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Guerre mondiale, il est minuit moins cinq

La City et Wall-Street fomentent la guerre pour éviter la refonte des institutions financières. Il nous faut changer la donne afin d’empêcher que la situation dégénère en catastrophe nucléaire.

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terrorisme / 11 septembre, les 28 pages qui démasquent...

La déclassification des fameuses 28 pages, un chapitre entier du rapport de la commission d’enquête bipartisane sur le 11 septembre, met en lumière l’implication de l’Arabie saoudite dans les attentats du 11 septembre 2001.

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Etude stratégique : Pourquoi l’Empire anglo-saoudien nous conduit à une guerre mondiale

 1. Introduction :
ce que Fabius ne veut pas comprendre

Pourquoi les Occidentaux mènent-ils une nouvelle croisade contre le Proche et Moyen-Orient, mobilisant une horde de barbares faite de djihadistes et autres Al-Qaïda, pour non seulement remplacer des régimes qualifiés d’anti-démocratiques, mais détruire, au passage, ces civilisations souvent millénaires ?

Que l’Empire britannique et les Etats-Unis qui, depuis l’assassinat des frères Kennedy ont adopté les mêmes mœurs impériales, le fassent, n’a rien de surprenant. Une telle œuvre de destruction est au cœur de leur volonté d’affirmer leur puissance sur un monde des nations et des peuples vassalisés, au cœur de leur volonté de faire tourner la montre en sens inverse, rejetant le paradigme de progrès scientifique, économique et social pour tous qui s’est affirmé depuis la Renaissance et s’est fortement accéléré au cours du XXe siècle.

Que Nicolas Sarkozy ait voulu faire rentrer la France dans l’OTAN et exceller dans les aventures de l’Empire comme il l’a montré en Libye, n’est pas étonnant, vu son idéologie néoconservatrice et son attachement au « clan occidental ».

Mais que fait la France de François Hollande dans cette galère ? Par quelle évolution monstrueuse notre pays, patrie des droits de l’homme, terre où Jean Jaurès s’est érigé contre la colonisation du Maroc et où Pierre Mendès-France et le général de Gaulle ont courageusement organisé la décolonisation de l’Indochine, de l’Algérie et de la Tunisie, est-il retombé dans ces travers ? Par quel mauvais tour de l’histoire nous retrouvons-nous, nous qui avons si souvent été à la pointe du progrès scientifique, économique et artistique, dans le même camp que ces nouveaux barbares qui en quelques mois ont détruit une bonne partie des grandes villes syriennes ?

Regardons en face les résultats des guerres menées par l’Empire britannique et ses alliés américains dans cette région, depuis la première guerre d’Irak en 1991 jusqu’à aujourd’hui. L’Irak, naguère le pays le plus avancé de cette région, est aujourd’hui dévasté économiquement et en proie aux troubles religieux !

Qu’en est-il de la Libye, que nous venons tout juste de « sauver » ? Le pays est au bord de l’implosion. En mars de cette année, la riche région pétrolière de Cyrénaïque, dont la capitale est Benghazi, a déclaré unilatéralement sa semi-autonomie, prélude à une partition, et le territoire du Fezzan, richissime lui-aussi en hydrocarbures, pourrait suivre la même voie. Les combats entre milices, dont on dénombre une centaine rien qu’à Tripoli, font rage dans ce pays livré à tous les trafics. « Chaque milice a son quartier et une véritable économie de la violence s’est mise en place  », déclarait l’ancien diplomate français Patrick Haimzadeh au quotidien algérien en ligne La Tribune en novembre. « Il y a de l’alcool, des armes, des trafics, des luttes d’influence. » Selon Amnesty International, 30 000 habitants de Tawargha ont été chassés de chez eux par des milices de Misratah et de Zintan, qui les accusent d’avoir commis des crimes contre eux durant la guerre. Les miliciens de Zintan auraient de leur côté obligé des milliers des membres de la tribu des Mashashyas à quitter aussi leur village. Au milieu de ce chaos, une seule chose continuer à fonctionner : l’extraction pétrolière par les compagnies étrangères, qui a retrouvé son niveau d’avant-guerre !

Dans la guerre contre la Syrie, c’est Laurent Fabius qui a promu l’idée de donner une assistance logistique aux zones « libérées » par les rebelles syriens. Or, dans ces zones, les rebelles instaurent le régime de la Sharia dans un pays qui jadis pratiquait la tolérance religieuse. Notre ministre des Affaires étrangères a même organisé en octobre à Paris une rencontre entre cinq dirigeants de ces zones « libres » (d’Idlib, Alep, Deir Ezzor) et une vingtaine de responsables occidentaux, afin d’organiser ces aides. Le Canard Enchaîné rapporta alors que l’ancien ambassadeur de France en Syrie s’était rendu à plusieurs reprises près de la frontière turque pour apporter des liasses de billets aux rebelles !

Or, selon un rapport du Réseau Voltaire, à Alep où trois quartiers ont été « libérés », un « Comité pour ordonner le Bien et prohiber les actes impies » aurait été créé, qui vient, par exemple, d’interdire aux femmes de conduire une voiture sous prétexte qu’elles peuvent être agressées lors d’accidents de la route. « Toute personne contrevenant sera punie jusqu’à ce qu’elle renonce, au besoin par l’usage de la force », annonce le décret.

 Sortons de l’idéologie impériale

Arrêtons cette politique qui non seulement nous déshonore, mais qui, de plus, se retournera contre nous, sous forme d’attentats, tout comme elle a déjà frappé par deux fois la république américaine : lors des attentats du 11 septembre 2001 contre les tours jumelles du World Trade Center et lors de l’assassinat de l’ambassadeur américain Christopher Stevens et de ses trois collègues au consulat de Benghazi, le 11 septembre 2012.

Le 6 octobre, lors d’une vaste opération anti-terroriste en France, dans le contexte de l’enquête sur l’attentat contre l’épicerie juive de Sarcelles, la police française a démantelé un réseau d’une douzaine de salafistes qui préparaient des attentats en France. Dans une déclaration à la Dépêche du midi, l’ancien chef de la DST (Direction de la surveillance du territoire) Yves Bonnet a mis en cause l’argent de la drogue mais aussi celui de l’Arabie saoudite et du Qatar dans le financement de ces réseaux.

Pire encore, dans le contexte de crise existentielle que traverse la zone transatlantique, l’Empire britannique et ses alliés, craignant de perdre leur pouvoir face aux nouveaux pays émergents – Russie, Chine, Inde et d’autres – brandissent la menace d’une nouvelle guerre mondiale au Proche et au Moyen-Orient pour obliger ces pays à se soumettre à leur dessein d’étendre leur Empire supranational à l’ensemble du monde.

