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La « stratégie sudiste » aux Etats-Unis : 1966, une année charnière

par Mark Burdman

En ce début d’année 2001, il est impossible de comprendre la situation politique, économique et culturelle mondiale sans prendre en compte les événements décisifs qui se sont déroulés aux Etats-Unis il y a 35 ans, en 1966. Toutefois, il ne s’agit pas d’événements uniquement « américains ». Sans doute faudrait-il les considérer plutôt comme des transformations fondamentales de paradigme qui, vu le rôle joué par les Etats-Unis, ont eu des répercussions décisives dans le monde entier.

Passant en revue cette période, le lecteur doit garder en tête le facteur suivant : en 1966, Lyndon LaRouche, alors connu sous le nom de plume de « Lyn Marcus », fondait l’organisation qui, en 1968-69, se fit connaître aux Etats-Unis sous le nom de National Caucus of Labor Committees (NCLC), puis, peu après, d’International Caucus of Labor Committees (ICLC), avec des ramifications en Europe de l’Ouest et en Amérique latine. Depuis lors, l’influence exercée par le mouvement politique de LaRouche sur les événements mondiaux a largement dépassé ses modestes dimensions.

Au cours du printemps et de l’été 1966, LaRouche donna une série de cours d’économie à l’Université de New York, d’où allait émerger le noyau de proches collaborateurs formant la direction du NCLC. Des cours similaires eurent lieu dans la région de Philadelphie et ailleurs aux Etats-Unis.

D’autre part, LaRouche craignait que le mouvement politique de la « nouvelle gauche », allié à la contre-culture « rock-drogue-sexe », ne se transforme en une force politique ouvertement fasciste, gagnant en influence sur une jeunesse vulnérable. Ce danger était d’autant plus grand que LaRouche voyait, à juste titre, se rapprocher l’effondrement du système de « Bretton Woods » instauré après-guerre, créant les conditions pour l’émergence, dans les années ultérieures, de mouvements fascisants parmi ces jeunes révoltés, à l’instar de ce qui s’était passé en Allemagne et en Italie dans les années 20 et 30. En outre, il pressentait, sans toutefois disposer de toutes les preuves qu’il devait découvrir plus tard avec l’aide de ses collaborateurs, que la « nouvelle gauche » était « téléguidée » par ces institutions de l’Establishment, elles-mêmes responsables de la dérive économique et financière.

Rétrospectivement, la décision prise par LaRouche en 1966 d’abandonner la prévision et le conseil en matière économique pour l’activité politique directe, doit être considérée comme « providentielle », car sans son intervention, qui se poursuit aujourd’hui, l’humanité aurait aujourd’hui peu de chance de survivre au processus déjà entamé à l’époque par les élites oligarchiques.

De la même façon, nous entrons aujourd’hui dans une période où un ferment de masse se développe, aux Etats-Unis et ailleurs, en réaction à la désintégration financière internationale. Ce ferment sera-t-il manipulé et orchestré par l’establishment politique et financier, ou verrons-nous des cercles plus raisonnables adhérer au programme de LaRouche visant à mettre fin à la dépression économique, sur la base d’une réorganisation financière et d’une reconstruction industrielle ? La réponse à cette question dépend, dans une certaine mesure, des leçons à tirer de cette année décisive de 1966.

 De John Kennedy aux contradictions de Lyndon Johnson

Nous ne pouvons que résumer grossièrement les principaux événements antérieurs à 1966. En novembre 1963, les Etats-Unis et le reste du monde ont été profondément bouleversés par l’assassinat du président John Kennedy, dont les politiques étaient en grande partie calquées sur celles de son prédécesseur de 1933 à 1945, Franklin D. Roosevelt. Ce dernier avait rejeté la tradition historique du Parti démocrate, celle de porte-parole de Wall Street et des intérêts blancs du Sud, pour le transformer en parti de masse, représentant les syndicalistes, les agriculteurs, les petits et moyens entrepreneurs, les minorités ethniques - tous rassemblés autour d’un programme destiné à sortir de la Grande dépression économique. Grâce à Roosevelt, les Afro-Américains devinrent un pilier du Parti démocrate, après avoir longtemps soutenu le Parti républicain, fondé par Abraham Lincoln et ses amis avant de changer radicalement d’orientation.

