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Relations russo-américaines : il est temps de désamorcer le champ de mines laissé par Obama

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Si, comme les grands médias nous l’affirment, la dynamique du monde devait être déterminée par des batailles d’egos prépubères – spectacle qui nous est aujourd’hui offert par messieurs Donald Trump et Kim Jong-un – nous aurions beaucoup de soucis à nous faire. Heureusement, les choses sont plus complexes, tout en n’étant pas moins dangereuses.

Comme nous l’avons vu la semaine dernière, la réaction des Russes vis-à-vis du discours de Trump à la tribune des Nations unies pouvait sembler inattendue, du moins pour toute personne adepte de la série Game of Thrones. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a en effet accueilli positivement la partie du discours sur le respect de la souveraineté de chaque nation, estimant que « nous n’avons pas entendu un dirigeant américain parler ainsi depuis très longtemps », tout en disant comprendre que l’autre partie, portant sur la Corée du Nord et les autres « États voyous », s’adressait principalement à une audience américaine.

Il est en effet remarquable que depuis l’arrivée de Trump à la Maison-Blanche les dirigeants russes aient fait preuve d’une patience exemplaire, conscients qu’une lutte a lieu à l’intérieur-même des institutions américaines, entre d’un côté les courants néoconservateurs laissés par l’héritage Bush-Obama et de l’autre les courants plus modérés voulant sortir de la logique de guerre froide et stabiliser les relations avec la Russie et la Chine.

Lors de sa conférence de presse à New-York, Lavrov a blâmé l’administration Obama : « les relations russo-américaines sont en souffrance non seulement à cause des conflits, mais parce que l’administration précédente s’est comportée de façon mesquine et vindicative, plantant des mines à retardement dans nos relations, » a-t-il déclaré. « Il n’est pas bon que le vaste potentiel de nos relations bilatérales soit bridé à cause de cette hystérie russophobe et que les enjeux mondiaux souffrent du fait que la Russie et les États-Unis ne parviennent pas à se coordonner ».

Syrie

« Nous avons mis en place ce que nous appelons la ’déconfliction’, » a déclaré Lavrov à propos de la Syrie, « mais cela n’est probablement pas suffisant quand il s’agit de combattre le terrorisme, de détruire des foyers des terroristes à Raqqa et à Deir ez-Zor ».

Sur le terrain, l’armée syrienne reprend très rapidement des pans entiers de territoires, et tout le monde s’accorde pour dire que la victoire militaire totale contre Daesh et les autres groupes djihadistes est imminente. Mais la situation n’en reste pas moins complexe et dangereuse. On assiste à une course entre les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), soutenues par la coalition américaine, et l’armée régulière, pour prendre le contrôle des points stratégiques que constituent les champs de pétrole et de gaz se situant dans la province de Deir ez-Zor, à l’est du pays.

Mercredi dernier, le chef du Commandement opérationnel principal de l’état-major de l’armée russe, Sergueï Roudskoï, a affirmé que le Front al-Nosra (la branche d’al-Qaïda en Syrie) a menée le 19 septembre une offensive contre un peloton de policiers militaires russes dans la zone de désescalade d’Idlib, à l’instigation des services secrets américains, dans le but de stopper la progression des troupes gouvernementales vers l’est.

Dimanche, le ministère russe de la Défense a publié sur sa page Facebook des images satellites montrant des équipements des forces spéciales américaines sur des zones contrôlées par Daesh près de Deir ez-Zor, sans que n’apparaisse aucune trace de combats. « Les forces spéciales américaines permettent aux FDS soutenues par Washington de traverser sans encombres les positions de Daesh », a expliqué le ministère. « Sans rencontrer aucune résistance de la part des militants de Daesh, les troupes des Forces démocratiques syriennes se dirigent vers la ville de Deir ez-Zor, le long de la rive gauche de l’Euphrate », peut-on encore lire dans le communiqué.

« Donald Trump ne contrôle pas, en réalité, ses structures de forces », estime Araïk Stepanian, politologue et secrétaire responsable de l’Académie russe des problèmes géopolitiques. « Il a des problèmes avec les services secrets, la CIA et le Pentagone qui ne peuvent pas abandonner leurs protégés parce que dans ce cas de figure ces derniers retourneront leurs armes contre les Américains. (…) L’armée syrienne les déloge de son territoire et il faut leur offrir un nouveau théâtre d’opération. Certains pourraient être transférés en Afghanistan, d’autres au Yémen, d’autres encore en Libye. Mais parmi eux il y aura des mécontents qui commenceront à se venger de l’Occident qui les a utilisés avant de les délaisser », conclut Stepanian (source : Sputnik)

La stratégie folle de l’administration Obama, qui visait à imposer un changement de régime à Damas en prétendant hypocritement lutter contre le terrorisme, a produit une situation où des milices armées par le Pentagone se retrouvaient à affronter celles armées par la CIA (voir le Los Angeles Times du 27 mars 2016)...

Seule la reconstruction économique du pays permettra de sortir par le haut de cette pétaudière, le rétablissement des infrastructures d’énergie, d’eau et de transport permettant le retour des réfugiés et la réconciliation nationale. Interviewé dimanche par Sputnik, l’ambassadeur syrien en Chine Imad Moustapha s’est montré optimiste sur la possibilité d’une résolution politique de la situation, estimant que le gouvernement syrien aura repris le contrôle de l’ensemble des champs de pétrole et de gaz à la fin du mois d’octobre. Il a rapporté que le gouvernement prépare déjà les projets de développements pour la reconstruction du pays, avec en priorité les infrastructures énergétiques et les logements.

La Chine est en première ligne pour participer à cette reconstruction, d’autant plus que la Syrie, se situant à un carrefour des civilisations, est un maillon essentiel pour le développement de la Nouvelle Route de la soie.

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