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Budget 2018 : magie et mathématiques, en un mot monétarisme

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« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent », disait Albert Einstein. Avec ce projet de loi de finances de 2018, Emmanuel Macron, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin rappellent les trois sorcières de la pièce Mac Beth de Shakespeare qui touillent leur grande marmite, ajoutent un à un les ingrédients et jettent successivement des sorts aux uns et aux autres. Suppression du fond de soutien de 450 millions d’euros au développement économique des régions ; baisse des APL ; fin de la prime d’achat pour le vélo électrique ; fin de l’envoi papier pour la propagande électorale (!) ; gel de la revalorisation du RSA (!!) ; etc. Comme l’a tweeté Jacques Cheminade, « de plus en plus, on essore sans vision ».

Alors que Macron avait fait de la simplification du système fiscal l’un de ses engagements de campagne, le nouveau budget ressemble à une véritable usine à gaz de déshabillage de Pierre pour le rhabillage de Paul. L’ensemble de cette combinaison complexe d’équations mathématiques repose toutefois sur un précepte et sur un dogme : une prévision de croissance de 1,7 % de l’économie française pour l’année 2018, et la réduction des déficits publics à moins de 3 % du PIB pour rentrer dans les clous de Bruxelles. Le raisonnement est exactement le même que celui tenu auparavant par Hollande, qui avait misé sa réussite (l’inversion de la courbe du chômage, et donc sa réélection) sur un hypothétique retour de la croissance (qui n’est jamais venu) et sur la « rigueur budgétaire ».

Le caractère injuste de ce budget est évident. L’ONG Oxfam estime qu’avec la future loi de finances « les 10 % les plus riches bénéficieront d’une hausse des revenus au moins 18 fois plus importante que les 10 % les plus pauvres ». Une fronde est d’ors et déjà en train de se constituer, gagnant plusieurs secteurs : les régions, les organismes HLM (qui vont devoir baisser les loyers pour les aligner sur la baisse des APL), ou encore les personnels hospitaliers.

Sur l’ensemble des 7 milliards de baisses d’impôts prévues pour 2018, les deux tiers correspondent à la mise en place du Prélèvement forfaitaire unique (PFU) – « flat tax » de 30 % sur les revenus mobiliers (dividendes, plus-values sur actions, etc.), combinée à la transformation de l’ISF en un impôt sur la fortune immobilière (IFI). Pour justifier cette politique, Bruno Le Maire affirme qu’il s’agit de « libérer du capital pour l’économie française ». L’État fait donc le pari de renoncer à au moins 4,5 milliards d’euros de recettes annuelles, en « espérant » que cet argent sera réinvesti dans les entreprises (PME, etc.).

Mais aucune contrepartie n’a été posée ; rien n’oblige les personnes concernées à investir en France ou dans les entreprises françaises. Même Bercy admet que « le risque que l’argent puisse partir à l’étranger n’est pas exclu, on vit dans un monde de liberté de circulation des capitaux ». Au contraire, la mise en place de l’IFI supprime de fait l’exonération d’ISF pour les investissements dans les PME. Et pour pousser l’absurdité jusqu’au bout, le budget 2018 prévoit de réduire de 1,7 milliards d’euros le budget du ministère des Transports, en annulant ou mettant sur pause des grands projets d’infrastructures, comme par exemple le Canal Seine-Nord Europe…

Au nom de la « bonne gestion budgétaire », on se prive donc de projets créateurs d’emplois et de dynamique sociale et économique (dans des territoires subissant de plein fouet la désindustrialisation et les plans de licenciement), avec en retour des richesses créées impliquant d’importantes rentrées fiscales !

Le grand absent, qui est révélateur du fait que l’on ne traite pas le problème à la racine, c’est la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale. L’évasion fiscale représente en France chaque année 60 milliards d’euros (quatre fois le trou de la sécu), et la fraude fiscale entre 60 et 80 milliards, ce qui représente en tout une perte de recettes fiscales d’environ 20 % des entrées ! C’est comme si un bon père de famille pavoisait sur la place publique en se vantant de gérer ses comptes mieux que personne, pendant que des cambrioleurs mettent à sac sa maison toutes portes laissées ouvertes !

Pendant la campagne présidentielle, Jacques Cheminade a montré qu’une véritable réorganisation de l’ensemble du système fiscal devait commencer par un combat déterminé contre la fraude et l’évasion fiscale. La mise en place de mesures contre la fraude permettrait en effet de récupérer entre 20 et 30 milliards d’euros, pouvant être ensuite utilisés pour diminuer les charges des PME produisant ou relocalisant en France. Alors il sera possible de rétablir un principe de justice fiscale, et de rendre l’impôt incitatif pour une politique de redressement productif.

Comme le dit Jacques Cheminade : tout cela « exige de procéder sans peur de déplaire à la City, à Bruxelles et au MEDEF, qui sont les points de blocage de toute initiative de réelle portée, et de ne plus prétendre guérir la fièvre en cassant le thermomètre ».

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