Ce dossier que nous publions dans ces pages vise à vous mobiliser contre cette descente au Moyen-âge des gouvernements de la zone transatlantique. Au cœur de cette stratégie impériale qui peut nous conduire à la IIIe Guerre mondiale, il y a ce que nous appellerons désormais l’empire anglo-saoudien, cette alliance contre-nature nouée au XVIIIe siècle par le Royaume-Uni et la faction la plus arriérée de cette région, la famille Saoud d’Arabie saoudite. Nous vous montrerons la genèse de ce pouvoir, le renouvellement de cette alliance en 1985 par l’accord dit Al Yamamah, signé entre le prince Bandar d’Arabie saoudite et la compagnie BAE britannique, la façon dont elle finance le terrorisme wahhabite et les complicités des administrations Bush et Obama, mais aussi françaises, avec ces puissances.

Christine Bierre

 2. Du 11 septembre 2001 au 11 septembre 2012
Al-Qaïda, une opération anglo-saoudienne pour manipuler et détruire les Etats-Unis

Voici des extraits du dernier rapport de l’Executive Intelligence Review (EIR), « La guerre d’Obama contre l’Amérique : le 11 septembre bis ».

La campagne présidentielle du néoconservateur Mitt Romney a été l’épouvantail permettant à Barack Obama de faire oublier qu’il n’a rien renié des politiques adoptées par George Bush suite aux attentats du 11 septembre 2001. Obama les poussa plus avant, notamment dans la guerre qu’il a menée, sans l’autorisation du Congrès, contre la Libye, dans celle qu’il mène aujourd’hui contre la Syrie, par Turquie, Arabie saoudite et Qatar interposés. Parlons aussi de l’augmentation massive des assassinats par drones, politique conduite sous sa responsabilité contre des personnes accusées sans preuve de se livrer à des actes terroristes dans le monde.

Ce dossier s’intéresse notamment à l’élimination de l’Ambassadeur américain en Libye à Benghazi et de ses trois collaborateurs, le 11 septembre 2012, par des équipes d’Al-Qaïda, dans un remake du 11 septembre 2001, et au rôle qu’a pu jouer Obama dans le refus d’accorder davantage de protection à l’Ambassadeur et dans sa tentative d’étouffer le fait qu’il s’agissait bel et bien d’un acte criminel prémédité et non du dérapage d’une manifestation anti-américaine.

Cet attentat illustre le fait que les forces et les méthodes qui sont à l’œuvre aujourd’hui sont les mêmes que lors du 11 septembre 2001. Bien que la plupart des analystes aient voulu réduire ces attentats à un acte de vengeance perpétré par Al-Qaïda contre les Etats-Unis, une étude approfondie des deux attentats montre que leurs commanditaires sont un groupe de Saoudiens alliés à l’oligarchie britannique et que le véritable objectif de ces attentats est de pousser les Etats-Unis à adopter une stratégie de guerre, visant à éliminer l’ordre westphalien d’Etats-nations souverains pour imposer un Empire mondial supranational.

Le fait qu’Obama, comme Bush avant lui, ait refusé de rendre public le rôle joué par l’ambassadeur saoudien aux Etats-Unis de l’époque, le prince Bandar bin Sultan, un proche de Bush, dans le financement des attentats du 11 septembre (rôle dénoncé dans un chapitre du rapport de la Commission conjointe du Congrès ayant enquêté sur ces attentats), fait d’Obama, comme de Bush avant lui, le complice de ceux qui les ont commandités.

L’assassinat de l’ambassadeur américain en Libye, J. Christopher Stevens, et de ses collaborateurs a fait l’effet d’une bombe aux Etats-Unis. Cependant, seul l’économiste américain Lyndon LaRouche a saisi l’essence de la situation en la qualifiant de « 11 septembre bis ». Que LaRouche ait compris la nature de cette opération n’a rien de surprenant. Depuis les années 1970, il a identifié « l’Empire britannique », un conglomérat d’intérêts financiers de la City de Londres et de Wall Street, comme étant l’ennemi stratégique des Etats-Unis et des populations mondiales.

Avant LaRouche, Franklin Roosevelt dénonça sans relâche les tentatives de l’ancienne puissance coloniale pour obliger les Etats-Unis à adopter l’agenda de pillage financier et les visées malthusiennes de l’Empire britannique, et à fournir, comme disait Keynes, de l’argent américain (American money) pour financer ses stratégies (British brains).

En janvier 2001, LaRouche avait déjà montré sa connaissance de cet ennemi héréditaire. George Bush venait à peine d’accéder au pouvoir que LaRouche se livrait à l’une de ses meilleures prévisions. Alors qu’un membre du Black Caucus lui demandait comment réagir à la nomination par Bush du raciste John Ashcroft, au poste d’Attorney General, LaRouche avait averti qu’étant donné le danger de banqueroute du système financier, Bush chercherait à provoquer un « incendie du Reichstag » lui permettant d’imposer des mesures d’exception sous prétexte d’une grave crise.

Neuf mois plus tard, « l’incendie du Reichstag » avait lieu : c’était les attentats du 11 septembre avec leurs trois mille victimes et la tentative de l’administration Bush-Cheney d’utiliser les circonstances pour imposer leur dictature. Ce jour-là, LaRouche était l’invité de l’émission radio de Jack Stockwell, et là, en direct, bien que laissant aux enquêteurs le soin de découvrir les auteurs de ces attentats, il évoqua la probabilité d’une complicité de forces opérant de l’intérieur de l’establishment américain avec les terroristes. (Voir encadré)

A l’époque, la résistance du Congrès, et des institutions de la présidence américaine au sens large, permit de limiter la portée des politiques imposées par Bush dans ce contexte. Lyndon LaRouche a pris sa pleine responsabilité dans ce mouvement. Aujourd’hui, il faut écarter totalement de la Maison Blanche cette faction qui, sous le visage plus apaisant d’Obama, fait passer les mêmes politiques que son prédécesseur. Il en va aujourd’hui de la paix mondiale. Il faut que l’Amérique retrouve son intention fondatrice, celui d’un vraie République et d’un phare de la liberté promouvant le progrès scientifique et la justice sociale à l’échelle internationale.

 Le 11 septembre 2001, un incendie du Reichstag ?

Janvier 2001 : Réponse de LaRouche à une question du Black Caucus sur la nomination par George Bush de John Ashcroft en tant qu’Attorney General.

