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Sun Yat-sen (1866-1925).

Notre dossier éducation, en vente ici Au Yémen, on assassine les hommes et leur mémoire. La France complice. terrorisme / 11 septembre, les 28 pages qui démasquent... La mer, avenir de l’homme Présidentielle 2017
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Sun Yat-sen :
son combat pour une République chinoise

par Arnaud Vivrel

La Chine est aujourd’hui l’objet de tous les débats, et pour cause, son destin étant intimement lié à celui du monde. Son véritable ennemi aujourd’hui comme alors, est le système de mondialisation financière qui a pour centre la City de Londres. Ce système lui impose d’exporter des produits finis à bas coût au mépris de ses travailleurs et de son développement économique interne. Sur un milliard trois cents millions de personnes, 70 % vivent encore dans des conditions de sous-développement. Malgré sa croissance (énorme seulement au regard de l’économie occidentale qui elle, s’effondre), son avenir reste très fragile et dépend de l’alliance économique avec la Russie et les Etats-Unis dans une perspective de développement mutuel à long terme. C’est ce que proposent Lyndon LaRouche et son mouvement aux Etats-Unis, qui se battent depuis quarante ans pour mettre en place son fameux projet de « Pont terrestre eurasiatique ». En France, Jacques Cheminade et Solidarité & Progrès incarnent ce combat en reprenant la tradition gaulliste d’une Europe, de l’Atlantique à la mer de Chine.

Introduction

C’est à Hawaï que Sun Yat-sen (1866-1925) découvre les fondements de l’école protectionniste connue comme le « Système américain d’économie politique ». Il se passionne notamment pour les pères fondateurs des Etats-Unis, notamment pour le premier secrétaire au trésor, Alexander Hamilton, et la politique du président Abraham Lincoln.

Le 10 octobre 1911, les révolutionnaires provoquent la fin de la tyrannie de l’Empire Mandchoue et Sun Yat-sen décide de dédier sa vie à la libération de la Chine. Plus précisément, il s’agit de mettre fin à l’emprise colonialiste occidentale (notamment britannique) pour établir une nation libre et souveraine à l’image de la bataille menée par les pères fondateurs de la Révolution américaine.

Elu Président le 1er janvier 1912, il fondera la Chine républicaine, en proposant d’établir les « Trois principes du peuple » (Nationalisme, Démocratie, bien-être du peuple) inspirés du gouvernement « du peuple, par le peuple, pour le peuple » d’Abraham Lincoln.

Il passera sa vie à unifier son pays tout en mobilisant les réseaux patriotes occidentaux, et asiatiques. Sun est en effet le seul dirigeant chinois de son époque à comprendre que le destin et l’émancipation de la Chine sont indissociables d’un développement mondial harmonieux.

Personnellement , sa vie est pour moi une énorme source d’inspiration et mon propre combat s’inscrit dans la continuation du sien.

La fin de l’Empire Mandchoue

La Chine de la fin du XVIIIe siècle est l’objet de toutes les attentions de l’Empire britannique. Ce dernier vient en effet de subir une effroyable défaite avec la création des Etats-Unis d’Amérique (Déclaration d’indépendance en 1776, révolution américaine en 1789) qui se sont alliés contre le système de libre-échange. L’Angleterre commence alors à développer ses échanges commerciaux avec la Chine, en achetant du thé contre de l’argent, puis du thé contre de l’opium. Le but pour elle est de soumettre la Chine au « libre-échange », grâce à la corruption de ses élites.

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La première guerre de l’opium opposa l’Empire britannique et la Chine de 1839 à 1842. Plus qu’une affaire d’argent, il s’agissait pour l’Empire britannique de faire comprendre au monde le sort qu’elle réservait à ceux qui s’opposent au libre-échange.

Un gouverneur, Lin Zexu, se rebelle et décide de faire cesser cette soumission en faisant saisir l’opium et en le jetant symboliquement à la mer, devant des représentants anglais médusés. Ceci est vécu « officiellement » comme un affront pour l’Angleterre. Immédiatement, la Reine Victoria saisit l’occasion pour montrer au monde entier qu’aucun pays ne peut refuser le libre-échange britannique, et décide d’entrer en guerre contre la Chine.

Très mal armée, cette dernière capitule et doit se soumettre à une série de traités (Nankin 1842, Tianjin 1858) qui l’obligent à céder Hong-Kong à l’Angleterre, à ouvrir cinq , puis onze ports au libre commerce étranger, à limiter les tarifs douaniers, et ouvrir des concessions étrangères. Notez que c’est à cette époque que la HSBC est créée (Hong Kong and Shanghai Banking Corporation) pour monétiser le trafic d’opium !

