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INSNA : les réseaux sociaux au service du contrôle social

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John Rawlings Rees (1890-1969), psychiatre et directeur du Tavistock Institute of Medical Psychology à Londres en 1932, a développé une théorie de contrôle psychologique des masses fondée sur la formation délibérée de névroses. Selon lui, il était possible d’imposer à une population adulte un état émotionnel comparable à celui d’enfants névrosés.

Par David Christie [1]

Est-il concevable que des millions de jeunes, aujourd’hui accros aux communautés virtuelles comme Facebook et MySpace, soient victimes d’amnésie collective ? Pourquoi, lorsque Rupert Murdoch racheta MySpace, n’y a-t-il pas eu un boycott massif de ce site ? Peut-être que ces jeunes ont oublié que l’empire médiatique de Rupert « Goebbels » Murdoch était le principal organe de propagande pour la guerre perpétuelle de Dick Cheney et de ses subalternes. Peut-être n’ont-ils jamais lu le Wall Street Urinal, et sa propagande de banquiers parasites de Londres et de Wall Street ? Ou bien, peut-être n’ont-ils jamais regardé Fox TV, et ses rassemblements de Nuremberg quotidiens pour affalés du divan ?

Ensuite, il y a le cas de Bill Gates qui, avec son costume de « über-nerd », a dupé tant d’Américains, leur faisant oublier que son empire de l’informatique est si grand qu’on ne peut même plus le qualifier de monopole.

De plus, des millions de jeunes zombifiés continuent à être espionnés par ces voyeurs milliardaires, leur offrant à eux et à l’empire qu’ils représentent un « peep-show psychologique », dont même les « ingénieurs sociaux » les plus obsessifs n’avaient pas osé rêver.

Le but de cet article est de donner un aperçu de l’évolution de « l’ingénierie sociale », de la vieille thérapie des électrochocs à la thérapie moderne des « débilochocs ». Ces sites de réseaux sociaux sont tout simplement des relents de projets sortis de l’Institut Tavistock de Londres et du Research Center for Group Dynamics (Centre de recherche sur les dynamiques de groupe) à l’Institut de Technologie du Massachusetts (MIT), et dans lesquels les « scientifiques sociaux » ont tenté, à l’aide de la dynamique de groupe, de parquer la population dans un consensus. Puis ils ont convaincu la population que la « démocratie » était le véritable nom de ce consensus.

Puis, comme nous le verrons, cet effort de création d’une véritable « société démocratique » a toujours été financé par des fondations liées à l’Empire britannique, telles que la fondation Rockefeller, la fondation Ford, la fondation Russell Sage, et la fondation Josiah Macy, pour ne nommer que celles-là. Ces fondations oligarchiques ont frappé les deux faces de la pièce « droite-gauche », faisant appliquer la démocratie du consensus d’un côté, et promouvant les mouvements fascistes de l’autre. Leur escroquerie a réussi à convaincre les gens qu’il existe une différence réelle entre pile et face, tandis qu’ils montent la gauche contre la droite, assurant ainsi leur destruction mutuelle assurée. A travers ces tactiques de divide et impera, ces fondations sont devenues le tertius gaudens – le « tiers qui récolte les bénéfices ».

Aujourd’hui, le projet d’ingénierie sociale exploitant la dynamique de groupe émane d’un cercle relativement restreint d’« ingénieurs sociaux », qui se nomme International Network of Social Network Analysis (INSNA, Réseau international des analyses de réseaux sociaux). L’INSNA s’inscrit dans la plus pure tradition des « scientifiques sociaux » qui l’ont précédé, en demeurant au service de la finance internationale. Certains de ses membres font également partie d’organisations répugnantes comme la fondation Olin et la fondation Irwin. Et l’INSNA se vante de compter dans ses rangs quatre chevaliers d’ordres royaux, tel que l’ordre d’Orange Nassau, qui était dirigé jusqu’en 2004 par un ex-membre du parti nazi, le prince Bernhard des Pays-Bas, avant que celui-ci ne retourne en enfer.

Il y a une chose que des Nazis comme le prince Bernhard et Joseph Goebbels savent pertinemment : la persuasion est la clé de la création des mouvements fascistes. C’est pour cette raison que les fondations oligarchiques investissent des milliards de dollars dans les technologies de réseaux sociaux : « le Stanford Persuasive Technology Lab (Laboratoire des technologies persuasive de Stanford) travaille sur les capacités des produits informatiques – depuis les sites Internet jusqu’aux logiciels de téléphonie mobile – à modifier ce que les gens croient et ce qu’ils font. C’est pour cette raison que nous étudions Facebook – c’est hautement persuasif » [2].

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Bertrand Russell

L’INSNA vient d’une longue lignée de« penseurs » qui ont tous été intellectuellement sodomisés par Bertrand Russell. « Dirty Berty » (Russell) consacra sa vie à réduire l’esprit humain à un simple processeur binaire. Ce réductionnisme était la base des « expérimentations » menées par des organisations telles que l’Institut Tavistock à Londres et l’Institut Rhodes Livingston en Zambie. Les réductionnistes de l’écurie positiviste de Russell continuent, à ce jour, à tenir des conversations stupides sur des sujets tels que : « L’esprit humain est-il plutôt semblable à un singe ou à une machine ? »

Vous êtes invité à rejoindre la vraie discussion, qui commence par la question : « En quoi votre esprit est-il différent des singes et des machines ? » Joindre cette discussion implique de vous engager dans un débat intimement lié à l’histoire de l’humanité. Si vous le faites, vous verrez que la discussion atteint son point le plus intense avec les écrits de Lyndon LaRouche. LaRouche a pointé du doigt la folie évidente de Bertrand Russell et de ses disciples, en défendant la méthode de Gottfried Leibniz contre leur fraude cybernétique. En réfutant le dogme de Russell, LaRouche a développé les conceptions les plus avancées de l’économie physique jusqu’à ce jour.

Mais, joindre véritablement cette discussion implique que vous agissiez. Si vous choisissez de défendre l’esprit humain, ou l’âme, comme quelque chose existant en tout individu vivant sur cette planète, alors vous devrez mener le combat contre l’Empire britannique et sa « mondialisation ». Vous devrez défendre le caractère sacré de la créativité humaine contre ces forces impériales et leurs opérations de lavage de cerveau. Cela implique que vous sortiez de MySpace. Que vous sortiez de Facebook, également. Abandonnez votre joystick et la masturbation mentale, et engagez-vous réellement, vous et votre esprit. Défendez les principes qui sont au cœur de la Constitution américaine : le bien-être général, la postérité, et la souveraineté. Sortez de la Blogosphère et rejoignez la Noosphère.

 La Clinique Tavistock

Notre tour d’horizon de l’ingénierie sociale commence à la Clinique Tavistock de Londres. Les « docteurs » de Tavistock adoptèrent la conception de Bertrand Russell qui réduisait l’esprit humain à un simple processeur binaire de stimuli, évitant la douleur et recherchant le plaisir. C’est de ce point de vue que l’Institut Tavistock développa ses étranges techniques visant à créer une « psychologie de masse ».

D’après l’histoire officielle de la Clinique Tavistock :

« En 1920, sous la direction de son fondateur le Dr. Hugh Crichton-Miller, la Clinique fit une contribution déterminante dans la compréhension des effets traumatiques des "shell shocks" » (l’exposition prolongée à des bombardements intensifs). [3]

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John Rawlings Rees

Ce qui commença comme une exploration des « shell shocks » et de leurs effets sur les individus, allait devenir l’étude des moyens permettant d’induire un état de « névrose de guerre » chez des populations entières. John Rawlings Rees [4] et ses consorts de Tavistock devinrent des personnages-clés dans le développement de techniques de psychologie de masse, qu’ils partagèrent ensuite avec leurs homologues européens et américains.

