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HSBC : la narco-finance britannique rattrapée par la justice

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 Introduction

par Nancy Spannaus


La scène était extraordinaire dans les salles du Congrès américain où les banquiers ont l’habitude de voir les élus de Washington se jeter à leurs pieds. Plusieurs responsables d’HSBC, l’une des plus grandes banques britanniques du monde, et des agences de régulation ont dû comparaître le 17 juillet devant le Sénat pour répondre aux accusations de blanchiment d’argent de la drogue et de financement du terrorisme.

C’était lors des auditions organisées par la Commission du Sénat sur la sécurité nationale et les affaires gouvernementaux (SHSG) et la Sous-commission permanente d’enquêtes du Sénat (SPSI), réunies pour traiter « le cas de HSBC », dans le contexte « des vulnérabilités des Etats-Unis en matière de blanchiment d’argent sale et de financement du terrorisme ». Ces accusations sont consignées dans un rapport de 335 pages que ces commissions viennent de rendre public.

Finie l’arrogance habituelle des financiers appelés à la barre. Cette fois, c’étaient eux qui s’inclinaient devant les élus pour tenter de les apaiser.

La scène était d’autant plus cocasse que le sujet traité était depuis plus de trois décennies la propriété intellectuelle exclusive de Lyndon LaRouche. Clairement, le terrain politique dans lequel opèrent les principales banques de Londres et de Wall Street, dont HSBC, a changé de façon dramatique depuis quelques semaines. Face à l’effondrement accéléré du système financier de la zone transatlantique, dont l’épicentre est à Londres, une puissante faction de la City de Londres a décidé, pour ne pas se fracasser au fond de l’abîme financier, d’appeler au rétablissement immédiat de la loi Glass-Steagall de Roosevelt – séparation totale entre banques d’affaires qui spéculent et banques de dépôt et de crédit, indispensables à l’économie – en collaboration avec les Etats-Unis.

Il n’est pas surprenant, dans ce contexte, que les mêmes institutions qui se mobilisent désormais pour le Glass-Steagall soient à l’origine de l’offensive pénale contre les banques qui, comme la Barclays, ont manipulé le taux du Libor à Londres, ou, comme HSBC, se livrent à des opérations de blanchiment de milliers de milliards de dollars provenant de la mafia de la drogue au niveau international.

Les Commissions du Sénat, qui enquêtent depuis plus d’un an, ont réuni des preuves irréfutables sur l’implication des banquiers dans le blanchiment d’argent sale et le financement du terrorisme international. Dans ses propos introductifs, le président de la SPSI, le sénateur Carl Levin (démocrate du Massachusetts), a déclaré que bien que l’étude se soit concentrée sur HSBC, elle n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de ces grandes banques internationales dont les liens avec les milieux du crime ont été établis, dont Wachovia, Citibank et la Banque Riggs.

Tout aussi important est le fait que le sénateur Levin et le plus haut responsable du Parti républicain siégeant dans la Commission, Tom Coburn (Oklahoma), aient mis en lumière la complicité criminelle existant entre les blanchisseurs d’argent et les régulateurs gouvernementaux, notamment Timothy Geithner, le Secrétaire au Trésor de l’administration Obama. Geithner et son patron Obama sont donc désormais sur la sellette pour avoir facilité le trafic de drogues et des actes de terrorisme entraînant des pertes de vie humaines.

 Extraits de l’intervention du sénateur Carl Levin, le 17 juillet 2012 sur les crimes d’HSBC

Bonjour à tous. Les auditions d’aujourd’hui porteront sur l’examen des risques de blanchiment d’argent, de trafic de drogue et de financement du terrorisme pour les Etats-Unis, lorsqu’un acteur global de la finance utilise sa filiale étatsunienne pour fournir des dollars et un accès au système financier des Etats-Unis, à un réseau d’affiliés, des correspondants et des clients à haut risque (…)

 Le cas de HSBC

Basée à Londres, HSBC représente un réseau de plus de 7200 agences établies dans plus de 80 pays, de 300 000 employés en 2011 et de près de 22 milliards de dollars de bénéfices. HSBC est parmi les banques les plus actives en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique. Elle a acquis un statut aux Etats-Unis dans les années 80. Sa filiale américaine, HBUS, dispose aujourd’hui de 470 agences à travers les Etats-Unis et de quatre millions de clients. HBUS est, en fait, le centre névralgique aux Etats-Unis pour l’ensemble du réseau HSBC au niveau mondial. (…)

