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Jeremy Corbyn, un espoir pour la France

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Alors qu’on croyait le socialisme anglais mort et enterré depuis Margaret Thatcher, Jeremy Corbyn, le candidat au leadership du parti travailliste fait trembler l’establishment outre-Manche.

En mai dernier, le parti travailliste anglais prend sa plus grande claque électorale depuis 1987. D’emblée, son président Ed Miliband est forcé à la démission. On fixe alors la date des primaires devant désigner le nouveau patron du parti. Pour « ouvrir » le débat, une vingtaine de députés demandent à Jeremy Corbyn de se présenter.

Bien qu’une majorité dans le parti et dans les médias considèrent sa candidature comme une farce, voire comme un canular, Corbyn ramasse le gant. Ces détracteurs le qualifient de « poisson volant », sympathique, mais pas réellement représentatif de son espèce…

A la surprise générale, Corbyn, un représentant de la « gauche historique » anglaise qui n’a pas bougé d’un iota de sa position depuis des décennies, est rapidement devenu le favori, crédité le 10 août par YouGov de 53 % du vote, rien que 22 % d’avance sur le mieux placé de ses concurrents. Des milliers de jeunes se sont inscrits en masse pour pouvoir voter et pour qui tout est mieux que les zombies qui n’ont fait que repositionner les chaises longues au bord du Titanic. Pour expliquer son succès, un blog écrivait non sans ironie que « ses électeurs sont soit trop jeunes pour savoir que sa politique économique est inepte ou si vieux qu’ils ont l’âge de ceux qui savent qu’elle marche parfaitement bien… »

Fils d’un ingénieur et d’une enseignante de mathématiques, Corbyn s’engage d’abord dans l’humanitaire et le syndicalisme avant de devenir député travailliste. Avec son ami Tony Benn, il s’oppose autant que possible au tsunami du « New Labour » de Tony Blair et aux mensonges conduisant non seulement le Royaume Uni, mais le plus souvent les États-Unis dans des guerres néocoloniales suicidaires.

Programme économique

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Si Corbyn attire des électeurs, c’est avant tout qu’il incarne une vraie rupture. Son programme économique (The Economy in 2020) commence par démolir le mythe néolibéral que la création de richesse provient « exclusivement » de quelques milliardaires prédisposés à investir au Royaume Uni.

Selon ce compte de fée, il est logique que l’on réduise les impôts pour les riches et les nantis et qu’on délaisse la force de travail et les services publics. Cependant, en réalité, la création de la richesse est un processus collectif entre les ouvriers, l’investissement public et les services publics, et certes, des individus souvent innovateurs et créateurs.

Plus proche de Podemos que de François Hollande, Corbyn incarne un volontarisme à toute épreuve. Fini le slogan thatchérien « There is no alternative, TINA », partagé par tant de socio-démocrates européens !

Vu l’argent qui circule en Angleterre, Corbyn estime que « l’austérité est dicté par des choix, non pas économiques, mais politiques ». Pour remettre le monde à l’endroit, il suffirait selon lui d’imposer une réforme fiscale majeure. Terminés les cadeaux fiscaux pour les riches et le big business sur le dos des classes pauvres et moyennes frappées par les privatisations, la pauvreté et la dérégulation. Actuellement, dit-il, l’impôt sur les sociétés en Angleterre (20 %) est le plus bas des pays du G7, car il est de 25 % en Chine et de 40% aux Etats-Unis.

L’argent récupéré par les impôts et la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale serait investi dans l’économie réelle. Corbyn appelle à la création d’une « Banque nationale d’investissement », pilotée par un « État stratège » et capable d’investir dans le logement, les infrastructures et la haute technologie. Le chemin de fer et d’autres services publics seront renationalisés. Un nouveau mandat sera donné à la Banque d’Angleterre, pour faire de « l’assouplissement quantitatif pour les gens plutôt que pour les banques ». Le tout favorisant des emplois productifs, qualifiés et bien rémunérés.

Seul bémol : Affichant, comme le pape François qu’il cite, une volonté de lutter contre le « réchauffement climatique », Corbyn défend les trains rapides mais envisage de bloquer tout projet de nouvelles centrales nucléaires, tout en défendant une croissance forte de l’économie réelle.

Lors d’un entretien vidéo avec les amis de Lyndon LaRouche en Australie, le Citizens Electoral Council (CEC), enregistré comme contribution à la conférence du 20 mars sur les BRICS à Melbourne, Corbyn s’est déclaré ouvert à une coopération renforcée avec les pays émergeants.

Corbyn déteste les guerres néocoloniales et se rend bien compte que l’OTAN joue aujourd’hui avec le feu nucléaire en organisant des provocations l’une après l’autre contre la Russie et la Chine. Sur la réforme bancaire, Corbyn a confirmé sa position en faveur d’une séparation bancaire stricte du type Glass-Steagall permettant de mettre les dépôts des citoyens à l’abri de la finance folle.

La riposte

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"Donc, il ne faut pas que je vote pour Corbyn... parce que Tony Blair dit que c’est mauvais..."

Tony Blair a été, of course, le premier à sentir les balles siffler. Depuis son départ de Downing Street, Blair s’est constitué une imposante fortune personnelle grâce à son rôle de « consultant » et de conseiller international de JP Morgan. Après avoir déclaré que les gens qui avaient un cœur pour Corbyn devraient se faire transplanter le cœur de toute urgence, Blair annonce qu’une victoire de Corbyn « précipitera le parti travailliste d’une falaise ». Sa victoire, avance un Blair ignorant que l’histoire ne se répète jamais, fera perdre à coup sûr le Labour comme en 1979 face à Margaret Thatcher. Visiblement, personne n’a pris la peine de briefer les spin doctors de Downing Street que tout ce qu’affirme Blair incite immédiatement le peuple anglais à faire le contraire.

Suite à l’appel de Blair, plusieurs centaines de Tories ont réglé les trois livres nécessaires pour s’inscrire au Labour afin de donner un coup de pouce à Corbyn… Pour les en empêcher le parti a tenté sans succès de « nettoyer » ses listes, provoquant des protestations de centaines de travaillistes authentiques qui ont été exclus par erreur…

Dans le camp de Corbyn, Michael Meacher, ancien ministre du Travail et lui aussi partisan d’une réforme bancaire de type Glass-Steagall, a souligné que la faction de Blair doit comprendre qu’elle est en perte de vitesse.

Le coup d’Etat déclenché par la faction de Blair au milieu des années 1990 a détourné le parti en l’attelant à l’idéologie des Tories : ’’Laissons faire les marchés ; balayons toute intervention de l’Etat’’, et lorsqu’on a demandé à Mme Thatcher quelle était sa plus grande œuvre, elle a répondu triomphalement : la création du New Labour !

Alors que le scandale de la pédophilie a discrédité l’ensemble de la classe politique anglaise, Blair et la direction du Labour sont si désespérés qu’ils ont suggéré aux trois concurrents de Corbyn de démissionner en groupe permettant d’annuler le scrutin ! Manœuvre révélatrice qui a heureusement échouée... pour l’instant.

Résultats du scrutin le 12 septembre.

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