Pendant ce temps, le Japon se développe (Ere Meiji à partir de 1868), puis se laisse dominer sous influence britannique par ses pulsions impérialistes et envahit le Nord de la Chine, la Mandchourie (guerre sino-japonaise 1894-1895) pour y exploiter les matières premières. Tous ces événements sont vécus comme de grandes humiliations par le peuple chinois : Sun est de ceux qui vont se lever pour renverser cette tyrannie. Aujourd’hui, notre mouvement international mobilise quotidiennement la population pour réveiller sa conscience républicaine. Je pense sincèrement que l’« idéalité » de Sun Yat-Sen est une réponse spirituelle très puissante pour notre engagement.

Enfance de Sun Yat-sen

Sun Yat-sen, né de parents pauvres dans la région sud de la Chine, Canton, est nourrit durant son enfance par les récits de révoltes paysannes. Il bénéficie d’une éducation traditionnelle (Etude des classiques confucéens), et part pour Hawaï à 14 ans grâce à son grand frère Sun Mei. C’est là-bas qu’il découvre, grâce à des missionnaires américains, le vrai « Système d’économie politique américain » et se convertit au christianisme. Il revient à 18 ans à Hong Kong pour étudier la médecine.

Le retour chez lui est un véritable choc vu la misère totale dans laquelle est plongée la population, et l’indifférence du gouvernement. A partir de ce moment là, il rencontre deux jeunes chinois avec lesquels il passe ses soirées à « refaire le monde ». Sun exerce son métier de médecin et se rend rapdidement compte de la corruption du gouvernement chinois de l’époque. Il soigne en effet des érudits de haut niveau soumis sans raison à la torture. Révolté, il écrit au gouverneur central Li Hong Zhang pour lui proposer de réformer le gouvernement (notamment de sortir du système féodal, et de donner l’accès à la propriété agricole aux paysans). Ne recevant aucune réponse, il estime alors que la seule façon d’agir pour rendre justice au peuple est de renverser le gouvernement par la révolution armée. Une première tentative échoue en 1895 (dès lors, il est condamné à mort par la dynastie Tsing), et il va d’échec en échec, pour finalement triompher le 10 octobre 1911. Sa ténacité, vues les conditions de pauvreté matérielle et morale de l’époque (il est alors quasiment le seul Chinois à intérioriser le principe républicain !), est pour moi un exemple rare et fécond.

La révolution de 1911

Le 10 octobre 1911, lorsque la révolte de Wuhan renverse l’Empire Mandchoue, Sun Yat-sen n’est pas en Chine mais se trouve à Hawaï. Depuis sa décision de faire la révolution il sait que le véritable enjeu pour mener à bien son rêve se situe à la fois dans sa capacité à libérer matériellement et mentalement les Chinois du système féodal mais aussi à s’allier avec les réseaux patriotiques américains et asiatiques pour renverser son véritable ennemi : l’Empire britannique.

Fin décembre 1911, l’ensemble des assemblées provinciales vote pour élire Sun Yat-sen (16 voix sur 17) premier Président provisoire de la République chinoise. En 1912, il prend le pouvoir et abolit le système féodal Mandchoue, abrogeant l’obligation (sous peine de décapitation !) du port de la natte pour les hommes, et des pieds bandés pour les femmes. Son but est de créer des institutions républicaines (cinq pouvoirs indépendants : exécutif, législatif, judiciaire, examen, contrôle), d’organiser un partage des terres agricoles et de lutter contre les lobbies de groupements financiers. Sun sait d’après l’exemple de Lincoln qu’appliquer les trois principes « Nationalisme, démocratie, socialisme » permettra d’établir une révolution durable en Chine.
Laissons le parler de son projet. Voici quelques extraits du discours, prononcé le 6 mars 1921, lors d’une réunion du comité exécutif de son parti, le Kuomintang, à Canton :

« …Cependant, avant le renversement de la dynastie Tsing, beaucoup pensaient que la chute de nos oppresseurs était notre but principal, que la Chine saurait par la suite se diriger seule sur le chemin du progrès universel. Cette opinion s’est-elle réalisée ? Nous voyons au contraire que tous les échecs que nous avons subi depuis lors proviennent de la méconnaissance, au nom du nationalisme, des deux autres principes de démocratie et de socialisme. Non, notre œuvre, n’est pas achevée par le détrônement des Tsing. Sachons bien et n’oublions jamais qu’aussi longtemps que les trois principes ne seront pas entrés en application, (tous trois, et non l’un quelconque d’entre eux), il ne saurait y avoir d’existence stable pour la République. »

Pour lui, le nationalisme est l’idée d’unifier la nation en rassemblant les différents peuples chinois pour établir une République transcendant les divisions :