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Logo d’HSBC
Aujourd’hui épinglée pour blanchiment d’argent sale à grande échelle et désormais reconnue pour son rôle dans le blanchiment
www.theadvocateweblog.com

En 2009, les deux tiers des paiements en dollars traités par HBUS sont venus de filiales installées dans d’autres pays. L’un des cadres dirigeants de HSBC nous a dit que la principale raison pour laquelle HSBC avait ouvert une banque aux Etats-Unis était de fournir à ses clients de l’étranger un pont vers le système financier étatsunien. Si on ajoute à cela l’historique de faibles contrôles contre le blanchiment d’HSBC, nous avons là une recette pour de gros problèmes aux Etats-Unis.

En 2003, la Réserve fédérale et le Département « banques » de l’Etat de New York ont lancé des actions en justice contre HBUS, l’obligeant à renforcer ses procédures de lutte contre le blanchiment. HBUS qui était alors en passe d’acquérir sa charte de banque agréée, sous surveillance de Bureau du contrôleur de la monnaie (OCC), fit quelques changements. Mais en 2006, avant même que l’OCC ne lève sa surveillance, les procédures de lutte contre le blanchiment de HSBC avaient déjà commencé à s’étioler.

En septembre 2010, l’OCC adressa à la banque une lettre de 31 pages, énumérant une longue liste de défaillances graves dans ses procédures de lutte contre le blanchiment. S’ensuivit, en octobre 2010, une mise en demeure beaucoup plus ferme, exigeant, une fois de plus, que HSBC revoie ses procédures anti-blanchiment. Entre autres problèmes, l’OCC citait une accumulation impressionnante d’alertes non traitées et identifiait des activités potentiellement suspectes : incapacité de surveiller 60 000 milliards de dollars de transferts électroniques et autres activités dans les comptes (!), incapacité d’examiner les risques de ses filiales à l’étranger avant de leur fournir un accès aux services bancaires correspondants, incapacité de faire des contrôles anti-blanchiment sur plus de 15 milliards de dollars de transactions en liquide ( !) en trois ans, sur ces mêmes filiales.

Pour examiner ces questions, la sous-commission a lancé des assignations à comparaître, revu plus de 1,4 millions de documents et conduit quantités d’entretiens avec des responsables d’HSBC du monde entier, des responsables d’autres banques et des régulateurs de l’Etat fédéral américain. HSBC a pleinement collaboré avec nous.

La sous-commission a identifié cinq domaines clés de vulnérabilité, mis à nus par le cas de HSBC : 1) fourniture à des filiales à haut risque, de comptes de « correspondants » aux Etats-Unis sans prendre les précautions nécessaires, y compris à la filiale mexicaine dont les contrôles anti-blanchiment ne sont pas fiables ; 2) incapacité d’empêcher leurs filiales de contourner un filtre destiné à bloquer les transactions faites par des terroristes, des trafiquants de drogues et des sources de financement aux nations considérées comme des Etats voyous, telles que l’Iran ; 3) fourniture de comptes aux banques à l’étranger liées au financement des terroristes ; 4) acceptation de centaines de millions de dollars de traveller chèques en vrac, en dépit de circonstances suscitant de sérieux soupçons ; 5) ouverture de comptes à haut risque qui, en acceptant des titres au porteur, facilitent le secret sur la réelle identité des propriétaires des entreprises.

 Des filiales à haut risque

Prenons ces dossiers un à un. D’abord la question des filiales à haut risque. HSBC opère dans 80 pays, y compris dans des zones où le blanchiment d’argent, le trafic de drogue et les financements aux terroristes représentent des défis majeurs et où les lois et les contrôles sont faibles.

Cependant, jusqu’à récemment, la maison mère de HSBC à Londres, connue comme le Groupe HSBC, recommandait à ses filiales d’agir comme si chacune d’elles satisfaisait aux critères du groupe en matière de lutte contre le blanchiment ; le groupe HSBC leur demandant de fournir automatiquement les services bancaires correspondants.

HBUS a fait ce qu’on lui demandait. Elle a ouvert des comptes de « correspondants » à plus de 80 filiales de HSBC, faisant fi de la loi étasunienne qui exige des contrôles réguliers avant d’ouvrir des comptes aux Etats-Unis pour les banques étrangères.

