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L’économiste franco-suisse Marc Chesney soutient le retour au Glass-Steagall Act

La rédaction
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Marc Chesney, vice-directeur de l’Institut banque et finance de l’Université de Zurich.
Crédit : Swissinfo

A l’occasion de la parution de son nouveau livre, De la grande Guerre à la crise permanente, le site suisse Swissinfo.ch a publié le 27 août un entretien, intitulé « La Grèce, victime parmi d’autres de la dictature financière », avec le vice-directeur de l’Institut banque et finance de l’Université de Zurich, le professeur Marc Chesney.

D’emblée, l’économiste franco-suisse rappelle la célèbre citation de Charles de Gaulle en 1966, « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille », à la différence d’aujourd’hui, où les marchés financiers dictent l’orientation de économique et financière des pays.

Le livre, comme le souligne Swissinfo, n’est pas tendre avec le secteur financier, tour à tour accusé de : « boulimie », « pathologie », « escroquerie » « dictature »…

Pour Marc Chesney :

La bourse est devenue un casino (...) où les grandes banques jouent de l’argent qui le plus souvent n’est pas le leur. Ce ne sont plus des investissements, mais des mises. Le secteur financier est de plus en plus déconnecté de l’économie réelle, et les banques centrales faussent encore le jeu en inondant les marchés de liquidités. Ce qui domine, c’est la vénalité, la vacuité morale, et l’absence de valeurs autres que financières.

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En théorie, la bourse devrait être l’endroit où se financent les entreprises. En 2011, en France par exemple, elles n’y ont levé que 5,4 % de leurs capitaux ! Rien qu’en 2001, cette part était encore de 27 %.

Aujourd’hui, on estime que la moitié des transactions sur les marchés européens (et jusqu’à 70% aux États-Unis) sont des transactions à haute fréquence, c’est-à-dire effectuées par des ordinateurs qui achètent et revendent des titres en quelques microsecondes. 80 à 90% de ces ordres sont annulés à la même vitesse afin d’induire la concurrence en erreur. Est-ce que c’est de l’investissement responsable ? C’est plutôt du poker menteur. Pour l’utilité sociale de ce qu’on y fait, la bourse pourrait tout aussi bien n’ouvrir qu’une heure par semaine. De même pour les marchés des changes. Six jours de transactions par année y seraient suffisants pour permettre à l’ensemble du commerce international des biens et services de s’effectuer.

Concernant la Grèce, Marc Chesney s’attaque à l’austérité imposée par l’UE. Il dénonce en particulier l’hypocrisie du président de la Commission européenne :

Jean-Claude Juncker, intime à la Grèce l’ordre de réduire son déficit, alors qu’il a dirigé pendant des années un pays - le Luxembourg -, qui a permis à des sociétés actives en Grèce de pratiquer l’évasion fiscale aux dépens de la République hellénique. Cela tourne à la farce.

Face à cela, Chesney appelle à un audit de la dette pour en déterminer la partie légitime : « Une dette est illégitime si elle a été contractée contre les intérêts de la population et ce, en toute connaissance des prêteurs. »

Il rappelle que le président de la BCE Mario Draghi n’a toujours pas dénoncé le rôle joué par Goldman Sachs, son employeur de l’époque, dans le montage financier visant à minimiser la dette de la Grèce afin qu’elle réponde aux critères de la zone euro.

Le professeur Chesney termine par un appel à la séparation « entre banque de dépôt et banques d’affaires, comme elle a existé aux États-Unis de 1933 à 1999 avec le Glass-Steagall Act. Ceci afin que les banques qui veulent prendre des risques démesurés le fassent avec leur argent, pas avec celui du client ou du contribuable. »

En mai dernier, Chesney avait participé, avec Helga Zepp-LaRouche et d’autres intervenants, à une conférence sur les BRICS à Zurich, organisée par le mouvement citoyen suisse Impulswelle.

Le Conseil national suisse (chambre basse) avait montré l’exemple en septembre 2013 en adoptant une résolution obligeant le gouvernement helvétique à préparer un projet de séparation des banques en vue de la prochaine crise financière. La résolution avait alors été rejetée par le gouvernement. Aujourd’hui, avec les élections prévues pour octobre, Glass-Steagall devrait être remis à l’ordre du jour.

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