Nous entrons dans une période où [l’on doit décider] : soit on fait le genre de choses que j’ai présenté succinctement ici, soit ce que nous aurons ne sera pas vraiment un gouvernement. Ce sera quelque chose qui ressemblera au régime nazi – peut-être pas au début, du moins en apparence. Vous aurez un gouvernement qui ne parvient pas à faire passer des lois importantes. Et comment fait un tel gouvernement, en temps de crise, pour gouverner ? Dans tous les cas connus de l’histoire, il gouverne par ce qu’on appelle aujourd’hui la méthode de gestion de crises. En d’autres termes, par des incidents comme l’incendie du Reichstag en Allemagne.

 LaRouche à la radio le 11 septembre 2001

Le 11 septembre 2001, LaRouche a pris connaissance des attentats alors qu’il accordait une interview en direct à Jack Stockwell. Alors que ce dernier faisait remarquer le professionnalisme de l’opération, LaRouche répondit :

« La question est : où étaient les agences de renseignement chargées de surveiller de tels problèmes ? (…) Ceci veut dire qu’il y a eu une incompétence ou une complicité au niveau de la sécurité, parce que ce genre de choses ne peut pas se produire sans un véritable cafouillage au niveau de la sécurité. Quelqu’un en charge de la sécurité n’y était pas vraiment. »

Le 12 septembre 2001, dans une interview avec la radio WGIR-AM du New Hampshire, LaRouche a souligné que le terrorisme est avant tout « une opération intérieure, secrète, une opération spéciale, menée par des gens ayant un entraînement de haut niveau dans les opérations militaires spéciales. »

 

 3. L’attaque contre le consulat de Benghazi : que faisait Obama ?

Malgré les nombreux dénis de l’administration Obama, prétendant que l’assassinat de l’ambassadeur américain en Libye, Christopher Stevens, et trois de ses compatriotes à Benghazi, le 11 septembre 2012, était le résultat d’une manifestation anti-américaine qui avait dégénéré, il existe maintenant de nombreuses preuves montrant qu’il a été, au contraire, le résultat d’un plan prémédité et exécuté de manière professionnelle par des membres d’organisations affiliées à Al-Qaïda.

72 heures avant l’attaque, des responsables américains à Benghazi et ailleurs connaissaient les risques qui existaient dans cette zone. Le 27 août 2012, le Bureau des affaires consulaires du Département d’Etat a prévenu les citoyens américains de s’abstenir de voyager en Libye, sauf pour des raisons essentielles. « La violence politique sous forme d’assassinats et d’attentats à la voiture piégée a augmenté, tant à Benghazi qu’à Tripoli », affirmait la circulaire publiée par le Bureau.

Le New York Times du 1er octobre rapportait que trois jours avant l’attaque sur le consulat, un responsable américain à Benghazi avait rencontré Jamal Marbouk, un membre de la Brigade du 17 février alliée aux Américains lors de la guerre en Libye et faisant partie des forces de sécurité locales à Benghazi, ainsi que le commandant d’un bataillon, qui lui avaient dit que la « situation était effrayante » et qu’elle « leur faisait peur ».

Dans le journal intime de l’ambassadeur Stevens, trouvé par des journalistes de CNN sur le site du consulat, celui-ci faisait état de son inquiétude concernant « les menaces de sécurité sans fin » auxquelles il était confronté à Benghazi, en particulier la « croissance de l’extrémisme islamique » et la « présence grandissante d’al-Qaïda en Libye ».

Des communications interceptées le jour même de l’attaque, entre des dirigeants d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et des membres du groupe local Ansar al-Sharia à Benghazi ont fourni des preuves supplémentaires que l’attaque avait été ordonnée par Al-Qaïda.

Le lendemain de l’attaque, Al-Qaïda dans la Péninsule arabique (AQAP) a revendiqué l’attentat, le décrivant comme un acte de représailles à l’assassinat par drone au Pakistan, le 4 juin dernier, de Abu Yahya al-Libi, un dirigeant d’Al-Qaïda d’origine libyenne et ancien bras droit de ben Laden. Et la veille de l’attaque, le 10 septembre, Ayman al-Zawahiri, l’émir d’Al-Qaïda en Egypte, avait publié son message annuel à l’occasion de la veille du 11 septembre 2001, appelant à des attaques contre les Américains, en particulier en Libye, exactement pour la même raison.

 Aucune mesure de sécurité n’avait été prise

De plus, il est établi que l’administration Obama n’avait pas pris les mesures nécessaires pour assurer la sécurité du consulat, alors qu’une forte hausse des actes de violence contre les Occidentaux avait été constatée sur place. Le Comité international de la Croix rouge avait été amené à suspendre ses opérations le 12 juin après une attaque contre son établissement à Misratah. A la même époque, les Britanniques avaient fermé leur ambassade suite à des attaques contre le convoi de leur ambassadeur en avril et juin.

Il est incompréhensible dans ce contexte qu’aucune unité de Marines n’ait été déployée et que la sécurité ait été confiée à deux groupes : la Brigade du 17 février, partie intégrante des forces de sécurité libyennes, et une société privée britannique, Blue Mountain Group, qui se vante du soutien que lui apportent les services spéciaux britanniques (Special Air Services et Special Operations Force). Notons que cette société ne figure pas dans la liste des compagnies de sécurité agréées par le Département d’ Etat et qu’au départ, le State Departement a rechigné à admettre son existence. Serait-ce en raison du fait que son travail l’amène à travailler en tandem avec des groupes de mercenaires à la réputation sulfureuse opérant en Afrique tels que Executive Outcomes et Control Risks ?

 Obama a-t-il bloqué les secours au Consulat ?

Il apparaît de plus en plus clair que le jour de l’attentat, Obama aurait même empêché l’envoi de renforts sur place pour protéger l’ambassadeur Stevens et le personnel du consulat.

Dans une interview le 27 octobre sur Fox News, deux lieutenants-colonels de l’armée américaine, Tony Schafer et David Hunt, ont déclaré que des extraits vidéo provenant de deux drones survolant les environs du consulat américain « ont été transmis en temps réel à quinze endroits différents, incluant la salle de réunion de crise de la Maison-Blanche. Plusieurs personnes ont été informées en temps réel de la situation » et auront évidemment fait remonter l’information vers le sommet. Et d’ajouter : « Je déteste devoir le dire, mais, selon mes sources, oui, il [le Président] était l’un de ceux présents dans la salle, regardant les événements en temps réel. La question devient donc ’’qu’est-ce que le Président a donc fait ou pas alors qu’il voyait la situation se dérouler sous ses yeux ?’’ Il était le seul à pouvoir donner l’ordre au secrétaire à la Défense Panetta de faire quelque chose. »

Le site internet breitbart.com a par la suite divulgué, sur la base de rapports confidentiels ayant fait l’objet de fuites dans les médias, qu’un avion de combat, probablement un AC-130, survolait la région et que le personnel de sécurité du consulat a appelé à l’aide à plusieurs reprises, sans que l’avion n’ait jamais répondu. Une escouade de Marines a finalement dû violer l’ordre de ne pas intervenir, en tentant de sauver les victimes.