Contrairement à J.R. Rees, le Dr. Crichton-Miller, fondateur de la clinique Tavistock, ne souhaitait pas recourir à des techniques de manipulation psychologique radicale, aussi Rees lança une opération visant à manipuler la direction de la Clinique. Il mena une véritable campagne de terreur psychologique, usant de rumeurs, pour forcer son aîné le Dr. Crichton-Miller à démissionner, sous le coup d’une dépression. Eric Trist, qui allait devenir plus tard le directeur de Tavistock, décrit différemment ce changement de phase : « puisque le gouvernement "autoritaire" médical dans une organisation de recherche telle que la Clinique Tavistock s’était montré inadéquat, une transition vers une démocratie professionnelle collégiale s’est opérée au début des années 1930, lorsque les problèmes provenant de la dépression économique ébranlèrent de nombreuses croyances qui restaient entretenues, et soulevèrent de nouvelles questions concernant le rôle des facteurs sociaux dans les maladies psychologiques. Cette révolution organisationnelle porta sur le front une jeune génération de cliniciens ayant des capacités et une qualité anti-conformiste qui, sans elle, aurait été gâchées. » [5]

 Lavage de cerveau

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Eric Trist

Rees, Trist, et leurs associés de Tavistock, utilisèrent diverses techniques coercitives, appliquant toutes le même schéma : induire un stress psychologique et physique très fort chez un individu, puis le soulager de ce stress. A force d’une alternance répété de stress et de soulagements, le « patient » finit par devenir malléable. Les Tavistockiens tentèrent de perfectionner ces techniques coercitives en ayant recours à des thérapies d’électrochocs, à l’hypnose, ainsi que l’administration de drogues altérant l’esprit, afin de « reprogrammer » leurs victimes, ou plus vulgairement de leur laver le cerveau.

Alors qu’ils exploraient ces techniques, Rees réalisa que l’approche la plus radicale devait prendre en considération le « rôle des facteurs sociaux dans la maladie psychologique ». En d’autres mots, bien que les techniques de lavage de cerveau individuel mentionnées ci-avant soient puissantes, elles n’égalent pas le pouvoir du groupe à déterminer le comportement d’un individu au sein de ce groupe. Rees et ses partenaires explorèrent donc les « dynamiques de groupe », adoptant l’approche de Melanie Klein, qui « se concentrait sur les relations, plutôt que sur les conduites instinctives et l’énergie psychique ». [6]

L’idée était de reconstituer lors de thérapies de groupe une dynamique familiale, ou une dynamique de pression des pairs ; dans ce cadre, des objectifs prédéterminés ont été imposé au groupe par la méthode du consensus, ou plutôt « démocratie », pour reprendre leur langage scientifique. Le principe de cette opération est de rendre l’individu docile en le soumettant aux objectifs prédéterminés du groupe et en le poussant à abandonner sa souveraineté au profit de ce dernier.

Les techniques de Tavistock étaient si efficaces que l’Empire britannique finit par fournir des « cobayes » à la clinique : la responsabilité de la sélection des officiers de l’armée britannique leur fut confiée, et le gouvernement britannique permit à Tavistock d’élaborer les programmes d’entraînement pour les officiers. Tavistock exporta ensuite ses techniques de programmation collective sur le champ de bataille, baptisant cette pratique la « psychiatrie de commandement ».

« Le groupe qui entra à la direction de la psychiatrie de commandement adopta une nouvelle approche pour faire face aux problèmes de ressources humaines auxquels l’armée était confrontée. Plutôt que de rester dans les lignes arrières, ils se rendirent directement sur le champ de bataille pour voir ce que les officiers commandants considéraient comme les problèmes les plus urgents (…) A partir de là, fut élaboré le concept de « psychiatrie de commandement », consistant à rattacher à chacun des cinq commandements militaires territoriaux, un psychiatre doté d’un groupe mobile ». [7]

 Kurt Lewin

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Kurt Lewin

Kurt Lewin fut un pionnier de la « dynamique de groupe », avait participé aux débuts de l’école de Francfort avant de fuir l’Allemagne lorsque Hitler accéda au pouvoir. Il établit aux Etats-Unis en 1933, aux frais des Rockefeller. Sur le chemin, il fit étape à Cambridge, en Angleterre, pour visiter la Clinique Tavistock d’Eric Trist. Arrivé aux Etats-Unis,Lewin s’installa à l’Université de l’Iowa, où il fut professeur de Psychologie infantile. Il collabora avec les services de renseignement américain de l’époque (OSS), et, mena des travaux similaires à ceux de ses collègues de la Clinique Tavistock dans l’armée, où il étudia les dynamiques de groupe concernant le moral des troupes, la psychologie du rationnement alimentaire, et d’autres éléments de guerre psychologique. Voici un extrait de son livre Time Perspective and Morale, illustrant son attachement à la guerre psychologique :

« L’une des principales techniques permettant de casser le moral des troupes avec une "stratégie de la terreur" consiste précisément à maintenir les personnes dans un flou constant entre le lieu où elles se trouvent et celui où elles désireraient aller. Si l’on ajoute à cela une alternance fréquente de mesures disciplinaires sévères et de promesses de bon traitement, tout en répandant des nouvelles contradictoires, la « structure cognitive » est tellement perturbée que l’individu devient incapable de savoir si un plan particulier pourrait le mener vers son objectif ou l’en éloigner. Dans ces conditions, même les individus ayant des objectifs définis et étant prêts à prendre des risques, seront paralysés par de graves conflits intérieurs sur ce qu’ils doivent faire ». [8]

Dans une société saine, les livres de Lewin auraient servit de papier toilette, ou bien ils auraient été classés au rayon de la littérature nazie. Au lieu de cela, Lewin reçut beaucoup d’argent pour mener à bien ses projets d’ingénierie sociale.

Lewin et ses disciples développèrent des techniques basées sur le degré d’attraction entre les individus afin de modéliser les dynamiques de groupe ; et pour décrire les rapports sociaux, il utilisa le langage de l’électromagnétisme emprunté à la « théorie des champs » de Maxwell. Puisque Maxwell jugeait déplacée toute idée de causalité en science, sa « théorie des champs » n’était pas vraiment scientifique. Maxwell décrivait le « champ » comme un simple agrégat des forces s’exerçant entre les corps présents dans ce champ. Mais en réalité, ces caractéristiques ne faisaient que refléter les axiomes supposés de Maxwell sur la nature des rapports entre les objets. Enfermé dans cette logique pré-établie, le champ est inévitablement sujet aux règles arbitraires de l’entropie.

La « théorie des champs » de Lewin ne faisait donc qu’appliquer aux relations humaines la logique circulaire de Maxwell. Lewin considérait les humains comme des singes, pour qui les rapports sont déterminés par le calcul hédoniste. Là où Maxwell attribuait un « Un » pour un degré fort de cohésion et un « Zéro » pour une faible attraction au sein du réseau électromagnétique, Lewin faisait de même : « Un » pour le degré d’attraction correspondant à l’attirance entre un singe et sa mère, et « Zéro » pour l’attirance entre le singe et son prédateur. Le « champ » devenait ainsi un simple agrégat de relations entre singes hédonistes, réduisant les principes universels tel que l’agape, à une simple « théorie du jeu ». Pour lui, la société est un système clos et dénué de tout principe, se retrouvant soumit à l’entropie, ou à ce qu’un zoologiste appellerait « l’écologie » ou « écosystème ».

Appliquer l’entropie à des aimants ou des singes est une chose, mais qu’arrive-t-il lorsque les mêmes règles sont appliquées aux êtres humains ? Est-ce que l’économie humaine est assujettie aux mêmes règles que l’écosystème des singes ? Pour Lewin, Maxwell, les Tavistokiens, et tous les rejetons intellectuellement attardés de Bertrand Russell, la réponse est « oui » ! Le voilà notre problème ! C’est là que tombe le masque des ingénieurs sociaux pour révéler un « fascisme à visage démocratique. » [9]

Les êtres humains sont créatifs. Nous pouvons, au-delà de la perception sensorielle, découvrir les lois de la nature les appliquer sous forme de technologies, ce qui nous permet de renouveler sans cesse l’assiette des « ressources » disponibles, autrement limitée. La conception erronée de l’entropie avancée par les positivistes de Russell se retrouve du même coup réfutée. En tant qu’humains, nous pouvons également développer notre maîtrise des principes sociaux, comme l’agape, dans le domaine de la composition artistique Classique. Notre capacité à communiquer ces principes d’une génération à l’autre, donne à notre culture une capacité propre de transformation continuelle. Les nations ne peuvent accomplir ce progrès qu’en favorisant le développement de l’esprit souverain de leurs citoyens. Un tel développement culturel constitue la véritable mission d’une république.

