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L’économie, la plus belle des sciences

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Associer la beauté à l’économie est une aberration ; en faire une science, un égarement. L’idée que l’économie soit la plus belle des sciences relève donc d’une double confusion des genres et doit être évacuée dans la poubelle où l’on jette tout ce qui n’est pas exactement quantifiable. C’est ce que diront les esprits scientifiques raisonnables, attachés à l’utilité des choses telles qu’elles sont données, comme procède Aristote dans sa Politique ou Adam Smith dans sa Richesse des nations. Il est bien connu, assureront-ils, que l’être humain cherche à diminuer ses souffrances et à accroître ses jouissances, et que la possession d’argent par la vente de biens ou de services lui permet d’y parvenir.

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Construction du Temple de Jérusalem
enluminure de Jean Fouquet, vers 1470-1475.

Ces esprits réalistes devraient cependant réfléchir car il y a simplement un problème : cette conception de l’économie masque une conception de l’homme qui le réduit à un animal prédateur supérieurement dressé, opérant dans l’univers immédiat des rapports de force, et c’est ce type d’économie impliquant cette sorte d’hommes qui conduit aujourd’hui notre société dans le mur du présent, faute d’explorer l’horizon à long terme des générations futures. Exclure de l’économie la beauté et la science -c’est-à-dire la création et la régulation- revient en effet à accepter un univers sans projet ni temps long, la consommation des ressources existantes sans production réelle. Nous sommes ainsi parvenus à la primauté du court terme financier dans une société post-industrielle qui n’équipe plus la nature, puisqu’elle n’a plus de projet social d’organisation du travail humain.

Le profit est extrait d’un processus de démantèlement de la substance : le produit intérieur brut indique un accroissement, mais sa composante « productive » -biens d’équipement, de production et de consommation, éducation, santé publique et recherche- baisse par tête d’habitant dans les principaux pays industrialisés. Les spéculations se multiplient, engendrant des bulles financières (produits financiers dérivés, matières premières, immobilier, achat-vente d’entreprises...) condamnées à exploser ou imploser. Le « revenu de l’actionnaire » adopté par les grands fonds d’investissements et les fonds de pension, qui exige un profit de 15 % par an, détruit toute vision à long terme. La croissance des pays « émergents » (Inde, Chine, Russie, Brésil, Argentine...) est malsaine dans son principe, car elle ne repose pas sur un équipement en profondeur des espaces, mais sur la hausse spéculative du prix des matières premières ou sur la vente à faible prix de produits aux pays industrialisés grâce à de très bas salaires, à l’absence de protection sociale et aux économies de coût sur l’équipement humain et social, c’est-à-dire au sacrifice du futur en faveur du présent, comme dans l’Angleterre du XIXe siècle.

C’est pourquoi la globalisation financière est un système de décomposition générale, qui, au fur et à mesure de son extension, perd tous ses contrepoids. Le système financier et monétaire international sur lequel repose cette globalisation, qui a été maintenu par l’émission de capital fictif -ne correspondant à aucune production de richesse réelle- et par l’exploitation de la main d’œuvre des pays du Sud, est aujourd’hui arrivé en bout de course, incapable qu’il est de produire les ressources nécessaires permettant d’assurer un avenir à la population mondiale. Comme nous écrivons ces lignes, l’effondrement n’est plus qu’une question de semaines ou de mois. « Réalistes » et « raisonnables », qui pensent suivant la règle du jeu du système, contribuent à cette chute par le simple fait d’adhérer à ses valeurs et d’opérer en son sein. Ils ne peuvent plus arguer de leur innocence, tant les effets destructeurs du système sont devenus transparents.

Nous sommes donc arrivés à un moment de l’histoire où un changement de système, une autre conception de l’économie et de l’homme, est nécessaire à la survie générale. L’argent n’a pas de valeur intrinsèque, il n’est qu’un moyen et n’acquiert de valeur que par rapport à ce qu’il promeut. Ce ne sont donc pas les données comptables qui doivent être prises en compte pour prendre une décision, bien qu’il soit nécessaire de disposer par ailleurs de bons comptables, mais l’objectif vers lequel on doit s’engager. Cet objectif étant défini, les moyens doivent être organisés pour l’atteindre, en fonction du potentiel maximum de développement physique de la société, par tête, par unité de surface et par ménage.

L’objectif d’une politique économique digne de ce nom est de créer les conditions les plus favorables à un développement des capacités créatrices d’individus mis en état social (santé, éducation, recherche) d’y parvenir. Le critère économique n’est pas d’acheter pour revendre plus cher et engranger un profit individuel, ni d’acquérir des biens rares que ses semblables ne possèdent pas, mais d’accroître le potentiel de densité démographique relatif de la société, c’est-à-dire la capacité d’accueil rendue possible par l’introduction constante de technologies nouvelles.

