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Combat contre la pauvreté, la Chine exemplaire

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Voici un reportage passionnant sur la bataille de la Chine pour sortir de l’extrême-pauvreté les derniers 40 millions d’habitants qui s’y trouvent encore, un combat inspirant.

China : Time of Xi est un reportage diffusé aux Etats-Unis par la chaîne Discovery Asia, sur ce qui change en Chine et ce qui anime son président Xi Jinping.

Commenté par des experts occidentaux, il donne à voir le nouveau visage d’un pays qui se modernise en faisant appel aux méthodes éprouvées d’après-guerre en France, que malheureusement nous avons abandonnées depuis. Aperçu des deux premiers épisodes.

9600 millions de kilomètres carrés ; 1,3 milliard de destins individuels à faire exister et progresser ensemble, à l’échelle d’un pays-continent. Une approche dirigée, intégrée au niveau politique, économique, culturel, sociétal et environnemental, autant que pragmatique. Une capacité à générer des plateformes toujours nouvelles pour permettre un développement durable.

Le tout pour devenir une société « modérément prospère » en 2020 et « puissante, hautement civilisée, démocratique et harmonieuse » en 2050. Tel est le « rêve chinois » que le président Xi Jinping a inscrit dans son programme d’action politique.

Conducteur de taxi à Beijing, Wang Chunsheng, qui comme beaucoup de Chinois a vu ses revenus augmenter, vient de s’acheter un violon. Son témoignage donne le pouls du pays : « Ce qui pour moi n’était avant qu’un rêve, je peux aujourd’hui le réaliser. »

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Depuis les réformes de 1978 de Deng Xiaoping, 700 millions de Chinois sont sortis de l’extrême pauvreté. La Chine a vu son PIB augmenter de manière fulgurante.

Pourtant, quand Xi Jinping arrive au pouvoir en 2013, le fossé entre grandes métropoles et zones rurales, qui comptent environ 600 millions d’habitants, est encore gigantesque. Ces dernières rassemblent encore aujourd’hui la majorité des 40 millions de personnes toujours précaires.

C’est pourquoi le président décide en 2013 de ne plus considérer comme seule mesure du progrès le PIB mais aussi, et surtout, le revenu réel par habitant. Il développe au sein du Parti un nouveau concept : la stratégie politique « centrée sur le peuple », qui suppose de conjuguer un travail basé sur des objectifs chiffrés à l’échelle du pays avec une approche empirique, cousue main.

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Vaincre la pauvreté et l’isolement rural

En cinq ans, Xi s’est déjà rendu dans 14 provinces chinoises isolées pour faire un état des lieux et manifester son engagement à « ne laisser personne au bord du chemin ».

Une éleveuse de porc témoigne : « Je ne savais pas qui était cette personne qui se présentait sur le pas de ma porte. Je l’ai invitée dans ma maison à discuter, elle m’a posé des tas de questions sur ma vie quotidienne. Ce n’est que trois jours après – lorsque mes amis m’ont offert un poste de télévision – que j’ai compris que c’était notre Président ! »

Cette empathie, Xi l’a développée très jeune. Elevé dans l’élite politique éduquée de Beijing, il est envoyé, durant la révolution culturelle, dans une province reculée pour travailler la terre. De 15 à 22 ans il vivra dans des conditions très dures, avec obligation d’oublier sa famille. C’est alors qu’il développe une compassion pour les paysans. A 20 ans, il est élu secrétaire du Parti dans le village. Son premier projet sera de mettre en place une fonderie et un poste de broyage de métaux, mais aussi et surtout de se battre pour permettre à la communauté d’accroître ses terres cultivables. Il quittera le district en 1975 et servira ensuite tour à tour cinq provinces, au sein du parti, ce qui lui permettra de découvrir les besoins de nombreuses communautés.

L’éleveuse de porc à laquelle Xi a rendu visite habite le village de Shiva Dong. Ce dernier a bénéficié d’un programme lancé en 2013, le « schéma de réduction ciblée de la pauvreté ».

La plupart de ses voisins sont fermiers également, connaissant des conditions de vie très dures ; certains se sont réfugiés dans l’alcool. Grâce au fonds associé au programme et à quelques économies personnelles, certains villageois ont pu investir dans un champ de kiwis de 64 hectares.

Un tuteur est désigné pour les aider à faire fructifier leurs premières récoltes. Chaque famille constitue un dossier avec un responsable d’une task force (ayant en charge 100 à 200 familles), recruté parmi les cadres locaux du parti notamment. Elle se voit alors organiser avec lui un plan d’investissement, afin d’accroître sa prise d’initiative et son autonomie, augmenter ses revenus et sortir de la précarité psychologique et sociale. Un apiculteur témoigne : « L’année dernière, j’ai gagné 30 000 RMB en vendant mon miel et cette année je pense que je ferai plus ». Un autre fermier raconte : « Grâce au programme, j’ai pu trouver une femme et ma vie est meilleure. »

Evidemment, la réussite de ce programme suppose une dynamique à long terme. Pour cela, il faut désenclaver les villages. Entourés de montagnes et de rapides, Shiva Dong n’était jusque-là accessible qu’aux voyageurs aventureux. Aujourd’hui, les nouvelles routes ont revitalisé le village et lui ont donné l’ambition de devenir le plus beau lieu de la région. L’activité de broderie, qui n’y permettait jusque-là que de vêtir quelques personnes, est désormais au cœur d’une coopérative qui peut vendre en quantité aux touristes de plus en plus nombreux.