« Après le renversement de la monarchie et l’établissement du régime républicain sur un territoire peuplé de cinq ethnies différentes (Han, Mandchoue, Mongole, Tartare et Tibétaine) apparurent de nombreux éléments réactionnaires et religieux, qui furent la cause de nos difficultés. Numériquement, ces ethnies se divisent en plusieurs millions de tibétains, moins d’un million de Mongols, environ dix millions de Tartares, et un nombre insignifiant de Mandchous. Politiquement, la répartition est autre : la Mandchourie constitue la zone d’influence japonaise ; la Mongolie, d’après les avis les plus récents, penche du coté Russe ; le Tibet est sur le terrain d’action de la Grande-Bretagne. Ces races n’ont pas les forces suffisantes pour vivre isolées ; elles doivent s’unir avec la Chine pour former un seul Etat. »

Sur la Démocratie :

« Nous voulons le droit de vote pour tous, le droit de révocation (le peuple peut à chaque instant annuler le mandat qu’il a confié aux élus), le droit de référendum (les citoyens peuvent s’opposer à l’application d’une loi votée par leurs élus et qui est contraire à leurs vœux), le droit d’initiative (les citoyens peuvent soumettre au corps législatif toute proposition de loi). Telles sont, selon moi, les clauses essentielles, telle est la base de ce que j’appelle les "droits électoraux directs" ».

Sur le Socialisme :

« La théorie socialiste est connue depuis peu en Chine. Ses avocats n’en connaissent le plus souvent que quelques mots vides de sens, ils n’ont pas le moindre programme. Après de longues études, j’ai pu me faire une idée précise de la question. L’essence du socialisme est de résoudre le problème de la terre et du capital. »

« Avant tout, je place l’idée maîtresse des "trois Principes". Les efforts de l’humanité toute entière, y compris la Chine, tendent vers ce but, et je suis d’avis que notre parti doit s’efforcer de les appliquer sans délai. »

Immédiatement, le danger d’une contre-révolution menace. Suite à différents évènements, les révolutionnaires, qui veulent éviter une guerre civile, sont obligé de concéder à contrecoeur le pouvoir à Yuan Shikai (1859-1916).

Ce dernier, fidèle à l’idéologie Mandchoue, est un militaire qui contrôle l’armée la plus puissante au nord de la Chine et qui bénéficie d’un financement des puissances colonialistes occidentales. « Son armée de "l’océan du Nord" (Pei Yang) est la mieux organisée, la seule force militaire chinoise techniquement bien équipée et bien organisée ; ses officiers, entièrement dévoués à leur chef, identifiaient leur propre carrière à sa fortune politique ; c’était là, entre ses mains, un puissant instrument d’action » (extrait de Jean Chesneaux, Sun Yat-sen).

Après cet échec, Sun pense reprendre le pouvoir plus tard en éduquant ses compagnons de lutte et le reste de la population.

En attendant, il devient le directeur des chemins de fer chinois et fait construire une première ligne nationale de Canton à Chong Chin (province du Si Chuan), il négocie même un prêt avantageux pour la République chinoise naissante auprès d’une banque à Londres). En 1913, le dirigeant Song Qiao Jen, destiné à être le premier chef du gouvernement constitutionnel chinois est assassiné. Semblable à l’exil du général de Gaulle à Londres, Sun s’installe au Japon le 8 aout 1913. Il fait le bilan de son échec, tout en cherchant l’appui de patriotes japonais (1914-1916). Il profite de la Première Guerre mondiale pour tenter de rallier l’Occident à sa cause : « L’Europe n’aura plus le temps de s’occuper de l’Est et le traitre (Yuan Shikai), ne bénéficiera plus de prêts et d’équipements militaires étrangers. Voilà qui nous donne la possibilité de nous redresser ».

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Le 7 septembre 1912, Sun Yat-sen reçu par une foule lors de l’inspection de la ligne Pékin-Zhang Jiakou.

Un réquisitoire anti-britannique

Sun Zhongshan (prénom connu des chinois pour désigner Sun Yat-sen) s’oppose aux Britanniques qui comptent faire entrer la Chine à leur côté dans la Premiere Guerre mondiale. Il écrit un véritable réquisitoire anti-britannique Le problème vital de la Chine, publié en 1917, décrivant ainsi le « Grand jeu britannique » :

« Depuis les cent dernières années, l’Angleterre a changé deux fois d’attitude envers la France, passant d’ennemis à amis, de même qu’envers la Russie et l’Allemagne. La stratégie de l’Angleterre est d’attaquer le pays le plus fort avec l’aide d’un pays plus faible, puis de joindre l’ennemi affaibli pour contrôler la croissance d’un pays tiers. La politique étrangère britannique est restée la même depuis deux siècles. Quand l’Angleterre fait "ami ami" avec un autre pays, son but n’est pas le développement d’une amitié cordiale, mais d’utiliser ce pays pour combattre un troisième. Quand le pouvoir d’un ennemi a été diminué, il devient un ami, et l’autre pays qui est devenu plus fort devient un ennemi. L’Angleterre reste ainsi toujours aux commandes et fait en sorte que les autres pays combattent pour elle pour en recueillir les fruits de la victoire. Voilà son attitude depuis cent ans. Quand on parle de diplomatie britannique, on ne peut pas dire avec certitude si telle ou telle nation deviendra son amie ou son ennemie ».

