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Russiagate : Quand le directeur de la CIA consulte un lanceur d’alerte de la NSA

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L’annulation de la rencontre entre Poutine et Trump en marge du sommet de l’APEC au Vietnam, alors que la rencontre était confirmée la veille, reflète l’intense lutte en cours au sein de l’establishment américain. Suite à la visite extrêmement positive du président américain en Chine, l’idée que les États-Unis et la Russie retrouvent une base de dialogue est insupportable pour le parti de la guerre, ancré dans les arcanes du pouvoir outre-atlantique.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergeï Lavrov, s’exprimant mercredi depuis Da Nang au Vietnam, à propos de la rencontre qui devait selon lui bien avoir lieu, a souligné le fait que « le président Trump était entravé dans son exercice des pouvoirs présidentiels, en particulier en ce qui concerne la coopération avec nous dans le domaine de la cybersécurité. À Hambourg [lors du sommet du G20], la possibilité de relancer la coopération en matière de prévention de la cybercriminalité a en effet été examinée. Le président Trump a trouvé cette proposition très prometteuse. C’est pourquoi, bien sûr, nous pouvons parvenir à des accords, mais, malheureusement, ils deviennent immédiatement des motifs de lutte politique interne, des jeux politiques internes visant à rendre la vie et l’action du Président Trump aussi difficiles que possible ».

Le « Deep state » dans les cordes

Sergeï Lavrov a également évoqué la saga du « Russiagate », qui n’en finit plus de jouer les prolongations malgré le vide du dossier d’accusation. « Des faits bien connus ont démontré qu’aucune trace russe n’a été trouvée », a-t-il rappelé. Au contraire, « les traces sont domestiques : en particulier, il est avéré que le piratage et la fuite des informations aux concurrents ont été réalisés de l’intérieur du Parti démocrate, au sein même du Comité national démocrate ».

Des développements dramatiques ont ébranlé toute la thèse du Russiagate ces dernières semaines, comme nous l’avons rapporté ici. Les médias français, dont on peut se demander s’ils ne sont pas devenus de vulgaires portes-voix du parti de la guerre anglo-américain, ont annoncé en grandes pompes les inculpations du procureur spécial Robert Mueller, sans presque dire un mot ni sur le fait que la légitimité de Mueller est de plus en plus remise en cause, étant soupçonné de conflit d’intérêt, ni sur les développements suivants.

Le 25 octobre, le Washington Post a révélé que le Comité national démocrate (DNC) et Hillary Clinton avaient financé la production du dossier salace contre Trump, sur lequel l’ensemble de la communauté du renseignement s’est ensuite appuyé pour lancer les accusations et les persécutions contre l’équipe de Trump et contre les Russes. Le rôle du FBI en particulier est pointé du doigt, car il se pourrait bien que son directeur d’alors James Comey ait utilisé le dossier afin d’obtenir de la part de la court FISA des mandats de mises sous écoute des membres de l’équipe de campagne de Trump. (voir notre chronique du 31 octobre)

Quelques jours plus tard, Donna Brazile, qui a été présidente par intérim du DNC pendant l’été 2016, a publié un livre, "Hacks : The Inside Story of the Break-ins and Breakdowns That Put Donald Trump in the White House", dans lequel elle montre comment Hillary Clinton a littéralement pris le contrôle du DNC afin d’écarter la candidature de Bernie Sanders et de remporter les primaires démocrates. La sortie du livre de Brazile fait ré-émerger la question du meurtre non élucidé de Seth Rich, le directeur des données du développement des électeurs du DNC retrouvé mort avec deux balles dans le dos en juillet 2016, quelques jours avant la publication par Wikileaks des courriels du Parti démocrate.

Rencontre William Binney – Mike Pompeo

C’est dans ce contexte que l’on a appris que le directeur de la CIA Mike Pompeo a rencontré William Binney le 24 octobre, à la demande du président Trump, comme l’écrit le site internet The Intercept, afin de l’entretenir à propos du piratage des courriels du DNC. Rappelons que les courriels en question évoquaient justement les manœuvres de manipulations du DNC pour favoriser la victoire d’Hillary Clinton aux primaires.

William Binney, ancien directeur technique de la NSA, est connu dans le monde comme le lanceur d’alerte ayant précédé Edward Snowden. Il avait démissionné en 2001 afin de former une organisation avec d’autres vétérans du renseignement américain (les VIPS), et de dénoncer la dérive anti-constitutionnelle de la surveillance de masse opérée par la NSA. Ce sont les VIPS qui ont publié en juillet dernier un rapport prouvant que les courriels du Parti démocrate n’ont pas été « hackés » mais fuités de l’intérieur par une personne ayant eu physiquement accès aux ordinateurs du DNC.

La rencontre entre Pompeo et Binney représente une percée majeure dans toute cette affaire. Comme l’écrit The Intercept, « Il est très peu orthodoxe de la part du directeur de la CIA de s’adresser à quelqu’un comme Binney, un ex-employé du gouvernement âgé de 74 ans qui s’est fait connaître en tant que lanceur d’alerte de la NSA, persécuté injustement par le gouvernement, afin d’obtenir de l’aide dans l’enquête sur le piratage des courriels du DNC. Il est particulièrement étonnant que Pompeo rencontre Binney à la demande de Trump, ce qui pourrait être considéré comme un effort visant à discréditer l’évaluation de la communauté américaine du renseignement selon laquelle le piratage russe des serveurs du DNC faisait partie d’un effort visant à aider Trump à gagner la présidence ».

Binney a pu expliquer à Pompeo pourquoi les agences du renseignement ne disaient pas la vérité lorsqu’elles affirmaient avoir « grande confiance » dans la thèse du « hacker », et lui a rappelé les précédents mensonges ou fausses informations émanant du renseignement et ayant conduit dans des guerres illégitimes voire illégales, comme l’incident du Tonkin pour la guerre du Vietnam ou les armes de destructions massives en Irak. Pompeo aurait demandé à Binney s’il souhaitait rencontrer ses homologues du FBI et de la NSA.

Interrogé le 8 octobre sur la télévision russe RT, William Binney a affirmé que sa rencontre avec le directeur de la CIA a eu lieu parce que « le président a dit qu’il fallait me parler, et essayer d’obtenir des éléments sur la question russe. C’est un signe très positif pour moi... » Binney a fait remarquer toutefois que « cela indique qu’il [Trump] n’a pas d’informations de la part des agences de renseignement, ce qui est très mauvais ».

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