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Eugénisme privé ou comment l’homme devient l’assistant de la sélection naturelle

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Le pouvoir politique devra se rendre compte du fardeau énorme qu’occasionnent les dégénérés à la nation. Les sommes dépensées pour la législation, la justice, la police dépassent 48 000 000 livres par an. Et ce n’est pas la charge totale. Le vaurien ne paie pas son loyer, [...]. Si la communauté avait moins à payer pour les dégénérés de tous genres, les hommes sains auraient moins à payer [...]. Chaque augmentation des impôts est un pas vers la dégénération de la race.

Leonard Darwin [1], 1922.
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 Introduction

Dans le monde occidental, on a pu constater une remarquable progression de l’espérance de vie. En effet, ce dernier siècle en France, l’espérance de vie des femmes est passée de 48 ans à 83 ans et celle des hommes de 45 ans à 75 ans. On doit principalement cette progression à la médecine hygiéniste ou préventive du XIXe siècle, héritée de la médecine hippocratique et de la révolution du milieu hospitalier au XVIIIe siècle. La médecine hygiéniste a joué un rôle essentiel pour éviter la propagation des épidémies en agissant sur le milieu naturel de l’homme. En 1795, les premières chaires d’hygiène enseignaient les gestes préventifs face aux maladies. Toutefois, pour que la prévention soit efficace, il a fallu agir sur l’environnement humain, car seul un environnement humain rendu salubre (hygiénique) est apte à empêcher l’émergence des maladies. La propreté des villes, l’assèchement des marais (véritables bouillons de culture à cause des insectes qui y prolifèrent) ou la modification du milieu naturel pour garantir la nourriture ou l’eau potable en quantité nécessaire à l’homme, sont quelques-uns des moyens sanitaires indispensables à l’épanouissement de l’espèce humaine. L’éradication des vecteurs des maladies par l’assainissement du milieu écologique associé à la vaccination pastorienne du plus grand nombre d’individus a donc permis de faire reculer de façon spectaculaire la mortalité.

De plus, au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, la réforme apportée par la Sécurité sociale de Pierre Laroque, succédant aux lois du 15 juillet 1893 sur l’Assistance médicale et gratuite, a modifié la société française dans son entièreté. Les plus pauvres ont pu ainsi avoir accès à l’hôpital et aux soins. Il faut comprendre que le choix du terme « sécurité sociale » n’est pas anodin : avant la naissance de l’Assistance publique à la fin du XIXe siècle, les soins apportés aux malades indigents étaient pourvus par des personnes charitables. Le riche faisait l’aumône au pauvre. L’idée fut de passer de la charité pour quelques-uns à l’assistance médicale pour tous. Jusqu’au début du XXe siècle, l’assistance médicale restera une règle pour un Etat-nation souverain. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, en 1941, les pays réunis au Congrès international de Philadelphie proposèrent un projet mondial de Sécurité sociale. En effet, un programme de santé publique pour tous est le garant de la sécurité des Etats désirant leur indépendance industrielle et économique. Seuls des individus en bonne santé sont aptes à utiliser pleinement leurs capacités. De cette manière, chaque être humain aura l’entière disponibilité de son potentiel créatif pour effectuer les découvertes nécessaires au bon fonctionnement de la nation. Pour la première fois, ces droits universels sont appliqués en matière de santé publique comme un droit essentiel d’une république.

Le 14 juillet 1943, à Alger, le général de Gaulle déclare : « Oui, après la chute du système d’autrefois et devant tant d’indignité de celui qui s’écroule, après tant de souffrances, de colère, de dégoût, éprouvés par un nombre immense d’hommes et de femmes de chez nous, la Nation saura vouloir que tous, je dis tous ses enfants puissent vivre et travailler dans la dignité et la sécurité sociale. Sans briser les leviers d’activité que constituent l’initiative et le légitime bénéfice, la Nation saura vouloir que les richesses naturelles, le travail et la technique qui sont les trois éléments de la prospérité de tous, ne soient pas exploités au profit de quelques-uns. »

Cependant, à cette approche de lutte contre les maladies par la recherche scientifique et l’amélioration des conditions de vie, s’est opposée une démarche radicalement différente. Par exemple, la tuberculose provoquait des ravages dans la population jusqu’au début du XXe siècle. Or Francis Galton (zoologue et mathématicien anglais, 1822-1911) et d’autres eugénistes niaient la possibilité de guérir ce mal et préféraient croire aux caractères héréditaires néfastes d’une part de l’humanité. Le prétexte a suffi pour appliquer une stérilisation forcée de tous les membres de la famille de la personne atteinte. Dans le même esprit, la « soûlographie » et la pauvreté furent des prétextes pour un triage de la population. C’est volontairement ignorer le précédent des découvertes de Louis Pasteur et de ses élèves sur la bactériologie et la vaccination. Suite à la découverte du vaccin BCG (bacille non pathogène obtenu par Calmette et Guérin), la prémonition de la tuberculose est appliquée maintenant dans de nombreux pays. Grâce à la volonté de chercheurs luttant pour l’amélioration des conditions de vie humaines et l’appui des gouvernements, la vaccination a supprimé le caractère endémique de la tuberculose.