Les rejetons de « Dirty Berty » avaient besoin d’éliminer ces esprits souverains, afin d’écarter la menace qu’ils représentaient pour l’équilibre « prédéterminé » de leur écosystème.Au sein du réseau électromagnétique de Lewin, ces « aimants », qui attirent d’autres « aimants » par leur habilité à partager des idées et à créer de nouvelles capacités pour la survie de l’humanité, devaient nécessairement être neutralisés. Le système requiert alors des« agents de changement » assurant l’uniformité du consensus et préservant l’équilibre au sein de l’écosystème. En défendant cette idée, le grand avocat de la « démocratie », Kurt Lewin, passerait pour un vrai nazi :

« Pour inciter aux changements menant à la démocratie, il faut créer une situation où, pendant un certain temps, le leader exerce un contrôle suffisant pour exclure toute influence qu’il refuse, et pour arriver à manipuler suffisamment la situation. L’objectif d’un leader démocratique dans cette période de transition devra être le même que tout bon professeur, c’est-à-dire de se rendre inutile… » [10]

Bien sûr, pour Lewin comme pour les autres ingénieurs sociaux, cette « période de transition » ne se terminait jamais. Lewin et ses « agents de changement » devaient se rendre tous les jours sur le terrain, à la recherche de ce qu’ils appellent les « personnalités autoritaires. » Et, comme J.R. Rees de la Clinique Tavistock, ils devaient tenter de dresser le troupeau en érigeant des barrières électriques dans les esprits.

 Paul Lazarsfeld

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Paul Lazarsfeld

Paul Lazarsfeld lui aussi, avait fuit le fascisme en Europe, pour venir s’installer aux Etats-Unis et y promouvoir le fascisme mou, celui du consensus. En 1942, Lazarsfeld et Lewin participèrent à une conférence de l’America Society of Cybernetics, financée par la fondation Josiah Macy. Cette conférence était un véritable « Who’s Who » du projet d’« unification des sciences » de Bertrand Russell. Lazarsfeld travailla avec Lewin sur différents projets de dynamiques de groupe, et plus particulièrement sur des études au sujet du rôle des médias dans la création d’une psychologie de masse. Comme Lewin, il utilisa la modélisation mathématique [11] afin de traiter d’importants ensembles de données liées au marketing des produits, et plus tard, de la politique et de la culture elle-même.

L’un des premiers projets de Lazarsfeld aux Etats-Unis fut le Projet Radio à Princeton, où lui et d’autres étudièrent les effets sociologiques de l’émission de radio « War of the Worlds » (la guerre des mondes), conçue par le membre éminent de la société Fabienne britannique H.G. Wells. Théodore Adorno, membre de l’école de Frankfort, qui fut plus tard l’un des auteurs de La Personnalité Autoritaire, [12] travailla également avec Lazarsfeld sur le Projet Radio. Au sein de ce projet, Adorno concentra certains de ses travaux sur l’effet psychologique de la musique moderne, tel que la capacité de la musique à induire des psychoses dans la population.

Par la suite, le lavage de cerveau appliqué à la génération du baby-boom a amené à croire que les Lazarsfeld et les Adorno n’étaient que de simples critiques du grand et méchant Etat, ou « Big Brother » dans le vocable de George Orwell. En réalité, Lazarsfeld et Adorno étaient les domestiques des fondations de l’Empire britannique – Rockefeller, Josiah Macy, et Russell Sage. Ils étaient abondamment financés par ces fondations, dont l’objectif était de mettre en pièces l’héritage culturel de la cause républicaine. Les ingénieurs sociaux matèrent la génération des baby-boomers avec les « deux minutes pour haïr » orwelliennes, contre l’Etat-nation de Lincoln et de Roosevelt, et, par un tour de passe-passe, ils devinrent les yeux et les oreilles de « Big Brother », au service des oligarques financiers.

Ecoutez Adorno :

« Il semble évident que la modification de la structure potentiellement fasciste ne peut pas être réalisée seulement par des moyens psychologiques. Cette tâche peut être comparée à celle visant à éliminer les névroses, ou la criminalité, ou le nationalisme, à travers le monde. Ces problèmes sont les produits de l’organisation d’ensemble de la société et ne peuvent être changés que lorsque la société tout entière change. Ce n’est pas au psychologue de dire comment de tels changements doivent être apportés. Ce problème appelle les efforts de tous les scientifiques sociaux. Nous devrions cependant insister pour que les psychologues aient leur mot à dire dans tous les conseils et les tables rondes où ce problème est soulevé, et où des actions sont planifiées. Nous croyons que la compréhension scientifique de la société doit inclure la compréhension de ce qu’elle fait aux gens, et qu’il est possible de réaliser des réformes sociales, même de grandes réformes, qui, bien que désirables par elles-mêmes, ne changeraient pas nécessairement la structure de la personnalité discriminée. Pour modifier le potentiel fasciste, ou même le mettre sous contrôle, il faut qu’il y ait une augmentation des capacités des gens à se voir eux-mêmes et à être eux-mêmes. Ceci ne peut pas être accompli en manipulant les gens, bien que les techniques de manipulation soient bien ancrées dans la psychologie moderne (…) C’est là que la psychologie pourrait bien jouer son rôle le plus important. Les techniques pour vaincre toute résistance, principalement développées dans le champ de la psychothérapie individuelle, peuvent être améliorées et adaptées pour l’usage sur des groupes et même à une échelle de masse » (c’est nous qui soulignons). [13]

 Les Congrès Internationaux pour l’Unité des Sciences

Les trajectoires intellectuelles de Lewin et Lazarsfeld s’étaient déjà croisés avant qu’ils ne se rendent aux Etats-Unis. Lazarsfeld avait été membre du « Cercle de Vienne », le foyer des positivistes logiques comme Norbert Wiener et John von Neumann. Plus tard, Wiener et von Neumann furent des personnages clés de la conférence sur la cybernétique.

En 1929, le Cercle de Vienne devint connu sous le nom de la Ernst Mach Society, et commença une collaboration philosophique avec la société de philosophie empirique de Berlin, dont Kurt Lewin était un membre éminent. Ces deux groupes organisèrent des conférences à Prague et à Königsberg, et lancèrent un journal intitulé Erkenntnis (Cognition). De concert avec Bertrand Russell et d’autres, qui allaient ensuite tourner autour de l’orbite du Congrès pour la Liberté de la Culture, tel que Sydney Hook et Albert Wohlstetter, ils organisèrent les International Congresses for the Unity of Sciences (Congrès Internationaux pour l’Unité des Sciences).

Ernst Mach était célèbre pour son « scepticisme envers toute métaphysique », et il considérait ouvertement les sciences comme des études simplement descriptives. Pour lui comme pour ses acolytes, la science ne saurait rechercher la causalité des choses et encore moins leur raison d’être puisqu’il n’y en a pas. L’« Unité des Sciences » fut une tentative visant à détruire la métaphysique et l’existence des principes universels, en arguant qu’en science, toute division – comme par exemple les divisions entre le vivant, le non vivant et le cognitif – n’a aucune existence. Ils appliquaient aussi bien ce réductionnisme extrême à la physique qu’aux sciences sociales, vantant ainsi leur unification. La société se réduit aux psychologies individuelles ; les psychologies individuelles se réduisant à des processus biologiques ; les processus biologiques se réduisant à des processus chimiques. La cognition humaine est donc réduite aux processus électrochimiques du cerveau : des nerfs s’exécutant ou restant au repos, comme un système binaire. Finalement, même les processus électrochimiques du cerveau pouvaient être réduits à la mécanique Newtonienne.