Lors de sa brève présidence, Kennedy suscitera un idéalisme certain parmi la jeunesse américaine, avec des mesures comme le Peace Corps. Le choc provoqué par sa mort sera donc terrible, d’autant plus que tout fut mise en oeuvre pour étouffer les questions cruciales sur les auteurs, les causes et les circonstances de son assassinat.

La disparition soudaine de Kennedy contrecarre aussi l’intention du président français, Charles de Gaulle, de coopérer avec son jeune homologue américain, notamment sur les moyens de sortir du bourbier vietnamien, d’ouvrir des relations avec la Chine communiste, d’améliorer les relations euro-américaines, etc. Au cours de la même période, de Gaulle sera lui-même la cible de nombreuses tentatives d’assassinat de la part du même appareil qui tua Kennedy.

Toujours en 1963, le chancelier allemand Konrad Adenauer, avec qui Kennedy entretenait de bonnes relations, doit quitter le pouvoir, tandis qu’en Grande-Bretagne, le Premier ministre conservateur, Harold Macmillan, est acculé à la démission suite au célèbre scandale Profumo. Son départ ouvre la voie au gouvernement travailliste d’Harold Wilson, qui met en oeuvre une politique « post-industrielle » suivant le modèle envisagé par les élites transatlantiques pour l’ensemble de l’Occident.

Après l’assassinat de Kennedy, les Etats-Unis renforcent leur engagement terrestre au Vietnam, qui devient massif en 1965-66. De peur de subir le même sort que son prédécesseur (comme il l’indiqua à sa façon), le successeur de Kennedy, Lyndon Johnson, n’ose pas défier les pouvoirs en place. Il lui aurait fallu pour cela affronter les grands architectes de la politique de guerre qu’étaient John McCloy, McGeorge Bundy et Robert McNamara, ces deux derniers ayant également participé au gouvernement Kennedy.

Toutefois, sur une question majeure, Lyndon Johnson refusera de s’incliner. En 1965, on diffuse partout dans le monde des images de policiers blancs rouant de coups des Noirs américains sans défense, lors d’une manifestation de pacifistes à Selma (Alabama). L’une des photos les plus mémorables montre une héroïne du mouvement des droits civiques, Amelia Boynton, gisant par terre, où on l’avait laissée pour morte. Suite à cet outrage, Martin Luther King organise une grande marche de Selma à Montgomery (capitale de l’Alabama), à laquelle participent d’importants dirigeants politiques et religieux blancs.

Le mouvement des droits civiques devient alors une lame de fond aux Etats-Unis. Le président Johnson, qui avait réussi à imposer en 1964 la loi sur les droits civiques, s’engage, en 1965, à faire adopter par le Congrès la loi garantissant le droit de vote aux Afro-Américains. Formellement, c’est un droit établi déjà depuis longtemps - sous forme du quinzième amendement de la Constitution adopté après la guerre de Sécession - mais il est systématiquement dénié dans plusieurs Etats du Sud. Dans son discours en défense de cette loi, Lyndon Johnson reprend le fameux slogan du mouvement des droits civiques « We Shall Overcome » (nous vaincrons).

Ceci était d’autant plus remarquable que Lyndon Johnson est lui-même originaire d’un Etat du Sud (le Texas) et parle avec l’intonation « traînante » typique de cette partie des Etats-Unis. Apparemment, il a aussi, de par son passé et ses relations politiques, beaucoup en commun avec l’idéologie des forces « néo-confédérées » alliées aux intérêts de Wall Street, qui rêvent d’un retour à la Confédération sudiste de 1860-65. Celle-ci, composée d’Etats qui défendaient l’esclavage, avait fait sécession des Etats-Unis en 1860, déclenchant la sanglante guerre civile de 1860-65 qu’Abraham Lincoln finit par gagner, après avoir émancipé les esclaves.

