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Droite populiste ? Reconduisons-la à la frontière !

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Le néerlandais Geert Wilders, une personnalité totalement synthétique devenue le modèle du nouveau populisme européen.

Montée des populismes, psychose anti-nucléaire, désignation de boucs émissaires. Face à la pire crise qui nous frappe depuis la Deuxième Guerre mondiale, la peur gagne les esprits. L’Europe a perdu sa boussole.

Les uns se réfugient dans un écologisme vert, mettant en doute la capacité humaine de maîtriser la nature et adoptant le parti de Zeus contre Prométhée. Les autres, auxquels nous nous référons ici, couvrent du drapeau de la laïcité et de l’Occident leur xénophobie et leur repli national-bonapartiste.

Aucun ne met au gouvernail la capacité humaine de comprendre et de transformer les lois de l’univers par un projet de développement mutuel. A nous de tracer ce nouvel horizon !


 I. Droite populiste ? Reconduisons-la à la frontière !

Par Karel Vereycken

Les gens mal informés répètent que c’était son premier dérapage. Rien de plus trompeur. Début février, Marine Le Pen, pour capitaliser l’effort investi par sa mouvance sur le terrain, dénonce « une occupation de pans du territoire, des quartiers dans lesquels la loi religieuse s’applique. (…) Certes y’a pas de blindés, y’a pas de soldats, mais c’est une occupation tout de même ». « Les Français ne se sentent plus chez eux », dira plus élégamment Claude Guéant pour tenter de récupérer la mise au profit de Sarkozy.

Celui qui exaltera la haine contre les étrangers, surtout s’ils sont faibles et peu fortunés, fera le plein de voix à l’élection présidentielle de 2012, pensent-ils. A condition de pouvoir convertir les frustrations d’un peuple français, essoré par trente ans de crise et de mépris de la part de ses dirigeants, en vote utile pour les apprentis sorciers engagés dans cette stratégie. En remplaçant l’image d’« extrême-droite » par celle d’« extrême-laïc », Marine Le Pen espère nous convaincre qu’elle est républicaine, donc acceptable.

Certes, sur le terrain, des petites mains ont fait un travail d’orfèvre. Et comme nous le documenterons ici, cette mouvance dispose d’appuis considérables à l’étranger, en particulier à Londres, aux Etats-Unis, dans certains rangs du Vatican et parmi les « têtes brûlées » d’une poignée de colons juifs habitant les territoires occupés. Rien d’étonnant donc que l’hebdomadaire américain Time choisisse la date symbolique du 21 avril pour inclure Marine Le Pen parmi les cent personnalités les plus influentes du monde, choix immédiatement approuvé par Vladimir Jirinovski, porte-parole non officiel des oligarques russes.

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Ils menacent de voter Marine Le Pen pour dénoncer le dumping social provoqué par la directive Bolkestein. Pourtant, Bolkestein fut le parrain de Geert Wilders, modèle de toute la droite populiste qui capte le vote contestataire.

Si le populisme a le vent en poupe dans la plupart des pays européens, ce n’est pas seulement parce que nos populations s’y prêtent, c’est aussi parce que de nouvelles « stratégies de com » ont été mises au point. En France, le partage des rôles s’avère très payant. En haut, Marine gagne en respectabilité, en bas, Riposte laïque et Bloc identitaire font le « sale boulot ».

Exemple type de la nouvelle stratégie, les « apéros saucisson-pinard ». Le mythe veut que ce soit après que le site de Riposte laïque (RL) eut posté des reportages vidéo sur la prière du vendredi rue Myrha, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, en juin 2010, qu’une « simple citoyenne » ait proposé spontanément, via un groupe Facebook riche de 4000 membres, d’organiser un « apéro saucisson-pinard », à l’instar des apéros géants très en vogue.

But de cette manœuvre organisée par RL en collaboration avec le Bloc identitaire (BI) : prendre le 18 juin, jour symbole de la Résistance contre le fascisme, pour agiter saucisse de porc et alcool, déconseillés par le rite musulman, pour provoquer et choquer. La ficelle n’étant que trop grosse, diverses associations de gauche annoncent qu’elles organisent, en image miroir, un apéro « hallal-thé à la menthe » devant l’église Saint-Bernard. La tension monte à tel point que la préfecture de police se résout à interdire toute manifestation dans le quartier. Avant de faire un gros plan sur leurs appuis étrangers, regardons de plus près les deux principaux protagonistes impliqués dans cette opération.

