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Un livre publié en 2000 par Solidarité & Progrès.

Avant-propos

Les textes que nous publions ici ne sont pas pour des intellectuels en chaise longue ou des administrateurs voués à leur carrière. Ils s’adressent à tous ceux qui ont conscience de la crise du système dans lequel nous vivons. Leur objet immédiat est de rappeler la politique qui permit aux Etats-Unis d’échapper aux fascismes des années 30 et à l’Europe de se reconstruire après 1945. Il est de faire voir avec les yeux de ceux qui bâtirent la meilleure part du monde de l’après-guerre.

A ceux qui nous affirment que cette démarche est désormais dépassée, nous répondons qu’au contraire, c’est aujourd’hui l’histoire qui bégaye. Le système prédateur de marché du XIXe siècle, l’ordre victorien qui s’était effondré en 1914 et 1929, nous est revenu depuis une trentaine d’années avec la Contre-Réforme libérale de la London School of Economics et des grandes universités américaines. La création des eurodollars à Londres, en 1957, puis le découplage inéluctable entre l’or et le dollar, décidé par le président Nixon le 15 août 1971, ont créé les conditions de la dérégulation généralisée, de la loi de la jungle que nous avons subie. Les conséquences - économiques, culturelles et sociales - sont aujourd’hui bien pires qu’hier ; mondialisation financière absolue et instantanée, aveuglement des élites et des peuples, idéologie de la suprématie et de l’unilatéralisme. Politiquement, les régimes de Margaret Thatcher et d’Augusto Pinochet en auront été les premières manifestations.

Nous voulons ici détruire l’illusion que le phénomène peut être aménagé ou adouci. Karl Polanyi, dans La Grande Transformation (1944), l’avait déjà clairement vu :

« La société du XIXe siècle, dans lequel l’activité économique était isolée et attribuée à un mobile économique distinct, fut en vérité une nouveauté singulière.

« Un tel modèle institutionnel ne pouvait fonctionner sans que la société fut en quelque manière soumise à ses exigences. Une économie de marché ne peut exister que dans une société de marché. [...]

« Permettre au mécanisme du marché de diriger seul le sort des êtres humains et de leur milieu naturel, et même, en fait, du montant et de l’utilisation du pouvoir d’achat, cela aurait pour résultat de détruire la société. » [*]

Aujourd’hui, c’est là que nous en sommes à nouveau, avec un choix sans ambiguïté : ou bien la dérive brutale vers un chaos social et les nouveaux totalitarismes qui en seront nécessairement l’aboutissement, ou bien un sursaut volontariste, en prenant pour référence des exemples passés, non pas tant pour ce qu’ils furent mais pour ce qui les inspira.

Nous avons écrit « aveuglement ». C’est en effet, comme en 1913 ou en 1928, la caractéristique de notre époque. Les nuées qui portent l’orage se trouvent au-dessus de nous, mais nous sommes très peu à vouloir les voir et moins encore à faire face. Le renoncement du politique, le retrait dans la sphère privée et ce village à la Potemkine qu’est devenue la société civile du monde « développé » incitent à fuir les responsabilités dans une soumission aux images et une promotion des envies. Le citoyen de la République, renonçant à l’espace public, devient ainsi sujet d’un théâtre d’ombres.

Nous entendons au contraire faire penser dans le temps long.

En France, ici et maintenant, la rupture dans l’histoire du monde - crise stratégique et financière - rencontre les échéances électorales : municipales, législatives et enfin, présidentielles. Elle recoupe également, au sein de notre appareil d’Etat (ou de ce qu’il en reste) et d’une partie de la gauche plurielle, un esprit de résistance face au nouvel impérialisme anglo-américain.

Ce que j’écris est, dans ces conditions, un premier document de campagne. Non pas seulement pour la mienne, mais pour faire aller le débat à l’essentiel, c’est-à-dire sortir des sophismes de la bureaucratie et des idées reçues, fatalismes mondialistes ou fossilisations « souverainistes », pour replacer la France face à ses responsabilités dans le monde.

Il ne s’agit pas, dans les années qui viennent, d’une querelle entre factions ou opinions plus ou moins respectables, exposé de thèses ou gestion de dossiers, mais d’une guerre pour la conception de l’homme. Ce qui est en jeu est en effet, une fois de plus, le fondement même de l’économie, le développement des pouvoirs créateurs souverains de l’individu humain contre tout avilissement, le refus de se trouver réduit à l’appendice d’une masse, à l’animalité d’un destin défini par l’exclusion de l’autre.


[*Nrf, Editions Gallimard, 1998, pages 106 et 108.

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