 Lancement de la stratégie sudiste

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Police sudiste contre le Mouvement des droits civiques

La position de Lyndon Johnson est jugée intolérable par l’Establishment. Si le successeur de Kennedy n’est pas assassiné, sa carrière politique sera, elle, ruinée. Avec l’escalade de la guerre au Vietnam et d’autres mesures qu’on le convainc d’adopter, Johnson devient si impopulaire qu’il n’osera même pas se représenter en 1968. Mais ceci n’est qu’un aspect des choses.

En 1966, les élites de Wall Street lancent une opération perverse baptisée « stratégie sudiste », qui aboutit en 2000 à cette lamentable course présidentielle entre deux néo-confédérés, George W. Bush et Al Gore. Cette stratégie est couplée au projet de « société post-industrielle », qui prône l’élimination du progrès scientifique et technologique, de la production industrielle et des infrastructures, en faveur d’une utopie néo-féodale.

Un des principaux objectifs communs à la stratégie sudiste et à la société post-industrielle est l’élimination de la notion selon laquelle « l’homme est fait à l’image de Dieu », idée maîtresse des religions monothéistes, sur laquelle la république américaine a été fondée. Dès lors, on peut tout à fait réduire au statut d’esclaves une majorité d’Américains (et pas seulement les Noirs). Cette nouvelle matrice de croyances est associée, depuis quelques années, à la devise « tout le profit aux actionnaires ».

Voyons maintenant les aspects fondamentaux de la stratégie sudiste. Lorsqu’en 1960, John Kennedy se présente contre l’opportuniste républicain Richard Nixon, il rejette l’avis de ses conseillers qui prétendent que, pour l’emporter, il lui faut courtiser l’électorat blanc des Etats du Sud, où le racisme et les « valeurs agraires » sont bien plus ancrés que dans les Etats du Nord-Est, du Midwest et de l’Ouest. Pendant sa brève présidence, le jeune Kennedy s’efforcera d’empêcher le Parti démocrate d’adhérer aux convictions des néo-confédérés. D’ailleurs, s’il se rend à Dallas (Texas) en cette journée fatidique du 22 novembre 1963, c’est, entre autres, pour tenter d’éviter une scission entre les courants libéral et néo-confédéré au sein du Parti démocrate texan.

La direction du Parti républicain, par contre, s’engage pleinement dans cette stratégie, d’autant plus que Nixon aspire à la revanche après sa défaite de 1960. En 1963, certains dirigeants républicains se réunissent pour en discuter, mais ce n’est qu’à partir de 1966, un an après la loi sur le droit de vote soutenue par Johnson et au moment où Nixon prépare sa campagne pour 1968, que le mouvement prendra son essor.

En 1966, Nixon s’envole pour le Mississippi pour y rencontrer des dirigeants du Ku Klux Klan. Il rencontre également Trent Lott, personnalité influente et partisan impénitent de la Confédération qui, lors de la dernière législature, était à la tête de la majorité républicaine au Sénat.

Au cours de sa campagne, Nixon va jouer sur le malaise grandissant ressenti par de nombreux Américains à l’égard des problèmes raciaux, surtout depuis les émeutes violentes de 1965 dans les ghettos noirs de Los Angeles, Newark, Detroit et d’autres grandes villes, qui ont apporté de l’eau au moulin « sudiste » de Nixon. Il sera aidé dans ses efforts par le gouverneur d’Alabama, George Wallace, tristement célèbre pour sa brutale politique de ségrégation raciale dans le Sud.