 Bloc identitaire

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Bloc identitaire est un groupuscule d’extrême-droite dirigé par Fabrice Robert et constitué en 2003 après la dissolution par l’Etat d’Unité radicale, groupuscule dont est issu Maxime Brunerie, auteur d’un attentat raté contre le président Jacques Chirac en 2002. Bien implanté en région PACA, Alsace, Aquitaine et Ile-de-France, le BI revendique 2000 adhérents et 600 membres et présentera un candidat aux élections présidentielles de 2012.

Sa ligne politique s’articule autour d’une dénonciation des injustices résultant du « règne du capital fou et de sa spéculation financière éhontée ». Pour s’y opposer, le BI défend « la vision de l’homme enracinée dans ses communautés naturelles et historiques ».

Diamétralement opposé à la « France des lumières », au gaullisme et à la pensée de Jean Jaurès, il défend le nationalisme « de la terre et des morts de Barrès », la France des régions et l’Europe comme « identité civilisationnelle ».« Attachés à la défense de nos identités, nous refusons fermement non seulement l’islamisation de notre société mais également l’immigration extra-européenne. »

Le BI souligne qu’« une Europe forte élargie à la Russie est seule capable d’apporter à un monde déboussolé et multipolaire la stabilité et la paix qui lui font défaut. Cette autonomie de l’Europe est nécessaire pour peser face aux autres sphères civilisationnelles y compris outre-Atlantique ».

En guerre contre la société de consommation, le BI prône « la gestion prudente des ressources par une transformation des modes de production et d’échange » et « le respect de la biodiversité et des écosystèmes (lien entre les espèces vivantes dans une aire géographique déterminée) (…) et, par conséquence ultime et majeure, le respect de la diversité et des écosystèmes humains (lien entre les ethnies, les peuples et leur milieu géographique et culturel) ».

 Riposte laïque

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Riposte laïque est avant tout un site internet créé en 2007 par Pierre Cassen, un jeune retraité du syndicat du Livre. Le site diffuse auprès de 30000 personnes. Si ce dernier se revendique toujours ancien trotskyste, il avoue sur le site de Marianne2 : « Il n’y a plus de temps à perdre avec les structures laïques traditionnelles, les partis, gauche en tête. C’est malheureux, mais dans tout le paysage politique il n’y a qu’une personne qui reprenne le discours sur la laïcité à son compte. Vous savez qui c’est ? Marine Le Pen ? Oui. Et si la gauche était moins conne, c’est ce discours-là qu’elle aurait sur la laïcité ».

Drôle de laïcité quand un des rédacteurs de RL choisit comme nom de plume Maxime Lépante, en référence à la grande bataille navale de l’ultra catholique Philippe II contre le Grand Turc en 1571.

Le 18 décembre 2011, bien avant la sortie de Marine Le Pen sur « l’occupation », se sont déroulées à Paris les « Assises de l’islamisation », organisées une fois de plus par RL et le BI. Avec plus de mille entrées payantes et des milliers de personnes qui suivront la journée via internet, le succès est total.

Fini les crânes rasés. Star de la journée, Oskar Freysinger, le député UDC suisse portant ces cheveux en queue de cheval et à l’origine de la votation contre les mosquées en Suisse.

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Présents également, René Stadtkewitz, exclu de la CDU allemande pour avoir invité le sulfureux Geert Wilders (voir section IV ci-dessous), et l’américain Tom Trento, du Florida Security Council (FSC), dont le discours, posté sur le site de RL, dévoile dans toute sa brutalité l’esprit de l’ensemble des interventions : « Selon toutes les normes occidentales d’analyse objective, l’islam de la charia est un fléau pour l’humanité. En tant que chrétien, je ne suis pas contre les musulmans individuels ; ils sont des êtres humains créés à l’image de Dieu. Mais quand ils adoptent la mentalité politique de la charia, ils deviennent des ennemis de l’Occident, des ennemis des USA, notre ennemi, purement et simplement.(…) Le FSC est une unité opérationnelle d’élite de guerriers idéologiques formée d’anciens officiers du renseignement militaire et des forces de l’ordre. »

