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Pensons grand pour offrir un futur à l’Afrique

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A la demande du magazine Poil à gratter ! (journal alternatif de la région bordelaise) Sébastien Périmony, un militant de S&P, a écrit cet article sur l’Afrique. Au moment où, faute d’infrastructures adéquates, le virus Ebola y fait des ravages, il est important d’offrir une autre vision de l’Afrique.

Solidarité & Progrès (S&P) est un mouvement politique fondé et présidé par Jacques Cheminade. Censuré par les grands médias privés et publiques, cet économiste avait anticipé la crise financière de 2008, et défend une vision rooseveltienne et planificatrice de l’économie. On pourrait volontiers dire que S&P est un parti qui devrait fédérer tous les ingénieurs et techniciens de France, du fait de son ancrage et sa foi dans la défense du progrès technologique actuel et futur. L’auteur de ce texte est quant à lui un remarquable conférencier militant pour S&P, qui s’est spécialisé sur le développement du continent africain. Spécialement pour Poil à Gratter !, Sébastien Périmony a accepté de nous faire une synthèse de quelques grands projets qu’il évoque dans ses conférences.

Un futur pour l’Afrique

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Comme l’écrivait Charles Sannat dans le précédent numéro de « Poil à Gratter ! » : « Nous devenons incapables d’avoir une vision aussi bien historique qu’une vision du futur ». Or, le problème lorsque nous avons un sens plus élevé de ce que devrait être la société dans laquelle nous vivons, nous devenons des « rêveurs » irresponsables ! Alors comment guérir cette maladie ?

Aujourd’hui, l’oligarchie financière de la City de Londres et de Wall Street, nous plonge dans un présent sans vision, une politique sans projets, une culture sans idées et dans le chaos et la barbarie de son monde de guerre permanente.

Alors sans vision du futur, sans projets, sans idées, nous finissons par accepter l’idée que le monde est « tel quel », que cela a toujours été comme cela, qu’ils sont trop puissants et donc nous trop petits ! A ce point des choses la partie est finie et la fête continue sur les yachts des 67 milliardaires français !

Mais venons en au sujet qui devrait tous nous passionner et être l’objet de toutes nos discussions : le futur, le futur, le futur ….. de l’Afrique.

Je remercie Poil à Gratter ! de me donner l’occasion de parler de ce sujet, car dans toutes les conférences sur l’Afrique auxquelles on peut participer, il n’est question que de l’âge des ténèbres dans lequel l’a plongé le monde transatlantique : génocide et viol de masse en République Démocratique du Congo, famine et analphabétisme partout, projet de balkanisation et coup d’état organisés par l’occident, pillage des matières premières et accaparement des terres, fascisme monétaire avec le Franc CFA, etc, etc, etc. Horrible me direz-vous, et je vous répondrai que non. Il s’agit de la conséquence logique d’un constat que peu d’entre nous osent faire : l’Afrique est toujours une colonie et nous-autres des colonisateurs !

Nous devons donc mettre au cœur de toutes les discussions internationales le développement réel du continent africain, comme un impératif moral, un but commun de l’humanité .. Nous présenterons ici rapidement un échantillon de projets, tant attendus mais jamais réalisés, qui feront demain de l’Afrique le lieu où aura germé une nouvelle conscience internationale basée sur la paix par le développement mutuel.

Une ironie de l’histoire

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JFK et l’ex Président du Ghana Kwame Nkrumah

Pour la plupart des « alter-mondialistes » le monde est aujourd’hui contrôlé par « l’empire américain ». Mais il est un paradoxe qu’il faut quand même soulever si l’on veut comprendre ce que Jacques Cheminade a dénoncé lors de sa dernière campagne présidentielle : l’Empire britannique.

Historiquement les États-Unis ont été fondés à l’issue d’une guerre contre cet empire britannique et aujourd’hui encore la City de Londres et son réseau de paradis fiscaux contrôlent plus de 80% de toute la finance mondiale (financement du terrorisme et blanchiment de la drogue).

Mais arrêtons-nous sur un exemple plus récent : John Fitzgerald Kennedy. Lors de sa campagne présidentielle entre 1959-60, est entré en contact avec Sékou Touré, premier président de la République de Guinée, avec lequel il a échangé sur l’avenir de l’Afrique.