Les relations d’affaires de HBUS avec sa filiale au Mexique illustrent tous les dangers du blanchiment. HSBC Mexico, appelé aussi HBMX, opère dans des pays à haut risque, en guerre contre les cartels de la drogue. Elle a des clients à haut risque tels que les casas de cambio (maisons de change) et propose des produits à haut risque tels que des comptes en dollars US dans les îles Caïman, réputées pour leur secret bancaire et le blanchiment d’argent.

HBMX a aussi une longue histoire de défaillances sévères au niveau du blanchiment. Si vous faites l’addition de tout cela, les banques des Etats-Unis auraient dû traiter HBMX, la filiale mexicaine, comme un compte à haut risque (…). Au lieu de cela, HBUS a traité HB Mexico comme un client si peu risqué qu’elle n’a même pas contrôlé ses comptes pour des transactions suspectes.

En plus, durant trois ans, entre mi-2006 et mi-2009, HBUS n’a exercé aucune surveillance sur les comptes recevant des billets de banque utilisés par HB Mexico pour déposer physiquement des milliards de dollars US des clients, alors que les transactions importantes en liquide ont un risque inhérent et que les cartels de la drogue mexicains blanchissent des dollars US provenant de la vente illégale de drogue.

Parce que la sévérité de nos lois de lutte contre le blanchiment aux Etats-Unis a rendu impossible aux cartels de la drogue de trouver des banques étatsuniennes prêtes à accepter d’énormes dépôts de cash non justifiés, ils font désormais passer en contrebande des dollars US vers le Mexique, par la frontière, et trouvent une banque mexicaine ou une casa de cambio prêtes à prendre le cash.

Certaines de ces casas de cambio avaient des comptes à HB-Mexico qui, à son tour, a pris tous les dollars qu’elle détenait et les a fait retraverser la frontière dans des véhicules blindés ou par avion, pour les déposer dans leurs comptes en dollars US à HBUS, complétant ainsi le cycle de blanchiment. En deux ans, entre 2007 et 2008, HBMX a transporté 7 milliards de dollars physiques vers HBUS. (…)

 Liens avec le financement du terrorisme

Le troisième problème concerne le fait qu’HSBC opère dans des régions du monde où le terrorisme constitue un défi majeur et montre un empressement inquiétant pour faire des affaires avec des banques liées au financement du terrorisme.

Un exemple en est donné par la banque Al Rajhi, la première banque privée d’Arabie saoudite. Après les attentats du 11 septembre, il a été prouvé que le principal fondateur de cette banque était un bienfaiteur d’Al-Qaïda et qu’il fournissait des comptes à des clients suspects.

En 2005, le groupe HSBC demanda à ses filiales de rompre avec cette banque, faisant toutefois une exception pour HSBC Moyen-Orient. Quatre mois plus tard, sans aucune explication, il faisait volte-face, laissant à chaque filiale le droit de décider de faire ou non des affaires avec la Al Rajhi Bank.

HBUS choisit alors de fermer ses comptes chez Al Rajhi. Au cours des deux années suivantes, cependant, ses propres directeurs et ceux d’autres filiales HSBC firent pression pour qu’elle rétablisse ses liens avec la Al Rajhi Bank, et en 2006, après que celle-ci eut menacé de retirer ses billes d’HSBC si HBUS ne rétablissait pas ses comptes en dollars US, HSBC a cédé.

Au cours des quatre années suivantes, HBUS a fourni à Al Rajhi bank près de 1 milliard de dollars US, ne s’arrêtant que lorsque HSBC prit la décision globale de mettre totalement fin aux transactions de billets de banques.

 Des traveller chèques en vrac

La quatrième source de préoccupation est l’acceptation par HBUS de liasses de traveller chèques suspects, provenant de banques étrangères. Entre 2005 et 2008, HBUS a régulièrement approuvé au moins 500 000 dollars par jour de ce type de traveller chèques dont l’origine était la Hokuriku Banque du Japon…

 Corporations de titres au porteur

Enfin, il y a l’empressement d’HBUS à ouvrir des comptes à des corporations dont la propriété des titres est au porteur. En établissant, comme propriétaire légal de la corporation, celui qui est en possession de ces titres, ces corporations deviennent des instruments de premier choix pour le blanchiment et pour d’autres activités illicites, car elles fournissent ainsi [aux dirigeants de ces corporations] le moyen de rester anonymes.

Sur une décennie, HBUS a ouvert des comptes à 2000 corporations de ce type, malgré les auditeurs internes et régulateurs extérieurs les avertissant que ces comptes créent un risque élevé de blanchiment d’argent.