Notre but, poursuit-il, c’est de « défendre la constitution des Etats-Unis, qui est la loi du pays ; défendre le droit d’Israël d’exister comme Etat (…) et vaincre et détruire la charia. (…) Au FSC, nous sommes les forces spéciales de l’activisme anti-djihad. Nous chassons et tirons. Nous traquons les musulmans anti-Américains et nous les abattons. Pas avec des fusils, mais avec des caméras vidéo, comme Maxime Lépante [de Riposte laïque] qui a changé les points de vue sur Paris avec sa caméra vidéo. Il nous faut davantage de personnes armées de caméras. Tout ce que nous faisons au FSC est légal. Nous sommes aussi un multiplicateur de forces. Nous travaillons avec de merveilleux Américains comme [les néo-conservateurs virulents partisans d’un choc civilisationnel] Brigitte Gabriel, Robert Spencer, Franck Gaffney et David Horowitz (voir section III ci-dessous), unis tous ensemble aux USA. »

Sommant l’Occident à s’unir contre le nouveau totalitarisme islamique, Trento finit son discours avec : "Ein Team, Ein Kampf". La salle exulte !


 II. Voyage au bout de la droite,
Des paniques morales à la contestation droitière

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Par Gaël Brustier et Jean Philippe Huelin
Editions : Mille et une nuits
278 pages, 18 euros

Par Christine Bierre

Voilà un livre intéressant, avec quantité d’analyses novatrices sur les causes des poussées délirantes des droites extrêmes dans les vieilles nations transatlantiques ces dernières années. Et ce livre n’est pas que de l’analyse impuissante ; il ouvre quelques pistes pour éviter ce qui pourrait être un long déclin de la gauche. Dans l’ensemble cependant, ces propositions restent beaucoup trop timides, car les deux auteurs, proches des socialistes ou des milieux d’ATTAC, n’arrivent pas eux-mêmes à s’extraire du moule qui enferme la gauche depuis les années Mitterrand et qui est à l’origine de ses défaites successives.

Parmi les concepts intéressants, il y a le fait de reconnaître que nous ne sommes pas là, juste devant une nouvelle poussée de la droite comme on en a vue à d’autres époques. Les droites populistes qui percent actuellement sont le résultat de « paniques morales », dont l’une des plus importantes est « la peur de déclassement de l’Occident, qu’il soit européen ou américain ».

D’où le corps idéologique que l’on retrouve cloné, avec quelques variantes, dans toutes ces droites populistes : « l’Occidentalisme », l’idée que l’Europe et les Etats-Unis doivent s’allier pour imposer un leadership au monde ; « l’identitarisme », la recherche d’une identité dans le sol ou le sang d’une ethnie ou d’une communauté, et non dans sa participation au vouloir vivre en commun d’une nation ; l’islamophobie » et plus largement la xénophobie, la haine ou le rejet de l’étranger.

En analysant les causes de cette décadence, ces auteurs osent braver un des principaux interdits de la « nouvelle » gauche : reconnaître le rôle important joué par l’industrie, source de richesse réelle implantée sur le territoire national. Depuis une trentaine d’années, « nous avons assisté à la naissance d’une bourgeoisie financière transnationale coupée des préoccupations qui étaient celles de la bourgeoisie nationale industrielle », soulignent les auteurs, notant qu’entre 2005 et aujourd’hui, les entreprises du CAC 40 n’ont pas créé un seul emploi en France et qu’en 2007, elles réalisaient 70 à 80 % de leurs profits à l’étranger.