 Eugénisme négatif et eugénisme positif

Malgré les succès de la médecine préventive, les sociétés eugénistes se sont développées à travers le monde au début du XXe siècle [2], avec une influence grandissante au moment de la Grande Dépression. Leur idéologie – un racisme sociétal où la maladie est le prétexte de la différence, le sous-homme est l’homme handicapé au physique comme au mental – est ainsi devenue politique d’Etat sous l’Allemagne nazie. Bien avant la Deuxième Guerre mondiale, l’Allemagne nazie mit en place l’hygiène raciale et la sélection du plus apte par l’eugénisme négatif et l’élimination des « tarés » (les vieillards séniles, les alcooliques, les impotents, les grabataires, les asociaux, etc.).

On voit sur une de leurs affiches, le principal argument avancé par le Parti nazi pour éliminer les déficients mentaux : « 60 000 Reich Marks, voilà ce que coûte au peuple ce malade pendant toute sa vie. Peuple, c’est aussi ton argent. »

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L’appel à une législation eugéniste ne peut être plus explicite et a facilité la tâche de médecins et de biologistes en quête de pureté raciale et sociale. « C’est une chance rare, et toute particulière, pour une recherche en soi théorique, que d’intervenir à une époque où l’idéologie la plus répandue l’accueille avec reconnaissance, et mieux, où ses résultats pratiques sont immédiatement acceptés et utilisés comme fondement de mesures prises par l’Etat. » dira le professeur Fischer, médecin nazi en 1943.

La société contemporaine ne peut plus accepter sans frémir les images fortes des camps de concentration et des crimes nazis. Aussi, si l’eugénisme négatif semble aujourd’hui inadmissible, certains généticiens proposent la pratique d’un eugénisme positif au nom de l’éradication des maladies et des tares. Ils exploitent ainsi le désir légitime des futurs parents d’avoir un enfant en bonne santé, en affirmant que la seule solution réside dans la médecine prédictive. Précisons tout de suite qu’une médecine prédictive n’est ni préventive, ni curative dans le sens où les médecins traditionnels et les pastoriens l’entendent. Dans le secteur de l’embryologie comme dans certains autres secteurs de la thérapie génique, il ne s’agit donc pas de guérir mais d’empêcher la naissance d’un malade qui serait un coût pour la société (dans un contexte d’austérité financière tel que nous le connaissons, cet argument « économique » n’est pas secondaire). Faute de pouvoir intervenir sur chaque individu après sa naissance, on sélectionne par des tests génétiques l’embryon sans maladies et tares indésirables.

Comme André Pichot le souligne : « C’est dans ce domaine des “prédispositions génétiques”, plus que dans celui des maladies réellement héréditaires, qu’il pourrait y avoir un véritable danger eugéniste. » [3] Ce qui se trouve confirmé dans les propos de Jacques Ruffié : « La médecine prédictive [...] consiste à prédire, dès la naissance, ou même avant, les situations de risques que peut connaître un sujet au cours de son existence (c’est-à-dire pendant tout le déroulement de son programme génétique) selon une série de deux facteurs :µ

« a) La constitution de son patrimoine héréditaire, qui peut être plus ou moins apte à répondre à certaines conditions de l’environnement.

« b) Les types d’exigences ou d’agressions qu’il subira de la part de cet environnement et la possibilité qu’il aura d’y faire face selon ses aptitudes innées. [...] « La médecine prédictive contient toujours une part d’aléatoire car elle est conditionnée par deux séries de facteurs : génétiques et environnementaux, qui peuvent se rencontrer ou non. Elle évalue un risque, indique les conditions dans lesquelles la maladie peut apparaître. Elle permet d’éviter des situations pathogènes. Elle ne constate pas un mal mais définit une possibilité ou une probabilité d’apparition. » [4] Il faut souligner que l’on parle ici de « probabilité d’apparition » d’une maladie de type héréditaire pour justifier l’élimination de futurs êtres humains. [5]

D’un côté, on justifie ce tri car l’embryon éliminé est probablement atteint d’une maladie orpheline ou incurable dans l’état actuel de la recherche médicale et, de l’autre, l’Etat refuse aux familles des malades les moyens financiers nécessaires pour trouver un remède à ces maladies, les renvoyant souvent à l’initiative privée. [6] Le prétexte est que le coût de la recherche dans ce secteur de la santé semble disproportionné car les personnes atteintes de ces maladies ne sont qu’un faible pourcentage de la population. Pourtant, la guérison de certaines d’entre elles, dites orphelines parce qu’elles sont rares, permettrait un bond immense dans la recherche médicale. Beaucoup de celles-ci sont de type dégénératif et les découvertes faites dans le secteur iraient directement au bénéfice de la totalité de l’humanité, notamment aux personnes atteintes des maladies du vieillissement (Alzheimer, Parkinson, etc.).

C’est en allant aux frontières de la découverte scientifique que Pasteur a découvert le vaccin contre la rage. Les personnes atteintes de la rage sont peu nombreuses, mais grâce à la persévérance et à l’audace de ce véritable savant, la vaccination a été généralisée contre d’autres formes virales. Seules ces conditions de recherche scientifique ont permis un allongement qualitatif de la vie du XIXe au XXIe siècle et assureront aux enfants du futur une vieillesse en bonne santé.