Pourquoi Obama a-t-il tenté de cacher le fait qu’il s’agissait bel et bien d’une attaque planifiée ? Les hypothèses vont bon train. Pour certains, il souhaitait défendre le mythe selon lequel il avait déjà détruit Al-Qaïda en assassinant son chef. D’autres ont avancé des raisons beaucoup plus graves, notamment qu’il aurait voulu étouffer le fait que les déploiements de hordes d’Al-Qaïda vers la Syrie passaient par le consulat de Benghazi.

 

 4. Obama doit lever le secret sur le rôle du prince Bandar dans le 11 septembre 2001

Lyndon LaRouche a exigé au cours de l’été 2011 que le président Obama honore une des promesses de sa campagne électorale de 2008 et lève enfin le secret sur un chapitre de 28 pages du « Rapport d’enquête conjoint du Congrès sur les attaques du 11 septembre 2001 », qui décrit le rôle joué par l’ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, le prince Bandar bin Sultan (un proche de la famille Bush), et d’autres membres de la famille royale saoudienne, dans le financement et le soutien aux pirates de l’air du 11 septembre. Quinze d’entre eux ont été identifiés comme étant de nationalité saoudienne.

Sur ordre de la présidence Bush, cette section de 28 pages a été supprimée de la version finale publiée par la Commission spéciale sur le 11 septembre, puis placée sous le sceau du secret.

En février 2009, peu de temps après sa prise de fonction, Barack Obama s’était à nouveau engagé auprès des familles des victimes des attentats, à divulguer ces 28 pages. Pourtant, non seulement il n’a pas levé le secret sur le chapitre en question, mais le 29 mai 2009, cinq jours avant sa visite en Arabie saoudite, son administration a introduit une requête auprès de la Cour suprême de justice, lui demandant de confirmer la décision rendue en 2008 par une Cour d’appel du second circuit, statuant que les familles des victimes des attentats ne pouvaient pas poursuivre des fonctionnaires saoudiens ni des membres de la famille royale saoudienne car ils bénéficient d’un statut d’immunité reconnu par une loi fédérale américaine de 1976.

Les familles des victimes à l’origine des poursuites contre le régime saoudien ont diffusé une déclaration dévastatrice fustigeant le président Obama : « En ordonnant à la Cour de ne pas revenir sur les arrêts des cours inférieures, l’administration Obama a pris position en faveur des princes saoudiens, contre des milliers de survivants des attentats du 11 septembre qui cherchent à établir les responsabilités et obtenir justice. » Elles sont revenues à la charge le 3 juin, jour de l’arrivée d’Obama en Arabie saoudite, déclarant : « La procédure entamée par l’Administration se moque de notre système judiciaire et porte un coup sévère au droit des citoyens de connaître les faits concernant qui a financé et soutenu le meurtre de trois mille innocents. » Le 29 juin, la Cour suprême a fait valoir l’arrêt de la Cour d’appel.

 Le contenu des « 28 pages » classées secret

Bien qu’estampillés « top secret », certains éléments du fameux chapitre du rapport conjoint du Congrès ont filtré dans le public, notamment le fait que deux agents du renseignement saoudien, Osama Basnan et Omar Al-Bayoumi, ont apporté une aide financière et logistique à au moins deux des dix-neuf preneurs d’otages. Al-Bayoumi était un agent connu de la Direction générale du Renseignement saoudien (GID), déployé à San Diego pour espionner les étudiants saoudiens qui pourraient être liés à Al-Qaïda.

A leur arrivée à l’aéroport international de Los Angeles pour le réveillon de l’année 2000, deux des terroristes, Nawaf Al-Hamzi et Khalid Al-Mihdhar, furent accueillis par Al-Bayoumi, qui leur offrit une forte somme d’argent en liquide, un appartement et des cartes d’affiliation à la sécurité sociale, ainsi que d’autres formes d’assistance financière. Al-Bayoumi les aida également à s’inscrire dans une école de pilotage d’avion en Floride.

Basnan, l’autre officier du renseignement saoudien travaillant avec Al-Bayoumi pour assister les deux futurs preneurs d’otages lors de leur arrivée sur le territoire américain, avait déjà été arrêté aux Etats-Unis pour trafic de cocaïne, mais les charges contre lui avaient été abandonnées suite à une intervention directe d’un responsable de l’ambassade saoudienne à Washington.

Les enquêteurs de l’EIR, entre autres, ont pu confirmer que l’argent fourni à Basnan et Al-Bayoumi leur parvenait directement de l’ambassadeur saoudien de l’époque à Washington, le prince Bandar bin Sultan, en transitant via un compte à la Riggs National Bank de Washington D.C.

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Contrats d’armement, financement occulte d’activités terroristes, trafic d’influence. L’ancien ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, le Prince Bandar, actuellement à la tête des services secrets saoudiens, est au centre de l’alliance anglo-saoudienne. Caricature de Steve Bell. Dans le bain d’argent : Thatcher, Reagan, Blair
Crédit : alwafd.org

Certains financements en faveur d’au moins deux des terroristes provenaient de la femme du prince Bandar, la princesse Haifa, elle-même sœur de l’ancien chef du renseignement saoudien Al-Faisal. Entre avril 1998 et mai 2002, le prince Bandar et la princesse Haifa ont versé entre 51000 et 73000 dollars en chèques personnels et chèques de banque à Basnan et Al-Bayoumi. Ce dernier quitta les Etats-Unis peu avant les attaques du 11 septembre pour réapparaître brièvement à Londres.

Dans les jours suivant le 11 septembre, lors d’une descente à l’appartement d’Al-Bayoumi à Birmingham, en Angleterre, des agents de Scotland Yard ont découvert, dans une cache secrète, des documents portant des noms et des numéros de téléphone de responsables de l’ambassade saoudienne à Washington.

