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Face à la menace des astéroïdes et des missiles

La défense stratégique de la Terre, but commun de l’humanité

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Les auteurs de ce texte, Benjamin Deniston, Pavel Penev et Jason Ross, trois jeunes chercheurs du LaRouche PAC, étaient les seuls représentants des Etats-Unis à venir présenter leurs travaux à la conférence scientifique Space and Global Security of Humanity (l’Espace et la sécurité globale de l’Humanité), organisée par l’IGMASS (International Global Monitoring Aerospace System) [1], qui s’est tenue à Eupatoria, en Ukraine, du 3 au 6 septembre 2012.


L’humanité ne vit actuellement que sur une seule planète. Nous sommes tous confrontés aux mêmes menaces, sans distinction de nationalité, religion, opinion politique ou classe sociale. Variations de l’activité solaire, tremblements de terre, éruptions volcaniques, inondations, astéroïdes et comètes – tous ces phénomènes n’ont aucun égard pour les frontières nationales. Pourquoi en aurions-nous nous-mêmes, quand il s’agirait de nous en protéger ? C’était la question sous-jacente à la conférence scientifique de haut niveau « Space and Global Security of Humanity » (l’Espace et la sécurité globale de l’humanité), qui s’est tenue à Eupatoria, en Ukraine, du 3 au 6 septembre 2012, rassemblant une trentaine de scientifiques venus principalement de Russie et d’Ukraine, mais aussi du Kazakhstan, de Biélorussie, d’Allemagne et du Canada.

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Jason Ross (en haut) et Ben Deniston (en bas) lors de leur intervention à la conférence de l’IGMASS.

Bien que l’IGMASS existe depuis plusieurs années, cette conférence a été organisée dans le contexte de la proposition faite par la Russie aux pays de l’OTAN, à l’automne 2011, pour une Initiative de défense terrestre (IDT) (voir encadré 1). L’objectif de cette initiative est d’établir une collaboration entre les Etats-Unis et la Russie, ainsi que d’autres pays de la zone transatlantique, pour déployer des systèmes anti-missiles destinés à protéger les populations non seulement contre des tirs de missiles, mais aussi contre des astéroïdes, comètes et autres phénomènes cosmiques pouvant la menacer.

Cette initiative est aussi la réponse russe au déploiement par les Etats-Unis d’un bouclier anti-missiles en Europe. Convaincus que, sous prétexte de se défendre contre des missiles iraniens de moyenne portée, les Américains visent en réalité à contrer les missiles stratégiques russes, l’IDT chercher à obliger les Etats-Unis à dévoiler leur jeu, tout en proposant aux Occidentaux une sortie par le haut à la menace de guerre et aux périls qui, depuis le cosmos, menacent la Terre dans son ensemble.

Voyant la proposition de l’IDT comme la suite à sa propre Initiative de défense stratégique (IDS), Lyndon LaRouche et ses associés lui ont apporté un soutien enthousiaste, notamment dans un récent document intitulé The Strategic Defense of Earth (La défense stratégique de la Terre).

L ’IGMASS propose de créer un « système des systèmes » qui intégrerait les systèmes d’observation existants et futurs, basés à terre, dans l’atmosphère ou dans l’espace, dont disposent les nations du monde entier, afin de développer une capacité d’observation en temps réel de la planète et des régions de l’espace qui l’environnent, et de parer à un large éventail de menaces potentielles. Cette idée de mettre en commun les informations obtenues par satellite ou par d’autres systèmes d’observation n’est pas unique, d’autres propositions sont actuellement à l’étude aux Nations unies ou dans d’autres organisations. L’IGMASS s’en distingue principalement par le fait qu’il se concentre sur la détection des signes précurseurs aux catastrophes naturelles et humaines, dans le but d’intervenir avant qu’elles ne frappent.

Cette distinction apparaît plus évidente dans la prévision des phénomènes sismiques (tremblements de terre, tsunamis et éruptions volcaniques). Alors que les académiques persistent à affirmer de manière hystérique, pour se conformer à la pensée dominante, qu’il est impossible de prévoir ces phénomènes, plusieurs intervenants à cette conférence ont montré que la science des prévisions sismiques avançait à grands pas, comme en témoigne le succès des prévisions faites l’année dernière par un projet pilote de IGMASS, en Russie. Si ce fait représente en soi une vraie révolution pour la protection de l’humanité, le projet IGMASS couvre un domaine beaucoup plus vaste.

Le champ des prévisions s’étend depuis les dommages potentiels occasionnés par les feux de forêts et les inondations ainsi que les catastrophes industrielles d’origine humaine, jusqu’aux astéroïdes, météorites et comètes menaçant de frapper la Terre, en passant par l’influence que peut avoir l’activité solaire sur l’activité sismique terrestre, sur notre santé et sur le climat. Ce dernier point s’intéresse spécifiquement aux fluctuations magnétiques, électriques et de rayonnement, se produisant sur Terre et autour, dont la cause se trouve dans l’activité solaire et galactique. L’idée de développer un système d’observation terrestre et spatial est fondamentale si nous voulons être en mesure de comprendre ces conditions, de les prévoir et d’y faire face.