En perdant le sens d’un véritable progrès scientifique, source de bienfaits pour les générations futures, nos contemporains aliènent ainsi leur liberté et celle de leurs enfants au profit de leur satisfaction immédiate. Tout acte médical et chirurgical doit avoir pour but la guérison du patient. Dans l’optique de certains généticiens, la manipulation sur les embryons reste un acte purement eugéniste de sélection d’un enfant exempt de tare et de maladie, quitte à sacrifier de nombreuses vies embryonnaires pour y parvenir.

 Changer biologiquement l’homme pour transformer le système social

L’eugénisme positif semble aujourd’hui acceptable pour beaucoup de personnes. En effet, quand un enfant naît avec un lourd handicap ou une grave maladie, la douleur est d’autant plus grande que les familles se trouvent la plupart du temps désemparées, car le nombre de structures d’aide et d’accueil est ridiculement faible. Cet état de fait est dû à une politique économique désastreuse menée ces dernières années, où l’on a privilégié les secteurs à haute rentabilité immédiate au détriment de l’économie réelle, en particulier de l’infrastructure de base comme la santé et la recherche. Hélas, au lieu de changer de politique économique en investissant massivement dans la recherche et dans les structures d’accueil et de soin, on préfère la solution plus radicale de supprimer les embryons « à problèmes ».

Cependant, en acceptant cette solution, on ouvre la porte à toutes les dérives. Soulignons tout d’abord le caractère très subjectif de la « tare ». Le taré est celui qui porte un poids sur la société, et qui reste une entrave à l’épanouissement économique de celle-ci. L’exemple de la politique chinoise de planning familial des années 80 peut expliquer en quoi une situation économique de contraction budgétaire engendre une population de tarés, ou d’individus que l’on désignera comme tels. Sous le prétexte qu’une croissance de la population chinoise entraînerait le pays entier à une armée de chômeurs et à la faillite économique, les familles chinoises ont été contraintes par leur gouvernement à limiter leurs naissances à un seul enfant. Ces décisions politiques malthusiennes eurent des conséquences dramatiques. Les femmes furent forcées à avorter dans des conditions inhumaines et ce jusqu’à la veille du terme de leur grossesse. Au-delà d’un enfant, les médecins accoucheurs et les familles furent contraintes d’assassiner les nouveaux nés. De plus, il faut savoir que dans le monde asiatique, seul le garçon héritant de la maison familiale pourra subvenir à la vie quotidienne des parents âgés. La fille, en se mariant, quitte sa famille natale pour rejoindre celle de son mari. La pression idéologique du parti communiste chinois sur le contrôle des naissances a poussé les parents à voir les filles comme une tare pour les plus pauvres d’entre elles. Des millions d’enfants de sexe féminin ont été sacrifiés à leur naissance par leurs parents pour permettre à la nation chinoise de « survivre » financièrement. [7] Comme nous pouvons le constater ici, c’est une situation économique défavorable qui a fait des bébés de sexe féminin une tare pour la société et non pas le fait de leur différence morphologique avec le sexe opposé.

En fait, l’eugénisme positif contient tout un projet social visant à modifier la nature humaine. Pour ne citer que le généticien Julian Huxley, ferme partisan de l’eugénisme, il préconisait dès 1936 les mesures sociales qui prendront naissance trente ans plus tard : « L’eugénisme n’est pas [...] une branche spéciale des sciences naturelles : elle est une branche des sciences sociales. Elle n’est pas simplement la génétique humaine. Il est exact qu’elle vise à l’amélioration de la race humaine par l’amélioration de ses qualités génétiques. Mais une amélioration de ce genre, quelle qu’elle soit, ne peut être réalisée que dans un certain milieu social, de sorte que l’eugénique est inévitablement un aspect particulier de l’homme en société [...] En tant qu’eugénistes, nous devons donc viser à transformer le système social. » [8]

Certains biologistes iront très loin dans leurs concepts idéologiques. Pour les faire accepter par le plus grand nombre, ils rendent confuse la différence physiologique entre l’homme et l’animal. Pire, ils atténuent sciemment la différence psychique et culturelle. Comme l’exprime si bien Bertrand Russell, mathématicien et ami de Julian Huxley : « La nature de l’homme, je ne sais pas trop ce que c’est. Une nature, c’est malléable à l’infini, et les gens ne s’en rendent pas compte. Pourtant vous pouvez comparer un chien domestique à un loup dans les bois : vous constaterez le pouvoir du dressage. Le chien domestique est une créature facile à vivre, qui aboie de temps à autre, qui mordra peut-être le facteur, mais dans l’ensemble est fréquentable. Avec le loup, c’est une autre histoire. Or on peut atteindre au même résultat avec l’homme. Selon le traitement, il peut se modifier complètement. Cette idée que l’on ne peut changer la nature humaine, quelle sottise ! » La folie de Russell et Huxley est de croire que l’on peut, grâce à la génétique, produire à sa convenance tout type de race d’homme, le problème, pour eux, se limitant au choix de la race d’homme que l’on désire. En 1962, dans un long jeu de questions réponses, lord Bertrand Russell (1872-1970) expose sa Conception du monde. [9]

Voici un extrait du livre relatant cette conversation, au paragraphe 12 intitulé « L’avenir de l’humanité » :
« Question : Vous avez dit que du jour où l’administratif aura la haute main sur tout, les gens n’auront aucune vie personnelle. Pouvez-vous préciser ? « Bertrand Russell : Prenez un aspect du problème, un aspect extrêmement important : l’eugénique. Supposez qu’un gouvernement soit obsédé par cette possibilité scientifique : obtenir une race d’êtres qu’ils estimeront supérieure à la nôtre. De toute évidence, et du strict point de vue de la science, il faudrait opérer à partir d’une certaine proportion de mâles, disons cinq pour cent, et de femelles, trente pour cent. Pour la réussite de l’expérience, il faudrait stériliser le reste. Ce serait très désagréable, mais je vois très bien la chose.