 Au-delà des 28 pages

Selon des éléments supplémentaires révélés par Anthony Summers et le journaliste Dan Christensen dans le Miami Herald du 7 septembre 2011, une riche famille saoudienne qui avait été en contact avec Mohamed Atta et d’autres terroristes du 11 septembre, a soudainement quitté sa luxueuse villa près de Sarasota en Floride pour fuir le pays deux semaines avant l’attentat. Propriété du financier saoudien Esam Ghazzawi et occupée par sa fille Anoud et son mari Abdulazzi al-Hiijii, cette villa était en relation avec les terroristes puisque de nombreux appels téléphoniques ont été échangés avec Mohamed Atta, et les vidéos de sécurité de la résidence montrent également les allés et venus de véhicules appartenant à Atta et à un autre pirate de l’air, Ziad Jarrah.

Atta, Jarrah et Marwan al-Shehhi habitaient tous dans un périmètre de 15 km autour de la villa des Ghazzawi et prenaient des cours de pilotage à proximité, dans la ville de Venice. Les analyses des enregistrements téléphoniques montrent des contacts avec onze autres terroristes présumés, y compris Walid al-Shehhi, qui était avec Atta sur le premier vol qui a percuté le World Trade Center.

L’ancien sénateur démocrate Bob Graham, qui a co-présidé l’enquête conjointe du Congrès sur le 11 septembre, a affirmé au Miami Herald qu’on aurait dû lui parler de ces découvertes, affirmant que « cela ouvre la porte à une nouvelle série d’enquêtes sur l’amplitude du rôle saoudien dans les attentats du 11 septembre ».

Un autre article récent, intitulé « Preuve de la complicité britannique et pakistanaise dans le 11 septembre » signé Behrouz Saba, qui se réfère également à Mohamed Atta en Floride, est paru dans Nation of Change et d’autres sites. Saba écrit qu’un des événements clés qui se déroula sous le nez des officiels de Washington D.C. a été ignoré. En octobre 2001, ABC News, Fox et CNN faisaient toutes état d’un transfert de fonds de 100 000 dollars début août 2001, en provenance de Dubaï et au bénéfice de deux comptes en banques ouverts en Floride, détenus par Atta. Le 6 octobre, CNN identifiait l’homme qui avait envoyé l’argent comme étant le Cheikh Ahmed Omar Saeed.

L’ancien président du Pakistan Pervez Musharraf avait quant à lui identifié le Cheikh comme agent du MI6. Dans ses mémoires, Musharraf écrit : « Le Cheikh Omar est un britannique né à Londres le 23 décembre 1973 de parents pakistanais (…) Il est allé à la London School of Economics mais a quitté l’école avant d’obtenir son diplôme. Il semble (…) qu’il ait été recruté par le service de renseignement britannique MI-6. » Saba affirme que l’administration Bush savait que le Cheikh avait été envoyé par le MI-6 au Pakistan pour « coopérer » avec ses homologues de l’ISI dans l’enquête sur le 11 septembre.

Bien que la commission du Congrès ait accumulé un très volumineux dossier sur les activités des kamikazes aux Etats-Unis et l’ait communiqué à la Commission spéciale sur le 11 septembre, « ils s’en sont très peu servis, a confié Graham au Miami Herald, et leur référence à l’Arabie saoudite est presque énigmatique parfois… Je n’ai jamais su pourquoi ils n’avaient pas creusé cette piste. »

Le 8 septembre 2004, le sénateur Graham avait déjà souligné l’importance de la connexion saoudienne dans un entretien à la revue Salon portant sur son ouvrage, Questions de renseignement : la Cia, le FBI, l’Arabie saoudite et l’échec de la guerre contre le terrorisme des Etats-Unis. Sur les sections de son rapport supprimées par le président Bush, Graham avait déclaré qu’« en gros, cela comprenait les détails sur les raisons pour lesquelles nous [les membres de la commission d’enquête] soupçonnions que le gouvernement saoudien et divers représentants des intérêts saoudiens avaient soutenu les preneurs d’otages et auraient pu les avoir tous soutenus. »

Si cette partie du rapport de la Commission conjointe d’enquête avait été rendue publique, c’est l’ensemble de la filière terroriste anglo-saoudienne qui aurait anéantie.
« Dix ans après les attaques du 11 septembre, a souligné Lyndon LaRouche en septembre 2011, le président Obama continue à étouffer cette affaire, suivant la politique décidée par le président George W. Bush au moment des faits. Nous savons que le président Bush était motivé par la volonté de dissimuler les crimes des proches amis de son père au sein de la famille royale britannique. Je soupçonne le président Obama d’agir directement sous les ordres de Londres, puisque le décorticage du rôle du prince Bandar et d’autres membres de la famille royale dans les attentats du 11 septembre conduirait inévitablement à mettre en lumière la “caisse noire” des accords Al-Yamamah, impliquée dans le financement des opérations clandestines et de guerre irrégulière à l’échelle globale depuis le milieu des années 1980. »

 Le sénateur Bob Graham revient à la charge

Le 11 septembre 2012, le sénateur Graham a publié un éditorial dans le Huffington Post, qui commence ainsi : « Le temps qui s’est écoulé depuis le 11 septembre 2001 n’a pas diminué la méfiance que beaucoup d’entre nous ressentent à l’égard de la version officielle concernant l’organisation des attentats, et surtout, la question de qui les a financés et soutenus. Onze ans plus tard, le temps est venu pour les familles des victimes, les survivants et tous les Américains de savoir ce qu’il y a vraiment derrière le 11 septembre.

« Ce n’est pas seulement une question de livres d’histoire. Il s’agit aujourd’hui d’une question de sécurité nationale. Si un réseau de soutien était disponible pour les terroristes avant le 11 septembre, pourquoi devrions-nous penser qu’il a été démantelé ? »

 

 5. Les accords Al-Yamamah
au cœur de l’Empire anglo-saoudien

Documentation extraite de différents articles de Jeffrey Steinberg (EIR)

Bien que différents organes de presse britannique, le Guardian en tête, aient superficiellement fait état en 2007 des affaires de corruption et de commissions occultes dans l’affaire des accords Al-Yamamah (le Pigeon, en arabe), conclus entre la Grande-Bretagne et l’Arabie saoudite sur l’échange de pétrole contre des armes, à part les associés de Lyndon LaRouche, ils sont peu nombreux à avoir mis en évidence le véritable objectif de ce contrat : la création d’une énorme « caisse noire » destinée au financement d’opérations sales et clandestines.