Avant d’entrer plus en détail dans les sujets qui ont été présentés lors de cette conférence, il faut noter que tout ce que nous venons d’évoquer a des implications plus profondes. Comme le dit Lyndon LaRouche dans un écrit récent intitulé Next, Beyond Mars (Prochaine étape, au-delà de Mars), le progrès de l’humanité dépend de notre capacité à dépasser les limites de nos perceptions sensorielles et d’hypothétiser les causes qui gouvernent notre univers, à travers cette qualité qui nous distingue absolument des animaux : nos pouvoirs créateurs.

Le progrès de l’humanité est directement lié au pouvoir unique inhérent à l’esprit humain de créer, via de nouvelles technologies, de nouveaux systèmes sensoriels, satellites, sondes, télescopes, etc., étendant ainsi son domaine d’action bien au-delà de ses perceptions sensorielles. IGMASS est donc un sensorium synthétique capable d’étendre de façon consciente les pouvoirs de l’esprit humain à un niveau jamais atteint jusqu’ici.

Comme l’illustre la nature globale de ces menaces – il suffirait d’une seule comète de grande taille pour détruire la civilisation humaine en un éclair ! Comme nous le montrerons plus loin, la défense contre ces menaces implique de concevoir la Terre, non comme un corps flottant dans un espace vide qui n’existe que dans la pensée abstraite des mathématiciens, mais comme faisant partie du système solaire dans son ensemble, à travers différents processus dont la maîtrise de plus en plus grande nous rendra capables de prévoir et de commencer à contrôler les futurs événements extrêmes.

Cette perspective de collaboration internationale pour protéger l’ensemble de l’humanité n’est pas juste une politique « sympa », elle a une importance profonde. D’un point de vue historique, c’est aussi un test sur sa volonté d’entrer dans une nouvelle ère où les nations devront s’unir pour faire face aux défis existentiels qui se posent à l’humanité.

 Le contexte mondial

Chacun des participants à la conférence avait bien à l’esprit la crise politique et économique qui sévit dans le monde. Si certains aspects en ont été évoqués çà et là au cours des présentations, l’intervention de Jason Ross, du LaRouche PAC, permit de clarifier cette réalité. Ross a ainsi dénoncé le contexte stratégique international très malsain que nous connaissons, avec l’émergence de nouvelles formes de guerre froide, opposant les pays occidentaux, Etats-Unis et Royaume-Uni en tête, à la Russie et à la Chine. Il mit en garde contre le danger qu’à partir du conflit en Syrie, Obama et ceux qui le manipulent au sein de l’Empire britannique ne provoquent une escalade vers une troisième guerre mondiale, potentiellement nucléaire. Ce n’est pourtant pas la volonté de la majorité des Américains, affirma-t-il cependant, et une forte opposition, emmenée par LaRouche et certains cercles haut placés dans les institutions militaires américaines, fait tout pour stopper cette politique. La dynamique de conflit prenant corps autour des systèmes de défense anti-missiles de l’OTAN basés en Europe, et la désintégration économique qui pousse l’oligarchie occidentale à la guerre, peuvent toutes deux être résolues grâce à des programmes de type IGMASS et IDT, a affirmé Ross.

Le jeune chercheur américain rappela alors les principes fondamentaux du progrès scientifique et de la croissance économique. Comme l’a démontré le programme Apollo, les grands projets scientifiques sont non seulement vecteurs de profit net, mais ils engendrent une croissance économique dont la nature est « transcendantale », c’est-à-dire dont la valeur est incommensurable par rapport au coût qu’elle a occasionné. Ceci à condition de mener la recherche aux frontières du progrès, là où elle peut engendrer de nouvelles technologies et des procédés induisant des effets de rupture dans l’économie, et de ne pas s’en tenir aux technologies du passé, dont les retombées ont déjà été intégrées dans le cycle économique. Les arguments récurrents, alléguant que ces programmes « coûtent trop cher » et « ne sont pas soutenables », sont tout simplement absurdes. Ce qui n’est pas soutenable, au contraire, c’est de ne pas lancer de tels projets. L’on estime que pour chaque dollar investi dans le programme Apollo, il y eut pas moins de 12 à 14 dollars de retombées dans l’économie civile.

Le fait d’inscrire l’IGMASS et l’Initiative de défense terrestre dans la perspective d’une science de l’économie physique a été bien accueilli par le public. Benjamin Deniston, le second représentant du LaRouche PAC, a pris le relais pour traiter des « programmes à vecteur scientifique » qui engendreront les surplus économiques les plus importants. En s’appuyant sur le concept de densité de flux énergétique élaboré par LaRouche (mesure du potentiel de réalisation d’un travail par une énergie donnée, par opérateur et par surface), Deniston a démontré que la prochaine révolution de l’action de l’homme dans l’univers viendra, en particulier, des développements liés aux systèmes de propulsion par fission et par fusion nucléaire. Il ne s’agit pas seulement d’une source d’énergie, mais d’une nouvelle plateforme économique portant l’ensemble de la puissance économique physique de l’espèce humaine à un niveau supérieur, et dont la défense contre les astéroïdes et les comètes sera une composante.

Ces considérations politiques et économiques ont provoqué d’importants débats, en aparté, et ont constitué une contribution importante de la part des Etats-Unis à cette conférence de très haut niveau.