« Q : Vous croyez vraiment que les possibilités scientifiques obséderaient les gens à ce point-là ?

« B.R. : Oui, si ces gens peuvent y gagner une supériorité militaire. Il est évident qu’on peut, si l’on veut, produire une telle race. On peut, sur les champs de bataille, obtenir une autre conduite que celle des combattants engendrés au petit bonheur. Il ne serait pas difficile de faire entrer dans la tête des gens l’idée suivante : les armes atomiques ont été nécessaires parce que l’adversaire les possédait ; la sélection scientifique des naissances est nécessaire parce que l’ennemi la pratique sûrement aussi. »

Certes, Russell était opposé à la production d’une telle race mais il aurait certainement été d’accord avec Christian de Duve [10], prix Nobel de médecine en 1974, quand celui-ci déclare dans un entretien donné au magazine Athena en octobre 2003 : « Je suis favorable à une forme d’eugénisme centré sur l’augmentation simultanée et harmonieuse de toutes nos facultés mentales. »

Dans leur monde darwinien, l’homme est le dernier échelon de l’échelle évolutionniste et a capturé l’histoire et la culture au détriment des autres espèces animales de la planète. Ainsi, en poussant au bout de ce système de pensée, et dans la conception erronée du droit à la vie pour toutes les espèces admises dans cette forme de société animalière, il s’ensuit que l’homme a le devoir de s’améliorer grâce à la sélection artificielle. Et, sans en prendre vraiment conscience, le risque est que chacun finisse par s’associer au fondateur de la bioéthique, Peter Singer [11], lorsque celui-ci exprime en toute franchise le but de cette idéologie antihumaniste : « Un mois [après la naissance] me semble un délai raisonnable à accorder aux parents pour décider si leur bébé doit continuer à vivre. »

Certains pourraient s’imaginer que ces raisonnements appartiennent à une autre époque. Pourtant, en 2002, Science publiait une étude surprenante, relatée ainsi par le Centre international de recherche scientifique : « Le niveau de probabilité de développer un comportement antisocial parmi les jeunes hommes ayant été maltraités pourrait dépendre de facteurs génétiques, selon une étude menée par des chercheurs du King’s College de Londres. Le gène impliqué contrôle l’activité d’une enzyme appelée monoamine oxydase A (MAOA). Les chercheurs ont étudié une population de 442 individus. Ils ont constaté que les hommes ayant été maltraités et dont les niveaux d’activité du MAOA sont faibles, représentent 12 % de cet échantillon et sont responsables de 44 % des crimes violents. Inversement donc, les comportements violents sont moins fréquents parmi les individus porteurs d’une version du gène associée à des niveaux supérieurs de MAOA. » Et voila consacrée la découverte du gène de la violence ! Nous sommes bien loin de l’élimination des maladies...

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Dans son numéro du 28 juillet 2000, Science avait déjà consacré un dossier sur les causes biologiques de la violence. Peter Singer, pour sa part, avait confié à La Recherche d’octobre 2000 que « si l’on identifie un jour un gène prédisposant à la violence par exemple, alors oui, on peut envisager que l’Etat fournisse aux gens la possibilité de sélectionner [par test génétique et avortement] ». En 2002, Science a publié une étude sur la découverte d’un gène responsable des comportements violents...

 Supprimer l’étrange ou découvrir la part de l’inconnu

Aujourd’hui, comme au début du XXe siècle, le désir d’un homme « dépourvu de tares » est lourd de conséquences et va bien au-delà des interdits éthiques et moraux. [12] Contre cette idéologie prégnante dans la société actuelle, il devient nécessaire d’admettre que chaque homme présent et futur est irremplaçable et indispensable au bien-être de l’humanité dans sa totalité. Ce que nient certains théoriciens de la génétique, lorsqu’ils conçoivent un « homme idéal sans tares » en préconisant le triage embryonnaire et humain.