« La Grande Bretagne cherche l’amitié d’autres nations pour qu’elles lui rendent service, et quand ces amis sont trop faibles pour lui être encore d’une quelconque utilité, elle les sacrifie au nom de son intérêt ! La tendresse britannique envers ces amis est comparable à celle de producteurs de soie : quand toute la soie est tirée du cocon des vers, ils sont jetés au feu, ou utilisés comme aliments pour les poissons ! Les amis de l’Angleterre ne sont rien d’autre que des vers à soie, ils reçoivent leur tendre attention simplement parce qu’ils leur restent de la soie… »

A l’époque où Sun écrit cela, une ligne de chemin de fer Berlin-Bagdad, déjà en construction avant l’éclatement de la Première Guerre mondiale, aurait ouvert la péninsule des Balkans, en même temps que l’Asie Mineure et le Moyen-Orient à un développement industriel et agricole moderne.

L’extension planifié de cette ligne vers Bassorah et le Golf Persique jusqu’au Koweït, aurait fourni une route alternative et plus rapide entre l’Europe et l’Inde, défiant ainsi directement le monopole maritime britannique sur cette route, via Gibraltar, Suez et l’océan indien. Comme Berlin était prévu pour être le point d’intersection entre les chemins de fer transsibérien et de Bagdad, l’achévement de la ligne Berlin-Bagdad prévue vers 1915, en aurait fait le noyau central de l’ensemble de l’Eurasie. Ainsi l’Allemagne devenait la puissance industrielle de l’Europe de l’Ouest, et en alliance avec la Russie et une Chine libérée, aurait servi de base à un développement eurasiatique intracontinental massif. Au début du 20e siècle, un tel développement aurait sonné le glas de l’Empire britannique.

Pour ne pas perdre le contrôle des affaires, les Britanniques orchestrèrent les guerres sino-japonaises et russo-japonaises et le conflit dans les Balkans, précisément comme le moyen géopolitique décrit par Sun. Cela donna lieu à la fameuse Entente cordiale entre la France et l’Angleterre, et plus tard la Triple entente entre l’Angleterre, la France et la Russie. Elle fut rejointe par les Etats-Unis, corrompus par la domination culturelle et politique des forces pro-confédérés, pro-esclavage, alliés historiques de la couronne britannique. Comme résultat, l’Empire britannique a réussi à entrainer le monde dans la « grande boucherie » de la Première Guerre mondiale.

Sun Yat-sen estime qu’il n’est aucunement dans l’intérêt la Chine d’entrer en guerre contre l’Allemagne, qu’elle doit rester neutre et que si elle doit attaquer un pays, ce sera l’Angleterre !

Par ailleurs, Sun sait combien il est vital pour la Chine de s’allier avec des patriotes américains et japonais : « Aujourd’hui, la Chine doit chercher des alliés à la fois aux Etats-Unis et au Japon. La relation entre la Chine et le Japon a un caractère de survie ou d’extinction mutuel ».
« D’après le principe du panasiatisme, le Japon et la Chine, doivent développer ensemble leur ressources naturelles vers l’ouest du Pacifique, tandis que les Etats-Unis en application de la doctrine Monroe peuvent exercer leur influence à l’est du Pacifique assurant ainsi la paix pour cents ans. Dans les temps à venir, grâce aux efforts concertés de ces trois pays, les troupes pourront être démobilisées, les querelles dissoutes, et la paix permanente sécurisée dans le monde, et pas seulement au bénéfice de la Chine. Si la vision diplomatique de la Chine est guidée par ce principe, sa menace d’extinction disparaîtra. »

Sun ne croyait pas si bien dire quand à la perfidie de l’Empire britannique. Une fois la guerre terminée, au cours des négociations autour du Traité de Versailles, les Anglais qui avaient promis la rétrocession des colonies allemandes à la Chine (une partie du Shantong, où se situe le port Tsingtao) les rétrocédèrent au Japon ! De là naquit, le 4 mai 1919, le fameux mouvement des étudiants révoltés.

Après plusieurs tentatives infructueuses (1918-1920) pour reprendre le pouvoir, Sun prend une retraite studieuse à Shanghai.