 Encadré 1
L’Initiative de défense de la Terre, une alternative à la guerre

La Russie avait lancé, en octobre 2011, l’idée d’une Initiative de défense de la Terre pour surmonter l’impasse stratégique provoquée par la décision américaine de déployer un bouclier de défense antimissile en Europe (Pologne, Turquie, Espagne). Elle proposait de créer, avec les Etats-Unis, l’Europe et la Chine, une Initiative de défense terrestre (IDT), un système conjoint capable de protéger la Terre à la fois des menaces provenant de missiles mais aussi de l’espace, comme les astéroïdes et les comètes.

Le site internet de Russia Today avait rapporté le 18 octobre 2011 que cette initiative visait à « intégrer les défenses anti-aérienne, antimissile et spatiale » et « protégerait la Terre contre des menaces potentielles en provenance de l’espace, y compris les astéroïdes, fragments de comète et autres matériaux. (...) Le système devrait être à même de surveiller l’espace et de détruire tout objet dangereux se dirigeant vers la Terre. »

Un groupe de recherche international sur les moyens de protéger la Terre contre l’impact d’astéroïdes s’est réuni pour la première fois à Berlin en janvier 2012 afin d’étudier les différentes propriétés physiques de ces objets, notamment leur masse et densité, leur vitesse de rotation, la texture de leur surface ainsi que leur porosité.

Beaucoup d’informations ont été collectées au cours des dernières années, en partie grâce à l’envoi de sondes spatiales en direction des astéroïdes Eros et Itokawa, mais elles ont été analysées d’un point de vue purement scientifique, et non pas dans la perspective que nous pourrions un jour avoir besoin de les dévier de leur trajectoire. Ce groupe doit donc également étudier les trajectoires possibles après leur déviation, afin d’éviter qu’ils ne se retrouvent sur notre chemin quelques années plus tard. Il faut donc absolument éviter de les dévier vers certains points sensibles à partir desquels une future collision avec la Terre deviendrait inéluctable.

Trois méthodes sont présentement envisagées pour nous protéger d’un impact éventuel : soit l’usage du « tracteur gravitationnel » (utilisation de la faible masse d’un véhicule pour attirer l’objet hors de sa trajectoire), soit l’« impact cinétique » (un choc provoqué par un objet lourd lancé sur lui pour le faire dévier), soit de le faire exploser (avec une charge nucléaire), option de dernier recours.

Le groupe doit soumettre une liste de critères à prendre en compte, et surtout un choix de cibles potentielles pour mettre en œuvre une mission de démonstration ultérieure.

Il s’agit pour l’instant d’une démarche préliminaire, avec un financement modeste, assuré uniquement par l’Europe, mais avec la participation, au-delà d’équipes françaises, anglaises et allemandes (plus une espagnole), de groupes scientifiques américains et russes. Financé par la Commission européenne à hauteur de 4 millions d’euros pour une période de trois ans et demi, les treize entreprises et agences spatiales impliquées dans cet effort chercheront pour la première fois à établir une feuille de route pouvant être appliquée en cas de menace significative.

8000 « objets géocroiseurs » – ceux qui sont susceptibles de croiser l’orbite terrestre à courte distance de notre planète – sont actuellement recensés par les spécialistes, mais leur nombre augmente d’environ 70 par mois grâce à la mise en place récente de nouveaux instruments de détection, notamment à ondes infrarouges.

 

 L’IGMASS, pour voir l’espace avec les yeux du futur

Au cours de ces trois jours de conférence, une trentaine de scientifiques ont présenté les différents aspects du programme IGMASS et d’autres activités qui lui sont liées. Le professeur Anatoly Perminov, ancien dirigeant de l’Agence spatiale fédérale russe (Roscomos) et actuel dirigeant du Comité international pour la réalisation de l’IGMASS [2], a ouvert les débats.

Pour lui, la pierre angulaire de l’IGMASS est le développement des capacités de prévision en vue de pouvoir réagir rapidement aux menaces suivantes :

  • accidents industriels, désastres et catastrophes naturelles
  • activité solaire anormale, débris spatiaux et risques de collision d’astéroïde ou de comète
  • tremblements de terre, tsunamis, activité volcanique
  • incendies naturels
  • glissements de terrain, coulées de boue, avalanches
  • inondations et sécheresses
  • conditions climatiques extrêmes

Afin de prévoir ces phénomènes, un ensemble de paramètres doivent être observés et mesurés : 1) perturbations ionosphériques (partie supérieure de l’atmosphère ionisée par des gaz), 2) débris spatiaux évoluant en orbite terrestre basse, 3) vibrations de la croûte terrestre, 4) changements à la surface de la planète, 5) précipitations, niveau des mers, conditions atmosphériques générales, couverture nuageuse, entre autres.

Les nombreux systèmes d’observation développés par plusieurs nations permettront de mesurer ces paramètres, et, comme dit précédemment, l’ensemble des informations sera centralisé et analysé dans un centre de données de l’IGMASS.

