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D’un monde fermé à un monde ouvert : l’impératif extra-terrestre

1. L’impératif extra-terrestre

L’impératif extra-terrestre est une force conduisant la croissance naturelle de la vie terrestre au-delà de ses limites planétaires. Elle fait intégralement partie, en tant que telle, d’une tendance manifestement expansionniste et orientée vers la croissance de l’évolution de la vie. Cet élan a conduit la vie à croître à partir de commencements infinitésimaux jusqu’à une force englobant et transformant la planète entière à travers sa Biosphère.

Plus fondamentalement, l’Impératif extra-terrestre exprime un « message premier », un impératif primordial, inhérent à l’essence même de l’univers, conduisant l’évolution de la matière de ses formes les plus simples (particules élémentaires) aux structures les plus complexes (le cerveau intelligent). Une vaste quantité d’énergie cosmique est relâchée par la matière stellaire dans la phase initiale de ce processus – la transformation de l’hydrogène en hélium et en éléments plus lourds – puis fixée lors des phases subséquentes, impliquant la formation et l’évolution de la matière vivante.

Par ces racines, il est possible d’identifier l’Impératif extra-terrestre comme un principe de base pouvant être dérivé d’une interprétation et d’une généralisation cohérentes de phénomènes récurrents communs aux processus évolutifs.

L’Impératif extra-terrestre revêt une signification très concrète pour nous. Il apporte une solution durable au problème croissant consistant à maintenir les coûts sociétaux, c’est-à-dire humains et biologico-environnementaux, des aspirations et des niveaux de vie de l’humanité moderne dans des limites acceptables. Il nous donne également une orientation rationnelle et cohérente dans le dédale des événements passés et présents, et par conséquent une approche féconde à un moment où l’humanité se trouve à la croisée des chemins. La route de l’évolution sur cette planète est pavée de plusieurs crises. Ainsi, toute avancée majeure a été précédée, déclenchée ou rendue possible par une crise. Toute crise n’engendre pas cependant une avancée. Le prix à payer pour avoir failli au test posé par une crise est la mort.

Chaque crise majeure apparaît, si elle est prise en dehors de ce contexte plus large et évaluée dans un cadre temporel plus restreint, comme insoluble, suggérant même souvent que des limites fondamentales à une évolution croissante et à de nouvelles avancées ont été atteintes ; alors qu’en réalité nous ne sommes confrontés qu’à une simple transition d’un cadre de référence existant vers un cadre plus large. En d’autres termes, les phases de transition dans un processus en croissance tendent à donner l’illusion « d’optique » d’une limite à la croissance.

En lien avec ce phénomène, des conceptions de limites à la croissance sont largement répandues aujourd’hui. Les analyses présentant l’actuelle situation de l’humanité en dehors de ce contexte élargi sont légion. Par conséquent, les réactions aux exigences immédiates et aux signes manifestes de transition de notre civilisation industrielle ont produit un labyrinthe d’interprétations divergentes ou franchement contradictoires. Elles engendrent le doute envers l’avenir. Elles encouragent l’éruption de prédictions de fin du monde dont les messages, lorsqu’ils sont en partie informatisés, impressionnent les descendants de l’âge des Lumières que nous sommes comme les prédictions apocalyptiques effrayaient les esprits d’une ère plus simple.

Aujourd’hui comme alors, ces messages impliquent ou promeuvent une impuissance à faire face à ce qui nous attend, à défaut d’une soumission brutale aux diktats d’une menace nous sommant d’abandonner ce progrès si durement gagné. Sous peine de... (K. Ehricke vous laisse imaginer !)

Aujourd’hui comme alors, ces messages engendrent la culpabilité ou un repli sur soi. Choqués par la prétendue inéluctabilité d’un futur effrayant qui n’est pas du tout inévitable, les esprits se retirent d’un présent incompris pour se réfugier dans un passé nostalgique et glorifié qui n’a jamais existé.

Il devient de bon ton d’assujettir le progrès à une attitude cynique et pessimiste qui est beaucoup plus dangereuse pour l’avenir de de phénomènes récurrents communs aux critique de ses manifestations plus superficielles par notre génération. Ici encore, on a tendance à voir l’homme comme étant incorrigiblement mauvais, ou du moins comme hautement suspect, comparé à quelque noble entité dotée d’une bonté innée – et là où Dieu n’est plus une référence universelle il reste l’environnement naturel, la nature sauvage, « non souillée », comme pureté contrastante à laquelle tout complexe de culpabilité doit nécessairement se référer.