En d’autres termes, la cognition est considérée comme une simple réaction à des stimuli externes. Puisqu’un corps au repos reste au repos jusqu’à qu’un autre agisse sur lui, le processus interne de la cognition est éliminé. Ainsi, il n’existerait ni « étincelle divine », ni âme. Ces conceptions ont servit de base aux discussions à la conférence sur la cybernétique quelques années plus tard.

 Les « barreurs »

« Tôt ou tard nous devrons mourir », écrivait Norbert Wiener, « et il est hautement probable que l’univers tout entier autour de nous succombera à une mort thermique, dans laquelle le monde devrait être réduit à un vaste équilibre thermique où il n’arrivera plus rien de nouveau. Il ne restera rien d’autre qu’une morne uniformité au sein de laquelle nous ne nous pourrons nous attendre qu’à des fluctuations locales insignifiantes. » [14]

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Norbert Wiener

Norbert Wiener inventa le terme cybernétique à partir du mot Grec kubernetes, qui veut dire « barreur ». Le barreur devait diriger les rameurs, et bien sûr, il devait avoir un retour afin de pouvoir donner les bons ordres à son équipage. Si le barreur donnait un rythme trop rapide ou trop lent, alors l’équilibre était rompu, chose inévitable dans tout système fermé. Par exemple, sans un thermostat capable d’enregistrer les flux et reflux de chaleur, un bloc moteur surchaufferait et exploserait. Puisque les réductionnistes ne faisaient pas de différence entre un bloc moteur et la société, ils imaginaient de manière totalement infantile que les mêmes principes étaient vrais pour les deux.

Wiener et les cybernéticiens pensaient que la méthode créatrice n’était que le sous-produit du hasard, résultant de l’accès à l’« information ». Ils devaient donc contrôler la quantité d’informations libérées dans le « champ », agissant ainsi comme un thermostat sur la société. Afin de contrôler le flot d’informations, les « barreurs » se nichaient eux-mêmes au sein de l’exécutif des principaux médias et de ce qui fait l’opinion.

Plus tard, les héritiers des cybernéticiens furent impliqués dans la création d’une « super autoroute de l’information ». Ils créèrent un logiciel pour contrôler le flux d’« informations » sur Internet, tel un énorme tableau électrique muni de disjoncteurs régulant la tension. Ce concept était au cœur du « social networking » (réseaux sociaux), et de l’établissement de matrices modelées selon la théorie des jeux [15], et qui visent à renforcer le consensus. La mécanisation des relations sociales était basée sur l’idée de Wiener qu’il était possible de mécaniser la pensée. Pour soutenir cette conception absurde de l’esprit humain, Norbert Wiener est allé jusqu’à mentir au sujet de Leibniz, affirmant que ce dernier aurait donné sa bénédiction à une « machine raisonnant ».

« Tout comme le calcul s’est prêté lui-même à une mécanisation allant du boulier et de la machine à compter, jusqu’aux machines ultrarapides d’aujourd’hui, de même le « calculus ratiocinator » de Leibniz contient les germes de la « machina ratiocinatrix », la machine raisonnant. En effet, Leibniz lui-même, comme son prédécesseur Pascal, s’intéressait à la construction de machines à calculer en métal. Il n’est donc pas moins surprenant que la même impulsion intellectuelle qui avait mené au développement de la logique mathématique ait mené en même temps à la mécanisation idéale ou réelle des processus de la pensée. » [16]

En réalité, Leibniz et ses partisans avaient réfuté de telles absurdités, encore et encore, et la réfutation par LaRouche du dogme de la cybernétique en fut le point culminant.

 L’Institut Rhodes Livingston

Margaret Mead et son mari, Gregory Bateson, tentèrent d’« unifier les sciences » en introduisant à la conférence sur la cybernétique de 1942, leur concept frelaté d’anthropologie. Pour eux, l’anthropologie n’était que de la zoologie, avec des cages mentales. Mead et Bateson pensaient qu’une structure tribale, telle qu’il la voyait dans leur vision romantique, était plus proche d’une conception cybernétique pour la société que les complexités de la vie urbaine moderne. Ainsi, tandis que la fondation Josiah Macy versait de l’argent à la conférence sur la cybernétique, l’argent des Rockefeller affluait de l’autre coté de l’Atlantique, dans les succursales de l’ingénierie sociale des régions d’Afrique riches en minéraux, où les anthropologues étaient utilisés pour déstabiliser les nations émergentes. Les anthropologues commencèrent à profiler les structures tribales, à l’aide de « sociogrammes » et d’arbres généalogiques, ce qui donna à l’Empire britannique une vue d’ensemble sur l’Afrique coloniale, comme si, en observant les « autochtones » depuis un hélicoptère, ils pouvaient cartographier l’activité tribale telles les colonnes de fourmi sur une fourmilière. Par la suite, la « fourmilière » se retrouvait agitée par des guerres civiles, des machinations, et des assassinats.

L’une des principales agences de profilage du British Colonial Social Science Research Council (Conseil de Recherche en Science Sociale pour les Colonies Britanniques) était l’Institut Rhodes Livingstone (RLI), dont le premier directeur fut Godfrey Wilson, qui après son suicide fut remplacé par Max Gluckman. Gluckman, qui avait des racines « positivistes », était connu pour son « Utilité du modèle d’équilibre dans l’étude du changement social » ; il dirigea plus tard l’école de Manchester. Il était également très connu pour sa relation avec la tribu des Mau-Mau au Kenya et avec l’insurrection qui y eut lieu, l’une des nombreuses rébellions qui se déroulèrent à travers l’Afrique contre les puissances coloniales. Beaucoup d’anthropologues étaient utilisés comme agents d’une « troisième force », déstabilisant les Etats-nations en voix de développement, pour le compte des cartels miniers anglo-hollandais. [17]

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Un « sociogramme » de l’Institut Rhodes Livingstone de Lord Hailey, montrant le réseau d’individus en conflict en Zambie.

Lord Hailey, qui avait supervisé le RLI, faisait également partie de la Table ronde de Lord Milner, et fut gouverneur de Panjab de 1924 à 1928, avant de devenir gouverneur des Provinces Unies de 1928 à 1930. Les propos de John C.M. MacBeth lors de son introduction à Lord Hailey au club impérial du Canada, donnent un sens de qui il était :

« Nous allons entendre le directeur de la Commission Consultative sur la Recherche Coloniale, le fer de lance de la politique des dominions et des colonies actuelles, en faveur de l’unité d’intention dans l’indépendance d’action, si on peut l’exprimer ainsi. » [18]

Franklin Roosevelt avait fustigé à de nombreuses reprises les politiques coloniales de l’Empire britannique. Lord Hailey, parmi d’autres, fut chargé de déguisé la politique d’Empire pour la faire paraître plus douce et plus acceptable, en l’appelant « Commonwealth ». Hailey utilisa le RLI pour explorer des techniques de « gouvernement indirect », bien plus efficaces et bien moins coûteuses, que la politique désuète consistant à maintenir des gouverneurs régionaux assurant à leur tour l’exercice de la force coloniale britannique ou hollandaise. « Le gouvernement indirect » était équivalent aux techniques employées au Centre de Recherche sur les Dynamiques de Groupe de Kurt Lewin, ou au sein des « groupes de travail autorégulés » de Eric Trist aux mines de Calico en Inde.

Agissant pour le compte des cartels anglo-hollandais, Hailey demandait aux anthropologues de profiler les membres de la structure tribale, afin d’isoler les « personnalités autoritaires », ou les « réseaux de personnes », qui s’opposaient au système esclavagiste de l’Empire. Une fois que les meneurs étaient éliminés, un consensus s’imposait aux « indigènes » : la mondialisation était inévitable, et les choix au sein de la matrice définie par la théorie des jeux imposait, soit de travailler comme esclave dans les mines de cuivre, soit de mourir de faim.