 La Russie apporte tout son soutien à l’IGMASS

Alors qu’elle en étudie le concept depuis 2007, la Russie a commencé en 2012 à concevoir et tester un projet pilote limité du système. L’histoire et la nature de ce programme, ainsi que les premiers résultats de ce projet pilote, ont été présentés par le professeur Valery Menshikov, concepteur en chef de l’IGMASS et vice-président du Comité international pour sa réalisation.

C’est en septembre 2010 que le gouvernement russe a lancé ce projet, invitant un certain nombre d’officiels à « étudier la question de la création d’un Système aérospatial d’observation globale internationale [IGMASS], y compris les moyens nécessaires pour le réaliser ». Parmi eux, le bras droit du Premier ministre de la Fédération de Russie, l’Académie des sciences russe, ainsi que les ministères des Affaires étrangères, de l’Energie, du Développement économique et des Finances.

A l’exception du ministère des Finances, tous ont donné un avis favorable. L’Agence spatiale fédérale russe a également envoyé aux participants un « Plan des mesures très prioritaires pour 2010-2011 en vue de mettre en œuvre la proposition de créer le IGMASS ».

 I. Le progrès dans la prévision sismique

Le potentiel de prévision de l’IGMASS a été mis en valeur par les progrès enregistrés par des études en cours sur les signes précurseurs aux tremblements de terre, tsunamis ou éruptions volcaniques. On peut espérer que ces programmes permettront à l’avenir de sauver de nombreuses vies, si l’on peut lancer suffisamment tôt des alertes sur le moment, le lieu et l’amplitude potentiels d’une secousse sismique.

Ce point a aussi été souligné par le Pr Perminov dans son exposé [3], puis développé plus en détails dans quatre autres présentations dédiées à ce sujet.

Deux d’entre elles ont été faites par des représentants du Research Center for Earth Operative Monitoring (NTs OMZ, Centre de recherche pour la surveillance de la Terre), qui reçoit et analyse directement des données de satellites observant la Terre en permanence, et qui fonctionne comme une usine pilotée par l’entreprise Russian Space Systems [4] pour le compte de la Russian Federal Space Agency (Roscosmos). Parmi ses nombreuses missions, le NTs OMZ réalise des observations pour prévenir les feux de forêt, observe des comètes ou astéroïdes potentiellement dangereux, et dirige un nouveau programme de recherche sur les précurseurs sismiques.

Plus tôt dans l’année, un programme expérimental a été lancé au Centre, le Project ES SFM, ayant pour but de tester des capacités de prévisions sismiques en temps réel, sous la responsabilité de l’Académie des sciences et du ministère russe des Urgences. C’est en se concentrant sur des tremblements de terre de magnitude supérieure à 6.0, dans la région du Kamchatka, des îles Kouriles, des îles Sakhaline et du Japon, que le Centre a réalisé avec succès trois prévisions entre mai et septembre 2012. (Voir encadré 2)

Bien qu’il s’agisse d’une expérience en cours d’amélioration, ces premiers pas vers un véritable système de prévision ont été salués par N. N. Novikova, du NTs OMZ, lors de sa présentation sur le Projet ES SFM. Novikova a étayé les trois prévisions fournies au Conseil des experts de l’Académie des sciences russe.

Un autre représentant du NTs OMZ participant au Projet ES SFM, L. N. Doda, a donné un aperçu de la méthodologie utilisée pour la prévision des tremblements de terre. Cette méthode, qualifiée de « conception sismo-tectonique », se base sur l’interaction de nombreux facteurs : anomalies gravitationnelles de masses en mouvement, analyse spéciale de la couverture nuageuse sur un point local, mouvement des gaz à travers la structure de la Terre, interaction du champ magnétique solaire/interplanétaire avec le champ magnétique de la Terre, instabilité dans la rotation de la Terre, association des méridiens magnétiques avec les processus tectoniques, ainsi que les effets de l’activité solaire sur la Terre (« phénomène géo-effectif ») dans les déclenchements de tremblements de terre. Un grand nombre de satellites et de systèmes au sol surveillant ces processus sont utilisés par le Centre afin de produire des cartes mettant en évidence l’ensemble des précurseurs sismiques.

A partir de là, des critères spécifiques sont utilisés pour identifier les types d’activités représentant un avertissement sérieux d’un événement sismique potentiel, du lieu où il est susceptible de se produire et de son ampleur. Doda a passé en revue différents exemples des travaux réalisés au Centre. Lorsqu’ils ont des indications crédibles d’un événement sismique à venir, ils envoient une lettre au Conseil des experts (cf. ci-dessous une photo de ce type de lettre, avec sa traduction dans l’encadré 2).

Les jeunes chercheurs du LaRouche PAC ont impressionné le public en mettant en évidence les effets du soleil sur les processus sismiques de la Terre, soulignant la nécessité d’intégrer ces effets pour une véritable prévision. Le soleil connaît d’importantes variations d’activité ; la Terre et son champ magnétique subissent parfois d’intenses bombardements de matériaux projetés depuis l’atmosphère du soleil et sa surface. On sait, ou du moins l’on soupçonne fortement, que ces évènements solaires sont à l’origine des tempêtes géomagnétiques, des conditions météorologiques extrêmes et même de certaines conditions de santé de l’homme. Les études menées au NTs OMZ ces dernières années apportent des preuves solides établissant un lien entre certains tremblements de terre et l’activité du soleil. [5]

Dans la conception sismo-tectonique, la relation tremblement de terre/soleil se produit via le champ magnétique. D’une part, des études récentes réalisées au Centre indiquent que l’activité sismique peut être déclenchée par l’activité géomagnétique ; d’autre part, on sait depuis longtemps que l’activité solaire peut provoquer d’importantes fluctuations dans le champ géomagnétique (tempêtes géomagnétiques). S’il n’est pas le seul facteur à prendre en considération, il doit y être intégré afin de mieux comprendre les relations au sein de l’ensemble intégré comprenant la Terre, le système solaire et notre galaxie.