Le 8 mars 1961, le premier chef d’état en exercice à avoir été reçu à la Maison Blanche ne fut autre que Kwame Nkrumah, Président Ghanéen et père du nationalisme africain. Il avait été le premier à libérer son peuple de l’empire britannique en 1957, exemple qui a inspiré ensuite Sékou Touré contre l’empire français.

Ces leaders comme Nkrumah, Lumumba, Sankara, Olympio avaient déjà en tête tous les projets dont nous allons parler ensuite. Mais revenons à l’entrevue avec Nkrumah. Ayant vécu aux Etats-Unis pendant la période de Franklin Delano Roosevelt, il connaissait donc bien le « new deal » et voulait s’en inspirer pour lancer la construction de grands projets dans son pays. Un accord a donc été signé pour la construction du plus grand barrage jamais construit à l’époque en Afrique : le Barrage d’Akosombo. Le projet fût achevé en 1966. Kennedy avait déjà été assassiné et la semaine suivant l’inauguration du barrage, Kwame Nkumah allait être chassé du pouvoir par… l’empire britannique.

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Projet de pont polyvalent reliant Kinshasa à Brazzaville dont rêvait Patrice Lumumba

Maintenant le futur

Il est triste que la dynamique qui avait été lancée dans les années 1960 n’ait pu aboutir à cause d’une série d’assassinats politiques (Kennedy, Lumumba, Martin Luther King, Sankara et bien d’autres). Le but n’était autre que d’imposer un nouvel empire, dans lequel tous ceux qui se battent pour le droit des peuples à disposer d’eux mêmes soient écartés. Même si ce n’est pas le sujet ici, il est facile de démontrer que le Franc CFA et l’Euro sont un seul et même outil de domination pour supprimer la notion de souveraineté nationale comme les excellentes conférences en ligne du Professeur Agbohou sur internet permettent de le démontrer.

Mais concentrons-nous sur ce qu’il nous reste à faire. Il existe un très grand nombre de projets infrastructurels et industriels pour permettre une vraie renaissance de l’Afrique et dont la plupart d’entre nous (européens et africains) n’avons jamais entendu parler !

Il faut voir et donner à voir l’Afrique avec les yeux du futur.

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Le projet Transaqua, un poumon d’eau en plein coeur de l’Afrique

Aujourd’hui le lac Tchad s’évapore inexorablement. 315000km² au paléolithique, 25000 km² en 1964, 2500km² en 2008, à peine plus aujourd’hui ! Un projet existe pour revitaliser le lac mais la commission du bassin du lac Tchad (CBLT), créée en 1964, n’est qu’une coquille vide et rien n’a jamais été mis en œuvre pour contrer ce phénomène.

Le projet Transaqua a été proposé pour la première fois en 1982 et une étude a été réalisée en 1985 par une société italienne (Bonifica). Il s’agit de transférer environ 100 milliards de m³ d’eau douce depuis le bassin du Congo (de toute façon perdue car allant dans la mer), qui ne représente que 5% de son débit, par un canal de 2400km allant du Kivu et passant par la République centrafricaine, pour rejoindre le fleuve Chari afin d’alimenter le lac Tchad.

Ainsi se re-développera un milieu de vie qui permettra de rendre complémentaire les activités de pêche (création de fermes halieutiques), d’agriculture (extension des cultures maraîchères) et d’élevage (couloir de circulation pour le bétail en évitant la désertification qui pousse les éleveurs vers le Sud). C’est un vrai poumon d’eau qui naîtrait au cœur de l’Afrique pour tous les pays alentours : Tchad, Cameroun, Nigeria, Niger, Centrafrique.

Il est aussi important de noter que le long de cette nouvelle autoroute maritime de 2400 km, pourraient se développer des milliers de km² de zone irriguée permettant de sortir de la logique d’une économie exclusive de l’exportation imposée par le FMI. La RDC serait donc aussi partenaire de cette Renaissance.

La grande muraille verte : maîtriser le désert !

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Ce projet de reforestation concernerait les pays suivants : Sénégal, Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Nigeria, Tchad, Soudan, Éthiopie, Érythrée et Djibouti. C’est Thomas Sankara, qui, quelque temps avant sa mort lança le premier ce projet (conférence de SILVA sur l’arbre et la forêt, 1986).

