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« 2009, les pistes pour changer de système », Compte-rendu de la conférence

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[L’intégrale des interventions et discours de la conférence est ici]

Le samedi 24 janvier à Paris, 200 personnes ont participé à la conférence de Solidarité & Progrès « 2009, les pistes pour changer de système », avec la participation d’Helga Zepp-LaRouche, présidente du parti allemand Büso et épouse de Lyndon LaRouche, Jacques Cheminade, président de S&P, ainsi que de maires de communes rurales.
Alors que les conventions politiques habituelles veulent que l’international, le national et le local soient trois choses distinctes et non mélangeables, il était capital d’enfin réaliser cet amalgame pour redonner un sens d’action à chacun alors que l’ensemble de l’économie mondiale se désagrège.

L’accord des quatre puissance et le rôle de l’Europe

[Le discours d’Helga Zepp-LaRouche en vidéo ici]

Helga Zepp-LaRouche a ouvert la conférence en donnant une ambition pour les pays européens dans cette crise internationale, qui est l’effondrement final du système économique et financier des quarante dernière années, pour qu’ils participent à la solution : avec le changement de dynamique dans les institutions américaines, son mari, Lyndon LaRouche, se retrouve en position d’influence pour pousser l’Administration Obama à revenir à l’esprit de Roosevelt face à l’Oligarchie bancaire. En d’autres termes, les Etats-Unis vont devoir procéder dans les prochaines semaines, pendant que la popularité d’Obama est au plus haut, à la mise en banqueroute organisée de leur système bancaire et, tout en triant les actifs toxiques des actifs légitimes, réorganiser l’émission de crédit selon la Constitution, depuis l’exécutif et le Congrès en direction de l’économie réelle et des grands projets.

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Helga Zepp-LaRouche

A partir de là, Mme Zepp-LaRouche a ouvert les perspectives d’un accord international entre les principaux pays, en démarrant avec les Etats-Unis, la Russie, la Chine et l’Inde, afin de contrecarrer la force des intérêts financiers et d’appliquer à l’échelle planétaire ce modèle de banqueroute organisée, de système de crédit et de Grands projets. Car, a-t-elle soulignée, si les Etats-Unis le font, la Russie suivra immédiatement : elle s’est longtemps cru à l’abri de la crise, se reposant sur les revenus de ses matières premières, mais les illusions sont tombées et elle ne pourra procéder à la conquête économique de son propre territoire vers l’Est sans une dynamique internationale de développement. Si l’Administration Obama revient sur le projet de bouclier anti-missile américain en Pologne et met un terme à l’expansion de l’OTAN vers l’Est, les dirigeants russes seront prêts à ce partenariat. La Chine suivra immédiatement, a-t-elle dit, car ses dirigeants savent que leur sort est lié à celui des Etats-Unis, notamment par les exportations chinoises vers le marché américain et le montant astronomique de bons du Trésor américain qu’elle détient. Mme Zepp-LaRouche a aussi souligné que comme dans le cas de la Russie, le besoin de développement intérieur de la Chine ne pourra être comblé dans le cadre du système actuel. Quant à l’Inde, moins dépendante de ses exportations mais dont les deux tiers de la population vivent dans la pauvreté la plus totale, elle n’hésitera pas à rejoindre cette alliance, du moment que les Etats-Unis y participent.

Voilà ce vers quoi l’Europe doit s’élever et c’est la responsabilité politique des citoyens et de notre mouvement d’orienter les décisions politiques dans ce sens. Pour se libérer de l’emprise monétaire, nous devons reformer une Europe des patries telle que la voulaient de Gaulle et Adenauer, où la souveraineté, y compris économique, de chaque pays, soit respectée. Nous devons donc revenir à l’Europe d’avant Maastricht en annulant tous les traités européens signés depuis 1992 et en s’assurant avant tout d’enterrer définitivement le Traité de Lisbonne. L’Europe doit revenir au meilleur de sa tradition humaniste et avec ses capacités technologiques et scientifiques, contribuer au développement du monde. Helga Zepp-LaRouche a souligné qu’une des principales responsabilités de l’Europe était le développement de l’Afrique et que plutôt qu’une compétition avec la Chine pour s’approprier les ressource africaines, tous deux doivent s’allier pour donner aux pays africains les moyens de leur développement dans des partenariats d’égal à égal.

Mettre fin au monétarisme, à l’impérialisme et au colonialisme par le développement mutuel et un système de taux de change fixe était la politique étrangère de Roosevelt à la fin de la guerre, jusqu’à sa mort en avril 1945. C’est dans ses pas que la nouvelle Administration américaine doit marcher et que nous devons, ici en Europe, nous engager.

Ce que doit être et ne pas être le Nouveau Bretton Woods

[Les interventions de Jacques Cheminade en vidéo ici et ]

Reprenant l’appel de Mme Zepp-LaRouche à soutenir le combat de LaRouche et de tous ceux aux Etats-Unis qui veulent arracher le contrôle de leur pays des mains de Wall Street et de l’oligarchie financière londonienne, Jacques Cheminade a lancé les pistes pour changer de système.

