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Pourquoi il va falloir changer de lunettes pour comprendre le « monde post-occidental » qui vient de naître

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Plus que jamais, un abîme semble se dresser entre l’univers médiatique avec son bruit, ses images choc et son enfer des petites phrases tweet, et l’univers de la diplomatie dont la musique beaucoup plus moderato parvient plus difficilement aux oreilles du grand public.

Les attentats en Catalogne succèdent aux violences de Charlottesville, lesquelles avaient succédé aux tensions entre Trump et Kim Jong-un, sans transition, induisant dans les esprits la perception d’un monde extérieur hostile, dominé par des dirigeants fous, la fuite en avant et la violence aveugle.

Pourtant, des pas décisifs ont été franchis pour résoudre la crise coréenne. Suite à la proposition sino-russe de « double gel » (geler du programme balistique et nucléaire de la Corée du Nord contre gel des manœuvres américano-coréennes), Kim Jong-un a annoncé qu’il mettait sur pause son plan d’attaque sur le territoire américain de Guam, dans le Pacifique ; pendant ce temps, des pourparlers ont lieu en arrière-plan entre les membres du Groupe des 6 (Russie, Chine, Japon, États-Unis, Corée du nord et Corée du sud). Comme l’a remarqué auprès de l’agence russe Tass Alexander Zhebin, le directeur du Centre des études coréennes à l’Institut des Études d’Extrême-Orient de Moscou, la décision du dirigeant nord-coréen est considérée comme « un moratoire de la Corée du nord sur son programme de lancement de missiles balistiques intercontinentaux. (…) C’est un signal pour Washington, rendant clair le fait que Pyongyang est prêt à chercher un compromis, faisant le premier pas dans cette direction ».

Malgré cela, le Pentagone a répété que les États-Unis vont bien procéder aux exercices militaires avec la Corée du sud prévus pour le 21 août. Le directeur adjoint du quotidien China Daily Chen Weihua a trouvé « regrettable » le fait que les États-Unis réclament l’aide de la Chine, mais « refusent la proposition de ’double gel’ faite par Beijing. Pourquoi ne pas essayer ? Les États-Unis eux-mêmes devraient être prêts à faire davantage de compromis en tant que superpuissance ».

Julian Assange réfute le Russiagate

Le député républicain Dana Rohrabacher, qui a relayé la semaine dernière le rapport des VIPS réfutant la thèse du hacker russe, et qui soutient la politique de Trump visant à normaliser les relations avec la Russie, a rencontré mercredi le dirigeant de Wikileaks Julian Assange, réfugié à l’ambassade d’Équateur à Londres. Il a fait savoir par la suite que Assange lui avait fourni des éléments supplémentaires prouvant que ce n’était pas la Russie qui avait fourni les courriels du Parti démocrate à Wikileaks, et qu’il allait lui en donner davantage dans les prochains jours. Rohrabacher compte les rendre publics dès qu’il les aura apportés directement au président Trump.

Quand The Nation couvrait les Routes de la soie chinoises

Il s’avère que le journaliste Patrick Lawrence, dont le quotidien de la gauche progressiste The Nation a publié le 9 août une large couverture sur le mémo des VIPS, avait couvert le sommet de Beijing sur les Nouvelles routes de la soie, qui s’est déroulé les 14 et 15 mai dernier.

Son analyse en profondeur apporte une lumière supplémentaire sur la colère du Washington Post – porte-voix de l’oligarchie – contre The Nation, en réaction à l’article de Lawrence sur les VIPS en particulier, et en général contre le fait que le journal se tienne en retrait de l’hystérie anti-russe ; elle est également révélatrice d’un certain niveau de conscience dans certains milieux institutionnels américains, qui considèrent le monde autrement qu’à travers le prisme de l’impérialisme occidental.

Cet article, publié le 16 mai dans The Nation, s’intitule « Comment la Chine construit le monde post-occidental – le projet ’Une ceinture-une route’ de Beijing pourrait être le plus grand plan d’infrastructures jamais réalisé dans l’histoire humaine ».

Pour Lawrence, la Chine et Xi Jinping sont en train de « construire – sur le terrain en même temps que dans les livres d’histoire – quelque chose qui ressemble à un nouvel ordre mondial. (…) Comme le dit Vladimir Poutine, qui semble posséder un sens aigu de l’histoire, cela représente la première, la seconde et la troisième raison de le détester et de le craindre. Et il en est de même pour des alliances comme les BRICS... » Face à cela, les occidentaux ont généralement quatre différentes façons de réagir : « soit ils l’ignorent complètement, soit ils le rejettent en prétendant que cela ne marchera jamais, soit ils le réduisent à une initiative bassement intéressée ou à une volonté de domination », explique Lawrence. Obama s’est quant à lui manifesté en refusant de rejoindre la BAII (Banque Asiatique des Investissements en Infrastructures), « à travers une arrogance stupide dépassant l’imagination ».

Pour Lawrence, le projet de Nouvelle Route de la soie proposé par la Chine devrait être l’occasion de se demander : « Quand a-t-on pour la dernière fois construit un chemin de fer au Laos ? (…) Pensez à ce qu’un siècle de liens fraternel avec les États-Unis ont apporté aux Philippines : la pauvreté, la prostitution, la drogue, le crime, le désespoir... Ne vous demandez pas pourquoi le président Duterte préfère passer son temps à Beijing – comme les Malaisiens, les Thaïlandais, les Vietnamiens... La Chine voit un avantage dans la prospérité des autres (…). Les critiques occidentales contre le plan ’Une ceinture, une route’ de Xi Jinping doivent être comprises comme un miroir. » Le modèle chinois doit-il fatalement singer les méthodes impériales occidentales, et imposer son idéologie sur les autres peuples ? « Structurer les prêts et les projets de développement afin de servir la domination de la Chine ? Avec des conditionnalités similaires aux occidentaux ? Cultiver la corruption pour gagner en influence ? Utiliser la menace d’intervention ? Toutes ces critiques ne font que refléter la vision et la politique occidentale, les États-Unis en étant depuis 1945 le praticien le plus accompli. »

Rappelant « les cinq principes centrés sur la non-interférence mis en avant par Zhou Enlai et Nehru à la conférence de Bandung en 1955, et que le président Xi a quasiment récités à Beijing », Patrice Lawrence conclue son article en affirmant que « les Chinois se voient eux-mêmes comme un peuple non-occidental. (…) De nombreuses personnes, trop ancrées dans l’idéologie occidentale et ses axiomes, sont mal à l’aise à l’idée que des nations tel que la Chine puissent mettre fin à des siècles d’hégémonie atlantique. Le défi est de comprendre qu’il existe des approches alternatives (…), d’autres idées de la démocratie, de la place de l’État et de l’individu dans la société, de la valeur des biens publics, des limites des marchés, etc. Le développement en tant que liberté, comme le dit Amartya Sen dans un livre paru au tournant du siècle dernier. Les occidentaux ne sont pas habitués à penser en ces termes. Il le faut pourtant ».

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