La culture hédoniste de notre société a façonné les esprits de nos contemporains et les a rendus réceptifs à accepter cette évolution. Néanmoins, cet eugénisme n’en reste pas moins une sélection basée sur une idée de pureté de l’individu. Pour rendre possible une continuité de la politique eugéniste rendue positive, la culture actuelle laisse croire à Monsieur-tout-le-monde qu’il peut choisir la constitution physique de sa progéniture. Persuadé par ailleurs que ses initiatives personnelles ne concernent que lui-même, il oublie tout simplement que la possibilité de pouvoir sélectionner sa descendance implique une menace contre la liberté collective. Le refus de l’altérité, de la différence est net dans l’esprit de nos contemporains. Pour chacun, il s’agit de supprimer l’étrange, ou l’étranger, celui qui n’est pas conforme au rêve que l’on a du bébé idéal :

« L’eugénisme (de même que le racisme dont il est une extension inavouée) est une idéologie du corps qui veut faire de l’homme un pur produit de son corps. » [13]

Toutefois, il ne faut pas pour autant confondre l’état d’un homme en bonne santé avec celui d’un individu dépourvu de tares. Si chacun peut se sentir responsable de la vie de tous, il ne peut pour autant s’arroger le droit de vie et de mort sur sa progéniture. Comme le souligne le physiologiste Claude Bernard (1813-1878), les sciences biologiques et la médecine expérimentale doivent se prémunir contre les exagérations de l’érudition et contre l’envahissement et la domination des systèmes ; en s’y soumettant, elles « verraient disparaître leur fécondité et perdraient l’indépendance et la liberté d’esprit qui seront toujours les conditions essentielles de tous les progrès de l’humanité ». [14]

Cela ne peut s’entendre qu’à la condition explicite de mettre les moyens financiers nécessaires dans la recherche scientifique. A ce sujet, les découvertes essentielles faites par Alexandre Gurwitch sur les rayonnements électromagnétiques des cellules doivent être immédiatement promues en biologie. La biophysique optique ouvre un champ d’exploration infini dans la découverte du vivant. L’amélioration des conditions économiques de vie et l’éducation pour tous restent les seules conditions pour donner à chacun les moyens de vivre avec l’entièreté de ses capacités psychiques et physiologiques.

Or, en biologie moléculaire, l’homme est déterminé par son hérédité chimique et génétique. C’est nier le libre-arbitre de l’homme et le soumettre à la seule composition chimique savante qui élabore mécaniquement le vivant. Il ne reste là qu’un puzzle d’organes et de cellules et le pouvoir de créativité de l’individu devient donc une fonction subalterne et détachée de la physiologie soumis elle-même à des pré-conditions eugénistes.

Dans cette idéologie, la prévention des maladies ou le pouvoir des découvertes médicales du futur sont quantité négligeable dans le court terme. Une population qui croît exponentiellement reste un danger pour l’humanité car la planète ne peut subvenir matériellement à celle-ci. Le nombre supplémentaire d’hommes apparaît de ce point de vue comme un nombre supplémentaire de pauvres, donc de tarés. Pour pallier à cet inconvénient, il faut non seulement limiter les naissances, mais il faut aussi que les enfants qui naissent ne soient pas un coût supplémentaire à par l’Etat. Il est clair que pour Francis Galton et sa filiation idéologique, les tares sont la conséquence du poids d’une population d’indigents et de déficients mentaux sur l’économie d’un pays.

De plus, réduire l’homme à une mécanique organique, c’est nier les capacités de l’homme à découvrir non seulement l’univers qui l’entoure mais aussi les moyens encore inconnus de ses propres capacités mentales et physiques à le transformer. En donnant l’impulsion nécessaire grâce à ses nombreuses découvertes physiologiques, Claude Bernard appelle à la recherche les scientifiques du futur. Pour Claude Bernard, le champ des découvertes en physiologie est infime par rapport à ce qui reste à découvrir. Pour y réussir, il faut savoir se détacher des théories établies : « Ce n’est que par un effort soutenu sur soi même qu’on parvient en science à se détacher de l’amour des théories pour ne poursuivre que la vérité pour elle-même. » Pour Bernard, la découverte de la part encore inconnue des fonctions de l’organisme vivant ouvre la voie à de nouvelle forme de thérapies. Pour y réussir, il faut que les scientifiques sortent d’une science par trop empiriste, enfermée dans un système de données factuelles.

 La bioéthique a remplacé l’éthique

Insidieusement, pour faire accepter l’eugénisme positif, la bioéthique fut créée afin de remplacer la mesure éthique dans les sciences du vivant.

Depuis quarante ans, lois après lois, les nouvelles législations « bioéthiques » entérinées par les Etats, font des hommes de simples mécanos humains, niant de plus en plus la part d’humanité de ceux-ci. L’un des fondateurs des lois sur la bioéthique en France, Jean-François Mattei, médecin et ministre de la Santé, s’en émeut dans un entretien à l’Express du 4 décembre 2003 et se questionne sur l’évolution prise dans la société, depuis dix ans, par les diverses lois appliquées sur l’embryon et le DPI (diagnostic préimplantatoire) : « [...] Nous avons une attitude eugénique. Il ne s’agit pas d’une décision collective, mais bien de la somme des décisions individuelles qui a abouti à une dérive eugénique de fait. » L’embryon est-il ou non une personne ? Car s’il est reconnu comme une personne à part entière, il ne peut être livré à des expériences qui nuisent à son intégralité et donc à son potentiel d’individu humain à part entière.

Dès le départ, l’approche même de la biologie moléculaire est erronée. Le généticien réquisitionne les molécules - « des éléments simples » - pour expliquer l’acte complexe du vivant et du pensant. Pourtant dans la biologie moléculaire, l’idée du potentiel de chaque être humain s’inscrit dans une matérialité et un mécanisme qui n’est ni vivant, ni pensant et qui n’explique à aucun moment ce qu’est la créativité humaine. Bien au contraire la pollution de la théorie génétique, qui n’admet pas que la matière soit uniquement passive, ruine la compréhension du potentiel créatif. Le génie d’Einstein n’est ni dans ses petites molécules, ni dans son gros cerveau, mais dans sa compréhension de la méthode de découverte de l’univers par sauts successifs de l’esprit dans l’inconnu.