L’on assiste en conséquence à une prolifération de demandes pour changer la « nature humaine ». Certains souhaitent y arriver en retournant à des sociétés soumises à un contrôle rigide – et il s’agit bien là d’un retour, puisque ce sont les structures sociétales les plus anciennes, taillées sur des modes de comportement rudimentaires et des conditions socio-économiques primitives. D’autres préfèrent l’« engineering social », un terme rassemblant une large palette de méthodes par lesquelles on prétend, ou espère, entraver ou contrôler l’esprit humain. Elles vont de la manipulation comportementale raffinée à la simple lobotomie – l’ablation chirurgicale des lobes frontaux du cerveau. Du point de vue d’une saine société, ces pratiques ne peuvent être interprétées que comme symptômes d’une fatigue culturelle extrême et d’une capitulation devant ce qui semble être un futur ingérable, et par conséquent catastrophique. Il s’agit de la vieille illusion de sécurité offerte par la fuite devant ses responsabilités.

Une telle volonté d’en finir, une telle crise peut-elle s’abattre sur une société si vite après cette Renaissance qui nous a apporté la liberté, l’humanisme, l’entendement et la connaissance au-delà des rêves les plus fous de ceux qui avaient fait les premiers pas hors de la noirceur médiévale il y a cinq siècles ? Peut-être, mais pas nécessairement. Les sociétés saines, celles qui refusent de céder aux chants mortels des sirènes de la non-croissance, seront en mesure de résister à cette sensation de couler. Elles vont hériter du futur. En fait, soit nous croissons et surmontons nos problèmes, ou nos problèmes vont aller croissant et nous submerger.

Une société se prétendant éclairée et en possession de la connaissance et des moyens de vérifier les faits et leurs conséquences peut-elle ignorer les besoins de milliards d’individus qui n’ont pas encore franchi le pas de la révolution industrielle et de ceux qui vont naître au cours des cent prochaines années ?

Notre sens de la réalité peut-il être perturbé au point de nous aveugler face aux conséquences économiques, industrielles et environnementales de tels besoins ? Le discours sur la non-croissance et l’équilibre dynamique ignore ou esquive ces faits fondamentaux et leurs conséquences. Il fait de la myopie, de l’indifférence ou de l’incapacité à trouver une réponse valable une vertu illusoire. Il produit un type de préoccupation anti-social pour l’environnement et contient, ironiquement, les germes d’une vaste destruction environnementale, parce qu’une humanité qui souffre d’un manque de progrès technologique et d’accroissement vital de sa productivité détruira l’environnement dans un paroxysme de crises mortelles.

Ce discours encourage également une attitude qui ronge la volonté et la capacité à travailler dans le but réaliste d’atteindre un équilibre dynamique d’ici un siècle. Ceci demandera une confiance, une force, un engagement pour l’excellence et un dévouement pour les principes de liberté, de dignité et d’entendement. En d’autres termes, ceci demande un ensemble très différent d’idéaux sociaux, basé sur une mentalité disciplinée orientée vers la résolution de problèmes, ainsi que sur l’audace.

Ce livre est objectif mais pas impartial. Il parie sur le fait que l’humanité rencontrera, sur sa route, bien plus de réussites que de problèmes. En fait c’est ce qu’il compte principalement démontrer. Le corollaire est que vu l’énormité du problème, les bienfaits gigantesques qu’on pourrait en tirer valent bien nos efforts. En résumé, ce livre se propose de répondre au besoin de surmonter l’opposition croissante entre la qualité environnementale et écologique d’une part, et la croissance économique d’autre part, de manière à transmettre sans aucune entrave ce précieux héritage de progrès et de réussites à nos enfants et aux générations futures, afin qu’ils en soient renforcés comme gardiens de leur droit le plus sacré, c’est-à-dire le droit à la croissance et à l’accomplissement de soi.

Traduction de Benoit Chalifoux

par Krafft Ehricke et Elizabeth Miller

Chapitre d’introduction d’un livre écrit en 1971, un an avant la publication du rapport Limite à la croissance du Club de Rome. Ce livre n’a malheureusement jamais été publié.