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Alexander Hamilton (1757-1804).

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Après Alexander Hamilton, faisons de Snowden un « citoyen d’honneur » français

 Une page d’histoire

La plupart des citoyens français autant qu’américains ignorent très probablement le fait que lors de la Révolution française, la toute nouvelle Assemblée nationale adopta un décret attribuant le titre de « citoyen d’honneur » à plusieurs personnalités étrangères.

Parmi eux notamment le chimiste anglais Joseph Priestly, les poètes allemands Friedrich Schiller et Friedrich Klopstock, le pédagogue suisse Johann Pestalozzi, mais également les Américains Thomas Payne, George Washington et l’économiste Alexander Hamilton, grand défenseur de l’industrialisation, fondateur du Parti fédéraliste et un des fondateurs du « Système américain d’économie politique ».

Hamilton, inspiré par Jean-Baptiste Colbert et les disciples de Colbert en Espagne, venait de fonder, le 25 février 1791, la première Banque nationale des États-Unis afin d’alimenter en crédit productif l’économie physique et les grands travaux dont les États-Unis avaient urgemment besoin.

A Paris, c’est Elie Guadet, au nom de la commission extraordinaire des Douze et du Comité d’instruction publique réunis, qui présenta le 26 août 1792 un projet de décret relatif au titre de citoyen français à décerner à des citoyens étrangers :

L’Assemblée nationale, considérant que les hommes qui, par leurs écrits et par leur courage, ont servi la cause de la liberté et préparé l’affranchissement des peuples, ne peuvent être regardés comme étrangers par une nation que ses lumières et son courage ont rendue libre ;

Considérant que si cinq ans de domicile en France suffisent pour obtenir à un étranger le titre de citoyen français, ce titre est bien plus justement dû à ceux qui, quel que soit le sol qu’ils habitent, ont consacré leurs bras et leurs veilles à défendre la cause des peuples contre le despotisme des rois, à bannir les préjugés de la terre, et à reculer les bornes des connaissances humaines ;

Considérant que, s’il n’est pas permis d’espérer que les hommes ne forment un jour devant la loi, comme devant la nature, qu’une seule famille, une seule association, les amis de la liberté, de la fraternité universelle n’en doivent pas être moins chers à une nation qui a proclamé sa renonciation à toute conquête et son désir de fraterniser avec tous les peuples ;

Considérant enfin, qu’au moment où une Convention nationale va fixer les destinées de la France, et préparer peut-être celles du genre humain, il appartient à un peuple généreux et libre d’appeler toutes les lumières et de déférer le droit de concourir à ce grand acte de raison, à des hommes qui, par leurs sentiments, leurs écrits et leur courage, s’en sont montrés si éminemment dignes.

 De Hamilton à Edward Snowden

Il serait erroné de croire qu’il ne s’agit là que d’histoire ancienne. Aussi récemment que le 5 juin 2014, une proposition de résolution fut soumise au Sénat « visant à proclamer Edward Snowden Citoyen d’honneur de la République française et à lui accorder l’asile politique », comme le demandait une pétition lancée le 3 juin à l’initiative de l’Express et signée par une cinquantaine de personnalités et des centaines d’internautes.

La résolution rappelait que :

La France, pays des droits de l’Homme et de la liberté de la presse, a une obligation particulière à l’égard d’Edward Snowden car sa Constitution prévoit que ’’tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République’’.

Les révélations d’Edward Snowden ont montré que les collectes massives d’informations par l’Agence nationale de sécurité (NSA), concernant des citoyens du monde entier, dépassaient le cadre de la lutte nécessaire contre le terrorisme ou contre les autres risques géopolitiques. Lanceur d’alerte, Snowden a permis d’informer le grand public de ces dérives, en plaçant l’intérêt général et l’éthique au-dessus de la raison d’État.

Après avoir présenté les raisons multiples justifiant qu’on accorde l’asile politique à Snowden, la résolution propose d’aller « plus loin dans l’expression de notre gratitude envers ce lanceur d’alerte civique ».

En guise de conclusion, elle rappelle que :

Le 26 août 1792, l’Assemblée législative de la Révolution française accorda le titre de citoyen français à des ’’patriotes étrangers’’ distingués par leurs actions ou leurs écrits. Devinrent ainsi ’’citoyens d’honneur de la République française’’ des personnes aussi diverses que le militant antiesclavagiste britannique Thomas Clarkson, le philosophe allemand Friedrich von Schiller, le pédagogue suisse Henri Pestalozzi et de grands démocrates américains tels que George Washington, Alexander Hamilton, James Madison et Thomas Paine.

Ainsi :

Dans la mesure où Edward Snowden s’est mis en danger pour défendre nos libertés à tous, il est proposé par la présente résolution que notre assemblée se fasse héritière de l’Assemblée législative de jadis et ressuscite cette pratique, en le proclamant citoyen d’honneur de la République française.

On comprend mieux pourquoi certains, afin de réaliser des économies budgétaires, plaident pour la suppression du Sénat, une institution qui visiblement menace la liberté… de certains.

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