Aujourd’hui la barrière morale désignant l’intégralité physiologique de l’homme comme inaliénable est en passe d’être franchie. En 2003, le débat sur la brevetabilité du vivant divise le monde politique et scientifique, le ministre de la Santé se dit prêt à renégocier la loi actuelle sur la base de la directive européenne de 1998. C’est-à-dire de faire d’un élément du corps humain « une invention brevetable » et ceci pour ne pas perdre les marchés potentiels et la manne d’argent substantielle qu’ouvriraient la recherche dans ce secteur. Il est navrant de constater l’attitude schizophrénique des autorités scientifiques et politiques, mais ceci confirme bien le manque de compréhension éthique et morale du monde contemporain, car de fait, un tel marché nie la liberté de l’individu en cela que le corps humain devient alors divisible et commercialisable à souhait.

Voici donc que le sentiment supplante la raison, la bioéthique remplace l’éthique et rend confuse à l’esprit de chacun la séparation entre le désir d’enfant en bonne santé et le désir d’enfant sans tare. Ce qui permet à la population pratiquer un eugénisme privé en sollicitant auprès du monde médical l’assistance technique que celui-ci lui promet. Le pouvoir de vie et de mort sur le fœtus devient la norme, même si dans l’esprit et l’intention des médecins le diagnostique prénatal ou la procréation médicalement assistée ne sont pas des outils eugénistes. Les médecins tout comme les parents désirent éviter la souffrance et ne prennent pas conscience que leur désir de fœtus idéal soutient une politique eugéniste rampante. Le passage culturel d’une idéologie eugéniste négative ou positive à l’acceptation d’un nouvel eugénisme à caractère privé ou domestique a pu être accepté chez les scientifiques et politiques à cause des premières lois sur la bioéthique, promues dans les années 60.

Les premiers comités d’éthique médicale ont été lancés officiellement en 1966 par le National Institutes of Health. La première commission de bioéthique américaine fut mise en place en 1974, elle est devenue en 1995, la National Bioethics Advisory Commission. [15] La France a créé le Comité consultatif national d’éthique (CCNE). Celui-ci s’inquiète en 1986 des « risques liés à la prédiction ou à la détermination de l’identité des enfants à naître, risques de dérive vers l’eugénisme ou vers des pratiques de pure convenance parentale ». Qu’adviendrait-il si tout comme James Watson, prix Nobel de médecine en 1962 avec Francis Crick [16], l’affirme « Le comportement violent peut être régit par un gène simple sur l’individu » ? La sélection embryonnaire se ferait-elle à partir de cette théorie ?

A aucun moment, la concertation publique ne fut demandée. Les décisions sur la bioéthique sont restées un débat d’experts relatant l’issue de leurs travaux par voie de presse. En 1991, le rapport de Noëlle Lenoir, membre du CCNE, avance qu’il « paraîtrait logique d’admettre le recours au DPI pour éviter le transfert d’embryon ou de gamètes porteurs ou transmetteurs de maladies génétiques ». Donc, par plusieurs techniques, que nous ne décrirons pas ici, on crée plusieurs embryons qui seront vérifiés génétiquement. On choisit l’un de ceux-ci, sacrifiant les autres, pour devenir l’enfant à naître choisi par les parents et le médecin. Des structures existent qui sont à même d’intervenir sur le tri embryonnaire comme les Comités de protections des personnes (CPP). Mais pour Noëlle Lenoir, l’embryon est exclu de la juridiction des CPP car le CCNE désigne l’embryon comme une « personne potentielle ». Cette appellation, qui devrait justifier une protection, se trouve utilisée pour justifier l’inverse.

Il est vrai que dans ces débats, la mesure épistémologique entre l’embryon et l’être humain y est sciemment édulcorée, et le citoyen non averti ne peut y faire la part des choses. Pour les chercheurs et généticiens, la négation de l’éthique au profit de nouvelles lois bioéthiques est un passage obligé d’un monde spiritualiste à un monde matérialiste et utilitariste. Les droits de l’Homme à sa conception se trouvent d’emblée soumis aux lois de la recherche génétique. James Watson, dit : « Nous avons longtemps pensé que notre futur était dans les étoiles, maintenant nous savons qu’il se trouve dans nos gènes. » Il semble pourtant difficile aux tenants de ce petit monde de la génétique d’effectuer ce passage à la bioéthique en douceur. Aussi, ils cherchent à trouver et à prouver scientifiquement l’état supposé où l’embryon n’a pas figure ou sentiment humain, l’état où il n’est pas socialisable. Donc, un futur être humain ne peut être conçu que comme possible ou probable selon les états cellulaires où il se trouve. Par exemple, jusqu’au stade blastocyste, le futur embryon ne serait qu’un assemblage de cellules et ne reste qu’une possibilité de personne. Pour permettre les manipulations génétiques, certains généticiens affirment que l’embryon ne possédant pas de colonne vertébrale, donc de système nerveux, n’a pas le statut d’être humain, car seul le cerveau (qui le différencie de la forme végétative) peut lui permettre la pensée.

