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Pourquoi la City et Wall Street sont nos ennemis

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Un krach financier plus destructeur que celui de 2008, des actes de guerre et de terrorisme d’une violence sans précédent... Quelle est la véritable nature de cet ennemi que Jacques Cheminade et notre ami américain Lyndon LaRouche combattent depuis longtemps ? C’est à cette question que ce dossier s’efforce de répondre.

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Armoiries de la City de Londres : « Seigneur, guidez-nous ».

Pourquoi la City et Wall Street sont nos ennemis

Depuis la fin des années 90, notre monde connaît une situation hors du commun. Elle a été minutieusement décrite par l’économiste François Morin dans son livre L’hydre mondiale, l’oligopole bancaire (Lux Editeur, 2015). Car si, par le passé, le banquier de tel ou tel roi, empereur, président ou pape a joué un rôle important dans l’histoire, aujourd’hui c’est un véritable « oligopole bancaire » de vingt-huit banques qui impose sa loi, non pas à quelques-uns, mais à l’immense majorité des gouvernements occidentaux. Comme l’écrivait le quotidien britannique The Guardian :

L’industrie de la finance n’est plus une perversion du système, elle est le système.

Histoire d’un oligopole

Après la libéralisation de la sphère financière amorcée dans les années 70, ayant ouvert les mouvements de capitaux et confié aux marchés – et non plus aux États – le rôle de déterminer les taux de change ou d’intérêts, la globalisation des marchés se généralise vers le milieu des années 90. Les plus grandes banques s’adaptent alors à ce nouvel espace d’échanges, en fusionnant et en se restructurant.

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Exemple de la concentration bancaire aux Etats-Unis. En trois décennies, depuis l’abrogation de Glass-Steagall, ce qui était à l’origine 37 banques, a fusionné pour devenir 4 mastodontes trop gros pour faire faillite. Libéralisme ?
Crédit : Realities Watch

Les conditions d’émergence d’un oligopole à l’échelle mondiale sont ainsi réunies. Celui-ci va très vite se coordonner à l’échelle internationale et devenir gigantesque : bien que l’on compte toujours 40 000 banques dans le monde, au sommet, seules 28 mènent la danse (0,0007 %) ! En 2012, la somme de leurs bilans (50 341 milliards de dollars) était supérieure à la dette publique mondiale (48 957 milliards de dollars pour 200 États) !

Reconnaissant qu’elles pourraient provoquer une nouvelle crise, le G20 de Cannes de 2011 déclare ces 28 banques, ainsi que 9 assureurs [1], « systémiques ». Car, autant par leur taille que par l’étendue des liens entre elles, la faillite d’une seule d’entre elles peut entraîner la chute de toutes ! Sans être complotiste, Morin constate que cette position oligopolistique leur confère de fait le pouvoir politique exubérant d’un gouvernement mondial non élu.

L’escroquerie des produits financiers dérivés

Et elles en abusent. Avec la dérégulation financière, ces banques obtiennent le droit d’inventer et de vendre des « dérivés » : en résumé, il s’agit de produits d’assurance dont certains sont très spéculatifs. Déjà lors des élections présidentielles de 1995, Jacques Cheminade avait averti qu’il s’agissait là d’une « bombe H financière ». [2]

En 2007, ce sont les dérivés qui sont à l’origine de la crise dont nous subissons encore les conséquences à ce jour. Or, sur les 28 banques systémiques, seules 14 fabriquent ces produits dont l’encours notionnel (le montant des valeurs assurées) atteint... 710 000 milliards de dollars, soit un peu plus de 10 fois le PIB mondial, alors que 10 d’entre elles gèrent 80 % des transactions de change !

A cela s’ajoute, comme les enquêtes le démontrent, que 11 d’entre elles (Bank of America, BNP-Paribas, Barclays, Citigroup, Crédit suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, HSBC, JP Morgan Chase, Royal Bank of Scotland et UBS) ont arrangé systématiquement des « ententes en bande organisée » pour manipuler le marché des changes ou le Libor (taux d’intérêt interbancaire de référence établi à Londres).

Pourquoi la City de Londres et Wall Street ?

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Vieille bourse d’Amsterdam au XVIIe siècle.

L’oligopole bancaire incarne-t-il la « finance anglo-saxonne » ? Pas tout à fait, puisque parmi ces 28 banques, 16 sont européennes, 8 américaines, 3 japonaises et 1 chinoise.

Et si elles ont élu domicile à la City de Londres et Wall Street, c’est avant tout pour des raisons stratégiques.

