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La création de monnaie

Depuis le 15 août 1971, date à laquelle le président Nixon a décidé de supprimer la libre convertibilité du dollar en or, la monnaie a été dématérialisée. Conséquence : l’argent est devenu une dette, car pour qu’il y en ait, il faut au préalable qu’il ait été emprunté.

Qui crée cet « argent » ? Les instituts d’émission (banques centrales ont le monopole de l’émission de monnaie dite fiduciaire (pièces et billets) ». Cependant, si l’on prend l’ensemble de la création monétaire, c’est-à-dire M3 (les billets et pièces, plus toute la monnaie scripturale et électronique, les dépôts à vue, autres dépôts négociables et instruments divers négociables), l’on s’aperçoit que les banques commerciales privées créent 93% de la masse monétaire totale. Elles le font par le biais du crédit. Et, contrairement à ce que croient la plupart des gens, elles ne prêtent pas ce qu’elles détiennent en dépôt, elles créent de la monnaie ex nihilo, à partir de rien, même si cette création a lieu « sous garanties ». Les crédits précèdent ainsi les dépôts, car c’est avec la monnaie obtenue par crédit que l’on peut faire des opérations, procéder à des versements et que l’on peut déposer.

C’est ce qui fait dire à Maurice Allais, prix Nobel 1988 de Sciences économiques : « Dans son essence, la création de monnaie ex nihilo actuelle par le système bancaire est identique (...) à la création de monnaie par des faux monnayeurs. Concrètement, elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents. »

C’est précisément là que se trouve le coeur du problème. Prétendre voir la dette comme une chose en soi, impliquant une contrainte objective, relève soit de l’ignorance, soit de la tromperie. La vraie question est en effet qui a le pouvoir de créer la monnaie-crédit et pour en faire quoi ?

Il est aujourd’hui clair que ce pouvoir appartient aux banques commerciales privées, selon la loi des Etats et des traités européens, et que l’Etat doit leur emprunter (s’endetter auprès d’elles) pour pouvoir investir. Quand il doit construire des routes, des hôpitaux ou des crèches, il doit emprunter aux acteurs privés, qui créent, eux, la monnaie à partir de rien, et payer un intérêt, au lieu de pouvoir lui-même créer l’argent dont il a besoin, en anticipation des bénéfices qu’il peut attendre de l’équipement de la nature et de l’homme, sans verser d’intérêt à quiconque.

Il s’agit là d’un choix politique qui n’a rien à voir avec l’intérêt général. Car depuis 1971, le pouvoir de ces acteurs privés (banques, sociétés d’assurance) leur a permis de dépouiller les Etats par l’accumulation des intérêts sur les intérêts (intérêts composés). Au profit de qui ? Des réseaux du capital financier mondialisé dont le centre d’opérations est la City de Londres et Wall Street la succursale.

Ainsi, les compagnies d’assurance lorgnent le marché de la santé publique, les fonds d’investissements (private equity) s’emparent de cliniques, comme en Lorraine, et tout l’argent soustrait aux Etats ou produit à partir de rien sert aux spéculations financières internationales. Ceux qui spéculent ont ainsi d’abord extrait des fonds (ils appellent eux-mêmes cela « cash extraction ») de la bourse, puis du secteur immobilier et maintenant des produits agricoles et des matières premières, au détriment des producteurs et des consommateurs.

Ségolène Royal, « socialiste » (premier paradoxe) et probablement ignorante (deuxième paradoxe) joue ici doublement le rôle d’idiot utile en clamant à tous vents que nous devons limiter les dépenses publiques et rembourser la dette sans en contester l’origine ni la fonction. Rembourser, mais au profit de qui ? Les intérêts anglo-saxons que servent, sans d’ailleurs s’en cacher, les Matthieu Pigasse (Lazard) et autres Harvard boys (Philippe Aghion), parlent d’eux-mêmes.


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De l’indépendance des banques centrales

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