Toutefois, en guise de consolation, ces ingénieurs sociaux « démocrates » du Commonwealth autorisèrent dans ce cadre, un débat sur les « droits de l’homme », les droits des femmes ou l’égalité raciale.

Henrika Kuklick critiqua le Conseil Britannique de Recherche en Sciences Sociales, les qualifiant de « domestique du colonialisme ». Elle attaqua l’ancien directeur du RLI, Bronislaw Malinowski, l’accusant d’avoir reçu des fonds provenant des Rockefeller et d’avoir utilisé l’anthropologie à des fins malintentionnés : « Malinowski assurait à la fondation que ces fonds serviraient à un usage constructif, subvenant aux besoins de l’application de l’anthropologie en tant qu’« ingénierie sociale », dans des territoires où le capitalisme occidental exerce une pression. » [19]

 Le changement d’après-guerre

Après la mort de Franklin Roosevelt en 1945, les Britanniques utilisèrent les techniques développées par les ingénieurs sociaux dans le domaine militaire pour provoquer un changement de paradigme dans la génération du baby-boom. Ce nouveau paradigme eut pour fondation différentes variétés d’existentialisme qui réussirent à changer l’orientation de la société en la sortant de l’ère de productivité et de progrès de Roosevelt, pour l’emmener vers « l’écologisme vert » si populaire aujourd’hui. Ils contribuèrent ainsi à ce que les Etats-Unis détruisent leur propre puissance industrielle.

D’après une de nos sources, des organisations comme celles des Rockefeller voulaient « trouver une entité prête à entreprendre, en temps de paix, le genre de psychiatrie sociale qui avait été développée au sein de l’armée en temps de guerre. C’est ainsi que débuta dés 1946, un processus amenant la fondation Rockefeller à accorder des financements illimités sans lesquels les plans d’après-guerre de l’IPCO (Interim Planning Commitee, Commission de Plannification Intérimaire), n’auraient jamais vu le jour. » [20]

Tandis que la Clinique Tavistock poursuivait sa transformation d’une entité dépendante du gouvernement britannique en une entreprise financée quasiment à 100% par des fonds privés, le nouveau Tavistock Institute of Human Relations fusionna ses tentacules avec celles de sa contrepartie américaine, par le biais du journal Human Relations.

Ecoutons de nouveau, les propos d’Eric Trist sur les fondements de Tavistock : « un journal nouveau était nécessaire afin de revendiquer la connexion entre la théorie du champ et la psychanalyse des relations entre objets.Avec le groupe de Lewin aux Etats-Unis, le Centre de Recherche pour les Dynamiques de Groupe, aujourd’hui situé à l’Université du Michigan, l’Institut a créé un nouveau journal international, Human Relations, dont le but était de favoriser l’intégration de la psychologie et des sciences sociales, et de lier la théorie à la pratique. » [21]

Plus tard, en 1954, les « barreurs » de la Cybernetics Society se renommèrent en Society for General Systems Research (Société pour la Recherche en Systèmes Généraux), et s’établirent à Stanford, au Center for Advanced Studies in the Behavioral Sciences (CASBS, Centre de Recherches Avancées dans les Sciences Comportementales). Ce groupe incluait Ludwig von Bertalanffy et Anatol Rappaport. Margaret Mead, qui était proche de Kurt Lewin, allait en devenir l’un des présidents, de même que Karl Deutsch, qui finança par la suite le département des sciences politiques du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Alex Bavelas devait diriger un groupe à l’Université du Michigan, qui devint également un avant-poste de l’Institut Tavistock.

Tandis que Lazarsfeld se concentrait sur le changement de paradigme par le biais des médias, les « agents de changement » de Lewin étaient envoyés à l’intérieur des syndicats de travailleurs pour y mener une guerre psychologique et détruire l’industrie. L’un des protégés de Lewin au MIT, George P. Shultz [22], repris, en tant que Ministre du Travail américain, les conceptions de Lewin dans le domaine des dynamiques de groupe, et les appliqua pour détruire les syndicats.

D’une manière qui n’est pas sans rappeler les techniques utilisées dans les mines d’Afrique, les médiateurs du ministère devaient servir d’agents pour la « troisième force », au service des cartels. A la table des négociations, procédant par clin d’œil ou signe de tête, le représentant du cartel essayait, par le biais du médiateur, de convaincre le président du syndicat de l’inévitabilité du consensus. « Une grève ne serait pas souhaitable maintenant, n’est-ce pas ? De plus, la mondialisation est là pour durer. C’est inévitable. Nous devons travailler ensemble pour parvenir à un consensus, même si ce n’est pas forcément bon pour nous. » Et de la même manière que le « Commonwealth » a autorisé des débats prédéterminés portant sur quelques améliorations sociales, il fut permis aux syndicats de se battre pour des miettes de pain, mais pas de combattre la mondialisation elle-même.

 INSNA

L’INSNA fut créé en 1976, l’année de la mort de Paul Lazarsfeld. Il rassembla différents ingénieurs sociaux qui venaient d’organisations comme le Tavistock Institute, le Cybernetics Group, et l’Institut Rhodes Livingston. Harrison White pris la place de Lazarsfeld au Bureau des Recherches Sociales Appliquées, qui était anciennement le Projet Radio de Princeton, et qui est connu aujourd’hui sous le nom d’Institute for Social and Economic Research and Policy (ISERP, Institut pour la Politique et la Recherche Economique et Sociale). [23] Barry Wellman, un étudiant d’Harrison White, fut le fondateur de l’INSNA. Wellman, lors de la création de l’INSNA, fit une dédicace à J. Clyde Mitchell, qui fut chercheur à l’Institut Rhodes Livingston, sous la direction de Gluckman.

Mitchell accueillit Wellman dans le British Networks Analysis en 1974, et fut un membre enthousiaste de l’INSNA, ainsi qu’un contributeur régulier à Connections, jusqu’à sa mort en 1995. Plus tard, Wellman développa le concept de « mise en réseau du village global », en cohérence avec le « modèle d’équilibre » de Gluckman. John A. Barnes fut également directeur de l’Institut Rhodes Livingston, et, en compagnie de Mitchell, il reçut la plus haute distinction de l’INSNA, le Simmel Award.

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Georg Simmel

Qui était Georg Simmel ? Malgré le fait que les citations suivantes de Simmel, à propos de la méthode vénitienne de contre-renseignement, pourraient bien retourner l’estomac des patriotes, rappelez-vous cependant que la méthodologie vénitienne a toujours été conçue pour et par des sots paresseux. Les Vénitiens passaient leur temps à créer toutes sortes d’intrigues par ennui de leur propre existence. Iago, dans Othello de Shakespeare, en est un excellent exemple.

