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Christine Bierre : cette COP21 n’est que de l’air chaud...

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L’hebdomadaire camerounais L’Intégration a interrogé Christine Bierre, rédactrice-en-chef du journal Nouvelle Solidarité. Elle analyse les retombées jugées « trop maigres » de COP 21.

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Comment avez-vous apprécié globalement le déroulement des travaux de la COP21 qui vient de s’achever à Paris ?

Ces travaux ont été extrêmement coûteux : 170 millions d’euros selon Laurent Fabius, dont 20% seront financés par les entreprises qui organisent l’événement et qui auront ensuite les contrats pour les énergies renouvelables et autres équipements de la transition. Il y a quand même conflit d’intérêts.

Après la lecture des résolutions adoptées au cours de ce rendez-vous, doit-on persister à croire qu’il y a un agenda caché derrière le discours sur le changement climatique ? Au fait, pourquoi il existe des voix discordantes comme cela était déjà le cas savant l’ouverture de la COP21 ?

Il y a certainement un agenda caché derrière le changement climatique : c’est l’idée malthusienne que les ressources de notre planète sont limitées, et qu’il faut donc consommer moins et surtout, réduire la population. Le journal dont je suis la rédactrice-en-chef, Nouvelle Solidarité, n’a pas arrêté de le dénoncer au cours de la COP 21.

Et à la fin, au cours de la CONTRE COP 21, Philippe Verdier, l’ex chef du service météo de France Television l’a aussi dit dans un texte qui a été lu à la CONTRE COP21 :

L’explosion démographique, [est le] sujet tabou de la COP21.

Au delà de ce thème central, d’autres dénoncent aussi la méthode dictatoriale utilisée par le GIEC contre tous les opposants ; ainsi que le « catastrophisme » dans la communication du GIEC.

Et s’il vous était demandé une analyse et une appréciation du discours des dirigeants africains qui se sont succédé sur la tribune de la COP 21 ?

Les pays africains ont eu parfaitement raison d’exiger, comme les autres pays en développement, qu’on tienne compte de « différents contextes nationaux », et que « l’équité » l’emporte sur « l’égalité » pour ce qui est des efforts souscrits par les pays en développement.

Car les pays développés ont pu se moderniser grâce à l’utilisation des énergies fossiles plus efficaces, et ne peuvent exiger aujourd’hui que les pays en développement renoncent à ces énergies que s’ils accordent aux pays en développement des fonds pour faire leur transition vers les énergies renouvelables.

Dans le communiqué final l’on parle de « La nécessité de promouvoir l’accès universel à l’énergie durable dans les pays en développement, en particulier en Afrique, en renforçant le déploiement d’énergies renouvelables ». Il engage les pays développés à contribuer 10 milliards de dollars d’ici 2020 pour les développements des énergies vertes en Afrique.

La France quant à elle s’engage à tripler ses financements pour la lutte contre la désertification d’ici 2020, atteignant la somme de 1 milliards d’euros. La Banque Mondiale promet 2.2 milliards de dollars pour la lutte contre la déforestation et se propose de remettre en état d’ici 2030, 200 millions d’hectares de forêts et de terres agricoles devenues improductives. Enfin sur le fonds de 62 milliards, 2 à 5 milliards seront destinés à l’Afrique.

Néanmoins, il y a quelque chose de très faux dans ce raisonnement. Car, les énergies renouvelables ne pourront jamais remplacer le développement possible grâce aux énergies fossiles et surtout au nucléaire, qui n’est nullement proposé à l’Afrique.

Car la densité trop faible de ces énergies très diffuses et intermittentes que sont l’énergie solaire et les éoliennes, ne leur permet pas d’effectuer beaucoup de travail ! 1m2 de panneaux solaires sur votre toit permet tout au plus d’alimenter une ampoule et demie de 100w ! Impossible avec cela d’électrifier toute l’Afrique comme le prétend le Plan Borloo qui a été défendu par une dizaine de dirigeants africains. Encore moins d’industrialiser l’Afrique et la faire rentrer rapidement dans le XXIè siècle !

C’est ce qui a amené Rémy Prud’homme, Professeur émérite à l’Université de Paris XII, et auteur de « L’idéologie du réchauffement », paru le 28 octobre 2015 aux éditions du Toucan, à dénoncer dans les pages du Figaro, les pays riches

qui, au nom du CO2, prétendent empêcher les pays pauvres de construire des centrales à charbon. Ils ont tous interdit à leurs agences d’aide, et aux banques de développement internationales qu’ils contrôlent, de prêter un sou à cet effet. Et en prime les ONG environnementales des pays riches s’opposent souvent aux barrages hydro-électriques.

