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May, Trump, Macron : forts avec les faibles, faibles avec les forts

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L’histoire universelle nous donne de nombreux exemples de sociétés en cours d’effondrement et dont les dirigeants narcissiques envoûtés par leur propre image se sont perdus en se laissant entraîner dans la gesticulation militaire suicidaire sur un terrain totalement défini par leurs adversaires.

Le Président français et ses conseillers pensent sans doute qu’ils ont finement joué l’affaire des frappes en Syrie en posant comme condition absolue qu’on limiterait les frappes aux installations ayant un lien direct avec la capacité supposée d’armes chimiques. Ce n’est pas faux, mais c’est un jeu dont les règles sont fixées par l’Empire britannique, c’est-à-dire cet adversaire qu’ils refusent d’identifier et de combattre.

Selon Philippe Gélie, le correspondant du Figaro à Washington et critique assidu des néo-conservateurs, Trump était bien pris sous leur contrôle. Dans son billet du 16 avril, intitulé « Donald Trump aux prises avec ses contradictions en Syrie », Gélie rapporte que Trump, sous la pression, était prêt a frapper y compris les Russes et les Iraniens : « Ont suivi six jours de conseil de guerre avec son état-major et les alliés européens. Encouragé par John Bolton, un faucon devenu son conseiller à la sécurité nationale, Trump a plusieurs fois renvoyé la copie de ses militaires, jugeant leurs options ‘trop molles’, confie une source à la Maison-Blanche. Il souhaitait que le Pentagone envisage de détruire toute l’aviation syrienne, de frapper les unités d’élites comme la garde républicaine ou la 4e division blindée, de bombarder des états-majors ou même le palais présidentiel… James Mattis, le secrétaire à la Défense, et le général Joseph Dunford, chef d’état-major, ont plaidé pour la modération, faisant valoir qu’une escalade avec la Russie ou l’Iran irait à l’encontre de son souhait de retrait à court terme. Il n’est pas certain qu’ils l’auraient emporté s’ils n’avaient reçu l’aide d’Emmanuel Macron, qui avait clairement fixé des limites de proportionnalité à la participation française ».

Si Macron a donc fièrement annoncé dimanche soir qu’il avait convaincu les États-Unis de ne pas se retirer tout de suite de la Syrie, la porte-parole de la Maison-Blanche a démenti cette affirmation quelques heures plus tard en déclarant : « La mission américaine n’a pas changé : le président a dit clairement qu’il veut que les forces américaines rentrent dès que possible ». De plus, il a été annoncé que les nouvelles sanctions contre la Russie en punition pour son soutien à la Syrie, promues la veille par Nikki Haley, l’ambassadrice américaine à l’ONU, n’étaient pas à l’ordre du jour et que le président Trump souhaitait toujours organiser un sommet avec le président Poutine, bien que la date ne soit toujours pas fixée. À cela s’ajoute le fait que Trump a empêché la nomination de l’assistant de Nikky Haley, Jon Lemer (connu pour son anti-trumpisme), à un poste de sécurité nationale auprès du vice-président.

Ni Macron ni Trump ne comprennent clairement que l’Empire britannique est déjà en guerre et s’amuse à flatter les égos des uns et des autres, surtout lorsqu’ils cherchent à obtenir popularité et reconnaissance.

Mensonges et retours de flamme

Pendant ce temps-là, la machine à mensonge continue son œuvre. On prétend désormais – notamment par la bouche du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian – que les Russes et les Syriens vont sûrement faire disparaître les preuves de l’attaque chimique à Douma, et que c’est sans doute pour cela qu’ils empêcheraient l’accès au site aux experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Quel culot, quand on pense qu’ils ont bombardé la Syrie quelques heures justement avant le moment où les experts devaient commencer leur enquête !

Hier, lors de la réunion du conseil exécutif de l’OIAC, le représentant russe Alexander Shulgin a répondu aux accusations en disant que la nervosité des Américains, des Français et des Britanniques venait sans doute de leurs craintes à l’idée que les conclusions des experts « ne réfutent leur fausse théorie, qui leur a servi de prétexte pour les frappes ».

De plus, au cours des dernières 24 heures, de nombreux témoignages circulent en provenance de personnes — médecins et civils — se trouvant sur place, à Douma, et qui confirment tous le fait qu’aucune arme chimique n’a été utilisée le 7 avril. Ils ont notamment été rapportés par la chaîne de télévision américaine One America News, la chaîne chinoise CGTN, ou encore le quotidien britannique The Independant.

Tous ces témoignages concordent vers le même scénario : le 7 avril, au milieu d’une série de bombardements, de nombreuses personnes ont afflué à l’hôpital, souffrant notamment de difficultés respiratoires, à cause de la poussière et des débris, et les médecins ont commencé à les soigner. Soudain, des cameramen sont arrivés en criant qu’une « attaque au gaz » avait eu lieu, et des personnes ont commencé à arroser d’eau les enfants. Le tout filmé par les caméras. Puis, l’équipe de tournage s’est retirée, et les infirmiers ont continué à soigner les gens.

Le trio infernal franco-américano-britannique peut bien accuser les Russes d’avoir « effacé » les preuves de l’attaque chimique du 7 avril. Ils disposent d’une puissante machine médiatique pour en faire la propagande. Mais il sera beaucoup plus difficile d’effacer les dizaines de témoignages qui s’accumulent et circulent déjà dans le monde entier.

À moins de pousser à une ultime provocation. Car, comme l’a rappelé Jacques Cheminade sur RT France, « la réalité, c’est l’escalade stratégique qu’il y a derrière [ces frappes]. Et pour cela, il ne faut pas voir la chose en elle-même, il faut voir l’ensemble de la situation internationale. (…) Des forces anglo-américaines poussent à une confrontation dans le monde car leur système monétaire et financier est menacé de s’effondrer à tout instant ».

En effet, le système de l’oligarchie financière de Wall Street et de la City de Londres, dont le casino spéculatif est l’instrument de pillage et l’OTAN le bras armé, est en banqueroute virtuelle, c’est-à-dire en situation de faiblesse. Et c’est toujours lorsque le tigre est blessé à mort qu’il est le plus dangereux.

À nous donc de nous battre pour que la vérité éclate au plus vite, que justice soit rendue aux Syriens après ces frappes iniques, et qu’une rencontre entre Trump et Poutine ait lieu le plus vite possible pour couper l’herbe sous le pied des va-t-en guerre. Le nouveau paradigme des BRICS et des Nouvelles Routes de la soie, pour un monde de coopération et de projets de développement mutuel, n’a jamais été autant à notre portée.

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