« Le gouvernement vénitien », écrit Simmel, « utilisa de manière efficace ce moyen, en créant les conditions pour que les gens soient poussés à dénoncer tout comportement suspect. Personne ne savait plus si ses proches était ou n’était pas au service de cette inquisition civique, et ainsi, tout projet révolutionnaire, qui présupposait une confiance réciproque au sein d’un groupe de personnes, était tué dans l’oeuf ; c’est ainsi que dans l’histoire de Venise, les révoltes n’ont quasiment jamais eu lieu. » [24]

Bien que Karl Rove, l’ancien chef de cabinet et directeur de campagne de George W. Bush, ne soit pas membre de l’INSNA, vous reconnaîtrez les ombres de sa méthode dans la citation suivante de Simmel, toujours sur la méthode vénitienne. Pensez à ces idiots de politiciens qui clament haut et fort être des beaux parleurs, alors qu’ils se sont laissés piéger dans les thèmes imposés par Rove. Les opposants politiques de Rove ont souvent couru à leur propre perte, parce qu’ils se sont conformé aux « règles du jeu », comme un accro de MySpace :

« La forme la plus limpide du divide et impera, l’instigation d’un combat entre deux éléments, pourrait trouver son objectif dans la relation de la troisième partie avec chacune des deux autres, ou bien en tant qu’objet existant hors d’eux. Ce dernier cas arrive lorsque l’un des trois candidats pour un poste comprend comment monter les deux autres l’un contre l’autre, de telle manière que, à l’aide de rumeurs et de calomnies que chacun lance contre l’autre, ils gâchent mutuellement leurs chances. Dans tous les cas de ce genre, l’art du troisième réside dans le degré de recule qu’il est assez sage de placer entre lui et l’action dont il est l’instigateur. Moins les fils par lesquels il guide le conflit sont visibles, plus il comprend comment orienter le feu de telle manière à ce qu’il continue de brûler sans avoir à intervenir davantage, et plus tranchante et directe sera la lutte entre les deux, jusqu’à ce que s’accomplisse leur ruine réciproque ; mais, plus que cela, la récompense résultant de la lutte faisant rage entre eux, ou l’objet convoité par la troisième partie, semblera lui tomber dans les bras. Pour ces techniques, aussi, les Vénitiens étaient des maîtres. » [25]

 Internet

Regardez maintenant comment les techniques vénitiennes de Simmel sont appliquées pour les réseaux sociaux ; demandez-vous alorssi MySpace est réellement à vous ?

« Issu des travaux de Georg Simmel, le « tertius gaudens » se définit comme le « troisième qui récolte les bénéfices » (Simmel, 1923). Cette personne tire profit de la discorde entre deux autres (…) née de vides structurés qui offrent la possibilité de stratégies tertius, et l’information est la matière permettant de mettre en oeuvre cette stratégie (Burt, 1992). Des informations précises, pertinentes et diffusées entre deux contacts, peuvent créer une excellente occasion de négocier et contrôler les relations entre les deux protagonistes. Là est le pouvoir de ces vides structurés, et c’est la raison pour laquelle la théorie est si pertinente pour les réseaux d’affaires sur Internet. » [26]

Avec l’avènement d’Internet, la théorie des jeux devait prendre un tout autre sens. Les réseaux sociaux se sont ainsi vu offrir la possibilité de « changer ce que les gens croient et ce qu’ils font. » [27] Les « barreurs » de l’INSNA devaient désormais cartographier les réseaux du Web comme s’il s’agissait de grilles électromagnétiques géantes, en développant des logiciels basés sur les travaux de Moreno sur les sociogrammes, [28] et finalement en développant des modélisations en 3-D.

L’INSNA et ses savants se sont donc d’abord intéressé aux réseaux sociaux internet avec l’EIES, Electronic Information Exchange System (Système d’Echange d’Information Electronique), l’une des toutes premières technologies de réseau, et ils coordonnèrent leurs premières conférences avec cette technologie.

Les apprentis sorciers de l’INSNA développèrent des logiciels d’analyse des réseaux sociaux, tel que UCINET et SOCNET, capables d’analyser des sites de réseaux sociaux comme MySpace, Facebook, Ancestry, ou les interfaces de jeu comme Counterstrike. Les « agents de changement » de la cybernétique développèrent des technologies permettant de cartographier les flots de rumeurs parcourant la société, dont ils disaient qu’elles se répandaient comme la transmission d’épidémies, tel que le SIDA. [29] Cette technologie pouvait également être utilisée pour créer des mouvements sociaux, ce qui inclus la possibilité d’organiser des groupes criminels et antagonistes – des techniques complètement cohérentes avec celles utilisées dans les doctrines coloniales vénitiennes et britanniques.

Il devenait possible de guider ou de « dresser » l’opinion populaire dans la direction voulue, à une condition : qu’il existe des cobayes volontaires. C’est-à-dire des personnes se prêtant suffisamment au jeu pour fournir leur profil psychologique complet, pouvant ensuite être utilisés pour les manipuler. Et si les cobayes avalent la conception positiviste « binaire » de l’homme, alors la matrice de la théorie des jeux peut être mise en place, à l’aide d’une vaste gamme de « thèmes imposés », à la Karl Rove. En d’autres termes, les ingénieurs sociaux pouvaient ainsi esquisser une matrice de « pensée de groupe », comme les livres « choisis ta propre aventure. »

Ainsi, les sites de réseaux sociaux se remplirent progressivement de jeunes qui suivaient la « mode ». On leur disait que désormais ils n’auraient plus à prendre part aux aspects rebutants de la vie sociale. Ils n’auraient plus à regarder les gens dans les yeux, ou à s’asseoir dans la même pièce qu’eux. Au lieu de cela, ils peuvent s’asseoir dans leur cyber-nid, et devenir des nid-hilistes. Chaque jeune peut voyager entre son cyber-nid sur l’ordinateur du bureau ou de l’école, jusqu’à son cyber-nid sur l’ordi de sa chambre. Il pourrait alors se protéger du monde extérieur, en reliant son cyber-nid à des écouteurs, créant ainsi un cyber-nid mobile, dans un cyber-monde dénué d’interactions humaines. Et c’est là le piège : de temps en temps, le nid-hiliste s’offre une aventure anonyme dans la réalité. Il pourrait jouer le rôle de L’étranger de Georg Simmel. Il pourrait se retrouver avec d’autres nid-hilistes anonymes pour une orgie « spontanée » [30], ce qui constituerait sa seule expérience non-cyber.

Et, depuis leurs hélicoptères, les voyeurs milliardaires observent et jouent avec leur petits « indigènes. » Ils s’amusent avec la fourmilière, et regardent ses caractéristiques changer :

« De la même façon, dans la théorie des échanges, nos suppositions sur ce que les indigènes savent de la nature de leurs réseaux, sont décisives pour notre théorisation.D’après Malinowski (1922), nous adorons le système de Kula parce que la forme d’ensemble du réseau, hormis ses conséquences pour la solidarité sociale, était quelque chose dont ‘même le plus intelligent des indigènes n’a pas d’idée claire.’ L’aspect le plus intellectuellement attirant des analyses de réseaux c’est qu’ils nous donnent la capacité de rendre visible ce qui, sans notre « macroscope », est invisible pour les indigènes. Nous pouvons ainsi, depuis notre hélicoptère, voir les réseaux d’échanges dans lesquels sont les indigènes. De plus, dans mes recherches, je n’ai jamais rencontré de cas où les conceptions de l’indigène au sujet de la structure qui l’englobe soient entièrement exactes. Et ceci est également vrai pour les « plus intelligents de nos indigènes », ceux que l’on appelle intellectuels. Lors de mon étude sur l’élite intellectuelle américaine (Kadushin 1974), nous avions demandé à un échantillon de personnes d’identifier les cercles intellectuels. Aucun d’entre eux n’en avait une conception correcte. Je sais que notre représentation de ces réseaux était exacte, non pas seulement parce qu’elle « fonctionnait », avait un sens, et était reconnue comme correcte et « évidente » par les indigènes dès qu’ils la voyaient, mais parce que, bien que je ne l’avais pas encore réalisé à ce moment-là, elle pouvait prédire quelles seraient les caractéristiques des cercles intellectuels dix ans plus tard. On pouvait voir très clairement, dans le coin en haut à droite de notre sociogramme informatique (dont la direction est définie de façon entièrement accidentelle et arbitraire), le cercle qui allait par la suite être connu comme les néo-conservateurs » [31]

Peut-être est-ce ce qui attira Rupert Murdoch vers cette technologie des réseaux sociaux : il espérait pouvoir suivre à la trace son mouvement fasciste préféré – les néo-conservateurs.