Bien plus vieux que nos Etats, les centres décisionnels des empires financiers et les bourses ont su se métamorphoser en se portant là où ils avaient décidé d’écrire l’histoire. En se déplaçant de Babylone à la City de Londres, en passant par Delphes, Rome, Venise, Gênes, Bruges, Anvers, Lyon, Genève et Amsterdam, l’oligarchie financière a su s’imposer à toute l’Europe à travers son histoire, avant de s’implanter à Wall Street, aux États-Unis. Si au Moyen-âge, Venise était le centre du monde, Londres, situé géographiquement entre l’ancien et le Nouveau monde, prendra cette place.

L’oligopole bancaire d’aujourd’hui vit des incomparables avantages de la City de Londres. Véritable État dans l’État, disposant d’un maire élu par les banques et d’un représentant non élu au Parlement, la City of London Corporation est elle-même un paradis fiscal et la maison mère des paradis fiscaux créés à la fin des années 50 par Londres, sur les innombrables îles de l’Empire britannique (îles anglo-normandes, Caïman, îles vierges britanniques, etc.).

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Le Lord Mayor de la City. A ne pas confondre avec le maire de Londres...

Disposant d’une juridiction du secret, ils permettent, en toute légalité bien que hors de la loi des États, une « optimisation » (évasion) fiscale évaluée à au moins 3100 milliards de dollars par an. A cela s’ajoutent 1000 milliards de dollars en contrats d’armes et de drogue, sans oublier le terrorisme.

Alors que l’UE, au nom de l’ordo-libéralisme, fustige les positions monopolistiques des cartels et prétend œuvrer pour une concurrence « libre » et « non-faussée », la Commission européenne, infiltrée de haut en bas par des hauts fonctionnaires du Commonwealth et vivant en symbiose avec près de 50 000 lobbyistes installés à Bruxelles, s’est toujours refusée à s’attaquer à la City. Pour peser face à la Chine et aux États-Unis, mieux vaut avoir les Anglais avec nous, dit-on aux naïfs.

La succursale américaine

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25 €, 362 pages, l’Harmattan
2012. Frais d’envoi : 5 € (+ 3 € par
exemplaire supplémentaire). Pour
commander, cliquer ICI ou tél : 01 76 69 14 50

Toute l’histoire des Etats-Unis se résume à une confrontation brutale entre une jeune nation et Wall Street, où les intérêts esclavagistes pro-britanniques ont élu domicile et finissent par triompher. Ils obtiennent même la suppression de la Banque nationale américaine, à laquelle ils substituent en 1912 un syndicat de banques privées, la Réserve fédérale, modelé sur la banque d’Angleterre, elle-même modelée sur la Banque d’Amsterdam… Plus british que les British, Wall Street, qui dispose de ses propres paradis fiscaux (Panama, Etat du Delaware, etc.) siphonnera les capitaux du monde entier.

Le cabinet d’avocats Sullivan & Cromwell (S&C), bras juridique des familles Morgan et Rockefeller, inventera et généralisera le concept des « sociétés holdings » si précieux à l’évasion fiscale et se spécialisera dans les fusions-acquisitions.

Deux de ses avocats, les frères Allen et John Foster Dulles, le premier à la tête de la CIA, le second comme ministre des Affaires étrangères d’Eisenhower, feront des États-Unis la plus grande machine militaire du monde, mise au service de l’oligopole bancaire.

Et lorsqu’en 2008, la faillite de Lehman Brothers menace de précipiter le géant américain AIG, un assureur « systémique », vers la faillite, Alan Greenspan, le patron de la Fed, décroche son téléphone pour appeler Henry Rodgin Cohen, le président de S&C. Nul autre que lui ne peut mieux « dénouer » les géants bancaires en difficulté. Et pour cause, il en a été l’architecte !

Servitude volontaire

Certains nous disent qu’il suffirait de sortir de l’OTAN, de l’euro et de l’Union européenne pour retrouver des lendemains qui chantent.

Ils oublient de préciser que la « servitude volontaire » de la France à ces trois entités ne fut autre qu’une servitude à cet oligopole bancaire installé à Londres et à Wall Street, une soumission que le candidat Jacques Cheminade fut le seul à dénoncer, notamment lors de sa campagne présidentielle de 2012. A vous de vous engager aujourd’hui à ses côtés !

Bibliographie :


[1Il s’agit de : Allianz, AIG, Aviva, AXA, Generali, MetLife, Ping An, Prudential Financial et Prudential plc.

[2Voir 1995-2012 : le combat de Jacques Cheminade contre le péril financier, vidéo, jacquescheminade.fr

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