Voilà qu’on joue sur les mots, les formulations, les approximations pour faire accepter socialement cette nouvelle forme d’eugénisme. Il faut être clair à ce sujet, l’embryon (issu d’êtres humains) est ou n’est pas humain, et s’il l’est, les droits de l’homme s’appliquent dans leur totalité, quel que soit l’âge de l’embryon, du fœtus ou du bébé.

Malheureusement, la société a fait de l’embryon-objet un choix du parent-consommateur qui n’a qu’une obsession : l’amélioration de sa descendance ou même la commodité de son existence. Même dans le secteur de la santé, l’idéologie consumériste est devenue omniprésente dans l’inconscient populaire et supplante les critères moraux et éthiques. D’ailleurs, il suffit de lire les quotidiens pour y trouver l’écho : « Un bébé-médicament, seul espoir pour Florian », titre le Figaro du 22 août 2003. Dans cet article, la mère d’un enfant atteint d’une maladie rarissime fait appel au chef de l’Etat français, pour obtenir le droit de sélectionner un embryon dont le système immunitaire serait compatible avec celui du petit malade.

Seule une détermination politique relativiste a pu conduire une population, peu éduquée ou non avertie, à accepter un tel système de référence. Ce système peut ainsi la soumettre à une culture de la mort, par un abaissement progressif, tant moral qu’éthique. « Depuis lors, toutefois, les termes du débat ont sensiblement évolué. Aux Etats-Unis, où l’utilisation du DPI est plus largement autorisée, le premier “enfant-médicament” est né le 29 août 2000 , précise Cyrille Louis, journaliste au Figaro.

On n’a plus à s’étonner de ce qu’une certaine thérapie génique se soit imposée à l’aube du XXIe siècle comme la seule alternative scientifique dans le monde médical. Il est temps de lever le masque, et de ne plus admettre sans révolte le commentaire de Philip Kitcher sur « l’eugénique du laisser faire » en 1996 : « Tout un chacun devient son propre eugéniste, tirant parti de la mise à disposition des tests génétique pour rendre les décisions reproductives qui lui semblent correctes. » [17]

 Les sciences du vivant doivent se débarrasser de l’idéologie eugéniste

Déjà au XIXe siècle, le grand physiologiste Claude Bernard attaque la méthode de recherche empirique dans les sciences du vivant. Craignant l’égarement des expérimentateurs obstinés à la simplification dans la recherche biologique, il lance un avertissement : « On la dénaturerait en la simplifiant trop et on arrive alors à expliquer par un principe unique des phénomènes inconnus qui, comme on le conçoit, n’en deviennent pas plus clairs pour cela.  [18] Pour lui, un des écueils principaux de la recherche scientifique est de prendre des apparences pour des réalités.

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Tout comme Claude Bernard, Louis Pasteur a mis en garde contre le matérialisme qu’il attaquait vivement le 8 août 1874 lors d’un discours au collège d’Arbois : « Vraiment, je les admire tous ces grands philosophes de ces systèmes nihilistes si prospères aujourd’hui ! Eh quoi ! Nous autres patients scrutateurs de la nature, riches des découvertes de nos devanciers, munis des instruments les plus délicats, armés de la sévère méthode expérimentale, nous bronchons à chaque pas dans la recherche de la vérité, et nous nous apercevons que le monde matériel, dans la moindre de ces manifestations, est presque toujours autre que ce que nous l’avions pressenti. Mais eux, livrés tout entiers à l’esprit de système, placé derrière le voile impénétrable qui couvre le commencement et la fin de toutes choses, comment font-ils donc pour savoir. » [19]

A l’aube du XXIe siècle, nous devons sortir du monde des apparences pour rentrer dans celui de la véritable recherche scientifique telle que l’enseignaient Claude Bernard et Louis Pasteur. Les sciences du vivant ne pourront vraiment progresser qu’à la condition de se défaire de l’idéologie eugéniste. Et ce n’est que lorsque la science se sera enfin débarrassée du joug d’une idéologie politique marquée par l’empirisme et le matérialisme qu’elle pourra alors avancer sur les pas de véritables savants.


Notes

1. Leonard Darwin est le fils de Charles Darwin. En 1912, Leonard Darwin a présidé le premier congrès international d’eugénisme à Londres.

2. Certains scientifiques devinrent des propagandistes virulents de l’eugénisme et créèrent les sociétés eugéniques du début du XXe siècle. En 1905, Alfred Ploetz (1860-1940) fonde la Société allemande d’hygiène raciale. Son comité est composé de biologistes et évolutionnistes renommés (Francis Galton, August Weismann, Ernst Haeckel). En 1907, Leonard Darwin et Karl Pearson (mathématicien et statisticien anglais) créent l’Eugénics Education Society. Leonard Darwin et Francis Galton seront tour à tour président et président honoraire de la société. La France ne fait pas figure d’exception en établissant une Société eugénique de France en 1912. Les Etats-Unis ne manqueront pas non plus à l’appel lorsque Charles Davenport (pionnier de la génétique outre-Atlantique) fonda l’American Eugenics Society en 1923. Dans les années 20, l’URSS institua plusieurs associations dont le Bureau d’Eugénisme à Petrograd (Saint-Pétersbourg).