Le développement international de la Chine

C’est ainsi qu’il rédige, en 1919, un véritable programme de développement d’infrastructures très détaillé pour désenclaver le pays, Le développement international de la Chine, à l’image de la tradition de Friedrich List en Allemagne et d’Henry C. Carey aux Etats-Unis, deux économistes protectionnistes représentatifs du « Système d’économie politique américain ».

La mise en place de ce programme aurait complètement détruit la stratégie géopolitique britannique pour l’Europe et l’Asie, et ravivé les plans du Comte russe Sergei Witte et du français Gabriel Hanotaux en faveur de l’intégration économique eurasiatique, grâce à des couloirs infrastructurels.

Dans son programme, Sun donne la priorité au développement massif d’un réseau de chemins de fers Est-Ouest jusqu’aux plaines de Mongolie. Ce grand dessein, qui prévoit de relier un port en eau profonde du golf du Petchili (Chine du Nord-Est) à un réseau de 13 000 km de voies ferrées permet simultanément de désenclaver l’intérieur du continent, tout en l’ouvrant au monde extérieur.

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Les plans du gouvernement chinois actuel pour le réseau ferroviaire (ici celui de 2008) reprennent l’essentiel des propositions formulé par Sun Yat-sen au début du siècle.

Le coeur du projet comprend :
« I. La construction d’un grand port dans le Nord-Est sur le Golf du Petchili.
II. La construction de voies ferrées reliant le grand port avec l’extrémité Nord-Ouest de la Chine.
III. La colonisation de la Mongolie et du Sinkiang.
IV. La construction de canaux pour connecter les systèmes fluviaux internes du Nord et de la Chine centrale avec le grand port du Nord.
V. L’extraction du fer et du charbon dans les mines du Shanxi et la construction de complexes sidérurgiques ».

D’après Sun :
« Ces cinq projets seront orchestrés comme un seul et même programme, chaque partie se soutenant et s’accélérant les unes les autres (…) Le grand port du Nord, servira de base opérationnelle à l’ensemble du schéma de développement international, en connectant les moyens de transport et de communication entre la Chine et le reste du monde ».

L’idée de « reste de Monde » ne se réfère pas simplement aux puissances maritimes qui ont accès à la Chine via les ports océaniques du Pacifique. Cela inclut une stratégie vers l’Ouest, lien de la Chine au reste du continent eurasiatique :

« Nos futures voies ferrées auront une position dominante d’importance mondiale, et relieront deux centres densément peuplés, l’Europe et la Chine. Ce sera le chemin le plus court des côtes du Pacifique à l’Europe. Cette branche, à partir du Golf du Petchili, connectera la future ligne indo-européenne et passera par Bagdad, Damas, le Caire, et le reste de l’Afrique. Ainsi il y aura une route de notre port jusqu’au Cap en Afrique du Sud. Il n’y a pas de ligne d’une importance mondiale comme celle-ci. »

Sun propose qu’après-guerre son plan devienne la clef de voute d’un accord international, s’adressant spécifiquement à la nouvelle Ligue des nations :

« Si ce programme pouvait être mis en place progressivement, la Chine deviendrait non seulement le terrain de production de biens étrangers, mais également un "océan économique" capable d’absorber l’ensemble du surplus capitalistique produit par les nations industrielles lors de la future révolution industrielle de machinerie productive nationale. Il n’y aura plus de compétitions et de bataille commerciale en Chine et dans le monde… »

« Le monde a grandement bénéficié du développement industriel et commercial de la nation américaine. Une Chine développée, avec ses 400 millions d’habitants, sera un Nouveau monde dans le sens économique. Les nations qui prendront part à ce développement en tireront de grands avantages. Une cooperation internationale de ce type ne peut qu’aider à renforcer la fraternité humaine. »

Dans sa préface à l’édition du Développement international de la Chine, Sun mettait en garde le monde entier sur le fait que sa proposition était absolument nécessaire pour éviter une Deuxième Guerre mondiale :

« Dès que l’armistice fut signé après la Première Guerre mondiale, j’ai commencé une étude sur le développement international de la Chine, et définit un programme, afin d’apporter ma petite pierre à l’édifice de la paix mondiale. La Chine, un pays de 9,6 millions de km2, avec une population de 400 millions de personnes, dispose des réserves minérales et agricoles les plus riches au monde, est maintenant la proie des puissances capitalistes militaristes (lieu de tension plus grande encore que la péninsule des Balkans). Tant que la question chinoise n’est pas réglée pacifiquement, une guerre mondiale plus grande et plus terrible que celle qui vient de finir sera inévitable. Pour régler cette question, les vastes ressources de la Chine doivent servir au développement international grâce à un schéma socialiste, pour le bien du monde entier en général, et de la Chine en particulier. J’espère qu’il en résultera l’abolition des présentes sphères d’influence ; qu’on en finisse avec la guerre commerciale internationale, qu’on se débarrasse de la compétition capitalistique, et qu’enfin, on mette un point final à la lutte des classes entre le capital et le travail. Les racines de la guerre seront ainsi éradiquées à jamais en ce qui concerne la Chine. »