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Alexander Hamilton
inspirateur du « système américain »

Les textes que nous publions dans ce numéro ont pour objet de faire connaître cette école de l’économie physique, qui s’oppose au monétarisme néo-libéral dominant et constitue ainsi le recours. Pour elle, comme le dit Abraham Lincoln, « l’homme n’est pas le seul animal qui travaille, mais c’est le seul à améliorer sa manière de travailler » Leibniz, Hamilton, List, Carey, et avant eux Montchrétien et tous les bâtisseurs d’Etat-nation depuis Louis XI, sont les principales références de ce système, connu depuis le XIXe siècle comme « le système américain », par opposition au « système anglo-hollandais ».

Alors que le système anglo-hollandais se définit par la possession et l’émission de monnaie, et par le contrôle qu’une oligarchie financière de banquiers centraux exerce sur l’Etat, le système américain s’exprime par le crédit productif public, c’est-à-dire par le pouvoir donné à l’exécutif d’émettre du crédit pour de grands projets, avec le consentement du législatif, c’est-à-dire, en l’espèce, du Congrès américain. Dans un cas, comme dans l’Union européenne actuelle, règne un monétarisme par nature malthusien, puisqu’il est attaché aux valeurs financières existantes, dans l’autre, comme le prescrit la Constitution américaine, aujourd’hui détournée de son objet mais qui constitue une référence fondamentale, le crédit émis anticipe sur un état plus avancé de la société en promouvant l’essor de technologies nouvelles et en équipant la nature (infrastructure matérielle) et la société (infrastructure humaine) pour les recevoir. Le crédit public, par delà l’impôt et l’emprunt, est ainsi conçu comme un levier de transformation, son remboursement étant assuré non par la surface de son bénéficiaire éventuel, mais par le revenu qu’engendre le projet entrepris. C’est ce que Louis Armand appelait un « pari sur l’avenir », en se référant à la planification indicative française, et que des dispositions monétaristes nationales datant du début des années soixante-dix et le traité de Maastricht interdisent aujourd’hui en France et en Europe.

Nous avons donc détruit notre capacité de travailler pour l’avenir en nous privant du moyen de le faire. L’évolution de l’économie mondiale, et en particulier de l’Europe, depuis 1971-1974 (découplage du dollar et entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun), sont la preuve de ce crime absurde commis contre les générations futures, qui aujourd’hui se retourne contre nous-mêmes.

L’opposition entre économie physique et économie monétaire revient en fait à la distinction essentielle entre l’homme et l’animal. L’animal agit suivant ses instincts et les témoignages de ses sens, et à partir d’eux, il déduit et induit des comportements « logiques » dans un rapport relativement fixe à son environnement : il est un écologiste respectueux. L’homme, au contraire, établit des hypothèses sur des principes physiques universels, les valide par des expériences fondamentales et les applique sous forme de technologies qui transforment son environnement : il exerce sa responsabilité sur la biosphère.

L’on peut ainsi dire que l’économie, au sens réel du terme, est ce qui différencie l’homme de l’animal. C’est la science de la découverte et de l’application d’hypothèses supérieures ou, si l’on préfère, de la solution à des paradoxes ontologiques. Ce sont ces interventions de l’homme sur la nature et sur la société, organisées par l’économie, qui permettent d’améliorer le niveau de vie des populations existantes et la capacité d’accueil de populations futures.

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Lyndon LaRouche propose depuis 30 ans de revenir au « système américain » qui a permis de bâtir la prospérité des nations occidentales.

Lyndon LaRouche, héritier de Leibniz, List et Carey, a établi l’instrument de mesure correspondant à cette conception d’homme créateur : l’augmentation du potentiel de densité démographique relatif, ce que le scientifique russe et expert de l’économie spatiale, Pobitch Kouznetsov, a proposé d’appeler l’unité « l ».

L’élément déterminant est ici ce qu’Hamilton appelle le « capital actif », la projection de l’esprit d’un inventeur dans une entreprise commune, opérant aux frontières des technologies existantes. Au niveau de l’ensemble de la société, c’est un budget d’équipement public qui promeut la dynamique collective.

Dans ce processus, comme le dit Lincoln, le changement du type de travail accompli par l’homme, ce qui le rend différent de l’animal, garantit l’avenir de sa vie en société. S’il renonce, comme aujourd’hui, à cette capacité, il devient pire qu’un animal et l’économie se dégrade en exploitation de ses semblables et de la nature : la laideur sociale se propage faute d’avoir poursuivi les découvertes de principes physiques universels et leurs applications, faute d’avoir fourni l’équipement de l’homme et de la nature. Cette œuvre est une œuvre de beauté car elle révèle à l’homme toute la richesse de l’univers, ce qui se trouve par delà le témoignage de ses sens et qu’il peut maîtriser sous forme de lois pour le bien commun, à l’avantage d’autrui et non pour le réduire à un instrument. En bref, si l’argent n’est plus considéré en fonction d’une valeur intrinsèque mais comme un instrument pour découvrir, l’homme peut alors, lui, être considéré dans toute la beauté de ses capacités, et non comme un instrument.