Des documents ont permis d’établir que les détenteurs de ces comptes ont délibérément fait pression sur les banques pour qu’elles les aident à cacher leur identité. Un compte de ce type était utilisé par un couple père/fils de développeurs d’hôtels à Miami Beach, qui fut ensuite condamné pour fraude en vue de dissimuler 150 millions de dollars d’actifs. (…)

 Qui étaient les régulateurs ?

C’est déjà assez mauvais qu’une seule banque, telle que HSBC, expose le système financier étatsunien à des risques multiples de blanchiment. C’est pire encore lors qu’il y a défaillance au niveau de la surveillance anti-blanchiment menée par le régulateur censé contrôler nos plus grosses banques, l’OCC.

C’est une source de grande préoccupation pour notre sous-commission, et cela devrait l’être pour chaque Américain, que l’OCC ait toléré pendant cinq ans l’aggravation des problèmes dans la lutte d’HBUS contre le blanchiment, sans engager d’action judiciaire formelle. (…) La nouvelle direction de l’OCC doit agir rapidement pour corriger ces insuffisances et assurer que les changements promis par HSBC soient appliqués rapidement et efficacement…

 Les comptes des îles Caïman

Voici maintenant quelques extraits des échanges du Panel II, portant essentiellement sur l’utilisation par HSBC du centre bancaire britannique offshore des îles Caïman. Participaient à ces échanges David Bagley, chef du bureau de conformité avec la régulation de HSBC Holdings PLC, et Paul Thurston, PDG de la section Banque de détail et du patrimoine, toujours de HSBC Holdings PLC.

Levin : J’aimerais aborder cette question avec vous en soulevant le cas des comptes des îles Caïman. (…) Quand HSBC a acheté la banque mexicaine, elle a constaté que HBMX gardait ouverte une prétendue agence dans les îles Caïman. Je dis « prétendue » car selon mes informations, il n’y avait aucun bâtiment réel, aucun bureau, pas d’employés. C’était une coquille vide qui proposait des comptes en dollars US. Cette agence était dirigée depuis HBMX, utilisant ses propres employés au Mexique. (…)

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La direction de HSBC
Après avoir blanchi des milliards de dollars d’argent sale de la drogue et du terrorisme, les dirigeants de HSBC ont présenté « leurs excuses ».
Itc.com

A un certain moment, 50 000 clients possédaient des comptes Caïman, détenant 2,1 milliards de dollars en actifs. (…) Et cette sous-commission est très intéressée par ces questions des îles Caïman, car il s’agit de coquilles vides qui posent d’importants problèmes en matière de blanchiment ; (…) personne ne sait qui est derrière.

Voici quelques points saillants concernant ces comptes. La pièce n°9 vient d’un audit d’HBMX de 2002. Cet audit note que pour 41 % des comptes des îles Caïman, il n’y avait aucune information clients. La pièce n° 31 est un courriel de M. Rue [phonétique] qui dit que 15 % des clients n’avaient même pas de dossier. (…) La pièce n° 32 est un courriel de juillet 2008 qui note que HBMX a découvert « d’ importantes remises de dollars US faites par un certain nombre de clients Caïman à une compagnie US, dont certains prétendent qu’elle est impliquée dans la fourniture d’avions aux cartels de la drogue. » La pièce 24, un courriel de novembre 2008, décrit les comptes Caïman comme ayant été gelés « à cause du mauvais usage massif de ces comptes par le crime organisé ». (…)

  De la guerre de l’opium à aujourd’hui
HSBC, porte-avion de l’Empire britannique

Par John Hoefle

Le fait que la banque britannique HSBC ait été prise à blanchir d’énormes quantités d’argent pour le compte des cartels de la drogue et des groupes terroristes, ne devrait surprendre personne. Comme l’économiste américain Lyndon LaRouche l’a dénoncé il y a plus de trente ans, depuis sa fondation en 1865, la Hongkong and Shanghai Banking Corporation est la cheville ouvrière du trafic mondial de la drogue, une banque dédiée au financement de la culture de la drogue et au blanchiment de ses bénéfices, pour le compte de l’Empire britannique.

Depuis des années, lorsque les banques sont attrapées à blanchir l’argent de la drogue, elles prétendent souvent qu’elles sont tombées victimes de trafiquants dissimulateurs. Rien n’est plus loin de la vérité. Comme le titrait un article du quotidien anglais The Gardian du 21 juillet : « Les banques de taille globale ne sont plus que les branches de service des cartels de la drogue » ! Une part considérable du système bancaire mondial est dédiée à traiter l’énorme volume de cash produit quotidiennement par les trafiquants de drogue.

