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La coopération entre la Chine et le Brésil va consolider les BRICS

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Mardi, suite à une rencontre qualifiée de stratégique et d’extrêmement productive, la présidente brésilienne Dilma Rousseff et le Premier ministre chinois Li Keqiang ont signé à Brasilia 35 accords économiques pour un montant de plus de cinquante milliards de dollars, dans le cadre d’un « plan d’action commun » défini par la dynamique des BRICS dont les deux pays sont des acteurs majeurs.

Après une première série d’accord dans le domaine des matières premières, cette « seconde génération » d’investissements chinois au Brésil « se concentrera sur l’industrie lourde et les grands travaux d’infrastructure », avait expliqué avant cette visite officielle José Graça Lima, chargé des relations avec l’Asie au ministère brésilien des Affaires étrangères. Depuis 2009, la Chine est le premier partenaire commercial du Brésil devant les États-Unis, avec des échanges commerciaux multipliés par 25 en un peu plus de dix ans, s’élevant à 83 milliards de dollars en 2013.

A Brasilia, les deux pays ont :

  • Signé deux accords de coopération et de financements par la Chine de projets du géant étatique pétrolier Petrobras, pour un montant total de 7 milliards de dollars. Ceci lève l’hypothèque sur l’avenir du groupe, qui était jusqu’ici plombé par l’effondrement des cours du pétrole et par un scandale de corruption qui avait porté atteinte à sa capacité d’emprunt sur les marchés internationaux ;
  • Signé un accord pour la vente de 22 avions du constructeur brésilien Embraer à la compagnie chinoise Tianjin Airlines, pour un montant estimé à 1,1 milliard de dollars ;
  • Signé un accord pour la construction d’un complexe sidérurgique dans l’Etat du Maranhao dans le nord-est du pays ;
  • La Banque industrielle et commerciale chinoise (BICC) va offrir jusqu’à 4 milliards de dollars de financements au groupe minier brésilien Vale, leader mondial du minerai de fer, qui souffre de l’effondrement des cours. La Chine lui achète directement quatre minéraliers ;
  • Leader mondial de l’élevage de viande bovine, le Brésil a obtenu la réouverture du marché chinois à ses exportations bloquées pour des questions sanitaires. La reprise des ventes sera « immédiate avec l’habilitation par la Chine des huit premiers établissements exportateurs brésiliens », a souligné la présidente brésilienne Dilma Rousseff.
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Canal sec

A cela s’ajoute un accord pour la réalisation d’une étude de faisabilité pour la construction d’un chemin de fer transcontinental (« canal sec ») reliant le port de Santos au Brésil avec le Pérou, en passant par la Bolivie, projet qui permettrait aux exportations brésiliennes d’éviter le canal de Panama.

Le projet est pharaonique. Car franchir un isthme large de 70 kilomètres comme comme celui de Panama est une chose. Relier deux océans distants de 3500 kilomètres, en franchissant toute l’Amérique du Sud et la cordillère des Andes, est un défi d’une autre taille. Pour profiter de leur savoir faire, l’Amérique du Sud se tourne notamment vers la Suisse et l’Allemagne. Une rencontre a eu lieu à fin janvier 2015 à La Paz, sous la conduite du président bolivien Evo Morales. L’ambassadeur de Suisse, Peter Bischof, son homologue allemand ainsi que des industriels suisses et allemands étaient présents.

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Les deux tracés envisagés : l’un (en rouge) passant par la Bolivie, l’autre (en vert) contournant la Bolivie et passant par l’ouest du Brésil, dit le projet FETAB (Ferrocarril Transcontinental Peru Brasil)

Aujourd’hui, le projet de chemin de fer transcontinental représente à lui seul « 30 milliards de dollars d’investissements », a expliqué le ministre brésilien de l’Industrie et du Commerce extérieur, Armando Monteiro. « Une nouvelle voie vers l’Asie va s’ouvrir pour le Brésil, réduisant les distances et les coûts, une route qui nous conduira directement vers les ports du Pérou et, à travers l’océan Pacifique, vers la Chine », a précisé pour sa part la présidente brésilienne, Dilma Rousseff. « La Chine et le Brésil promeuvent la construction d’infrastructures, un domaine dans lequel la Chine a une riche expérience qu’elle aimerait partager avec le Brésil pour l’aider à réduire ses coûts », a commenté le Premier ministre chinois.

La banque des BRICS

A Brasilia, Li and Rousseff ont annoncé que la Banque industrielle et commerciale chinoise (BICC), la plus grande banque du monde en termes d’actifs, va mettre sur pied un fonds de 50 milliards de dollars pour l’investissement dans les infrastructures auprès de la Caixa Econômica Federal, l’équivalent brésilien de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) en France.

Dans la déclaration finale, les deux dirigeants réaffirment leur volonté de se consulter régulièrement sur des questions régionales et financières. Ils se sont également « félicités des avancées » sur la mise en place de la Nouvelle banque de développement (NBD) et sur l’accord-cadre non contraignant instaurant une réserve de change commune (le BRICS Contingent Reserve Arrangement, CRA).

La déclaration fera sans douter grincer Wall Street. Car le ministre brésilien des finances, Joaquim Levy, est un pur produit de l’école monétariste de l’Université de Chicago. Pour les adeptes de cette secte sado-monétariste, ce n’est que par une austérité à la Grecque que le Brésil retrouvera le salut. Pour y arriver, Levy ne cherche pas seulement à réduire les dépenses budgétaires de 23 milliards de dollars, mais exige que la participation brésilienne à la banque des BRICS soit renvoyée aux calendes grecques.

« Nous allons renforcer notre coopération au niveau de nos capacités productives et à partir de cette perspective nous allons forger un paradigme », a déclaré le Premier ministre chinois Li Kiqiang. Si la dynamique des BRICS semble donc l’emporter, il reste maintenant aux Brésiliens de ratifier les différents mécanismes de financements.

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Notre avenir est avec les BRICS

Cette nouvelle dynamique des BRICS est le fruit d’un combat international pour le droit au développement mené par Solidarité et progrès en France et l’Institut Schiller à l’international.

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