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Cette étude suédoise des comportements sexuels humains en "réseaux sociaux" montre comment de sales cybernéticiens peuvent à présent modéliser des choses aussi complexes, et variables, que la sexualité du Baby Bommer moyen, ou des jeunes, aujourd’hui.
http://polymer.bu.edu

« Dans une fourmilière, la structure sociale devient visible ; les mouvements et les contacts que l’on y voit ne sont pas hasardeux mais structurés. Nous devrions également être capable d’observer la structure de la vie d’une communauté américaine, si nous avions un point de vue suffisamment éloigné, à partir duquel les gens apparaîtraient comme des petits points se déplaçant… Nous verrions que ces points ne vont pas les uns vers les autres de façon aléatoire, mais que certains se rencontrent souvent, et d’autres jamais (…) Si quelqu’un pouvait s’éloigner suffisamment de cela, la vie deviendrait de purs modèles. » [32]

 Conclusion

Tout empire sait qu’il est plus facile de détruire quelque chose de l’intérieur que de l’extérieur. Georg Simmel écrit :

« On dit que l’Angleterre a pu acquérir l’Inde par le seul moyen de l’Inde elle-même, tout comme Xerxès, plus tôt, avait compris que la Grèce ne pourrait être conquise mieux que par les Grecs eux-mêmes. Précisément, ceux qui sont amenés à s’unir dans une convergence d’intérêts connaissent mieux, de façon réciproque, les points faibles de l’autre, et ainsi, le principe de similia similibus – l’annihilation d’une condition en produisant une condition similaire – peut être réalisée dans une très large mesure. » [33]

Ces schémas d’ingénierie sociale, apparemment brillants et très élaborés, ont un défaut capital : ils s’écroulent complètement dans le cas où personne ne se prête plus au « jeu ». C’est-à-dire que si personne ne daigne adopter la vision considérant l’esprit humain comme seulement capable de répondre « oui » ou « non » à des stimuli extérieurs, alors, « ils » seront incapables de « jouer » avec le troupeau.

Socrate n’avait pas permis que l’on joue avec lui. Il refusa de jouer dans la « règle du jeu », et il montra constamment les absurdités des axiomes de son époque. La méthode socratique est aujourd’hui utilisée, par des esprits souverains, afin de dissiper la brume mentale créée par les empires du passé.

Pourquoi voudriez-vous entrer dans leur jeu tous les jours ? Vous, les accros, pourquoi entrez-vous dans leur jeu 36 fois par jour ? Pourquoi entrez vous dans leur jeu tout court ? Un jour, vous pourriez bien sortir de la brume, dans un Colisée en liesse, avec du sang sur vos mains. Sortez-vous de là ! Ne soyez pas dupes de ces joueurs de « Donjons et Dragons ». Imaginez Karl Rove en adolescent grassouillet, installé dans le sous-sol de chez sa mère, aux cotés de ce neurde qu’est Bill Gates, revêtu de tout un attirail de gladiateur, et réfléchissant à la mise en œuvre des discussions et de la destruction de la société.

Au lieu de jouer avec tous ces pervers, battez-vous au nom des principes universels qui sont au cœur de la constitution américaine. Battez-vous pour le bien-être général ; battez-vous pour les générations futures – votre postérité ; battez-vous pour la souveraineté de votre propre esprit. Ne soyez pas un vulgaire instrument de Rupert Murdoch, fuyant dans le Colisée comme les gladiateurs d’un cybermonde fantasque. Rejoignez un véritable processus social, un mouvement se réappropriant l’histoire des idées qui ont fait le monde. Vous risqueriez juste de vous y amuser. Rappelez-vous qu’en attendant la mort thermique de l’univers, les positivistes de Bertrand Russell s’ennuient à mourir. Pourquoi se prêter au jeu de leur canular pessimiste et pseudo-scientifique ?

La réfutation la plus explosive des conceptions de l’équipée cybernétique a été faite par Lyndon LaRouche. Le rejet des concepts de la cybernétique discuté dans ce document est développé dans le texte « Vernadsky and the Dirichlet’s principle » de Lyndon LaRouche (Executive Intelligence Review, 3 juin 2005). LaRouche et ses collaborateurs sont aujourd’hui les uniques porteurs du flambeau de la dynamic de Leibniz.

Comprendre le développement des idées à travers l’histoire de l’humanité, est au cœur de la méthode de LaRouche. Au regard des évènements récents, cette méthode a prouvé qu’elle était la seule à pouvoir faire face à la crise économique en cours. Toute personne comprenant la créativité telle que LaRouche l’a re-développée, sait qu’elle est intrinsèquement la réfutation la plus dévastatrice de cette idée d’entropie.

« Puisque l’univers change, de façon anti-entropique, avec le processus de génération de découvertes de principes universels, c’est l’anti-entropie qui encadre l’univers. » [34]


[1Article original publié dans la brochure Noosphere vs Blogosphere : Is the Devil in Your Laptop, LaRouche PAC, USA, Novembre 2007.

[3Eric Trist, « The Formative Years, The Founding Tradition, pre-War Antecedents » (disponible sur moderntimesworkplace.com)

[4Après que Rudolf Hess ait été ramené en Angleterre sous bonne garde, il développa une relation de confiance avec son docteur, John Rawlings Rees. Des travaux approfondis furent réalisés sur Rees et l’Institut Tavistock par le National Caucus of Labor Commitees (ICLC), et publiés dans The Campaigner, dans les années 1970. Voir, par exemple, « The Tavistock Grin », parties 1 et 2, dans les numéros d’avril et mai 1974 de The Campaigner. Disponible sur www.wlym.com/PDF-68-76/CAM7404.pdf.

[5Trist, idem note [1].

[6Idem.

[7Idem.

[8K. Lewin (1942), « Time Perspective and Morale », aux éditions G. Watson, Civilian Morale, deuxième livre annuel du SPSSl (Boston : Houghton Mifflin)

[9Voir, par exemple, le numéro de novembre-décembre 1974 de The Campaigner, « le « fascisme à visage démocratique » des Rockefeller », étude stratégique du ICLC.

[10K. Lewin, Resolving Social Conflicts : Selected Papers on Group Dynamic, aux éditions Gertrude W. Lewin (New York : Harper Row, 1948).

[11Lazarsfeld étudia et utilisa la « sociométrie » de Jacob Moreno. La citation suivante vient de « Leadership and Sociometric choice », Helen H. Jennings, Sociometric Institute : « Le test sociométrique, conçu par Moreno, divulgue les sentiments qu’ont les individus à l’égard d’autres individus, par rapport au groupe auquel ils appartiennent à un moment donné (de façon idéale, tout groupe dans lequel ils sont ou pourraient être). C’est une action test. Le critère de choix doit avoir pour le sujet concerné un sens explicite, et il doit lui offrir la possibilité de fournir l’information pour la reconstruction (ou la rétention) des situations dans lesquelles il se trouve. Les résultats sont rendus opérationnels dans la satisfaction optimale des sujets. Ainsi, par rapport au critère de formation du groupe, la position psychologique de chaque membre au sein de la structure du groupe est mise en lumière. Par le biais de tests périodiques, de tels procédés permettent de tracer, suivre et évaluer tous les changements se déroulant au sein de cette structure. » (On croirait entendre une pub pour MySpace, non ?)

Ces modèles sont appelés sociogrammes. L’INSNA fait référence à Moreno comme l’une des figures les plus importantes dans la conceptualisation des réseaux sociaux. Moreno travailla en tant que psychiatre auto désigné des prostitués de Vienne. Il fut également psychiatre à la prison Sing Sing, et plus tard à l’« école réformée » connue comme l’Ecole Hudson pour filles, où il rassembla toutes les données qu’il utilisa ensuite dans son livre Who Shall Survive ? (écrit avec Helen Jennings). C’est l’un des textes de référence pour tous ceux qui s’intéressent de près à la théorie des jeux, à la psychologie de masse, et à l’ingénierie sociale.

[12Théodore Adorno et al, The Authoritarian Personality, (New York : Harper, 1950).

[13Idem.

[14Norbert Wiener, The Human Use of Human Beings (L’usage humain des êtres humains) (Cambridge, Mass. : Da Capo Press, 1950).