Dans d’autres provinces, ce sont les grands plans gouvernementaux pour reloger les habitants des villages insalubres qui permettent d’amorcer un désenclavement des campagnes. De nouveaux lotissements se développent dans tout le pays.

Il y a aussi la connectivité numérique. Dans le village de Xiabu (2000 habitants) sur la côte Est, c’est la responsable de la boutique alimentaire qui est à la tête de la task force. Grâce à l’ordinateur et au téléphone cellulaire dont son magasin est désormais équipé (et que les citadins des métropoles utilisent pour toutes leurs transactions), elle pilote désormais la connexion des habitants au e-commerce. Ses clients peuvent maintenant commander partout et acheter presque tout ce qui leur fait défaut. Inversement, les producteurs locaux, notamment de thé, qui jusque-là ne fournissaient que leur famille et leurs voisins, peuvent vendre chaque jour aux quatre coins du pays !

En 2016, le e-commerce rural a créé 20 millions d’emplois. L’équivalent de 758 milliards de dollars a été dépensé en ligne, soit environ 26 % de plus qu’en 2015. Cette même année, 10 milliards de dollars on été dépensés pour vaincre la pauvreté : en trois ans, 60 millions de personnes, soit une toutes les deux secondes, en sont sorties. Le revenu annuel moyen par habitant est quant à lui passé de 300 dollars en 1980 à 10 000 dollars en 2017.

Innovation et écologie

La Chine a d’abord misé sur l’investissement dans les infrastructures lourdes (routes, centrales électriques, lignes ferroviaires à grande vitesse, ponts suspendus, barrages géants, etc.). Maintenant elle se bat pour passer d’atelier du monde à nation créatrice, développant sa consommation intérieure via la recherche, l’innovation technologique et les services. Pour cela, le gouvernement a dû stimuler les secteurs à haute valeur ajoutée et les capacités des entreprises. C’est pourquoi il a créé les zones franches, permettant d’abaisser les taxes dans certains secteurs et certaines zones.

Aujourd’hui, innovation technologique, amélioration des conditions de vie et écologie vont de pair. Les dégâts que les dernières décennies de course effrénée au PIB ont provoqués dans l’environnement ont poussé le gouvernement à réagir.

Dans les mégapoles, le recours aux vélos et aux voitures électriques est de plus en plus systématique, tout comme l’utilisation des plantes (« villes éponges ») pour contrôler la circulation de l’air et de l’eau. Les agriculteurs peuvent quant à eux recourir aux drones et à l’intelligence artificielle, tant pour améliorer leur rendement que pour réduire la consommation d’eau et d’intrants. Enfin, le gouvernement a lancé une politique planifiée de dépollution du fleuve Yang Tsé, aux abords duquel vit et travaille un cinquième de la population. Des responsables sont nommés par tronçon du fleuve et une collaboration avec les paysans et les industriels est mise en place pour agir sur les causes.

Société

« C’est après la chair qu’on s’attaque aux os » dit un dicton : pour relever les plus grands défis, il faut procéder par étapes – du plus facile (l’économie) au plus difficile (le social).

Ce secteur est d’autant plus sensible que la population chinoise souffre d’un important vieillissement. En 2017, le gouvernement a consenti 1,4 trillion de RMB pour le système de santé : c’est plus de 6 % du PIB national.

Aujourd’hui, 95 % de la population est couverte par une assurance médicale. Un enseignant retraité témoigne :

Avant les réformes, on n’allait pas voir le docteur. Maintenant, dès qu’on est malade on va à la clinique. Je ne paye que 100 RMB par an.

Idem pour les jeunes. Depuis 2013, 415 milliards de dollars ont été dépensés pour offrir à chaque enfant un minimum de neuf ans d’éducation gratuite. 1,3 million de nouveaux enseignants ont été recrutés et 12 000 écoles construites.

Certaines d’entre elles, situées dans des provinces reculées, enseignent en mandarin et en tibétain et offrent jusqu’à 15 ans d’éducation gratuite pour compenser l’éloignement. Des programmes, via le sport notamment, sont également mis en place pour permettre aux élèves, en particulier aux jeunes filles du monde rural, d’être sélectionnés pour les écoles des grandes villes ; la culture classique et la culture traditionnelle sont quant à elles remises au goût du jour et prises très au sérieux.
Enfin, le gouvernement a fait un effort particulier ces dernières années pour lutter contre la corruption endémique au sein du Parti.

Certes la Chine devra encore répondre à des défis colossaux. Certes, elle est, comme toute société, en proie à des paradoxes. Mais une chose est claire : son approche, imaginative et faite de remises en question, est à dix mille lieues du There Is No Alternative des systèmes occidentaux. Nous devrions, en toute humilité, en tirer certaines leçons.

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