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Hier, ils ont eu la peau de Rousseff, Lula et Kirchner. Aujourd’hui, ils espèrent obtenir celle de Trump

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Il apparaîtra sans doute comme incompréhensible pour certains – qui voient la politique à travers une grille de lecture cartésienne – que la cabale anti-Trump aux États-Unis soit également derrière l’opération « Lava Jato » (« lavage express »), visant certains dirigeants d’Amérique latine.

Le 19 juillet 2017, quelques jours après la condamnation par le juge brésilien Sergio Moro de l’ancien président du Brésil Lula da Silva, le procureur général adjoint des États-Unis Kenneth A. Blanco, qui dirigeait alors la Division Criminelle du Département de la Justice (DoJ), se félicitait des « extraordinaires résultats » obtenus grâce à la collaboration du DoJ avec le groupe de procureurs brésiliens composant la soi-disant opération « anti-corruption » connue sous le nom de « Lava Jato ».

L’unité de la Division criminelle du DoJ menant spécifiquement l’opération Lava Jato est la Fraud Section (Section des fraudes). Andrew Weissmann, après avoir été à la tête de cette unité de novembre 2014 à juin 2017, a été transféré au sein de l’équipe d’enquête du procureur spécial Robert Mueller, chargée de faire tomber la présidence Trump. Weissmann est un complice de longue date de Mueller au FBI, et ses antécédents d’inconduite en matière de poursuites lui ont valu le surnom de « pitbull de Mueller ». Notons ici que la Fraud Section est le département du DoJ en charge de l’application du Foreign Corrupt Practices Act (FCPA) qui, sur la base d’une notion d’extraterritorialité fort contestable, a servi d’instrument d’impérialisme judiciaire contre plusieurs entreprises françaises, notamment Alcatel, Alstom ou BNP Paribas…

Face à ces révélations, Jacques Cheminade a écrit le 17 décembre sur Twitter : « Choquant : ce sont les mêmes milieux corrompus du Département de la Justice et du FBI qui veulent destituer Trump qui ont collaboré et collaborent avec les accusateurs de Lula et Kirchner en Amérique latine. Eux-mêmes l’ont reconnu ». Il convient également de rappeler qu’avant de lancer le « Russiagate » contre Donald Trump, ce « Deep State » avait attaqué Bernie Sanders dans le but de l’empêcher de gagner les primaires démocrates. Enfin, comme nous l’avons montré dans nos précédentes chroniques, ce sont les mêmes qui ont lancé une opération de persécution contre l’économiste américain Lyndon LaRouche dans les années 1980 (lire notre chronique « Les trois crimes du procureur très spécial Robert Mueller »).

Lors de leur rencontre la semaine dernière, les anciennes présidentes brésilienne et argentine, Dilma Rousseff et Cristina Kirchner, ont dénoncé le fait que les dirigeants patriotes et progressistes d’Amérique latine sont systématiquement soumis à ces opérations d’impérialisme judiciaire – l’utilisation de la loi comme arme de guerre –, afin de provoquer des changements de régime et de mettre en place de nouveaux dirigeants imposant des politiques d’austérité néolibérales destructrices. Suite à sa rencontre avec Kirchner, Rousseff a écrit sur sa page Facebook : « nous avons parlé de cette réalité qui s’impose sur nos pays – un processus connu dans le monde comme ‘guerre juridique’ [‘lawfare’]… l’utilisation de l’appareil judiciaire comme arme pour détruire toute opposition politique ». Rousseff a ajouté que l’autre élément central dans cette stratégie de persécution est l’utilisation de médias contrôlés, notamment le réseau Globo de Télévision, le plus grand réseau de média au Brésil, qui a joué un rôle essentiel pour essayer d’associer Lula à la corruption au sein de l’entreprise Petrobras, afin de l’empêcher de se représenter aux élections présidentielles de 2018.

La dernière victime de l’opération Lava Jato est l’Équateur, où le vice-président, Jorge Glas, a été condamné le 13 décembre à six ans de prison dans la cadre du scandale de pots-de-vin touchant la multinationale brésilienne Odebrecht. Jorge Glas partageait avec le président équatorien Rafael Correa son opposition au néolibéralisme et à la politique du FMI. S’exprimant depuis le Panama le 14 décembre, Correa a dénoncé la condamnation de Glas, la définissant comme « une persécution politique vulgaire et cruelle pleine d’aberrations juridiques, et faisant partie d’une stratégie régionale visant à éliminer les forces progressistes d’Amérique latine », comme l’a rapporté le quotidien dominicain Hoy. « Il s’agit d’une tentative de s’emparer illégalement et de façon non démocratique de la vice-présidence équatorienne. (…) Compte tenu de ce qui est arrivé à Glas, sans qu’aucune preuve n’ait été présentée », a-t-il ajouté, « nous pourrions tous être victimes de la même injustice », soulignant que Dilma Rousseff, Lula da Silva et Cristina Fernandez ont tous été victimes de la même persécution.

Il est temps de faire un grand « lavage express » dans ce panier à crabes !

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  • BONIN Stéphane • 19/12/2017 - 19:35

    "Ce panier à crabes" qui dirigent l’ UE, et donc la France.

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