Contrairement aux préjugés courants dans l’opinion publique, ce n’est pas la « demande » de la population mondiale qui est à l’origine du trafic des stupéfiants. C’est l’oligarchie financière mondiale, en quête de profits mirobolants et de moyens pour détruire l’esprit des populations qu’elle voue à sa domination, qui organise le trafic de drogue. Le cas de HSBC confirme cette thèse.

 La banque de l’opium

HSBC fut fondée à Hong-Kong en 1865 sous le nom de Hongkong and Shanghai Banking Corporation, par un consortium de compagnies britanniques actives dans le commerce de l’opium, de la soie et du thé, elles-mêmes issues de la Compagnie des Indes orientales britanniques. Parmi les plus importantes d’entre elles : Jardine Matheson, Dent & Cie, David Sassoon & Cie, James Innes et Boston’s Russell & Cie.

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Le siège de la Hongkong and Shanghai Bank
à Hong Kong en 1865.
www.flickr.com

Le commerce de l’opium a démarré dans les années 1700. Il était le monopole de la Compagnie britannique des Indes orientales qui avait conquis les Indes et les dirigeait d’une main de fer, pour le compte de la Couronne britannique et des financiers opérant dans la City de Londres. L’opium cultivé en Inde devint une composante majeure dans le commerce du thé et de la soie avec la Chine.

La Compagnie britannique des Indes orientales animait un commerce florissant, vendant des textiles anglais et d’autres produits manufacturés en Inde, ainsi que de la soie et du thé chinois en Grande-Bretagne. C’est pourtant le commerce de l’opium qui posait des problèmes à la Compagnie. L’entrée de l’opium en Chine avait causé de gros dégâts, poussant l’empereur à en interdire la consommation en 1729.

En 1757, l’Empereur confinait tous les étrangers et les bateaux étrangers à une zone d’échange dans la ville portuaire de Canton. En 1799, une loi plus sévère prohibait l’importation et l’usage de l’opium, passibles de la peine de mort.

Rien de tout cela n’arrêta le zèle des Britanniques qui continuèrent à inonder la Chine avec l’opium, faisant des millions des toxicomanes. Les conséquences ravageuses de ces politiques conduisirent la Compagnie des Indes orientales à protéger son commerce du thé et de la soie, en sous-traitant le négoce de l’opium à des trafiquants prétendument indépendants qui achetaient de l’opium légalement à la Compagnie des Indes orientales à Calcutta, en Inde, et le revendaient ensuite en contrebande à la Chine.

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En 1830, il y avait 12,5 millions de Chinois
qui consommaient de l’opium. Ici une fumerie à Shanghai en 1907.
smithgreg.com

La plus importante de ces compagnies de trafiquants « indépendants » était la Jardine Matheson & Cie. Fondée en 1832 par deux écossais, William Jardine et James Matheson, elle est contrôlée aujourd’hui par la famille aristocratique Keswick.

En 1839, l’Empereur chinois lança une offensive contre l’opium, ordonnant même la confiscation de tous les stocks d’opium entre les mains de marchands chinois et étrangers. Les marchands de mort se battirent contre ces mesures mais furent finalement obligés de céder. Ils n’acceptèrent de rendre leurs stocks d’opium qu’après avoir été indemnisés par les responsables britanniques. Les Britanniques ripostèrent en accusant la Chine – c’est si moderne ! – d’enfreindre leur « droit » au libre-échange. Ils envoyèrent leur flotte contre la Chine pour l’obliger à accepter le commerce de l’opium !

Cette intervention, connue comme la Première guerre de l’Opium, aboutit au Traité de Nankin de 1842, obligeant la Chine non seulement à capituler au commerce de l’opium, mais même à payer des réparations aux trafiquants et à livrer à la Grande-Bretagne le contrôle sur l’île de Hong-Kong.

Pire encore, du fait que le traité ne légalisait pas l’opium en tant que tel, les Britanniques lancèrent la Seconde guerre de l’Opium, se soldant par le traité de Tianjin de 1856 qui légitimait le commerce de l’opium et ouvrait plus encore la Chine à la pénétration étrangère.

Au fur et à mesure que le commerce de l’opium et d’autres produits s’amplifiait, ce nouveau territoire britannique de Hong-Kong devint un centre commercial très important de l’Empire. Les trafiquants d’opium s’y rassemblèrent pour former une banque : la Hongkong and Shanghai Bank, cheville ouvrière du commerce de l’opium de la Grande-Bretagne.