Ceci entraîne une conséquence fondamentale : les différents types d’économie, correspondant à différents états du potentiel de densité démographique relatif de la société humaine, ne peuvent être réduits à un critère établi dans un type relativement inférieur pour mesurer un type relativement supérieur. Par exemple, les tonnes d’équivalent pétrole, instrument de mesure dans une société du pétrole et du moteur à explosion, ne constituent pas un critère permettant de mesurer une société du nucléaire et du moteur à hydrogène. Pourquoi ? Par ce que la mesure doit être faite avec les yeux de l’avenir. Une société du nucléaire et de l’hydrogène, avec une densité du flux d’énergie par unité de surface supérieure, est en effet définie par des caractéristiques économiques, sociales et humaines différentes d’une société du pétrole, et ces caractéristiques se trouvent niées par l’application de l’unité Tep, comme s’il existait un passe-partout entre les deux.

Ce qui constitue la caractéristique économique est non le dénominateur commun, mais le changement : ce qui, du point de vue du type précédent, apparaît comme une discontinuité, et du point de vue du type nouveau, comme une singularité. L’économie est ainsi un processus dynamique, et c’est son organisation qui est une science, sa beauté étant de composer la meilleure des sociétés humaines possible. Une économie ne fait donc pas qu’accumuler du capital actif, plus fondamentalement, elle est définie par des changements de géométrie de puissance, ce que les Grecs appelaient dynamis. Ce processus « noétique », propre à la pensée humaine, n’est pas linéaire comme une comptabilité de gestion, mais se déroule comme une onde de choc. Or, comme Lyndon LaRouche et Jonathan Tennenbaum l’ont défini, après Bernhard Riemann, dans une onde de choc, le processus qui organise l’onde précède son état. L’économie est ainsi le processus qui organise l’onde de choc de découvertes successives, dont les applications assurent le futur de l’humanité par la transformation de son environnement. Afin d’y parvenir, elle doit constamment nourrir ce qui définit l’être humain en l’homme, sa capacité à « enjamber l’écart » entre deux états de ses connaissances. Cela signifie bien entendu nourrir le corps physique, mais surtout l’esprit, en portant constamment l’homme en avant de lui-même.

Géographiquement, dans l’espace, il s’agit de la découverte et du développement de territoires jusqu’alors ignorés ou laissés en friche. Dans le temps, il faut redonner à l’homme le sens du passé non comme une suite d’événements, mais comme une histoire de découvertes impartissant de continuer à découvrir. Concrètement, aujourd’hui, c’est la raison pour laquelle nous promouvons le projet locomotive d’un développement eurasiatique « de l’Atlantique à la mer de Chine ». L’Europe doit ainsi « rendre » à l’Asie ce qui lui en est parvenu, et l’Amérique « rendre » de même à l’Europe ce que celle-ci lui a apporté. La mise en commun de technologies de pointe correspond, dans l’esprit humain, à cet « esprit de frontière » dans l’espace géographique.

Ce développement eurasiatique doit lui-même constituer la base, la « piste de décollage », pour un grand programme de recherche et d’exploration spatiale. L’existence même de l’Eurasie, comme par ailleurs de l’Afrique, avec des espaces peuplés d’êtres humains, est la raison de la développer. L’existence même de l’espace est la raison de l’explorer. Car le propre de l’être humain n’est pas d’amasser des possessions comme un animal supérieurement dressé (le proverbial écureuil) mais d’explorer dans l’espace temps qui l’entoure et en lui-même toutes les capacités d’amélioration de sa connaissance et de sa condition.

Imaginons l’association d’équipes de savants, de scientifiques, d’ingénieurs, de techniciens et d’ouvriers qualifiés rassemblant leurs capacités, à l’échelle de l’Eurasie et du monde, et pourvus des moyens pour les exercer, suscitant un esprit nouveau de co-développement et de partenariat. N’est-ce pas un sentiment de beauté sociale retrouvée qui s’éveille ainsi en nous ? N’est-ce pas ce dont l’hymne à la joie, aujourd’hui si banalisé, est porteur ? Le meilleur de l’homme ressort lorsqu’il doit agir à la frontière de lui-même, face à un environnement sans précédent, car il n’a plus alors de formules à appliquer mais doit trouver en lui-même ce qui le projette dans l’avenir, à l’image de ses prédécesseurs qui le firent en leur temps. C’est par ce type de projet, par ce dont il est inspirateur, que nous pourrons rétablir en l’homme l’estime de soi qui lui permette de faire face à l’ordre prédateur dominant, qui porte aujourd’hui en lui la guerre de tous contre tous et le chaos.

Critiquer l’ordre dominant sans apporter l’alternative ne conduit en effet qu’à un nihilisme haineux dont on a pu mesurer les ravages au XXe siècle.

Le défi à relever consiste à rassembler, au XXIe siècle, tous les moyens de l’économie dirigée -qui ne signifie pas soumise à un contrôle tatillon, mais pourvue d’une direction juste -pour bâtir en faveur de la paix par le développement mutuel ce qui a été mobilisé au XXe siècle pour la guerre.

L’économie est la plus belle des sciences non parce qu’elle produit des biens ou du capital, mais parce qu’elle produit le Bien, c’est-à-dire les moyens de transmettre aux générations futures la capacité d’améliorer le monde pour tous ceux qui l’habitent. Elle est la science de l’esprit humain, celle de la recherche du bonheur. Devenu artiste de l’univers, l’homme transmet l’espérance.

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