Wallace, un démocrate, décide de se présenter comme candidat indépendant à l’élection présidentielle, affaiblissant ainsi les chances du candidat démocrate, le vice-président Hubert Humphrey. Enfin, en 1968, les efforts de Nixon sont couronnés de succès : il est élu Président des Etats-Unis. A eux deux, Nixon et Wallace ont remporté dix des onze Etats ayant appartenu à la Confédération. Seul le Texas de Lyndon Johnson vote Humphrey. Martin Luther King vient d’être assassiné en avril, juste avant Robert Kennedy, le frère de John, en juin. Avec celui-ci, c’est l’adversaire le plus dangereux de Nixon dans le Parti démocrate qui est éliminé.

 Le modèle sudiste

En 1966, la campagne en faveur de la société post-industrielle est lancée. En effet, l’une des grandes erreurs de l’administration Johnson a été la mise en oeuvre, cette année-là, du projet de « grande société » assorti de toutes sortes de programmes de « contrôle local » et d’« autogestion de la misère », sous couvert de « lutte contre la pauvreté ». Dans cette logique, il sabre l’ambitieux programme spatial de Kennedy, sous prétexte que la conquête spatiale « détourne les ressources nécessaires à la lutte contre la pauvreté ».

Ensuite, sous Nixon, l’offensive contre l’économie physique redouble avec les phases I et II de sa politique d’austérité. A cela s’ajoutent les conséquences désastreuses du découplage entre le dollar et l’or, en août 1971, donnant le coup d’envoi au processus de spéculation financière qui a atteint ces dernières années des proportions épidémiques. Le principal conseiller de Nixon en la matière est son ministre des Finances, John Connally, un démocrate texan rallié au camp républicain et influent porte-parole des promoteurs de la stratégie sudiste.

Logiquement, le soutien aux idées de LaRouche augmente considérablement après août 1971, notamment parmi les jeunes qui reconnaissent l’exactitude de ses prévisions.

Par la suite, de 1977 à 1981, sous la présidence Carter, la désindustrialisation des Etats-Unis s’accélère fortement. Gouverneur de Georgie, Jimmy Carter est une créature des intérêts de Wall Street, regroupés autour de la Commission trilatérale et du Conseil des relations extérieures (CFR). Paul Volcker, nommé par Carter à la tête de la Réserve fédérale, adopte une politique de taux d’intérêt usuraires qui ruinera les capacités agricoles et industrielles du pays. Il suit ainsi la perspective de « désintégration contrôlée de l’économie » promue par le CFR.

Sous la présidence de Carter, la « stratégie sudiste » pénètre dans le coeur même du Parti démocrate. Carter incarne personnellement cette mentalité, avec son racisme - même s’il l’exprime plus subtilement que George Wallace - et sa haine farouche pour la civilisation industrielle avancée que sont devenus les Etats-Unis à la fin de la Deuxième guerre mondiale.

L’idéologie du racisme et de la société post-industrielle est déjà répandue dans de nombreux Etats du Sud. Tout d’abord, la société esclavagiste d’avant la guerre de Sécession avait été un modèle de société post-industrielle. Ses principaux idéologues admiraient le féodalisme, non seulement sous sa forme « récente » en vigueur dans l’Angleterre des XVIIIème et XIXème siècles, mais aussi dans ses manifestations les plus pures, incarnées par les seigneurs féodaux normands en Europe. Le soi-disant « art de vivre sudiste » promouvait les idéaux de la chevalerie, de l’« honneur », de la culture du « gentleman » sur sa plantation, ainsi que de la « pureté de la race blanche ».

L’économie dépendait alors en grande partie de la culture du coton, utilisant la forme de travail la plus cruelle et la plus inefficace : l’esclavage. Ce type de vaste accumulation primitive était condamné à terme à l’auto-destruction, à moins de s’assurer une expansion territoriale constante.