A la crainte du déclin, Brustier et Huelin ajoutent un autre élément utile pour la compréhension de ces flambées, le dernier avatar des baby-boomers vieillissants. « Les enfants des soixante-huitards veulent, comme leurs parents, jouir sans entrave et demandent avec insistance que leur ordre moral soit placé sous la protection d’un appareil sécuritaire renforcé. Les libéraux-libertaires ont enfanté des hédonistes sécuritaires. »

Et on les imagine déjà mettant des couteaux entre leurs dents pour défendre ces belles demeures de retraite qu’ils se bâtissent partout en province, face aux hordes d’immigrants qui menacent et qui, de plus, pourraient vouloir interdire le sexe…

Les auteurs retracent utilement les origines de la droite populiste à la pensée néo-conservatrice de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan, dont les moteurs ont souvent été des hommes de « gauche » passés à droite. Pour la France, ils situent l’origine de cette dérive au tournant de la rigueur de Mitterrand : « la parenthèse libérale » ouverte en 1983 et jamais refermée depuis lors ». A cette époque, disent-ils, « Les socialistes français renoncent (…) au socialisme, sans oser le dire, pour suivre l’hégémonie culturelle venue d’outre-Atlantique et d’outre-Manche ».

Côté droite, ils attribuent à Edouard Balladur, mais aussi à Jacques Chirac, un rôle de premier plan dans la « liquidation de l’héritage gaulliste » et la fusion de l’ancien parti gaulliste dans une droite « occidentalisante ». Ils notent aussi le rôle clé de George Albertini, numéro deux du parti fasciste de Marcel Déat, lors de l’occupation, qui, après la guerre, s’est « fait profession de repérer les jeunes d’extrême droite pour les promouvoir en tant que cadres des partis au pouvoir ». Dans cette cuvée, quatre des principaux dirigeants de la droite actuelle : Gérard Longuet, Patrick Devedjian, Alain Madelin et Hervé Novelli.

Enfin, les auteurs rapportent médusés, voire même fascinés, comment cette nouvelle droite extrême a su appliquer les recettes de Gramsci, pour qui la prise de pouvoir est précédée par la prise de pouvoir dans les esprits, via un débat d’idées et la création d’un puissant imaginaire collectif.

Et, c’est là que nous nous permettons d’être sévères, sachant que la crise est grave et que les auteurs du livre partagent en grande partie nos craintes. Un imaginaire qui n’est fondé sur un projet deviendrait lui-aussi du « story telling ». Or, la seule proposition concrète que formulent les auteurs, est la nécessaire réindustrialisation de la France. Au-delà, on ne trouve dans les conclusions de l’ouvrage, que des incantations à la Nation, à la République, à Jaurès.

Pourtant, le projet d’avenir qui peut donner un contenu à ces mots est inscrit dans la débâcle actuelle : il faut reprendre le contrôle de l’émission monétaire à la finance folle en revenant, comme le défendait Jean Jaurès, à une Banque de France sous contrôle public, émettant du crédit productif ; rétablir la séparation de banques d’affaires et banques de dépôt abrogée en 1983 par Jacques Delors et procéder à la mise en faillite des avoirs spéculatifs et à la protection des banques utiles au travail et à la production.

Quant aux grands projets de demain, ils nous sont dictés par les besoins des générations futures. A l’époque de Colbert, c’étaient les longitudes pour les voyages océaniques et les moteurs pour libérer les hommes du travail pénible ; aujourd’hui, c’est la poursuite de la grande aventure spatiale et la maîtrise totale de la physique nucléaire pour garantir aux générations futures une énergie abondante, sûre et bon marché. Ces deux grandes querelles, à la frontière du connu, nous fourniront les retombées technologiques nécessaires pour assurer la production agricole et industrielle de l’espèce humaine sur la planète.

Tout cela exige du courage. Pour être crédible, les socialistes devraient commencer, comme les auteurs le suggèrent à demi-mots, par remettre en cause le mitterrandisme et ses compromissions.


 III. Qui finance le nouveau choc des civilisations ?

par Karel Vereycken

En juillet 2010, Geert Wilders (voir ci-dessous section IV) annonce qu’il lance l’International Freedom Alliance (IFA), qui doit ouvrir des antennes dans cinq pays : Etats-Unis, Allemagne, Angleterre, Canada et France. Cette organisation bénéficie du soutien de l’American Freedom Alliance (AFA), fondée à Beverly Hills par le consultant d’origine australienne Avi Davis et par David Horowitz. Très actif dans l’industrie du net israélien, Davis se vante d’avoir « conceptualisé et coordonné » trois grandes conférences internationales,dont deux consacrées à l’Europe : L’effondrement de l’Europe ?, en Californie en juin 2007, et Crise d’identité, la civilisation européenne peut-elle survivre ?, à l’Université européenne de Rome en mars 2008.