[15Pour un bref résumé de la « matrice de la théorie des jeux », sans maths, prenez un livre de poche « Choisis ta propre aventure ». Si vous vous ennuyez à force d’aller et venir de page en page, n’en achetez pas un nouveau, mais essayez plutôt « Donjons et Dragons ». Si vous ne comprenez toujours pas ce qu’est la théorie des jeux, observez un accro de MySpace ou de Facebook allant de page en page, et y repassant, à n’en plus finir. Si tous ces jeux prédéterminés vous ennuient à mourir – c’est bon, vous avez échappé à la matrice.

[16Norbert Wiener, Cybernetics : Or the Control and Communication in the Animal and the Machine (Cambridge, Mass. : MIT Press, 1948). Wiener alla même plus loin, déclarant que« s’il devait y avoir un saint patron de la cybernétique, ce serait Leibniz. »

[17Alvin Wolfe, de l’INSNA, déclara : « au début des années 1960, mes études concernant les problèmes dans les nouveaux états africains (…) m’amenèrent à apprécier l’importance des entreprises multinationales dans les industries minières et métallurgiques – pas tant dans leurs actions individuelles que dans leur organisation systémique à un niveau supranational. Mon écrit de 1962, « The Rules of Mining in Southern Africa » (Les règles de l’exploitation minière en Afrique du Sud), fut la première représentation du réseau des sociétés qui constituent le corps de ce titre. Un écrit de 1963, intitulé « The African Mineral Industry : Evolution of a Supranational Level of Integration » (L’industrie minière africaine : évolution d’un niveau supranational d’intégration), est le premier où je reconnais que le développement d’un système supranational constitue une situation évolutionnaire majeure… » liste en ligne UrbAnth-L, 11 mars 2006.

[18The Empire Club of Canada Speeches 1942-1943 (Toronto : The Empire Club of Canada, 1943), pages 239 à 255.

[19Frank Salamone, « The International African Institute : The Rockefeller Foundation and the Development of British Social Anthropology in Africa. » Il y cite la référence d’Henrika Kuklick aux fonds fournis par les Rockefeller à l’Institut africain international.

[20Eric Trist, idem note [2].

[21Idem.

[22Scott Thompson et Nancy Spannaus, « George Pratt Shultz : Profile of a Hit Man » (George Pratt Shultz : profil d’un assassin économique), Executive Intelligence Review, 10 décembre 2004 : « Le premier mentor du synarchiste George Shultz fut Kurt Lewin, qui travaillait à l’Institut Tavistock de Londres, et qui avait établit le Research Center for Group Dynamics sur le campus du MIT. Parmi les objectifs de contrôle mental de Kurt Lewin, il y avait la réduction des coûts du travail. Dans la deuxième moitié des années 1940, Shultz collabora dans ce Centre de recherche avec John T. Dunlop, sur une étude qui montra la faisabilité de réformes visant à accélérer le rythme de travail et à compresser les salaires, non seulement par des pressions directes, mais aussi en faisant planer la menace de la dépression économique et du chômage. En 1954, Shultz fut nommé directeur de la Division des Relations Industrielles au MIT.

[23« L’ISERP émane du Bureau for Applied Social Research (BASR, Bureau de Recherche Sociale Appliquée), établi en 1944 par le sociologue Paul F. Lazarsfeld, après que le Projet Radio de Princeton ait migré à l’Université de Columbia. Le bureau fit de Columbia une institution pionnière dans les sciences sociales, faisant des contributions clés pour nombre de recherches en communications, sondages d’opinion publique, études organisationnelles, et méthodologie des sciences sociales. Suite à la mort de Lazarsfeld en 1976, l’héritage du bureau fut entretenu par le Centre des Sciences Sociales, qui plus tard fut renommé en l’honneur de Lazarsfeld. Sous les directeurs Harold Watts, Jonathan Cole, et Harrison White, le centre perpétua la tradition visant à repousser les limites de la méthodologie en sciences sociales et de la recherche interdisciplinaire, particulièrement dans les domaines de la sociologie des sciences et des analyses de réseaux. » www.iserp.columbia.edu

[24Georg Simmel. « The Number of Members as Determining the Sociological Form of the Group : II », American Journal of Sociology, 8 (1902), pages 158 à 196.

[25Idem.

Anatol Rappaport, l’un des pionniers de l’INSNA, amena la stratégie tertius d’une autre manière, suite à sa victoire dans un tournoi de théorie des jeux avec sa stratégie « TIT-FOR-TAT » : « Comment est-ce qu’on a gagné le tournoi ? En incitant toutes les autres stratégies à s’éliminer mutuellement.Je vous laisse vous battre ! », expliquait Rappaport. Il donna quelques exemples illustrant le principe. Un ancien étudiant et son collègue avaient développé un scénario nommé « truel » - un duel pour trois tireurs, tous devant tirer au même moment. Le premier est connu pour être un tireur d’élite ; il touche la cible dans 95% des cas. Le second est quasiment aussi bon ; il touche la cible à 90%. Le troisième est un piètre tireur ; il ne touche la cible que dans 50% des cas. Lequel des trois a donc le plus de chance de survivre ? Réponse : le troisième. Les deux autres se tueront l’un l’autre, laissant le plus mauvais tireur indemne. La victoire du TIT-FOR-TAT représente un résultat similaire : elle induit les autres stratégies à s’éliminer mutuellement. » (Metta Spencer, « Rappaport at Ninety », Connections magazine).

[26Cette citation a été prise sur un blog se référant à la théorie de Ron Burt à propos des vides structurés (structural holes). Burt, de l’INSNA, était le directeur du Leadership Institute of Raytheon, le géant de l’industrie militaire. http://www.ux-sa.com/2007/09/struct...

[27« Le Stanford Persuasive Technology Lab donne un aperçu sur comment les produits informatiques – depuis les sites Internet jusqu’aux logiciels de téléphonie mobile – peuvent être conçu de façon à changer ce que les gens croient et ce qu’ils font. C’est pour cette raison que nous étudions Facebook – c’est hautement persuasif. » Voir note [1].

[28Voir note [9].

[29Center for Models of Life, par le Niels Bohr Institute. http://cmol.nbi.dk/models/inforew/inforew.html.

[30Vous vous rappelez de Matrix II ? « La nouvelle philosophie des relations interhumaines, la sociométrie, nous donne une méthodologie et un guide en vue de la détermination de la structure centrale de la société, à travers l’évocation de la spontanéité des agents-sujets humains. Une fois que ces facteurs sont localisés et schématisés, ils établissent la base sur laquelle la planification des nombreuses facettes et activités de la société peut être entreprise – depuis l’éducation juvénile et adulte jusqu’aux supers gouvernements et gouvernements mondiaux. » Et, « la tâche du scientifique social est d’inventer les instruments adéquats pour l’exploration d’un domaine choisi. Pour ce qui est des relations interhumaines, ce domaine est fait des spontanéités interactives de tous les individus présents. C’est pourquoi la tâche des scientifiques sociaux est d’élaborer les instruments le rendant capable d’exciter l’individu jusqu’à un point suffisant de spontanéité, sur une échelle tendant au maximum. Mais les individus ne peuvent pas être excités – ou alors à un degré insuffisant – par des moyens non dynamiques ou automatiques. Les individus doivent être motivés de façon adéquate de telle manière que leurs réponses spontanées surviennent de pleine force. Ainsi, l’intention et la formation des méthodes d’investigation sociale et de provocation de réactions, les pensées et sensations des personnes sur lesquelles ces méthodes sont utilisées, doivent aller main dans la main. »

« Sociometric View of the Community », J.L. Moreno. Moreno est reconnu comme le pionnier du « psychodrame », et c’est lui qui développa la sociométrie.

[31Charles Kadushin, « The Next Ten Years », Connections, 1998.

[32La citation est de Roger Brown de l’Université du Michigan, qui fit une étude sur l’impact psychologique de l’assassinat de John F. Kennedy. www.insna.org/INSNA/na_inf.html.

[33Georg Simmel, idem note [23].

[34Lyndon H. LaRouche, Jr., « For Today’s Young Adults : Kepler Cusa », Executive Intelligence Review, 2 mars 2007.

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