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Allez voir « The Big Short » !

La rédaction
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Dès 1995, lors de sa campagne présidentielle, Jacques Cheminade alertait ses concitoyens des risques inhérents à la spéculation financière. Vingt ans plus tard, après la fameuse crise dite des subprimes, Adam McKay réalise un film, adaptation du livre de Michael Lewis, The Big Short (en français : Le casse du siècle).

Par Alexis Rannou, Militant S&P

Film engagé, intéressant et bien réalisé, il met en scène les rares financiers qui, avant tout le monde, ont anticipé l’explosion de la bulle des subprimes, ces fameux prêts immobiliers accordés à des foyers insolvables, et adossés à des assurances censées couvrir les risques. La bulle éclata en 2007, lorsque les emprunteurs ne furent plus en mesure de rembourser.

Fiction ?

Une histoire bien sûr inspirée de la réalité. Loin d’être des héros, les personnages présentés cherchent tous à profiter du système, bien plus qu’à le dénoncer.

On note ainsi l’ambiguïté du dénommé Mark Baum (interprété par Steve Carell), gérant d’un fonds spéculatif. Présenté comme quelqu’un d’honnête, prenant son métier à cœur, il est approché par un certain Jared Vennett (Ryan Gosling), jeune loup de la finance, qui le prévient de l’imminence de l’effondrement et des juteux bénéfices qu’ils peuvent en tirer, en pariant contre les banques. D’abord interloqué, Baum mène son enquête. Il s’aperçoit qu’en effet, les banques ne comprennent rien à la fragilité de leurs propres produits financiers, les investisseurs ne veulent pas voir davantage, et les intermédiaires touchent des primes pour vendre ces prêts à haut risque, permettant par exemple à une strip-teaseuse d’acheter quatre maisons...

En bref, tous, du sommet à la base, ne veulent voir que la réalité qui leur plaît : celle du gain. Conscient de l’immoralité et du danger du système, Baum n’en finit pas moins par revendre les assurances qu’il a contractées, avouant lui-même que ce faisant, il devient comme ceux qu’il prétend condamner.

Michael Burry, interprété par le brillant Christian Bale, est quant à lui un personnage plus à l’aise avec les chiffres qu’avec les hommes. La dernière image le montrant est celle d’un homme inscrivant 1 200 000 000 $ de bénéfices sur le tableau blanc de son bureau. Pariant le premier sur l’effondrement du système en mettant en place un système d’assurance, il ne représente pas vraiment non plus un modèle de vertu.

Enfin, Ben Rickert (Brad Pitt) épaule deux jeunes financiers partis de rien, qui se réjouissent du krach à venir, y voyant la clé de leur future réussite. Bref, un quarteron de financiers des plus éclectiques, tous guidés avant tout par leur désir de richesse.

Mais c’est particulièrement la perfidie du système bancaire qui est pointée du doigt dans ce film. D’abord ignorantes, les banques cherchent ensuite à revendre massivement leurs prêts pourris, y compris à leurs propres clients, n’hésitant pas à mentir sur leur qualité. Avec cette assurance d’être too big to fail (trop grosses pour tomber), les plus grosses d’entre elles semblent être en dehors de toute considération pour la société, les faillites, le chômage et la misère générés par leurs actions. Le film rappelle d’ailleurs, chiffres à l’appui, que l’augmentation du chômage se solde par l’augmentation de la mortalité...

Que faire

« Que peut-on faire ? » : question posée par un couple de quadragénaires rencontrés par un militant de S&P, venu, à la sortie du film, à la rencontre des spectateurs afin de recueillir leurs impressions et leur faire connaître notre bataille. Car si la petite parenthèse « histoire fiction » évoquée à la fin du film reprend des mesures nécessaires et pour lesquelles nous nous battons depuis longtemps (séparation des banques selon le modèle du Glass-Steagall Act, mise en faillite ordonnée, nouvelle commission d’enquête type Pecora...), la question de l’engagement citoyen individuel, bien réel, et de ses possibilités, reste ouverte.

Aussi c’est à nous, à vous, lecteurs, de faire savoir que les moyens de combattre existent. Jeremy Corbyn en Angleterre, Lyndon LaRouche aux États-Unis, et bien sûr Jacques Cheminade en France, se battent pour un nouveau Glass-Steagall, une redistribution des cartes de la finance. C’est à chacun de nous de faire savoir que des solutions existent, d’interpeller nos élus, de partager ces idées. Car ce ne sont pas les quelques milliardaires (Bouygues, Bolloré, Lagardère...) qui se partagent 95 % des médias en France, qui diffuseront des informations remettant en cause un système, qui, visiblement, leur réussit plutôt bien...

Affaire Kerviel

En France, l’affaire Kerviel, à nouveau relancée, vient nous rappeler la folie de ce système. Selon des révélations récentes, sa hiérarchie était bien au courant de ses agissements et des positions particulièrement risquées qu’il prenait. Coupable, mais plus encore bouc émissaire, Jérôme Kerviel n’a fait que révéler la gestion financière désastreuse des grandes banques pour l’économie réelle . Et il n’est malheureusement pas une exception.

Pour l’anecdote, d’après le classement Oxfam, révélant que 62 individus possèdent à eux seuls plus que 3,5 milliards de leurs concitoyens, Jérôme Kerviel serait le plus pauvre du monde, avec un compte en banque de - 4,82 milliards d’euros. S’il fallait encore un exemple que tout ce jeu n’a aucun sens...

Aujourd’hui, loin de s’être améliorées, les choses ont au contraire empiré, et il se pourrait bien que les tourments d’un nouveau krach agitent très vite nos banques françaises, tout honorables qu’elles se disent. En Allemagne, la Deutsche Bank est soupçonnée de tricherie et se prépare à enregistrer une perte de plus de 6 milliards. La Royal Bank of Scotland (RBS), elle, enregistre 7 milliards de pertes. Au Portugal, c’est la Banco Espiritu Santo qui est tombée, des centaines de petits épargnants se trouvant ainsi lésés. En Italie, 4 banques ont fait faillite, entraînant le suicide d’un épargnant... La réponse du système à ces dégringolades en cascade ? Faire payer les déposants (Voir notre journal Nouvelle Solidarité n°1/2016).

Ainsi, ayons bien à l’esprit que ce film n’est pas qu’une simple fiction ; il est l’expression d’une réalité destructrice qui est à l’œuvre, et qu’il ne tient qu’à nous de combattre.

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