A la suite des présentations de Novikova et de Doda, Sergey Pulinets, du Russian Space Systems, a présenté son travail sur la structure théorique sous-jacente aux processus qui génèrent les précurseurs des tremblements de terre. Qualifiant ce phénomène de « modèle associant lithosphère/ atmosphère/ionosphère » (LAIC), Pulinets a démontré quelles étaient les relations et les mécanismes sous-jacents aux différents phénomènes pouvant précéder un événement sismique, et constituant ainsi des signes précurseurs.

Cela implique des émissions infrarouges (rayonnement de grande longueur d’onde, émis par la Terre lors de séismes), des nuages inhabituels qui précèdent les tremblements de terre et des variations dans l’ionosphère. D’après Pulinets, cet ensemble peut résulter des émissions de radon radioactif en provenance d’une faille active de la terre sur le point de s’ouvrir. Les effets ionisants de cette émission de radon de la surface terrestre rigide, sur l’atmosphère, et l’interaction qui en résulte entre l’atmosphère et l’ionosphère, produit cet ensemble de signaux précurseurs pouvant être détectés et utilisés afin de prévoir un futur événement sismique. (Voir encadré 2)

 Encadré 2
Quelques exemples de prévention de tremblement de terre

Le 1er avril 2012, le Centre de recherche pour la surveillance de la Terre, une unité pilotée par Russian Space Systems pour le compte de l’Agence spatiale fédérale russe Roscosmos, a initié un programme expérimental pour tester une nouvelle méthode de prévision des tremblements de terre.

Ce programme, baptisé Section expérimentale de surveillance des prévisions sismiques (Project ES SFM), a pour objectif de tester les capacités de prévision sismique en temps réel, en se concentrant sur des tremblements de terre de magnitude supérieure à 6.0 dans la région de la péninsule russe du Kamchatka, des îles Kouriles, des îles Sakhaline et du Japon.

Dès le 4 mai, le centre a émis une première alerte, prévoyant un puissant tremblement de terre avant le 16 mai au Japon. Trois séismes de magnitude 5,9, 5,9 et 6,5 ont eu lieu sur l’île de Honsh ?, la plus grande île du Japon, entre les 19 et 20 mai. Les prévisions qui ont suivi ont été en général plus précises en termes de localisation géographique et dans le temps, comme le montrent les trois rapportés dans le tableau suivant :

Prévisions du Centre de recherche pour la surveillance de la Terre
PrévisionRéalisation
15 juin 2012 : Prévision de la possibilité d’un puissant séisme entre le 20 et le 30 juin, pour le Japon et la péninsule russe de Kamchatka. Une lettre formelle a été enregistrée auprès du Conseil d’experts de l’Académie russe des sciences, le 15 juin 2012. [6] 17 juin 2012 : Séisme de magnitude 6,4 enregistré sur l’île de Honsh ?, Japon.

24 juin 2012 : Séisme de magnitude 6,1 enregistré sur la péninsule de Kamchatka.
6 juillet 2012 : Une prévision est enregistrée auprès du Conseil d’experts de l’Académie russe des sciences avertissant d’un « séisme d’une magnitude de 6,8 (±0,2) … sur Kamchatka … ou profondément dans la mer d’Okhotsk [située entre la péninsule et la côte continentale, ndlr] d’une magnitude plus élevée » plus probablement entre les 20 et 30 juillet 2012. La prévision indique aussi la possibilité d’un séisme au Japon.