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Rome, février 2008. Conférence de fondation de la nouvelle internationale néo-conservatrice et islamophobe sous l’étiquette European Freedom Alliance. De gauche à droite : Avi Davis, de l’American Freedom Alliance, le père Paolo Scarafoni, des Légionnaires du Christ, Marcella Pera, ancien président du sénat italien, et le président de la Fondation Lépante (Washington), Roberto de Mattei, pour qui le tsunami japonais était une « punition divine ».

C’est là que naîtra l’European Freedom Alliance (EFA). Mais pourquoi tant d’intérêt pour l’Europe ? David Horowitz la compare au « canari du mineur » ; lorsqu’il voit son canari mourir, le mineur sait qu’un coup de grisou risque de le tuer rapidement. Avec les Etats-Unis, c’est pareil. Si l’Europe ne réagit plus face au « fascisme » islamique, l’Amérique meurt.

Après un mot d’accueil du père Paolo Scarafoni, des Légionnaires du Christ, dont le fondateur est un pédophile notoire [1], et une introduction d’Avi Davis, c’est Roberto de Mattei, président de la Fondation Lépante, qui prend la parole.

Très inquiétante, la présence de l’auteur britannique Douglas Murray, un adepte de Léo Strauss et une des plumes ayant participé en 2007 à l’écriture de la nouvelle doctrine de l’OTAN exprimée par le rapport Towards a Grand Strategy for an Uncertain World : Renewing Transatlantic Partnership, endossé par cinq chefs d’état-major, dont l’amiral Jacques Lanxade. D’après les auteurs du rapport, l’OTAN doit se doter d’armes atomiques en vue d’une frappe préventive contre des Etats voyous disposant d’armes de destruction de masse.

Pour compléter le tableau : Robert Spencer, de Jihad Watch, et surtout la baronne britannique Caroline Cox, connue pour sa capacité de mettre l’Afrique à feu et à sang pour « défendre » les chrétiens. Du côté danois, l’inévitable Flemming Rose, rédacteur en chef des pages culture du journal danois Jyllandsposten, qui publia en septembre 2005 les fameuses « caricatures de Mahomet » montrant le prophète coiffé d’un turban en forme de bombe. Rose agissait en mercenaire pour le néo-conservateur américain Daniel Pipes, du Middle East Forum, également présent à Rome. Son organisation prend en charge tous les frais légaux encourus par le provocateur néerlandais Geert Wilders. C’est l’ami de Pipes, l’ancien soixante-huitard David Horowitz, qui a introduit Wilders auprès des trois grands milliardaires américains et des fondations (Olin, Bradley, Sarah Scaife) qui financent l’extrême droite américaine et les colons israéliens. Ce sont les mêmes intérêts qui calomnient Lyndon LaRouche.

En tout cas, comme on le voit, entre Rome, Beverly Hills, Londres, New York et les territoires occupés, les nouveaux apôtres de la laïcité française disposent de drôles de mécènes.


 IV. Geert Wilders, un monstre, et pas seulement de Bolkestein

par Karel Vereycken

Pour son abondante chevelure blonde et ondulante, ces détracteurs l’appellent « Capitaine peroxyde ». Si l’on connaît les discours enflammés du populiste néerlandais Geert Wilders, peu d’enquêtes ont mis en lumière la création de cette personnalité totalement synthétique devenue le modèle du nouveau populisme européen.

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Séduit par la novlangue d’Orwell, Wilders dira : « Je ne hais pas les musulmans, je hais l’Islam. » Sophiste, il prétend défendre la liberté religieuse. Petit détail, pour Wilders, l’Islam n’a rien d’une religion mais n’est qu’une idéologie totalitaire. En 2007, il déclara au Volkskrant que le Coran est « un livre fasciste » à interdire au même titre que le Mein Kampf d’Hitler.

