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De Villepin : « Faisons le pari de la Nouvelle route de la soie »

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Solidarité & Progrès, dès la chute du mur de Berlin, a dénoncé et combattu la confiscation du pouvoir mondial par une élite néo-libérale suicidaire gravitant autour des centres financiers de Wall Street et de Londres.

A la place de ce monde uni-polaire, il s’agissait pour nous de garantir la paix par le développement mutuel au service des buts communs de l’humanité.

Au cœur de l’initiative des BRICS, la Chine, en mobilisant des ressources importantes pour l’exploration spatiale, ainsi qu’en proposant au monde de s’associer au grand projet de Nouvelle route de la soie terrestre et maritime, a décidé de relever ce défi.

En France, l’idée qu’il s’agit là d’une occasion historique pour changer la donne au niveau mondial commence, enfin, à faire son chemin.

Après les prises de position de Jean-Pierre Raffarin, du sinologue David Gosset et celle de l’ambassadeur de France à Pékin Maurice Gourdeault-Montagne, nous publions ici la tribune libre publiée par Dominique de Villepin dans Les Echos du 27 février 2015.

Faisons le pari de la nouvelle route de la soie

Par Dominique de Villepin, ancien Premier ministre.

Tribune libre,
Les Echos, le 25 février 2015.

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La mondialisation change de forme et de centre de gravité et c’est à peine si nous nous en rendons compte, enfermés dans nos débats internes français et européens, engoncés dans une pensée de la mondialisation occidentale et libérale, emprisonnés par des outils financiers et économiques d’un autre temps.

Un projet symbolise ce basculement, c’est celui de la nouvelle route de la soie, dont la présidence de Xi Jinping a fait une priorité économique et diplomatique de la Chine.

Ce récit collectif rappelle l’âge d’or des Tang, tout en offrant un cadre souple pour répondre aux défis majeurs du pays : l’internationalisation de son économie et le renforcement du rôle mondial de sa monnaie dans les échanges mondiaux, le rééquilibrage du développement au profit des provinces de l’intérieur et de la consommation des ménages, la coopération internationale pour résoudre les tensions islamistes parmi les Ouïghours du Xinjiang.

Mais c’est aussi un nouveau récit collectif pour le monde, en panne de projet commun depuis la fin de la guerre froide et l’échec de la démocratisation libérale à marche forcée. Il s’agit de combler le vide, humain, politique et économique, qui sépare les deux pôles de prospérité du Vieux Monde, Europe et Asie orientale, ainsi que le Moyen-Orient riche en ressources énergétiques, voire plus loin l’Afrique, à travers de nombreux projets d’infrastructures, portuaires, ferroviaires, autoroutières, mais aussi financières et de communication. La France a trois bonnes raisons de s’y intéresser.

C’est une vision économique qui transpose la planification à la chinoise à la coopération économique internationale. Dans un monde financier volatil et instable, il est urgent de prendre en main les projets de long terme, à travers de nouveaux outils multilatéraux, à l’image du Fonds asiatique et à travers une nouvelle évaluation du risque des projets. Les Chinois souhaitent des partenariats entre groupes européens et chinois pour conquérir des parts de marché le long de cette route, pour créer des synergies dans les capacités technologiques, administratives et commerciales. C’est une chance pour l’Europe dans les projets de transports et les services urbains, où la France est en pointe (eau potable, électricité, éclairage, hôtels), ainsi que pour des partenariats communs à destination de pays tiers, africains par exemple. L’Europe prendrait la mesure de ce défi en s’efforçant d’articuler le plan Juncker d’investissement de 300 milliards d’euros à une feuille de route définie en commun autour du thème de la route de la soie.

C’est une vision politique qui lutte contre la propagation de l’islamisme du Moyen-Orient au nord du Caucase jusqu’à l’Asie centrale par le développement. C’est également un outil pour articuler la relation nouvelle entre la Chine et la Russie, à l’heure du mégacontrat gazier de 400 milliards de dollars et de nombreux projets communs, notamment en Sibérie. Se tourner vers l’ouest, c’est se donner le choix de sa politique, éviter le face-à-face avec les États-Unis et contourner l’endiguement par le « collier de perles ».

Troisième raison, c’est une matrice pour un nouveau multilatéralisme. D’une part, il s’agit de créer de nouvelles institutions multilatérales à projet, qui seront jugées sur leurs résultats. D’autre part, c’est l’occasion d’ouvrir des cercles existants, comme l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), à des pays européens pour renouveler le dialogue. Cela peut permettre aussi de trouver des cadres de discussion et de projets plus souples entre l’Europe et la Russie, notamment pour trouver les 30 milliards nécessaires à la stabilisation de l’Ukraine.

Ce fil entre Est et Ouest reste à saisir. Ce sera faire de la politique autrement, par la force des projets économiques, en donnant un cap à nos entreprises. C’est une tâche qui doit mobiliser l’Union européenne, les États, mais aussi les collectivités locales, les chambres de commerce, les entreprises, sans oublier les universités et les think-tanks.

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