3. André Pichot, La société pure de Darwin à Hitler, Flammarion, 2000.

4. Jacques Ruffié, Naissance de la médecine prédictive, Odile Jacob, 1993.

5. Les dérives des prédictions génétiques mènent souvent à des aberrations et s’avèrent une aliénation en matière de prévention médicale. Sous prétexte qu’un gène du cancer du sein serait transmissible de génération en génération (ce qui n’est pas encore prouvé expérimentalement), on pratique une mastectomie prophylactique bilatérale (l’ablation préventive des seins) aux femmes présumées atteintes de ce gène cancérigène. Non seulement il y a un taux d’échec « actuellement mal quantifié apparemment proche de 5 à 15 % », mais de plus, il convient de souligner le taux significatif d’interventions inutiles car 13 à 44 % des femmes qui subiraient cette intervention n’auraient pas développé de cancer du sein en l’absence de chirurgie prophylactique, et d’autres femmes atteintes de cancer du sein auraient survécu avec une simple tumorectomie.

Malgré ce constat, on induit les patientes à pratiquer une mastectomie sous prétexte qu’il n’existe pas d’autres choix en matière préventive. Pour les patientes, la question ainsi posée est, à côté de l’efficacité analysée plus haut, celle de l’acceptabilité passive des interventions suite à des campagnes publicitaires diffusées tant par voie de presse que par le milieu médical. Dans un article du magazine Les Sélections de médecine/sciences, n°22, juin-juillet 2002, « une acceptabilité de la chirurgie prophylactique mammaire est très élevée (51 %) en Hollande, mérite une analyse particulière. En effet, la plupart des données publiées jusqu’alors concernaient l’acceptabilité déclarée lors d’enquêtes, et portaient sur la position a priori des femmes à haut risque, et non sur celle une fois réalisé le geste chirurgical. De manière régulière, les taux d’acceptabilité ont été plus faibles dans des enquêtes similaires réalisées en France ou en Angleterre et au Canada, (de l’ordre de 10 à 38 % des femmes interrogées) ». Les patientes mal informées paniquent et en viennent à accepter outre une perte d’intégrité physique les conséquences psychologiques irrémédiables dont elles ne mesurent pas l’ampleur lors de l’acte chirurgical.

6. Les Etats s’en remettent souvent à la générosité populaire (Téléthon, etc.), et n’investissent pas dans les vastes dépenses que nécessite ce genre de projets.

7. De plus, la pauvreté des familles paysannes a entraîné un trafic lucratif des nouveau-nés. Les mères désespérées en ne voulant pas sacrifier leur enfant l’ont vendu au mieux à des pourvoyeurs de filles sans dot à d’autres familles indigentes, au pire à des réseaux de prostitution. Le commerce n’est rentable que par le nombre d’enfants achetés, car chaque enfant n’est acheté que pour environ l’équivalant de 25 euros et est revendu à peine plus cher. Introduites dans de nouvelles familles, ces filles deviennent une main-d’œuvre à bon marché et bien souvent sont contraintes d’épouser le fils de la famille acheteuse. Les maigres revenus de celle-ci ne lui permettant pas de payer une dot pour marier celui-ci, sans ce trafic, il aurait été fréquemment condamné au célibat.

8. Julian Huxley, L’homme, cet être unique, Essais, Oreste Zeluck, 1948.

9. Bertrand Russell, Ma conception du monde, Gallimard, 1962.

10. Christian de Duve est professeur émérite à l’Université de Louvain et à l’université Rockefeller à New York.

11. Peter Singer a reçu le prix d’éthique du club des chercheurs et décideurs World Technologie Networks à San Francisco, lors de la troisième séance mondiale annuelle d’Awards en juin 2003. Peter Singer est professeur en bioéthique à l’Université de Princeton, il a créé une sorte d’eugénisme soft dont les parents et les proches sont les instruments. Il pousse à fond la culture de la mort depuis l’avortement jusqu’à la zoophilie, et ne fait pas de distinction fondamentale entre l’espèce humaine et les animaux. Plus encore, il s’oppose farouchement aux « droits de l’homme », car leurs défenseurs « se rendent coupables d’un racisme sournois à l’encontre d’autres créatures ».

12. A ce stade, il n’est pas inutile de citer l’article II de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948 :
« Dans la présente Convention, le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux comme tel :
« a) Meurtre de membres du groupe ;
« b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
« c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
« d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
« e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe. »

13. D. Le Breton, Anthropologie du corps et modernité, PUF, 1990.

14. Claude Bernard, Introduction à l’étude de la médecine expérimentale, Champ Flammarion, 1984.

15. Antoine Courban, chirurgien, professeur-associé à la Faculté de Médecine de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (Liban), Res Publica, octobre 2002.

16. James Watson et Francis Crick ont « découvert » la structure moléculaire de la double hélice de l’ADN.

17. The Lives to Come : The Genetic Revolution and the Human Possibilities, New-York, Simon & Schuster, 1996.

18. Claude Bernard, Principes de médecine expérimentale, Quadrige/PUF, 1987.

19. Œuvres de Pasteur, tome VII, rassemblées par Pasteur Vallery-Radot.

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