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Y a-t-il deux politiques étrangères américaines ?

La rédaction
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Le secrétaire d’Etat américain John Kerry (à gauche) et le secrétaire à la Défense Ash Carter ne sont pas toujours sur la même ligne.
Crédit : http://www.usatoday.com

Lors de la conférence de presse du secrétaire d’Etat américain John Kerry et son homologue chinois Wang Yi du 23 février à Washington, un journaliste de la chaîne de télévision chinoise CCTV a posé sans détour la question qui préoccupe le monde entier.

Le journaliste s’est étonné,

que les relations américano-chinoises semblent se développer sur deux voies différentes...

D’un côté, le secrétaire à la Défense Ash Carter décrit la Chine comme "le concurrent le plus préoccupant", et cherche à renforcer les capacités militaires américaines dans l’Asie Pacifique, tandis que de l’autre côté, sur le front diplomatique et économique, en partie dirigé par vous [M. Kerry], nous avons la plus importante relation commerciale du monde, et un partenariat (Chine/Etats-Unis) toujours plus développé avec l’Iran, et le changement climatique, par exemple.

Pensez-vous que le Pentagone, le PACOM [Commandement de l’armée américaine pour le Pacifique] et le département d’État souhaitent la même évolution de ces relations ?

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Nouvelle Solidarité N°3/2014 - S’abonner

« Voici une excellente question, a répondu Kerry. Les États-Unis ont une seule politique étrangère, celle que j’ai exprimée… » Il a ensuite affirmé que le « PACOM et le département de la Défense, ainsi que la CIA et toute l’équipe de sécurité nationale jouent la même partition concernant notre politique dans cette région ».

Toutefois, le même jour, le chef du PACOM, l’amiral Harry Harris, déclarait devant la Commission des services armés du Sénat : « Je crois que la Chine cherche à établir son hégémonie en Asie de l’Est. C’est aussi simple que cela… La Chine est clairement en train de militariser la mer de Chine du Sud et il faudrait croire que la Terre est plate pour dire le contraire… » L’amiral a ensuite demandé plus de navires et d’avions dans le Pacifique, « équipés de systèmes d’armement plus rapides et létaux, et plus résistants ».

La politique des Etats-Unis à l’égard de la Russie souffre de la même schizophrénie, en particulier autour de la volonté de Kerry, avec le soutien de cercles militaires et diplomatiques, de travailler avec Vladimir Poutine afin de stabiliser le Moyen-Orient et mettre fin au terrorisme.

Selon le Wall Street Journal, le secrétaire à la Défense Ash Carter, le chef d’état-major le général Joseph Dunford et le directeur de la CIA John Brennan, ont cherché à saboter l’accord de cessez-le-feu en Syrie, proposant à la place que l’on « inflige un véritable préjudice à la Russie », mais Kerry l’a finalement remporté, du moins pour l’instant...

L’arrêt des hostilités en Syrie

C’est à la lumière de cette division au sein du pouvoir anglo-américain qu’il faut évaluer le cessez-le-feu en Syrie. Pour l’instant, négocié sous la houlette des Etats-Unis et de la Russie, puis soutenu par le Conseil de sécurité de l’ONU, il tient bon, et ceci à la consternation du « parti de la guerre » transatlantique et de ses « alliés » en Arabie saoudite et en Turquie.

Au nom de la City de Londres, The Economist a fustigé John Kerry, le traitant de dupe naïf pour croire que la Russie tiendrait parole. En réalité, face à l’effondrement du système financier et monétaire transatlantique, la City mise sur une guerre avec la Russie et la Chine pour les sortir du dilemme.

C’est la même mentalité, comme le souligne l’homme politique américain Lyndon LaRouche, qui nous amena les deux guerres mondiales du XXe siècle et qui pousse aujourd’hui le monde vers une guerre thermonucléaire.

Transformer le cessez-le-feu en solution permanente va bien-delà de mettre fin au bain de sang qui dure depuis cinq ans en Syrie et de l’arrêt du flot de réfugiés provenant des régions du conflit. D’après des sources bien renseignées, un important réseau de diplomates et de responsables militaires américains et russes mène depuis quelque temps des communications parallèles, afin d’aboutir à une fin du conflit. Les négociations P5+1 sur l’Iran, entamées il y a plus d’un an, ont permis de jeter les bases de cette collaboration.

En revanche, comme nous l’avons dit, d’autres factions aux Etats-Unis font tout pour saboter cette coopération. Il s’agit en particulier du secrétaire à la Défense Ashton Carter et le commandant de l’OTAN, le général Philip Breedlove, qui persistent à diaboliser la Russie à tout prix et exigent l’extension de la présence militaire de l’OTAN en Europe de l’Est.

Bâtir la paix

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Etude en langue arabe de l’Executive Intelligence Review (EIR) sur la Nouvelle route de la soie. Pour commander.
Crédit : EIR

Cependant, le cessez-le-feu et les entretiens sur la paix ne pourront aboutir que s’ils sont complétés par un vaste plan de reconstruction régionale. L’échec tragique des accords d’Oslo est là pour le rappeler. Signés par Yitzhak Rabin et Yasser Arafat en 1993, ces accords ont échoué à partir du moment où la Banque mondiale a refusé tout investissement lourd dans l’infrastructure en eau et en transport.

Aujourd’hui, c’est la Chine et d’autres pays du groupe des BRICS qui travaillent d’arrache-pied à cette perspective dans le cadre de la Nouvelle route de la soie. A ce titre, ce que la Chine a fait en Éthiopie, avec la remise en état du chemin de fer reliant Addis Abeba à Djibouti, est exemplaire de cette approche.

C’est pour contribuer à cette dynamique que nos amis de l’Executive Intelligence Review (EIR) annoncent la publication, après la version anglaise et chinoise, de la version arabe de l’étude très complète The New Silk Road Becomes the World Land-Bridge. Ce rapport de 400 pages a été augmenté d’un chapitre spécifique sur le développement de l’Asie du sud-ouest, dont le Projet Phénix de reconstruction de la Syrie élaboré par l’Institut Schiller.

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