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Spéculateurs et géopoliticiens à l’unisson contre la Chine

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Une communauté de pensée contre la Chine émerge désormais entre The Economist, l’UE et l’ultra-droite américaine. Espérons que lorsque les « grands » esprits se rencontrent... les naïfs puissent y voir plus clair. Le rouleau compresseur médiatique déployé en Europe et en Occident en général prive les citoyens de savoir combien le projet de Nouvelle Route de la soie lancé par la Chine transforme d’ors-et-déjà le monde, et surtout comment il peut potentiellement changer, chez nous, notre vieille société gangrenée par le court terme financier et son corollaire, le pessimisme.

Malgré cette chape de plomb, de plus en plus de pays européens, comme la Roumanie, la Hongrie, la Grèce, ou encore l’Italie et l’Espagne, se tournent vers la Chine, conscients que c’est là que se joue l’avenir. Plusieurs de leurs dirigeants ont participé en mai dernier au Forum international de « l’Initiative de la ceinture et de la route ». Le président Trump, contrairement aux attentes, multiplie les déclarations amicales envers la Chine, depuis sa première rencontre avec le président Xi Jinping en avril. Il a même manifesté de l’intérêt à l’idée que les États-Unis puissent rejoindre l’initiative chinoise. En France, lors du forum sino-européen sur la Route de la soie, qui s’est tenu le 15 septembre à Paris, Jean-Pierre Raffarin a lancé : « Il faut prendre au sérieux ce projet historique pour lequel l’Europe est concernée au plus haut point et ne pas avoir peur de la discussion ».

La réaction des gardiens du temple ne s’est pas fait attendre. Ainsi, il devient de bon ton de désigner la Chine comme la source de tous nos maux. L’exemple récent étant Alstom, qui se fait racheter – pardon, « fusionner entre égaux » – par Siemens, parce qu’il faut faire face à la concurrence chinoise, nous explique-t-on. A la Commission européenne, on parle de mettre en place un mécanisme pour contrôler les investissements chinois qui, comme tout le monde le sait, font une razzia sauvage sur nos terres et nos entreprises, venant concurrencer nos amis Saoudiens, Qataris ou autres fonds vautours anglo-saxons, qui font eux aussi une razzia, mais celle-ci civilisée, comme en témoigne le dépeçage de la filière nucléaire d’Asltom par General Electric, grâce au chantage éhonté du Département de la justice américaine...

Dans ce contexte, le magazine The Economist – qui est en Grande-Bretagne le porte-voix des intérêts de l’oligarchie financière de la City – appelle l’Europe et les États-Unis à s’engager davantage dans une guerre économique contre la Chine. En effet, la Une de son édition du 23 septembre présente un gros panda tirant ses cartes du jeu (une carte cachée dans sa manche), avec pour titre « Does China play fair ? » (La China joue-t-elle de façon équitable ?). Dans un style typiquement britannique, l’éditorial remarque que « ceux qui dépeignent l’entrepreneuriat chinois comme anti-démocratique, comme un monstre contrôlé par l’État, trichant et pillant tout sur son passage, sont grossiers et surtout ont un train de retard ». Aujourd’hui, il faut savoir être plus sophistiqué dans notre guerre contre la Chine, expliquent-ils.

La Chine est selon The Economist coupable de « vol flagrant de propriété intellectuelle » ; c’est de cette façon qu’elle a pu devenir ce qu’elle est aujourd’hui, s’emparant de nos secrets industriels et nucléaires. Le principal problème est « la compétition inéquitable, les pratiques brutales contre lesquelles il n’existe aucune règle globale ! » La Chine exige que les entreprises investissant en Chine partagent leurs technologies et soient sujettes à la loi pénale chinoise, alors qu’elle a le culot de « restreindre l’accès aux secteurs lucratifs ! » Ceci est « dangereux précisément en raison de l’absence de règles ». D’où la nécessité pour « l’Amérique, l’Europe et les grands pays asiatiques » de se réunir afin de bloquer la Chine et de la forcer « à changer sa politique et à contrôler ses investissements ».

De son côté, l’ancien conseiller stratégique de Donald Trump Steve Bannon, proche de l’extrême-droite américaine, multiplie depuis sa démission les sorties contre la Chine, dans le but de pousser Trump dans une guerre économique avec elle, en prétendant que les États-Unis n’ont rien à gagner à rejoindre les Nouvelles Routes de la soie.

Un article paru le 28 septembre dans Bloomberg Businessweek, intitulé « Bannon de retour s’attaque à la Chine », raconte que « de Birmingham à Beijing, l’ancien stratège de Trump (…) met en garde contre le transfert forcé des technologies et de l’innovation américaines vers la Chine ». On apprend que Bannon s’est rapproché d’Henri Kissinger et qu’il envisagerait avec lui de « tirer la sonnette d’alarme par rapport à la principale menace économique de l’Amérique : la Chine ». Bannon estime que « la disposition historique de la Chine vis-à-vis de ses partenaires commerciaux repose sur l’exploitation et le pillage. Elle considère que les barbares doivent devenir des États tributaires ».

Helga Zepp-LaRouche, lors d’une conférence le 30 septembre à New-York, a montré que la campagne de Bannon représente un véritable danger, d’autant plus qu’elle coïncide avec celle menée par les réseaux d’Obama et d’Hillary Clinton, ainsi que des néoconservateurs du côté des Républicains, qui veulent à tous prix empêcher Trump de rapprocher les États-Unis de la Russie et de la Chine. « Le facteur Bannon (…) est stratégique », a-t-elle déclaré, « et nous devons tout faire pour contrer cela, car la connaissance ou la perception de ce que la Chine accomplit est complètement erronée ».

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