaires et a proposé de réguler le taux de redistribution des bénéfices par la loi. Les emplois restants seront-ils sauvés pour autant ?

Pourquoi reportages, docu-fictions, articles d’experts, n’évoquent-ils jamais des solutions globales ? N’en existe-t-il donc aucune ? Ils ne disent jamais « on a cherché mais rien trouvé ». Leurs enquêtes sont donc incomplètes. Pourquoi ? Des oublis ? Improbable. Tous ne sont pas des débutants. Ils laissent les personnes - qui les regardent, qui les lisent et qui les écoutent – orphelines de solutions pour combattre ce système spéculatif criminel et construire un nouveau monde. Ne sous-entendent-ils pas, sciemment donc, qu’il n’y a rien à faire ?

A force de répéter qu’il n’y à rien que nous puissions faire, ne finissons-nous pas par accepter, par nous adapter, nous soumettre à la situation inacceptable présentée comme inéluctable puisque sans solution opposable ? Ceci ressemble à s’y méprendre à une forme moderne, sans doute, d’esclavage : l’esclavage mental. Il ne viendra donc pas à l’esprit des personnes - ignorant qu’il existe des solutions - de résister et de se battre pour un réel changement.

Le meilleur pour la fin et la faim

Elise Lucet a donc de quoi agrémenter sa soupe de goûteux ingrédients pour mettre fin aux agissements des spéculateurs de tous genres dans un second reportage présentant les solutions pour les combattre. Une belle commission d’enquêtes parlementaire, une savoureuse séparation stricte des banques ou banques finement ciselées, une bonne dose de crédit public. Ingrédients in-dis-pen-sa-bles pour saupoudrer d’emplois qualifiés la nouvelle Route de la soie tracée par les pays émergents que la France doit absolument rejoindre, pour assurer une paix durable dans le monde par le développement économique et le progrès social.

Un repas complet digne de la France et de la meilleure table grecque : Prométhée qui signifie « Le prévoyant » !

La touche du chef. Madame Lucet pourrait s’enquérir de quelques conseils culinaires auprès de celui qui dénonça, aux présidentielles de 1995 et 2012, le cancer financier : Jacques Cheminade.

Madame Lucet, à quand le vautour sauce BRICS au menu ?

Bon appétit !

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