Le projet vise à organiser une nouvelle révolution industrielle dans laquelle les Etats-Unis et les puissances européennes, revenues à la paix, consacreront 25 % de leur ancien budget annuel de guerre au financement du développement chinois. Les capacités industrielles investies dans la guerre serviront ainsi, entre autres, à fabriquer des rouleaux compresseurs pour la construction de routes au lieu de canons, de camions pour le transport des matières premières chinoises au lieu de chars d’assaut. Il préconise ainsi un transfert de technologies où « les experts occidentaux… seront tenus de former les assistants chinois appelés à les remplacer par la suite. »

Certains pourraient avoir peur que la Chine crée une compétition défavorable aux industries étrangères, c’est pourquoi Sun propose « le développement d’un marché chinois suffisamment grand pour absorber ses propres produits et les produits des pays étrangers ».

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Helga Zepp-LaRouche, la présidente de l’Institut Schiller, défend depuis longtemps la création d’un « pont terrestre eurasiatique », un projet de transports rapides accélérant la coopération mutuelle entre tous les pays du continent eurasiatique. Ici, en 1998, lors de l’inauguration du « terminus » de la ligne du chemin de fer reliant Lisbonne avec le port chinois de Lianyungang.

Il propose ainsi la fin de la guerre commerciale internationale par le développement mutuel avec son pays. Grâce à l’abondance des ressources naturelles et des matières premières, à sa main d’œuvre bon marché, à l’apport de fonds étrangers, il propose que la Chine devienne « un marché illimité pour le monde entier, (…) un Nouveau monde, au sens économique », et prenne une part essentielle au commerce international. Ainsi, « les nations qui seront associées à son développement en tireront d’immenses bénéfices ».

Pour mener à bien son projet, Sun doit œuvrer sur un double front intérieur/extérieur : reprendre le pouvoir en Chine, et convaincre les Etats-Unis, la Russie et l’Allemagne de coopérer avec lui.
Il envoie son programme dans le monde entier et reçoit un écho très contrasté illustrant la bataille entre les défenseurs du système d’économie américain et les pro-anglophiles : il obtient un avis très favorable de la part du Ministre américain pour la Chine, Paul Samuel Reinsch, à l’inverse du secrétaire d’Etat au Commerce américain, William C. Redfield.

« Mémoires d’un révolutionnaire chinois » et réflexions

Pendant sa retraite temporaire, il fait également le bilan de son échec de 1912 dans Mémoires d’un révolutionnaire chinois (1920). Il dénonce le principe qui empêche la population d’agir « la connaissance est facile, et l’action est difficile ».

« Les japonais inaugurèrent leur politique de réforme sans en comprendre la portée. Le chinois, au contraire, ne saurait rien entreprendre sans discuter longuement, alors même que tout est clair. Malgré l’évidence, le doute l’assaille, il craint de ne pouvoir atteindre son but. Du point de vue scientifique, il a raison, mais la Chine, impotente, git toujours sur sa couche, parce que ses enfants, irrésolus, ne peuvent pas oublier un instant la phrase traditionnelle : "savoir est aisé, agir est difficile" Elle n’ose pas entreprendre l’œuvre réformatrice. Elle craint d’agir parce qu’agir est difficile. »

Au contraire, il propose le principe inverse : « l’action est facile, et la connaissance ardue ». Il tente d’inspirer la population en faisant référence aux différents textes confucéens, dont « la Grande étude [1] » :

« Qu’est-ce que l’enseignement ancien ?... La Chine a une philosophie politique tellement claire que rien n’a été découvert ou dit par d’autres à l’étranger qui ne rencontre son équivalent. On peut lire dans la Grande étude : « Cherche la nature des choses, étend les frontières de tes connaissances, trouve un but sincèrement, apaise ton esprit, cultive les vertus personnelles, occupe-toi de ta famille, gouverne l’Etat, pacifie le monde. » C’est un appel au développement intérieur vers l’extérieur, en commençant par la nature intérieure des choses, et à ne pas cesser jusqu’à obtenir la paix dans le monde. Cette notion si profonde et qui embrasse le tout, n’est retrouvée dans aucune philosophie politique étrangère. Cette pépite de sagesse particulière de la philosophie chinoise mérite d’être préservée. »

Sun explique que grâce à l’enseignement ancien, l’Etat chinois pourra rapidement assimiler les avancées technologiques occidentales, où la puissance humaine est capable « d’usurper le pouvoir de la nature » de telle sorte que ce que le ciel a donné aux forces naturelles, le travail humain lui-même peut l’accomplir.