Avec le temps, la banque – aujourd’hui connue sous le nom de HSBC – allait étendre ses tentacules jusqu’aux champs de drogue du Moyen-Orient et d’Amérique ibérique, comme l’exigeait son rôle de tête de pont de Came SA, société anonyme de l’Empire.

 Invasion des Etats-Unis

En 1978, la Hongkong and Shanghai Bank annonça son intention de s’installer aux Etats-Unis, avec l’achat de la banque Marine Midland de Buffalo, New York, la 12e banque des Etats-Unis. Cette décision provoqua à New York une bataille politique majeure à laquelle LaRouche apporta son concours (voir notre article ci-dessous). Malheureusement, elle eut gain de cause grâce à Paul Volker, alors gouverneur de la Réserve fédérale.

HSBC étendit ensuite ses ramifications à la côte ouest des Etats-Unis, avec le lancement en 1995 d’une joint-venture en Californie avec Wells Fargo, créant ainsi la Wells Fargo HSBC Trade Bank – la même Wells Fargo qui avait pris le contrôle de Wachovia, dont les bureaux de Miami avaient été investis par la police fédérale, l’accusant de blanchir d’importantes sommes d’argent de la drogue.

 HSBC et le blanchiment des fonds de la drogue :
LaRouche avait raison !

En 1978, l’économiste américain Lyndon LaRouche et ses associés ont lancé une campagne aux Etats-Unis pour empêcher la Hongkong and Shanghai Banking Corporation (aujourd’hui HSBC) de s’approprier la Marine Midland Bank de Buffalo, NY. HSBC était alors et reste encore aujourd’hui la cheville ouvrière de l’Empire britannique qui tire une grande partie de sa puissance du trafic international de la drogue.

Vous trouverez ici quelques étapes saillantes de ce combat.

1978 : publication de Dope, Inc., la guerre de l’opium de l’Empire britannique contre les Etats-Unis, documentant comment, via une combinaison d’organisations politiques, d’entreprises et de banques, l’Empire dirige le trafic international de la drogue pour former ce conglomérat appelé Dope, Inc. L’histoire de la colonie britannique de Hong-Kong, ainsi que de sa banque dominante, HSBC, « fondée en 1864 pour financer le trafic de drogue », y était retracée avec une attention toute particulière.

1979 : La revue EIR fit courageusement campagne contre les tentatives de rachat, par la HSBC, de la Marine Midland Bank de Buffalo, New York, la douzième aux Etats- Unis. Décrivant ce rachat comme une stratégie à moyen terme de « prise de contrôle par la City de l’ensemble du système monétaire international », LaRouche apporta son soutien à Muriel Siebert, surintendante des banques de l’Etat de New York, et à l’association de banquiers indépendants qui n’ont malheureusement pu remporter cette bataille.

1985 : EIR rapportait que le trafic mondial de la drogue avait doublé en dollars depuis 1978. Il préparait la deuxième édition de Dope, Inc., contenant de nouvelles révélations sur les connections de la firme Kissinger Associates avec les institutions associées au blanchiment d’argent sale.

1986 et 1992 : deux mises à jour de Dope, Inc.

1999 : publication d’un dossier sur le séjour en Colombie de Richard Grasso, PDG de la Bourse de New York, et sa rencontre avec le dirigeant de l’organisation narco-terroriste FARC, Raul Reyes. Grasso avait déclaré que Raul Reyes était « un homme avec qui on pouvait faire des affaires ».

2009 : publication d’un rapport sur George Soros, identifiant ce méga-spéculateur comme un agent de l’Empire britannique dans sa campagne mondiale pour la légalisation de la drogue. EIR soulignait qu’au-delà des questions d’argent sale, l’Empire britannique cherchait également à utiliser les stupéfiants pour abêtir les populations, comme il l’avait fait au XIXe siècle lors des deux guerres de l’opium contre la Chine.

Juillet 2012 : « Mis au courant du cas HSBC, LaRouche posa cette question cruciale : combien d’argent sale a-t-il servi à financer la campagne présidentielle d’Obama en 2008 ? LaRouche mentionna le rôle central de George Soros dans le financement de la campagne présidentielle d’Obama, notant que durant toute cette période, la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, de l’Arizona jusqu’au Texas, avait été inondée d’argent de la drogue entrant aux Etats-Unis. »

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