Au cours du XXème siècle, les tentatives pour faire revivre les structures de croyance confédérées sont explicitement de nature anti-industrielle. Le cas le plus célèbre est celui des « agrariens de Nashville », un groupe d’écrivains et d’hommes politiques formé entre les deux guerres mondiales pour idéaliser le « vieux Sud ». Son quartier général se tient à Nashville, capitale du Tennessee (fief de l’« écologiste » Al Gore). Le manifeste des agrariens de Nashville, rédigé en 1931, affirme sans détour : « Tous tendent à soutenir le mode de vie sudiste, contre ce qu’on peut appeler la méthode américaine ou dominante. (...) Agraire contre industrielle. »

Sur le plan culturel, Hollywood promeut depuis des années cette idéologie de la « cause perdue » et de ce « mode de vie » axé sur la plantation. Ne citons que le fameux film paru en 1939 et repris à grand renfort de publicité dans les années 60, Autant en emporte le vent.

Le principal idéologue des agrariens de Nashville, William Yandell Elliott, originaire du Tennessee et fervent anglophile, dirigeait la Faculté des sciences politiques à l’université de Harvard. Deux de ses élèves et protégés sont bien connus : Henry Kissinger, le contrôleur du républicain Nixon, et Zbigniew Brzezinski, l’homme qui convainquit David Rockefeller de créer la Commission trilatérale et qui, en tant que conseiller à la sécurité de Carter, fut à l’origine de nombreux scénarios farfelus de sa politique étrangère. Dans ses écrits de la période 1957-63, Kissinger proclame que William Yandell Elliott est l’homme « à qui je dois plus, intellectuellement et humainement, que je ne puis rembourser. (...) Tout ce que j’ai pu réaliser, je le dois en grande partie à l’inspiration d’Elliott. »

Enfin, le « nouveau Sud », apparu après la Deuxième Guerre mondiale, n’est que peu industrialisé. Il existe quelques centres où sont concentrées les technologies de pointes, surtout autour d’entreprises de défense et aérospatiales, mais l’économie se base, pour l’essentiel, sur les services de main-d’oeuvre à bon marché et son expansion est largement due à la délocalisation d’une partie des industries du nord (à la recherche, entre autres, de travailleurs non syndiqués).

 Changement de politique étrangère

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Manifestes politiques sudistes

Peut-être tout ceci vous paraît-il très américain et fort éloigné des ramifications internationales mentionnées au début.

L’une des implications les plus marquantes et les plus tragiques de cette stratégie fut l’escalade systématique de la guerre au Vietnam, ainsi que son extension au Cambodge grâce aux bons offices d’Henry Kissinger auprès de Nixon. (Le fait que Kissinger ait reçu le prix Nobel de la paix pour avoir « mis fin à la guerre » n’y change rien.) Les bombardements du Cambodge ont doublement contribué au génocide - d’abord par les destructions dues aux bombes elles-mêmes et, ensuite, en ouvrant la voie à la prise de pouvoir par les Khmers Rouges de Pol Pot, qui allaient massacrer à leur tour un million de Cambodgiens.

Ceci fait partie d’une politique plus vaste. A partir de 1966, la « limitation démographique » dans les pays du tiers monde deviendra un aspect important de la politique étrangère américaine. Pour Lyndon LaRouche, il s’agit en fait d’une « politique de génocide ».

Egalement en 1966, George Bush Sr, l’ancien Président des Etats-Unis, est élu pour la première fois au Congrès, suite à une campagne soutenue par les intérêts de Wall Street associés à son père, Prescott Bush, qui avait financé l’accession au pouvoir d’Hitler en Allemagne. A peine entré au Congrès, George Bush organisera des auditions parlementaires en faveur de la « limitation démographique » et du « planning familial », allant même jusqu’à promouvoir l’eugénisme. En 1969, il invite même au Congrès un eugéniste déjà discrédité, William Shockley, qui propage une thèse sur la condition génétique inférieure des Noirs.

Il est aujourd’hui admis, chez les malthusiens de l’establishment, que Bush a contribué à catalyser l’adoption de nombreuses politiques néo-malthusiennes à Washington. Et bien entendu, c’est depuis la Maison Blanche qu’il met en oeuvre sa politique de réduction de la population en lançant l’invasion militaire du Panama en 1989 et la guerre massive contre l’Irak en 1991, suivie d’un embargo génocidaire contre le peuple irakien qui dure depuis plus d’une décennie.