18 juillet 2012 : Lors d’un symposium sur les désastres naturels, Sergey Pulinets avertit de « l’approche d’un séisme de magnitude 6 environ dans la région de Kamchatka-Kourile. Selon nos estimations, il doit arriver dans les 5 ou 6 jours ».
20 juillet 2012 : séismes de magnitude 6,1 et 5,8 à Kamchatka.
31 juillet 2012 : une autre lettre étendant la prévision du 6 juillet jusqu’au 17 août 2012 est soumise au même Conseil d’experts. 17 août 2012 : séisme de magnitude 7,7 enregistré dans la mer d’Okhotsk à une profondeur de 625 km.
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Figure 2.
Fac-similé de la lettre envoyée le 15 juin 2012 par le Centre de recherche pour la
Traduction :
« Ayez l’amabilité d’enregistrer la prévision suivante et de nous fournir une évaluation expertisée la concernant : un séisme de magnitude M6.5-7.0 (±0.2) est possible avant le 4 juillet 2012 dans l’une des zones potentielles, désignées sur la carte de prévision sismique ci-jointe sous forme d’ovales jaunes. Les dates probables ont été indiquées dans la légende de la carte par des notations correspondant aux endroits où les méridiens sismiques intersectent les zones indiquées. Il y a une forte probabilité d’un tel séisme de magnitude M6.0+ dans la zone japonaise et sur Kamchatka. (…) La carte de prévision pour juin 2012 et les indicateurs de nuages sismiques combinés vous ont été envoyés par courriel le 15 juin. » (Photo LAPC)
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Figure 3.
Exemple des cartes d’indicateurs compilées pour le Japon, retraçant l’évolution des données répertoriées pour divers types d’indicateurs. Les photos satellites montrent la couverture nuageuse pour les 9 et 10 juin à des heures différentes, les deux diagonales plus ou moins parallèles indiquent l’évolution des méridiens sismo-magnétiques pour les 11 et 16 juin (avec les prévisions de tremblement de terre indiquées à côté : du 25 juin au 2 juillet ± 2 jours et du 30 juin au 7 juillet ± 2 jours). Les lignes brisées représentent les frontières des plaques tectoniques. Les grands cercles indiquent l’évolution des magnitudes potentielles (ici de 6,9, 6,9, 6,4 ou 6,5 ou plus), les grandes ovales ou cercles pointillés, les zones menacées et le petit cercle, numéroté 1, l’endroit où le tremblement de terre prévu a effectivement eu lieu (dans ce cas, le 17 juin 2012 à 20h32, latitude 38,9, longitude 141,9 et magnitude 6,4). C’est en combinant ce type de cartes et de données en temps réel que l’on parvient à cerner des zones géographiques et périodes de temps plus probables, à partir desquelles on peut décider de lancer un avertissement. (Photo http://eng.ntsomz.ru)

 II. Défense planétaire contre les astéroïdes et les comètes

Un autre élément majeur de la défense planétaire abordé lors de la conférence fut la détection rapide et la défense contre des astéroïdes et comètes pouvant potentiellement représenter un danger. Ce type d’impact – une constante dans l’histoire de la Terre – constitue une source de préoccupation pour les milieux scientifiques et militaires au niveau international. Un tel événement se produira à un moment ou un autre, et nous disposons de la technologie pour défendre la Terre entière contre cette menace, mais seulement si nous prenons les mesures appropriées pour, tout d’abord, découvrir et repérer tous les objets susceptibles de représenter une menace, et ensuite, disposer d’un plan adéquat visant à modifier leur trajectoire. L’événement qui s’est produit en 1908 à Tungunska en Russie a suscité au sein de la communauté scientifique un très grand intérêt pour ce domaine de recherche.

Ce sujet a été pris à bras le corps le deuxième jour de la conférence par Sabit Sabit Sagitovich Saitgarayev, un représentant d’un des centres névralgiques de missiles et de fusées de Russie, l’Academician V.P. Makeyev State Rocket Center.

Pour commencer sa présentation, intitulée « Echelle de proximité pour la protection de la Terre contre des objets spatiaux dangereux, comme première étape du développement du système », Saitgarayev a passé en revue les informations disponibles sur la taille des astéroïdes et des comètes, leur fréquence et l’énergie libérée par leur impact. Evoquant ensuite les détections rapides (très en amont), il a préconisé de se concentrer sur la région située entre l’orbite de Vénus et celle de Mars, en essayant d’identifier les objets bien avant qu’ils n’atteignent la Terre. En conclusion, Saitgarayev a évoqué différentes méthodes pour empêcher un objet de toucher la Terre, faisant remarquer que son entreprise était capable de produire le système de fusée nécessaire à cette mission.

 III. Des fusées nucléaires pour détourner les astéroïdes

Alors que Saitgarayev se cantonnait au domaine des fusées propulsées par voie chimique, Anatoly S. Koroteyev, du Keldysh Research Center (une unité importante de Roscosmos), s’est penché sur les « problèmes de la propulsion spatiale », soulignant la nécessité de développer des systèmes nucléaires dans l’espace. (Voir encadré 3) Après un résumé de l’histoire des fusées nucléaires, il montra quelles applications potentielles on pourrait en faire pour se défendre contre les astéroïdes et les comètes. La densité de puissance disponible grâce au nucléaire permet des accélérations/décélérations en cours de vol (alors que les systèmes de propulsion chimiques se limitent à des trajectoires balistiques), améliorant la capacité de modifier la trajectoire des corps pouvant potentiellement entrer en collision avec la Terre.

Koroteyev nota que même les moyens électriques de base des systèmes satellites ont augmenté de manière logarithmique au cours l’ère spatiale et que nous avons déjà atteint les limites de ce que le chimique et le solaire peuvent fournir, ce qui milite de facto en faveur du nucléaire. Il a terminé sa présentation sur un bref aperçu des projets du gouvernement russe pour développer de nouveaux systèmes d’approvisionnement en énergie nucléaire, dans le cadre duquel ils prévoient de terminer une nouvelle fusée nucléaire en 2017.