Dans un discours au parlement néerlandais, il affirme : « L’Islam est un cheval de Troie en Europe. Si nous n’arrêtons pas l’islamisation maintenant, l’Eurabie et la Bessarabie ne seront qu’une question de temps. Il y a un siècle, il y avait environ cinquante musulmans dans ce pays. Aujourd’hui, il y en a un million. Où cela va-t-il finir ? Nous sommes face à la fin de la civilisation européenne et néerlandaise telle que nous la connaissons ». Pour la « sauver », Wilders prône l’arrêt de toute immigration et le retour forcé des émigrés dans leur pays d’origine.

Elevé dans le catholicisme, il s’affirme agnostique mais garde un goût pour les croisades. Jeune, il passa d’abord deux ans comme travailleur volontaire dans une colonie juive. Sa solution pour le conflit israélo-palestinien est aussi simple que l’idée des colons extrémistes : rebaptiser la Jordanie en Palestine. Et surtout « sauver » Jérusalem, car si elle tombe dans les mains des musulmans, « Athènes et Rome suivront ». « Jérusalem est le front principal protégeant l’Occident. Ce n’est pas un conflit territorial mais une bataille idéologique, entre la mentalité de l’Occident libéré et celle de la barbarie islamique ».

 Un monstre de Bolkestein

Après un premier job dans l’assurance maladie, Wilders est élu en 1997 conseiller municipal pour le Parti libéral néerlandais (VVD), à l’époque dirigé par le futur commissaire européen Fritz Bolkestein, auteur de la « directive Bolkestein » organisant le dumping social et la dérégulation.

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Celui qui inventa Geert Wilders : Fritz Bolkestein

Membre du Royal Institute for International Affairs, Bolkestein travaille de 1960 à 1976 pour la multinationale Royal Dutch Shell. Wilders sera sa plume et gardera un respect et une admiration immense pour les idées et le style provocateur de Bolkestein qu’il amplifie de son mieux. Bolkestein est un vrai libéral du type Milton Friedman. Comme ce dernier, il plaide pour la légalisation de toutes les drogues et promeut le droit au suicide. Bolkestein estime que les juifs ont intérêt à quitter l’Europe au plus vite pour un endroit plus sûr : Israël. Son nom apparaît aussi comme conseiller de Bank Menatep, la banque de l’oligarque russe Mikhael Khodorkovsky.

En 2000, pour populariser la mode néo-conservatrice, un think-tank est créé au Pays-Bas, la Fondation Edmund Burke (FEB), du nom de l’idéologue réactionnaire britannique auteur des Réflexions sur la Révolution française. Trois personnes en sont à l’origine : le journaliste politique Bart Jan Spruyt, qui s’inspire de l’American Enterprise Institute (AEI) américain et l’Intercollegiate Studies Institute (ISI) de William Buckley ; le professeur de philosophie Andreas Kinneging, de Leyde, et deux de ses élèves, la féministe d’origine somalienne Ayaan Hirsi Ali (travaillant actuellement pour l’AEI) et Joshua Livestro, un autre collaborateur de Bolkestein qui, après un passage en Angleterre, vient de rejoindre l’équipe de Sarah Palin aux Etats-Unis.

L’objectif de la fondation est de « créer une aristocratie au sein de la démocratie », une nouvelle élite initiée aux sources de l’antiquité gréco-romaine et de l’éthique judéo-chrétienne dont ils pervertissent l’esprit. Mais de la propagande, on passe à l’action. Bart Jan Spruyt, le directeur de la FEB, dont l’objectif se résume à promouvoir le libre échange et au détricotage de l’Etat providence, sera un des piliers de Wilders quand ce dernier créera son propre Parti pour la liberté (PVV). D’après le site SourceWatch, la FEB aurait été financée par le géant de l’industrie pharmaceutique Pfizer. Rien qu’en 2001, la FEB a reçu 431000 dollars de cette société, très intéressée à stimuler le débat sur les systèmes de santé privatisé, qui lui rapportent beaucoup plus que son obole à la FEB.