Encore une fois, l’un des principaux architectes de cette politique est Henry Kissinger. De son poste de secrétaire d’Etat, il commande l’établissement d’un rapport sur la démographie, qui deviendra en 1974 le fameux Mémorandum d’étude sur la Sécurité nationale (NSSM 200), intitulé « Implications de la croissancedémographique mondialesur les intérêtsdesécuritéetnationaux des Etats-Unis ». Ce mémorandum affirme que la croissance démographique des pays en voie de développement menace l’accès des Etats-Unis aux ressources vitales, faisant de la réduction démographique dans le tiersmondeune priorité du gouvernement américain.

Quant à l’autre élève d’Elliott, Zbigniew Brzezinski, il est hyperactif au milieu des années 60. Il rédige, entre autres, une brochure intitulée « La révolution technétronique », dans laquelle il affirme que les blocs militaires de l’OTAN et du Pacte de Varsovie vont progressivement « converger » vers une « économie de l’information ». Il est notoirement connu que cet écrit a contribué, dès 1966, à lancer au sein de l’OTAN des discussions officieuses qui allaient aboutir en 1971-72 à la fondation du Club de Rome et à la parution de son rapport frauduleux, Halte à la croissance. Ce rapport servit à lancer le mouvement écologiste à travers le monde. Au sein du Club de Rome, certains se plaisent à dire que Halte à la croissance a introduit un « changement de paradigme » dans les délibérations politiques internationales.

Parallèlement, M. Kissinger et ses alliés défendent plus que jamais la doctrine militaire de « destruction mutuelle assurée » (MAD en anglais), suivant laquelle l’« équilibre de la terreur » entre superpuissances empêcherait toute guerre mondiale, chacune étant capable de détruire l’autre. Dans ces circonstances, dit-on, on n’a plus besoin de maintenir l’infrastructure industrielle de pointe indispensable pour mener une guerre prolongée de type classique. A partir des années Kissinger et jusqu’au début des années 80, l’Europe vit sous la menace de devenir le théâtre d’une confrontation thermonucléaire, jusqu’à ce qu’en mars 1983, le président Ronald Reagan adopte la doctrine élaborée par Lyndon LaRouche, sous le nom d’« Initiative de défense stratégique » (IDS), en vertu de laquelle les Etats-Unis et l’URSS coopéreraient dans la mise en place de systèmes de défense anti-missiles basés sur de nouveaux principes physiques.

Pendant une courte période, l’on a pu croire que l’IDS permettrait de renverser le processus de désindustrialisation et d’ouvrir une nouvelle ère de progrès technologique et agro-industriel, mettant fin au règne de la terreur. Mais le vice-président Bush et les alliés de Kissinger lancèrent alors une contre-attaque massive, au sein du gouvernement, contre la politique de coopération de l’IDS, l’étouffant dans l’oeuf. Peu après, d’extraordinaires mesures policières ont été prises à l’encontre de LaRouche et de son mouvement politique qui allaient mener, à partir de 1989, à de nombreux procès et emprisonnement.

Aujourd’hui, le tournant amorcé en 1966 menace de faire sombrer le monde dans un nouvel âge des ténèbres, à moins que les alternatives politiques préconisées par Lyndon LaRouche ne soient adoptées aux Etats-Unis et dans le monde.

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« Le parti a pour objet de combattre, en France et dans le monde, pour la paix par le développement économique et l'égalité des chances et contre l'usure financière et les idéologies du sol, du sang et de la race. Il défend pour chacun et entre les peuples le progrès matériel, intellectuel et moral. A cet effet, il participe à la vie politique de notre pays, notamment lors des échéances électorales. Il peut apporter son soutien politique et financier à des partis et associations dont l'objet concorde avec celui-ci. »

Extraits des statuts - Article 2 - Objet