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Figure 4.
Représentation des cinq « points de Lagrange » Terre/Soleil (non à échelle), endroits où les effets gravitationnels de la Terre et du Soleil atteignent une sorte d’équilibre. L4 et L5 sont connus comme des points stables, à l’intérieur desquels de petits corps, comme de petits astéroïdes ou des satellites artificiels, peuvent se maintenir en orbite. (Photo NASA)

D’autres intervenants ont ensuite passé en revue les capacités d’observation de l’homme dans l’espace. Des propositions spécifiques pour étendre nos capacités d’observation ont été faites par M. S. Chubey, du Pulkovo Observatory, près de Saint-Pétersbourg. Intitulé « Observatoire stéréoscopique orbital », la proposition de Chubey consiste à placer deux télescopes optiques identiques sur des orbites spécifiques autour du soleil, l’un se déplaçant en permanence en arrière de la Terre, l’autre toujours en avance (on parle des points de Lagrange 4 et 5, ou « L4 » et « L5 », cf. figure 4).

La distance importante séparant L4 et L5 fournirait une vue stéréoscopique de notre système solaire et au-delà, nous permettant d’estimer plus précisément à quelle distance se trouvent les astéroïdes et les comètes, et de déterminer s’ils sont susceptibles de frapper la Terre ou pas. Nous serions également en mesure de calculer à quelle distance se situent les étoiles alentour, en mesurant la parallaxe entre les deux observatoires différents.

 Vers une révolution mondiale

Cette conférence a montré les progrès révolutionnaires en cours dans différents domaines susceptibles de permettre à l’homme de se défendre contre certaines menaces. Mais pour atteindre les objectifs de l’IGMASS, la nécessité d’un changement politique demeure l’aspect primordial.

Deux points restent à préciser. Tout d’abord, cet événement de trois jours se déroulait en plein effondrement du système économique mondial, privant ces programmes primordiaux des ressources financières, physiques et humains nécessaires à leur réalisation.

Ensuite, le succès total d’un programme comme l’IGMASS ne sera possible qu’en faisant appel aux compétences scientifiques de l’ensemble des grandes nations du monde, y compris des Etats-Unis. Les capacités de la NASA, de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) et des militaires américains représentent des moyens considérables pouvant contribuer, avec celles de la Russie, de la Chine et d’autres nations, à doter l’humanité d’un système de défense efficace contre les menaces évoquées. Cependant, l’attitude actuelle des Etats-Unis envers la Russie et la Chine penche dangereusement en sens inverse.

Pour ces deux raisons, le cadre politico-stratégique et économique intitulé Initiative de défense stratégique (IDS), initialement proposé par Lyndon LaRouche dans les années 1980, et la récente offre russe de Défense stratégique de la Terre (IDT), prennent une importance cruciale. Sans les réformes économiques mondiales proposées par LaRouche, et sans changer la relation entre Etats-Unis, Russie et Chine, les objectifs sous-jacents à l’intention de l’IGMASS ne pourront jamais être atteints.

Pour bien saisir les implications de ce défi, il faut avoir une vision très large de l’histoire de l’humanité sur Terre et au sein du système solaire. Le passage à l’âge adulte de l’humanité, auquel il a été fait référence au début de la conférence, est l’impératif fondamental sous-jacent à la fois aux défis scientifiques et technologiques, ainsi qu’aux défis politiques, sociaux et culturels auxquels nous devons faire face.

Des nations ayant des histoires, cultures et structures politiques différentes peuvent-elles entreprendre une collaboration scientifique pour venir à bout des défis auxquels l’humanité fait face ? De grandes nations seront-elles capables d’en finir avec le règne d’un système oligarchique millénaire, actuellement incarné par l’hégémonie mondiale de l’Empire financier britannique et de ses alliés américains ?

Il est possible de relever ces défis, mais cela implique de revenir à une conception rigoureuse du pouvoir que l’humanité exprime dans l’univers, en tant qu’espèce créatrice unique. L’enjeu n’est ni plus ni moins que l’autoréalisation du rôle de l’Homme dans l’univers. Comme Lyndon LaRouche ne cesse de le rappeler dans ses écrits, ce qui empêche les individus de relever de tels défis est leur confiance erronée dans les reflets de la réalité qu’ils reçoivent de leurs perceptions sensorielles. L’appareil sensoriel de l’homme, de nature biologique, ne lui fournit pas une représentation fiable de la relation entre l’humanité et l’univers. Ce sont les capacités de l’esprit humain – d’une nature fondamentalement différente à son aspect biologique – qui permettent à l’homme de remplir son rôle en créant sans cesse des formes d’actions complètement nouvelles et d’une nature supérieure, au sein de l’univers.

Voilà qui est très bien illustré par le concept d’IGMASS, avec son développement continu et l’intégration de multiples variétés de systèmes sensoriels artificiels. Résultat des pouvoirs uniques de l’esprit humain, ces systèmes s’intègrent au sensorium artificiel étendu de l’humanité, accroissant la capacité de l’espèce humaine à appréhender, comprendre et changer l’univers – ce qui représente, en ce temps de crise, un impératif pour l’humanité.

 Encadré 3
La Russie met pleins gaz pour la construction d’un moteur de fusée à propulsion nucléaire

Le 25 octobre dernier, le quotidien russe Rossiskaya Gazetta et le site internet Russia & India Report rapportaient l’annonce du directeur de l’Agence spatiale fédérale russe Roscosmos concernant le développement, d’ici 2017, d’un prototype de moteur nucléaire d’un mégawatt ou plus pour les futures missions spatiales.