L’auteur britannique William Simpson, ancien camarade de promotion du prince Bandar à l’Académie royale britannique, a publié en 2006 une biographie semi-officielle de Bandar intitulée The Prince – The Secret Story of the World’s Most Intriguing Royal. Il écrit :

« Bien que Al-Yamamah représente une façon pour le moins non conventionnelle de faire du business, ses retombées très lucratives sont les sous-produits d’un objectif entièrement politique : un objectif politique saoudien et un objectif politique britannique. Al-Yamamah est, d’abord et avant tout, un contrat politique. Négocié en pleine Guerre froide, la nature des accords a permis aux Saoudiens d’acheter des armes partout dans le monde pour lutter contre le communisme. (…) On retrouve également la trace de cet argent dans des achats d’armes en Egypte et d’autres pays, livrées ensuite aux Moudjahidines en Afghanistan pour combattre les forces de l’occupant soviétique. »

Simpson a cependant oublié d’aborder les attaques du 11 septembre. Oussama ben Laden faisait partie du projet anglo-saoudien des Moudjahidines afghans, financé via Al-Yamamah, et des témoignages oculaires, répertoriés dans les archives de la CIA, montrent qu’aussi tardivement qu’en 1998, Al-Qaïda recevait des millions de dollars en liquide de différents canaux de la famille royale saoudienne.

Au moment même où les Bandar fournissaient des fonds à Basnan et Al-Bayoumi pour établir sur la côte Ouest américaine l’équipe du 11 septembre, l’ambassadeur saoudien recevait une somme estimée à 2 milliards de dollars, comme « cachet » en provenance de l’accord de troc Al-Yamamah qu’il avait mis en place entre le gouvernement britannique et le ministère de la Défense saoudien.

 Une caisse noire au service du terrorisme

Le 6 juin 2007, la British Broadcasting Corporation (BBC) révélait au grand public une énorme affaire de corruption et de financement occulte : le producteur d’armes britannique BAE Systems (British Aerospace Electronic Systems) avait versé plus de 2 milliards de dollars de pots de vin au prince Bandar bin-Sultan, qui fut l’ambassadeur saoudien à Washington pendant vingt-deux ans.

Ces accusations furent présentées de manière plus détaillée le 11 juin au cours d’un documentaire de Panorama TV, sous le titre « Des princes, des avions et des dessous de table », retraçant en détail les résultats d’une longue enquête menée par Le Guardian, la BBC et l’agence gouvernementale anglaise Serious Fraud Office (SFO) dans les contrats de ventes d’armes Al-Yamamah signés en 1985 entre BAE Systems et le royaume saoudien.

Mais en décembre 2006, le ministre de la Justice britannique Lord Goldsmith avait déjà étouffé l’enquête du SFO, déclarant que toute investigation supplémentaire porterait « atteinte à la sécurité nationale britannique ». Le Premier ministre d’alors, Tony Blair, avait soutenu son ministre avant de finaliser le quatrième volet de ces mêmes contrats et de prendre sa retraite, un mois plus tard.

 Le contenu des accords

En 1985, le prince Bandar s’est rendu à Londres pour une rencontre avec le Premier ministre Margaret Thatcher, afin d’acheter des avions de chasse Tornado pour la Royal Air Force saoudienne.

Le voyage de Bandar à Londres était préparé depuis des mois, et Thatcher avait toutes les raisons de croire que celui-ci était l’interlocuteur idéal pour négocier le contrat du siècle. A l’âge de 16 ans, le prince avait été envoyé en Angleterre pour étudier au Royal Air Force College de Cranwell, l’école d’élite pour la formation des pilotes de la RAF. Certains rapports font alors état de son recrutement par le MI6. Bandar avait, selon son ami de l’époque William Simpson, un « accès incroyable au 10 Downing Street ».

Au-delà de toute une série de paiements en argent pour des honoraires « de conseil » ou des commissions occultes de toute sorte, dont les deux milliards de dollars virés sur les comptes du prince Bandar à Washington, l’Arabie saoudite s’est engagée à envoyer chaque jour en Angleterre un tanker pétrolier, soit approximativement 600 000 barils de pétrole, aussi longtemps que dure le contrat Al-Yamamah.

Selon des sources proches du dossier, une grande partie a été vendue sur le marché international spot, à la valeur du marché mondial, par l’intermédiaire de British Petroleum et Royal Dutch Shell.

Selon les données disponibles dans le domaine public, le montant de l’équipement et des services fournis par BAE Systems à l’Arabie saoudite, sur une période de vingt-deux ans, se situe aux environs de 80 milliards de dollars. Et cette somme est surfacturée d’au moins quarante pour cent selon un document du ministère de la défense de 2006.

 Le monde vu du côté saoudien

Pour sa part, il est clair que la famille royale saoudienne n’a pas fait une mauvaise affaire avec Al-Yamamah. Quand le contrat fut signé en 1985, selon des personnes bien informées, l’Arabie saoudite bénéficia d’une dérogation de l’OPEP, car l’accord de troc prévu par Al-Yamamah n’entrait pas dans les quotas de production. En d’autres termes, pour effectuer les achats d’armes, l’Arabie saoudite a obtenu le feu vert de l’OPEP pour produire 600 000 barils par jour au-dessus du plafond autorisé.

Selon l’Agence d’information de l’énergie du ministère américain de l’Energie, pendant toute la durée du programme Al-Yamamah, le coût moyen réel d’un baril de brut saoudien se chiffre en dessous de 5 dollars. Cela équivaut à 1,1 milliards de dollars par an, c’est-à-dire 24,6 milliards de dollars entre 1985 et 2007.

Encore récemment, début novembre 2012, le Premier ministre britannique David Cameron faisait le tour du golfe Persique et profitait de son passage en Arabie saoudite pour négocier le renouvellement de ces accords avec le prince Bandar, devenu entre temps le nouveau dirigeant des services secrets saoudiens. Cameron a plaidé pour que les Saoudiens achètent des chasseurs construits par BAE plutôt que le modèle français proposé au même moment par François Hollande, également de passage dans le Royaume. Voyons si Bandar pourra à nouveau peser en faveur des Britanniques.

 

 6. Wahhabisme :
Trois siècles d’alliance entre la Grande-Bretagne et la maison des Saoud

L’une des sectes les plus rigides et réactionnaires de tout l’islam aujourd’hui est le wahhabisme. C’est la secte sunnite officielle et dominante en Arabie saoudite et au Qatar, qui ont le Coran pour seule constitution.