Il conclut en disant :

Laissons la parole à un Africain, Donald Kaberula, président de la Banque Africaine de Développement : "Les gouvernements occidentaux sont hypocrites ; eux qui se sont enrichis avec les combustibles fossiles, disent maintenant aux pays africains : vous n’avez pas le droit de construire des barrages, ni des centrales à charbon, contentez-vous de ces énergies renouvelables hors de prix. Les pays africains ne les écouteront pas".

Enfin, ce qui ira plus vite, ce sont les financements français pour une remise en eau du Lac Tchad. C’est un projet que mon journal à défendu depuis des années. Celui que nous avons proposé cependant est beaucoup plus vaste. Il consiste à ramener 5% de l’eau du fleuve Congo, par un vaste canal, jusqu’au lac Tchad. Le projet actuel est trop petit pour réellement impacter le climat et arrêter la désertification. La CBLT doit se battre pour aller plus loin ! La muraille verte est aussi un projet utile, dans le cadre d’une véritable industrialisation de l’Afrique, utilisant des énergies fossiles et du nucléaire.

Curieusement, l’on n’a pas entendu les africains se revendiquer de la doctrine du philosophe Cheick Anta Diop qui recommande aux pays africains d’exploiter les richesses de leur sol pour déclencher un développement qui les mettra au même niveau que les nations qui les oppriment a travers la néo-colonisation et, après l’esclavage et la colonisation. Comment expliquer cette attitude des africains ?

Cela fait une trentaine d’années que dans les pays du Nord, comme dans ceux du Sud, les meilleures traditions, les meilleurs héritages se perdent. Certains ont été assassinés en Afrique pour avoir défendu ces idées, ne l’oublions pas. Espérons qu’avec les BRICS, et la participation de l’Afrique du Sud dans ce groupement des pays émergents, un nouvel esprit des « pays non-alignés » émergera dans toute l’Afrique !

En marge du COP21, on a vu le président français tenir une réunion exclusivement avec des dirigeants africains. Ceci peut-il donner raison à ceux qui disent que la COP21 n’était qu’un rendez-vous politique et stratégique pour certaines puissances de se partager le reste du monde comme ce fut à Berlin, il y a presque deux siècles ?

L’accord signé à cette COP21 est beaucoup trop maigre, heureusement pour dire qu’il aura cette influence ! On s’est contenté d’engagements généraux, non chiffrés et non contraignant juridiquement, afin de réduire l’augmentation de la température à moins de 2%. Il n’y a pas de réduction chiffrée du « pic » des émissions climatiques désirées. C’est bien le cas de le dire, cette COP21 n’est rien d’autre que de l’air chaud...

Pour certains observateurs, les multinationales sont véritablement ceux à qui profite le COP21. C’est aussi votre avis ?

Oui. 20% du Sommet a d’ailleurs été financé par ces entreprises !

Au point où nous en sommes, est-il possible de bâtir un autre monde sans se soucier de la menace climatique ? Et comment s’y prendre ?

Oui. Il faut rétablir un ordre de croissance dans le monde, en menant une véritable réforme financière mondiale, qui n’a pas du tout été faite suite au crack de 2008. Il faut rétablir dans chaque nation, le Glass-Steagall Act de Roosevelt, qui avait séparé les banques entièrement en deux : banques de dépôt et d’investissements productifs et banques d’investissements dans les marchés financiers. Ceci permettra d’éviter les banques « trop grosses pour faire faillite », ainsi que les conflits d’intérêt.

Ensuite, les États doivent reprendre le contrôle de l’émission monétaire en mettant leurs banques centrales, sous contrôle public, pour qu’elles deviennent des banques de la nation. Après des audits sur la légitimité de leurs dettes, comme le gouvernement Tsipras l’a fait en Grèce, et des moratoires sur les dettes illégitimes, ils pourront faire des émissions de crédit productif public, pour promouvoir la recherche de pointe et financer les équipements nécessaires pour organiser leur décollage : infrastructures routières, ferroviaires, énergétiques, et projets d’aménagement rural (eaux, etc.)

Il faut, au niveau international, rétablir les parités relativement fixes entre les monnaies, pour assurer un système stable d’échanges. Il faut surtout, établir des relations commerciales fondées sur les relations « gagnant/gagnant » que propose le Président Xi Jinping, à travers ses investissements pour établir les « nouvelles routes de la soie ». Les BRICS avec leurs nouvelles banques d’infrastructures pourront être le levier d’une nouvelle croissance forte et physique en Afrique comme ailleurs !

Propos recueillis pour l’Intégration, par Célestin Ngoa Balla à New York

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