Pour Bolkestein et sa FEB, le système financier se porte très bien. Si l’Occident échoue, ce n’est pas à cause de sa propre corruption, mais de l’agression d’une civilisation « inférieure », celle de l’Islam qui gagne du terrain grâce au relativisme culturel absolu. Cependant, au lieu de résoudre ce problème en créant un cadre où puissent redémarrer la croissance et le dynamisme, c’est un virulent rejet du multiculturalisme qui définit l’ensemble des poussées populistes en Europe. En Allemagne, l’ancien responsable de la Bundesbank, Thilo Sarrazin, ne dit rien d’autre dans son livre L’Allemagne s’abolit elle-même, devenu un best seller en quelques jours. Ailleurs, Bolkestein affirme que « dans aucune autre religion, la transition vers la violence et le terrorisme n’est aussi fluide ».

Ainsi, Wilders, caniche de Bolkestein et de cette pépinière de néo-conservateurs à la sauce hollandaise, fut propulsé sur la scène après l’assassinat de Pim Fortuyn et du cinéaste Theo van Gogh. Bien couvert par des médias plus avides de sensationnalisme que d’information de bon niveau, Wilders ne cesse de gagner en notoriété.

Aux élections législatives de 2010, son parti recueille 15% des voix. Son programme ? Fin de l’impôt progressif sur le revenu, remplacé par la flat tax de Mme Thatcher, encore plus de libre échange, investissements dans les routes et les infrastructures et même développement du nucléaire de IVe génération [sur laquelle la recherche néerlandaise est très en pointe] pour réduire la dépendance du pays envers les pays arabes !

Le programme dit aussi : « Pas un centime pour renflouer la Grèce », mais somme l’Islande de payer au plus vite les Néerlandais ! Opposé à l’abattage d’animaux selon les rites musulman et juif, Wilders veut inscrire le droit des animaux dans la constitution et créer une « police animale ». En mai 2008, il proposa la scission de la Belgique et l’annexion aux Pays-Bas de sa partie la plus riche, la Flandre.

En 2008, Wilders fait produire un court-métrage sous le nom Fitna (discorde). En réalité, le film ne fait que reprendre des passages du film Obsession : Radical Islam’s War against the West, un film de propagande produit par le rabbin Raphael Shore, fondateur du Clarion Fund de New York, très en phase avec les colons juifs. Le Clarion Fund a produit le film Iranium, visant à promouvoir l’idée d’une attaque préventive contre l’Iran.

En décembre de la même année, Wilders présente son film lors de la conférence Facing Jihad,organisée à Jérusalem par des ultra orthodoxes et le néo-conservateur Daniel Pipes, du Middle East Forum. L’Etat jordanien a entamé un procès contre Wilders, où son film est accusé d’inciter à la haine.

Depuis le printemps 2009, Wilders parcourt le monde pour montrer son film dans ce qu’il a baptisé son Facing Jihad World Tour. A Rome, un visionnage fut organisé par l’association A way for Orian et l’International Free Press Society danoise.

Aux Etats-Unis, c’est le sénateur conservateur de l’Arizona, Jon Kyl, qui invita Wilders au Congrès. Il s’est aussi exprimé devant le National Press Club et la Republican Jewish Coalition.

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Entre deux stratèges de l’Empire britannique, la baronne Caroline Cox (à gauche) et Lord Pearson, Geert Wilders cite Winston Churchill pour dénoncer l’Islam.

A Londres, ce furent Lord Pearson et la baronne Caroline Cox qui invitèrent Wilders. Parlant devant le sénat en 2010, Wilders cita Winston Churchill quand il écrivait : « Le mohammadinisme est une foi militante et prosélyte. Aucune force aussi puissamment rétrograde n’existe dans le monde. (…) La civilisation de l’Europe moderne pourrait tomber, comme la civilisation de la Rome ancienne. »

A coups de dollars et de tapage médiatique, la marque Wilders est désormais une « franchise » prise par toute la droite populiste. En juillet 2010, Wilders annonce lancer l’International Freedom Alliance. En France, ses relais passent par le nouveau couple rouge-brun de Riposte laïque et du Bloc identitaire.


[1Le Pape Benoit XVI a décidé, en 2010, de mettre sous tutelle la congrégation et une commission du Vatican a été créée pour gérer sa fortune, estimée à 25 milliards d’euros.

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