En décembre 1918, il avertit explicitement ses amis révolutionnaires, que le développement individuel de l’esprit humain est la base de tout développement économique et politique :
« La meilleure méthode de lutte consiste à tuer l’esprit [de son ennemi], comme nous l’enseigne la stratégie militaire ancienne. C’est pourquoi le programme national de reconstruction de notre parti a souffert de l’impact infligé à nos esprits par l’ennemi. La nation est une assemblée d’individus, et les individus sont des réceptacles de l’esprit. Donc, les affaires des gens sont le résultat de l’expression de l’esprit de groupe des individus. Lorsque notre esprit croit fermement en la possibilité de la réalisation d’un projet, que ce soit de remplir l’océan ou de bouger les montagnes, cela peut être accomplit facilement. Mais au contraire, quand nous sommes convaincus de son impossibilité, même une action aussi simple que de bouger la main ou de casser une brindille devient impossible. La puissance de l’esprit est vraiment extraordinaire. »

« L’esprit est le commencement de chaque chose qui arrive dans le monde. Le renversement de la monarchie a été réalisé grâce à l’esprit, et l’avènement de la République a été retardé puis réduit à néant par ce même esprit. Dès le début de la victoire de la Révolution chinoise, les révolutionnaire eux-mêmes sont devenus les esclaves de la théorie voulant que l’action soit difficile et la connaissance facile, et ont commencé à regarder mes projets comme étant utopiques,[rien que] des mots vides, et ont renoncé à la responsabilité de la reconstruction de la Chine… et les affaires politiques de la République chinoise, sont devenues de plus en plus compliquées, et les difficultés des Chinois ont grandi jour après jour. » (dans Mémoire d’un révolutionnaire chinois)

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C’est Sun Yat-sen qui lançait le premier, en 1919, l’idée de construire le barrage des Trois gorges afin d’améliorer les conditions de navigation sur le fleuve Yangtsé et de mettre fin à des inondations désastreuses. Aujourd’hui, c’est le plus grand barrage hydraulique et la plus grande centrale électrique au monde.

Les années 1920-1925

A partir des années 1920, Sun Yat-sen entreprend des négociations intensives pour forger une alliance avec la Russie, l’Allemagne et, d’après quelques éléments historiques, les Etats-Unis.

En même temps, il reprend les armes et retourne à Canton, pour être élu Président de la République le 5 mai 1921. En réalité, on pourrait dire que deux Chine s’opposent et Sun, basé à Canton dans le Sud-Est en rupture avec le gouvernement de Pékin au Nord, resté fidèle à la monarchie.

Sun rejette le pacte d’« entente cordiale » qui lui est proposé par les Britanniques. Il explique patiemment, non sans ironie, à l’émissaire de sa Majesté la Reine : « notre civilisation a 2000 ans d’avance sur la vôtre. Nous souhaitons attendre que vous progressiez jusqu’à notre niveau, plutôt que vous nous tiriez vers le bas ».

A la fin de la Première Guerre mondiale, Sun Yat-sen est tout à fait conscient que le Traité de Versailles, qui impose une dette de guerre inique aux perdants, prépare la prochaine guerre. Malheureusement, en mai 1920, l’Allemagne signe le Traité sino-allemand, avec le gouvernement de Pékin, au Nord, le reconnaissant ainsi comme gouvernement officiel de la République de Chine.
Cependant, le gouvernement de Sun se met en rapport avec le vice-consul allemand Wagner à Canton, et l’informe qu’il a envoyé son émissaire le général Cho Ho Chung en Allemagne, en disant que la reconnaissance par l’Allemagne du nouveau gouvernement de Canton n’était pas une condition préalable à l’établissement de relations économiques.

Fin 1921, Sun se prépare à lancer la grande expédition militaire contre le régime du Nord aligné sur Londres et envoie en secret un diplomate (Teng Chia Yen) en Allemagne pour transmettre une demande personnelle au Ministre des Affaires étrangères allemand de former les militaires de son armée : « Nous avons des plans pour engager des officiers allemands, mais il me semble que cela puisse se faire au coup par coup. Nous pouvons élaborer un grand plan de coopération qui comprend les ressources matérielles aussi bien que les travailleurs chinois et allemands. Le savoir-faire allemand peut nous servir, alors que la Chine pourra produire pour les Allemands. Je suis sûr qu’en quelques années, les conditions économiques de la Chine et de l’Allemagne s’amélioreront, si l’on met ce plan en pratique. J’ai envoyé Mr Chu Hochung en Allemagne l’année dernière dans le même but ; il a parlé à cette occasion avec le Dr Hintze, l’ancien ambassadeur en Chine, et avec l’entreprise Hugo Stinnes de Hambourg à ce sujet. Si le gouvernement allemand est intéressé, veuillez me retourner un courrier en retour. »

Aux Etats-Unis, malgré des courants politiques pro-développement au sein de l’Administration de Warren G. Harding (Président de 1921 à 1923), les opposants eurent raison de l’alliance potentielle de développement eurasiatique.