Il fut en effet le premier président africain à sensibiliser la population au problème de la désertification, lançant une campagne massive de reforestation sous le slogan : Un village un bosquet. C’est ainsi que des millions d’arbres ont été plantés aux pays des hommes intègres. La construction d’une ceinture verte autour de la ville de Ouagadougou avait même commencé. Toutefois le capitaine Sankara avait de plus grandes ambitions pour le développement de son continent et démarchait déjà les pays riverains du Burkina Faso pour la réalisation d’une grande ceinture verte transnationale. Projet connu aujourd’hui sous le nom de Grande muraille et promu par « Agence panafricaine de la grande muraille verte » mais qui reste malheureusement une coquille vide !

Cette muraille verte devrait relier Dakar à Djibouti sur une distance de 7 000 km de longueur et 15 km de largeur. Au delà du fait d’atténuer les effets de la désertification, on pourra par une approche de développement intégré créer un ensemble d’activités agro-sylvo-pastorales génératrices de revenus et d’emplois pour tous les pays concernés.

La reforestation est un enjeu majeur pour l’avenir de l’Afrique du Nord. Car la raréfaction des ressources causée par l’avancée du désert, engendre de manière inéluctable des conflits entre éleveurs transhumants, agriculteurs, pécheurs, sédentaires et nomades.

Ce projet aura comme première conséquence de créer une zone de développement agricole pour les populations environnantes. Et pour une fois, un mur ne sera pas créé pour séparer les individus et les peuples mais pour les réunir autour d’un projet utile à tous.

Le projet AFRICARAIL et des chemins de fer transcontinentaux

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L’AFRICARAIL est un programme d’interconnexion ferroviaire ouest-Africain, qui a vocation à relier Le Niger, Le Burkina Faso, le Togo, le Bénin et la Côte d’Ivoire

La première phase du programme devrait permettre de réaliser les liaisons entre Parakou (Bénin), Niamey (Niger) et Kaya (Burkina Faso), sur une longueur de 1300 km, pour un coût de construction de 1,5 milliard de dollars. Le but est de désenclaver les pays de l’intérieur sahélien (Burkina Faso, Niger) et des régions limitrophes (Sud-Est du Mali et Nord-Ouest du Nigeria), formant ainsi une zone économique de cinquante cinq millions d’habitants. Ce désenclavement permettra d’exploiter les ressources agricoles et minières de l’intérieur, développer l’industrie et les échanges commerciaux et enfin assurer une desserte ferroviaire entre les ports de Lomé et de Cotonou.

Le projet AFRICARAIL aura donc pour ambition de favoriser la fluidité du trafic entre les pays de l’hinterland. Mais malgré les conférences sur l’avenir du chemin de fer en Afrique, se déroulant chaque année dans un luxe parfois indécent, les projets eux, restent, souvent dans les placards !

A ce projet s’ajoutera, dans l’élan, les liaisons historiques de Tripoli à Cape Town, de Dakar à Djibouti et aussi la liaison Lagos-Mombasa (6200km) pour ne citer que les plus prioritaires.

Nous pourrions aussi parler...

  • Du projet Lumumba pour la RDC, avec une base infra-structurelle (trains, barrages, électricité) dont l’œuvre majeure serait la création d’un pont entre Kinshasa et Brazzaville, rêvée par Lumumba et mise en musique dans la célèbre chanson de Franklin Boukaka.
  • Du projet Faguibine qui consiste en l’aménagement des cinq lacs au nord du Mali, permettant de créer près d’un million d’hectares de terres cultivables et faire du Mali le « grenier à riz » de l’Afrique de l’Ouest.
  • Du projet du canal de Jongleï : la construction d’un canal de 360 km (abandonné à cause des guerres au Soudan) afin de supprimer les marais et les moustiques et permettre la culture des terres arables.

Mais l’espace me manque… J’invite donc tous ceux qui en ont assez de se plaindre du présent, à nous rejoindre dans notre bataille d’un futur que nous défendons au sein de Solidarité & Progrès. Un futur qui s’oppose au monde de l’argent, pour celui du travail humain au profit des générations futures.

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Extraits des statuts - Article 2 - Objet