Les tests sur banc d’essai devraient commencer dès l’année prochaine à Sosnovy Bor, près de Saint-Pétersbourg. Le réacteur proprement dit sera construit par Rosatom, l’unité de propulsion spatiale par le Centre de recherche M. V. Keldysh [7] et l’ensemble du module de propulsion et de transport par la Société Energia.

Un budget de 17 milliards de roubles est prévu pour l’ensemble du projet sur la période 2010–2018.

Le principe de base du moteur à fission nucléaire était à l’origine, au cours des années 60, de chauffer de l’hydrogène à 3000 degrés en le faisant passer entre les tubes de combustible du réacteur, puis de le laisser s’échapper par une large tuyère afin de propulser la fusée. Plusieurs problèmes techniques ont conduit les Américains et les Russes à abandonner leurs efforts, notamment parce que les gaz d’échappement pouvaient être radioactifs en cas de défaillance du réacteur, et que la puissance espérée n’était pas au rendez-vous.

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Figure 5.
Le module de propulsion et de transport russe, avec à l’avant (en haut à gauche), le réacteur à fission nucléaire, à neutrons rapides et refroidi par de l’hydrogène en circuit fermé (température 1500°C et puissance thermique dégagée de 3,5 MW th), suivi d’une unité de conversion électrogène (puissance de 1 MW), puis de larges panneaux de refroidissement parcourus par des serpentins, et à l’arrière, les 16 moteurs électriques chauffant un autre fluide à l’état de plasma qui est éjecté vers l’arrière. Tout à l’arrière, le poste de commande. (Photo Rossiskaya Gazetta)

Dans une interview avec Rossiskaya Gazetta, le directeur du Centre de recherche M. V. Keldysh, Anatoly Koroteyev (également membre de l’Académie russe des sciences), explique qu’une autre approche a été conçue, à l’image des voitures hybrides qui génèrent d’abord de l’électricité avant de mettre les roues en mouvement. Koroteyev et son équipe cherchent à développer un générateur à fission nucléaire produisant de l’électricité pour un engin à plasma capable de développer une poussée vingt fois supérieure à celle d’un moteur chimique conventionnel.

Il ajoute que le « principal avantage est que le flux d’échappement sortant du nouveau moteur n’est pas radioactif puisque les substances utilisées dans le réacteur et dans le circuit fermé sont différentes ». De plus, explique-t-il, « cette méthode évite d’avoir à chauffer l’hydrogène à des températures extrêmes : la substance inerte utilisée dans le réacteur n’est chauffé que jusqu’à 1500 degrés. Et pourtant nous arrivons à obtenir une poussée non pas double, mais égale à vingt fois celle des moteurs chimiques ».
Koroteyev a soulevé la possibilité de voir naître, étant donné le vif intérêt des Américains et des Chinois, un programme de coopération internationale similaire à celui en cours pour la fusion nucléaire contrôlée, mais cette fois, pour un vaisseau spatial à propulsion nucléaire.



[1L’Agence spatiale nationale d’Ukraine, l’Institut de recherche spatiale de l’Académie des sciences d’Ukraine, l’Académie internationale d’astronautique, l’Académie russe des cosmonautes, l’Association internationale Znanie (connaissance) et la société Russian Space Systems.

[2Egalement vice-président de l’Académie internationale d’astronautique et concepteur assistant auprès du directeur général de la société Russian Space Systems.

[3Perminov a donné pour exemple le tremblement de terre T ?hoku au Japon, de magnitude 9.0, suivi d’un tsunami, ayant tué environ 15 000 personnes en mars 2011. A la suite de l’événement, les analystes ont étudié les données satellites, ainsi que les données provenant d’autres systèmes d’observation ; ils ont mis en évidence l’existence de plusieurs signes précurseurs indépendants les uns des autres, indiquant l’imminence d’un tremblement de terre de grande ampleur plusieurs jours avant qu’il n’arrive. Ceci avait par ailleurs été démontré par le Pr Sergey Pulinets, lors d’une interview sur LaRouche PAC TV, le 11 avril 2011, http://larouchepac.com/node/17944

[4Russian Space Systems est l’un des principaux promoteurs de la conférence pour l’IGMASS ; cette entreprise tient une place importante dans les capacités spatiales russes, par exemple dans le développement du système GPS russe, le GLONASS. L’entreprise a été créée à partir des bureaux d’étude qui représentaient le cœur du programme spatial soviétique.

[5Par exemple, voir « Possible Correlation between Solar Activity and Global Seismicity », par Jusoh Mohamad Huzaimy et Kiyohumi Yumoto, Proceedings of the 2011 IEEE International Conference on Space Science and Communication (IconSpace) July 12-13, 2011, Penang, Malaysia.

[7Le Keldysh Research Center est une entreprise publique opérant sous la direction de Roscosmos. Il s’agit de l’organisation de pointe de la Russie dans la domaine de la fabrication de fusées et de l’approvisionnement en énergie dans l’espace : développement, fabrication et test de différents types de fusées, systèmes d’alimentation spatiaux, générateurs d’impulsion de haute-énergie et accélérateurs de particules.

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