En avril 1922, le ministre allemand des Affaires étrangères Rathenau et son homologue soviétique Chicherin signent les accords de Rapallo qui considèrent que les réparations du Traité de Versailles demandées à l’Allemagne sont nulles et non avenues, en échange de l’assistance technologique allemande pour l’URSS. Quelques mois plus tard, Walter Rahenau est assassiné.

Les efforts de Sun Yat-sen pour se rallier l’Allemagne affaiblie par la guerre (et le Traité de Versailles) et les Etats-Unis (dominé par une idéologie anglophile) sont donc grandement mis à mal, voire réduits à néant.

La fin de sa vie est dédiée à l’organisation de l’union entre son parti et les communistes, et le rapprochement avec l’URSS. Il continue à se battre jusqu’au bout pour son pays, emporté par un cancer en 1925. Relisons la lettre adressée à ses amis russes, véritable testament politique :

« Chers camarades,
Atteint d’un mal incurable, ma pensée se tourne vers vous, vers l’avenir de mon parti et de mon pays. Vous êtes les chefs d’une libre et grande union de Républiques. Cette union est un legs de l’immortel Lénine aux peuples opprimés du monde. Grâce à lui, les malheureux peuples soumis à l’impérialisme obtiendront leur liberté et s’émanciperont d’un système international fondé sur l’esclavage ancien, sur la conquête et sur l’égoïsme. Je laisse le Kuomintang. J’espère que le Kuomintang, en accomplissant sa tâche historique, libérera la Chine de l’impérialisme et libérera aussi d’autres pays et pourra coopérer étroitement avec vous. Le sort m’oblige de laisser mon œuvre inachevée et à la confier à ceux qui, tout en respectant les principes et les enseignements du Kuomintang, sauront organiser nos véritables camarades. Aussi ai-je donné au Kuomintang l’ordre de poursuivre le mouvement de révolution nationale afin que la Chine puisse échapper aux contraintes de la situation de semi-colonie que lui impose l’impérialisme. Dans ce but, j’ai donné instruction au Kuomintang de continuer à marcher avec vous la main dans la main. Je suis persuadé que votre gouvernement continuera comme par le passé à apporter son aide à mon pays.

Chers camarades, au moment de vous quitter, je veux exprimer un ardent espoir, l’espoir que bientôt brillera l’aurore. Alors l’Union soviétique, ses amis et ses alliés accueilleront une Chine forte, prospère et indépendante. Dans la grande lutte pour l’émancipation des peuples du monde, nos deux pays marcheront la main dans la main vers la victoire. Je vous adresse mes souhaits fraternels. Sun Yat-sen. »


Lire aussi : L’héritage de Sun Yat-Sen et la Révolution américaine


[1Je fais un aparté et cite un extrait original, car je crois qu’il est fondamental aujourd’hui de (re)trouver l’universel de cette pensée (afin d’établir un pont culturel solide entre la Chine et l’Occident) et pour nous armer nous-mêmes pour agir avec puissance et réussir la Renaissance à laquelle nous aspirons.
Extrait de la Grande étude (traduction de S. Couvreur)
« 1. La voie de la sagesse, qui est l’objet de la Grande étude, consiste à faire resplendir en soi-même les vertus brillantes (que la nature met dans l’âme de chacun), à aimer tous les hommes (ou à procurer le renouvellement et la réforme des hommes), et à se fixer pour terme de ses efforts la plus haute perfection. Connaissant le terme où l’on doit tendre et s’arrêter, on peut prendre une détermination. Cette détermination étant prise, l’esprit peut avoir le repos (être délivré de toute perplexité). L’esprit étant au repos, peut jouir de la tranquillité. Jouissant de la tranquillité, il peut réfléchir. L’esprit pouvant réfléchir, on peut atteindre le but (la plus haute perfection). En toute chose on distingue la racine et les rameaux (c’est-à-dire le principal et l’accessoire), et chaque affaire a son commencement et sa fin. Celui qui sait distinguer le principal de l’accessoire, le commencement et la fin, n’est pas loin de la voie (qui fait l’objet de la Grande étude). »

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Vos commentaires

  • Le 23 février 2013 à 13:07
    par Clément

    Tout de même autre chose que ce qu’on nous sert en Terminale : le mois dernier j’ai appris que Sun Yat-sen n’avait rien fait de plus notable que d’imposer un "État réactionnaire".

    Répondre à ce message

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