Le wahhabisme est né au milieu du XVIIIe siècle dans la région de Nadj, au centre de la péninsule Arabique. Son nom provient de son fondateur Mohammad Ibn Abdul-Wahhab (1703-1792) qui prônait, comme la plupart des autres cheikhs fondamentalistes opposés à l’occupation ottomane, la fusion entre la religion et l’Etat par le rétablissement d’un califat islamique semblable à celui qui avait prévalu au début de l’islam. Le wahhabisme diffère cependant des autres sectes sunnites fondamentalistes, par son obsession historique à vouloir purger les soufis, chiites et autres musulmans ne se conformant pas à son interprétation du Coran.

Le wahhabisme et la maison régnante des Saoud sont intimement liés depuis leur fondation et ont acquis leur puissance dans la péninsule en s’appuyant l’un sur l’autre. Le wahhabisme confère à la famille royale sa légitimité, et cette dernière promeut et protège le premier, selon les termes d’un accord de 1744 entre les deux parties.

Plusieurs actes terroristes et crimes des guerriers saoudi-wahhabites ont provoqué l’indignation et la colère des autres musulmans au cours de l’histoire. En 1801, des guerriers saoudi-wahhabites se rendirent en ce qui est aujourd’hui l’Irak pour détruire la ville sainte chiite de Karbala, tuant plus de 4000 habitants. En 1818, le calife ottoman Mahmoud II, protecteur des mosquées les plus saintes de l’islam, avait envoyé des forces égyptiennes dans la péninsule arabique pour punir le clan saoudi-wahhabite. Leur capitale fut rasée, l’imam wahhabite Abdullah al-Saoud et deux de ses disciples furent décapités à Istanbul et les chefs du clan envoyés au Caire en captivité.

Ce sont les Britanniques qui ravivèrent la secte à leur arrivée. Après avoir colonisé le Bahreïn en 1820, ils s’allièrent aux survivants de la Maison des Saoud pour étendre leur influence dans la région.

L’imam wahhabite Faisal Ibn Turki al-Saoud s’échappa du Caire en 1843, où il était détenu, et retourna à Riyad. Les Britanniques envoyèrent sur place le colonel Lewis Pelly pour signer un traité officiel d’amitié en 1866 avec la Maison des Saoud. En échange d’une aide pécuniaire et de la fourniture d’armes, la Maison des Saoud acceptait de coopérer avec les autorités coloniales britanniques dans la région.

Après la Première Guerre mondiale et la dissolution de l’Empire ottoman, les Britanniques allaient trahir Hussein Ibn Ali, chérif de La Mecque, roi du Hedjaz et allié de Laurence d’Arabie contre les Ottomans, au bénéfice d’Abdelaziz Ibn Saoud, qui expulse la dynastie hachémite en 1925, gardienne des lieux saints de La Mecque et de Médine depuis 700 ans. Abdelaziz Ibn Saoud devenait ainsi, en 1932, le premier roi d’Arabie saoudite.

 

 7. Le Qatar :
Une force de frappe financière au service de l’Empire britannique

 I - Paradoxe entre sa taille minuscule et son influence dans le monde

Le Qatar est un émirat d’une superficie de 11 437 km² situé dans le golfe Persique. Sa population est d’environ 1 750 000 habitants. Le pays a obtenu son indépendance le 3 septembre 1971, juste avant la fin du protectorat britannique de 1916.

L’émir du Qatar est le Cheik Hamad ben Khalifa Al Thani, diplômé en 1971 de l’académie militaire de Sandhurst, au Royaume-Uni. Il arriva au pouvoir en renversant son père en 1995.

Le pétrole et plus encore le gaz naturel ont permis au Qatar de mettre sur pied le plus grand fonds souverain de la planète, QIA (Qatar Investment Authority), dont les avoirs approchent aujourd’hui les 700 milliards de dollars.

Un autre instrument clé des Qataris, en termes de propagande politique cette fois-ci, est Al Jazeera, la chaîne de télévision d’information continue la plus influente du monde musulman, créée en 1996 comme une copie conforme de CNN, mais dominée par les Frères musulmans. Le Qatar est le seul pays wahhabite en-dehors de l’Arabie saoudite. Il n’y existe aucun parti politique et encore moins de démocratie.

D’après le site de l’Hebdo.ch, la force de frappe financière du Qatar est répartie de la manière suivante :

Banques et finance : participation de $2,7 milliards de Banco Santander Brazil. Barclays, 7,1 % du capital. 20 % du capital du London Stock Exchange, 90 % du capital de Dexia BIL au Luxembourg, 5 % d’Alpha Bank en Grèce, Agricultural Bank of China, participation de $2,8 milliards, 6,7 % du capital de Crédit Suisse.

Sport et divertissement : Paris PSG, Paris Handball, Malaga Football Club en Espagne, Village olympique de Londres, 2 % du capital de Vivendi en France, reprise de Miramax Films aux Etats-Unis pour $660 millions.

Casinos : Société fermière du Casino municipal de Cannes, qui exploite deux hôtels de luxe, le Majestic Barrière et le Gray d’Albion, et deux casinos, les casinos Barrière Croisette et Les Princes. Société des Bains de mer de Monaco, propriétaire du Casino de Monte Carlo.

Hôtels : Multitude de complexes hôteliers de luxe à Paris, Cannes, Milan, Lausanne, Tunisie, Yémen, Monténégro et Maroc.

Immobilier : Quartier général d’HSBC France, sur les Champs Elysée. QG de Crédit Suisse, Londres (One Cabot Square). Nombreux complexes immobiliers résidentiels et d’affaire de luxe (dont Canary Wharf) au centre de Londres, Washington et Paris.

Terres agricoles : $90 millions de terres en Argentine, en Thaïlande, principal producteur de riz du monde, en Indonésie, en Ukraine pour $750 millions.

Transports : Général Motors, Etats-Unis, Volkswagen et Porsche en allemagne. Deux ports pour bateaux de luxe en Espagne. Pourquoi l’Espagne ?

Sociétés minières en Suisse, Grèce, Indonésie et Russie.

Diverses sociétés pétrolières un peu partout dans le monde et énergies renouvelables au Brésil.

Armement et médias : Groupe Lagardère en France, premier actionnaire du groupe avec 12,83% du capital, détenu par Qatar Holding, branche d’investissement de QIA.

L’image générale qui s’en dégage est une copie conforme de l’idéologie promue par l’Empire britannique : Banques, finance et casinos pour le blanchiment des fonds de la drogue, activités connexes comme les sports professionnels, le divertissement, l’hôtellerie et l’immobilier de luxe. Contrôle des ressources minières et des terres agricoles, gestion de l’acquis dans les transports (automobile comme client captif du pétrole). Pas de recherche scientifique, aucun investissement pouvant transformer l’avenir, soit dans les secteurs de pointe, soit dans des activités visant à améliorer le niveau de vie général des populations.

 II - Le Qatar et la France

Depuis la présidence de Nicolas Sarkozy, la France occupe une place de choix dans la stratégie d’influence du Qatar, politique qui continue sous les socialistes. Trois semaines après son élection en 2007, le premier chef d’Etat arabe reçu à l’Elysée était l’émir Hamad bin Khalifa al-Thani, qui allait, peu après, assister au défilé du 14 juillet sur les Champs Elysée aux côtés du nouveau Président. Selon Le Parisien du 29 juillet 2009 : « La relation qui unit le président français et le monarque qatari, "c’est d’abord une histoire d’amitié", explique un proche. Leurs liens sont tellement étroits que rien ne passe par l’ambassadeur de France. »

Selon un article publié sur le site Slate.fr :

« On peut citer parmi les habitués des séjours à Doha : Bertrand Delanoë, Philippe Douste-Blazy, Ségolène Royal, Jean-Louis Debré, Gérard Larcher, Hubert Védrine, Frédéric Mitterrand, Hervé Morin, Jean-Pierre Chevènement, Dominique Baudis, Jack Lang (…) Parmi les anciens membres du gouvernement sous la présidence Sarkozy, Claude Guéant en tant qu’envoyé spécial de Nicolas Sarkozy, Rachida Dati dont la sœur travaille pour le procureur général du Qatar et Fadela Amara ont multiplié les voyages dans l’Emirat. (…) Le Qatar est le principal client du cabinet d’avocat de Dominique de Villepin. Le contrat stipulerait que les déplacements de l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac à Doha se font dans les avions de l’émir. »

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La France « n’a pas d’alliés, elle n’a que des intérêts » ?
L’homme que tout président français doit recevoir après son élection ?
En haut, Sarkozy recevant l’Emir du Qatar à l’Elysée le 23 juin 2009.
En bas, François Hollande dans le même exercice, le 22 aout 2012.
Crédit : benillouche.blogspot.com, AFP

Autre exemple de l’attrait mutuel (et malsain) entre les deux pays, le vote à l’Assemblée et au Sénat en 2008 d’un statut fiscal qui exonère d’impôt sur les plus-values tous les investissements immobiliers réalisés dans l’Hexagone par « l’Etat du Qatar ou ses entités publiques », y compris la famille de l’émir. Le Qatar est le seul pays à bénéficier, avec le Koweït, d’une dérogation au modèle imposé par l’OCDE en matière de taxation des avoirs étrangers, exonérant les résidents français qataris des impôts au titre de l’ISF, pendant cinq ans, sur leurs avoirs situés hors de France !

Sur le plan financier, notons que Jean-François Lepetit, un des directeurs non-exécutifs de BNP-Paribas et proche de Michel Pébereau, est également membre du Comité de surveillance de l’Autorité financière du Qatar.

Dans le domaine militaire, la France assure la formation des marins de sa flotte de guerre et de ses policiers et lui fournit une grande partie de son matériel militaire, notamment des mirages 2000. Selon le sénateur Adrien Gouteyron, « 80 % des équipements de l’armée qatarie sont d’origine française ».

Les socialistes aussi vont à la soupe. Cette politique n’a pas été remise en question avec l’arrivée de François Hollande à l’Elysée, qui y a reçu dès le 22 août 2012 l’émir du Qatar.

L’ambassadeur du Qatar en France, Mohamed Jaham Al-Kuwari, a pour sa part annoncé le 6 novembre dernier que son pays entend investir 10 milliards d’euros dans de grandes entreprises françaises, afin de « diversifier » ses revenus. Un autre fonds d’une centaine de millions d’euros ou plus est en train d’être négocié pour des investissements conjoints dans les banlieues françaises, financé pour moitié par le Qatar, l’autre par la Caisse des dépôts (CDC) et éventuellement des partenaires privés.

 III – Blanchiment des fonds de la drogue et terrorisme

Le Qatar avait été mis dans la liste grise de pays ne luttant pas assez contre le blanchiment de fonds de l’argent de la drogue, obligeant le pays à durcir ses régulations.

Mais, selon des sources Wikileaks datant de 2009, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton décrivait le Qatar dans un courriel confidentiel comme « le pire pays de la région » en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme.

En mars et en juin 2012, le Canard Enchaîné a révélé l’existence de rapports de la DRM (Direction du renseignement militaire) concernant le rôle du Qatar dans le financement d’activités terroristes islamiques au Sahel et plus particulièrement au Mali.

Dans son article du 6 juin 2012, le Canard Enchaîné rapporte entre autres : « Au début de cette année, plusieurs notes de la DGSE ont alerté l’Elysée sur les activités internationales, si l’on ose dire, de l’émirat du Qatar. Et, sans vraiment insister, diplomatie oblige, sur le patron de cet Etat minuscule, le cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani, que Sarko a toujours traité en ami et en allié. Les officiers de la DRM affirment, eux, que la générosité du Qatar est sans pareille et qu’il ne s’est pas contenté d’aider financièrement, parfois en leur livrant des armes, les révolutionnaires de Tunisie, d’Egypte ou de Libye. (…) Selon les renseignements recueillis par la DRM, les insurgés touareg du MNLA (indépendantistes et laïcs), les mouvements Ançar Dine, Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) et le Mujao (djihad en Afrique de l’Ouest) ont reçu une aide en dollars du Qatar ».

Le journal écrit aussi que « divers groupes [islamistes] sont désormais présents dans plusieurs agglomérations aux frontières du Niger, du Burkina Faso et de l’Algérie ». La montée en puissance de l’extrémisme islamique au Mali a justement provoqué la colère de l’Algérie, qui y voit une tentative de déstabilisation à son égard, et de la volonté du Qatar de mettre la main sur les ressources pétrolières du pays. Pour le compte des Américains, des Britanniques ou des Français ? La même situation vaut pour l’uranium du Niger, pour lequel nous n’avons pas fait preuve de la plus grande équité en termes commerciaux.

  • 2525€
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  • 20002000€
 

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Vos commentaires

  • Le 6 décembre 2012 à 01:06
    par petite souris

    Le pouvoir financier du Qatar en France est hallucinant surtout en ce qui concerne le groupe Lagardère : armement (EADS) et presse (Europe 1, Elle ParisMatch ...)
    ...................http://www.lagardere.com/groupe-110.html
    ............
    Nozélites osent encore parler de l’indépendance de la France !!!!!!!
    Ils ne peuvent que de la com !
    Ils ont tous trahi
    ................
    Faut savoir qui est l’occupant financier

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