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Jacques Cheminade

Tout d’abord il convient de ne pas se faire d’illusion sur la nature de cette crise : avec les produits dérivés, le système financier est « un super Madoff à l’échelle planétaire », et aujourd’hui, les Etats renflouent et assureent ces titres toxiques qui pourtant ne correspondent à « aucune création de richesse réelle ».
Le problème de fond est la conception monétariste de l’économie, une pensée erronée. Si, avec la faillite du paradigme néo-libéral, s’en est finit d’Adam Smith, il reste Keynes et Marx : « deux agents du monétarisme britannique ». Le premier ne jure que par la « circulation monétaire » et l’autre pense que la seule source de valeur est « la plus value extorquée aux travailleurs ». Il faut au contraire considérer « la densité technologique d’une économie, c’est-à-dire la qualité du travail humain mobilisé et la dynamique de transformation de l’homme et de la nature vers le mieux ». C’est cette dynamique que l’Etat doit protéger. On parle du retour de Keynes et de son Bretton Woods, mais Roosevelt jetait ses lettres. Le Nouveau Bretton Woods doit être « le cœur d’un nouveau système économique », fondé sur les conceptions de « l’école d’économie physique de Leibniz, Hamilton, List, Carey et Cauwès », qui influencèrent Monnet et de Gaulle dans leurs Plans.

Cheminade a expliqué que Nicolas Sarkozy ne mesure probablement pas les conséquences politiques de ce qu’il a évoqué en parlant de Nouveau Bretton Woods et de taux de change fixes, mais que nous devions le prendre au mot. Cependant, la France ne peut pas jouer seule et doit être, avec l’Allemagne et l’Italie, le catalyseur du changement. Nous devons commencer par rejeter l’Europe de Maastricht et refonder l’Europe sur de Grands projets. D’où la nécessité, pour les Etats, d’abandonner le monétarisme de la BCE et de reprendre le contrôle de l’émission de crédit. Le traité de Maastricht était le prélude du découplage entre la monnaie et le pouvoir des Etats. « La BCE, une banque de banquiers, qui avale les effets toxiques (…) n’a ni su, ni voulu, défendre l’intérêt des peuples. Tant pis : il faut que la volonté des peuples s’impose à elle ».
C’est le même combat qu’aux Etats-Unis où la Fed doit être mise sous contrôle de l’Etat. A ceux qui disent que c’est impossible, il faut répondre « En période de crise, impossible n’est pas français ! Impossible n’est pas américain ! Assurer aux êtres humains de vivre dans une société meilleure à l’avenir n’est jamais impossible ».

Jacques Cheminade a expliqué comment prendre avantage des arrangements entre l’Etat et les banques privés pour impulser ce changement. Il est nécessaire de créer dans la population le contexte intellectuel et la base politique qui forcera au changement ; pour soutenir ce changement, les gens ont besoin de comprendre. Hors, aujourd’hui, Sarkozy sermonne les banquiers à huis clos et rien ne filtre réellement. Nous devons prendre exemple sur la Commission Pecora américaine en 1933 et exposer au plein jour les pratiques des banquiers délinquants au travers d’une Commission d’enquête parlementaire sur la crise financière, dont les audiences seraient retransmises sur les chaînes publiques. Pour donner un avant goût de cela, on peut examiner le cas de Michel Pébereau, dirigeant de BNP Paribas et véritable homme de pouvoir, qui, grâce à ses liens avec Christine Lagarde, ministre de l’Economie, et Vincent Pérol, conseiller économique de Sarkozy, a profité du renflouement de la banque Dexia par l’Etat français pour placer l’un des siens à sa tête. Pébereau, qui lors de la présidentielle 2007 opérait un véritable chantage à la dette publique avec son rapport « Rompre avec la facilité de la dépense publique » (sic), ne trouve rien à redire lorsque la BNP reçoit plusieurs milliards d’euros sur les 21 injectés par l’Etat dans les banques françaises, alors que ces dernières ont réalisé 7 milliards de dividendes sur l’exercice 2008. Avec le cas Pébereau, Cheminade a dénoncé « la courroie de transmission entre l’Oligarchie internationale dominé par les mœurs de la City, les banques françaises et nos responsables politiques ».

Cheminade a aussi appelé à une banqueroute organisée : effacer les titres spéculatifs dont le remboursement ne peut se faire qu’au détriment des investissement futurs. Si l’on ne se décide pas à trier les effets toxiques, il faudra alors trier les peuples : c’est le fascisme financier qu’il avait dénoncé dans son programme pour la présidentielle 2007. Pour réaliser ce contrôle sur les banques et sur le crédit, Cheminade a mis sur la table une mesure de réquisition temporaire des banques, dans l’esprit du Programme du Conseil National de la Résistance et du Préambule de notre Constitution.

C’est là une extrême urgence car, comme l’a dit Cheminade en conclusion : « Les peuples souhaitent être protégés, en ont assez de ce système. Celui qui ne les entendrait pas scellerait son destin politique, sauf à vouloir devenir un Duce ou un Führer ».

L’Etat du pays et l’engagement des Maires

[la table ronde en vidéo ici]

Deux maires sont venus participer à la table ronde sur l’impact de la crise dans les territoires ruraux, Hubert Trapet, Maire de Pontigny, Yonne et Robert Weber, ancien Maire d’Abreschwiller, Moselle (1986-2008), nous ont ainsi livré un témoignage saisissant sur les conséquences pour leur commune de la crise financière et du retrait généralisé de l’Etat. Leur intervention a permis de mesurer l’engagement de ces élus locaux, qui se retrouvent au quotidien responsables en dernier ressort du Bien Commun.

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Dialogue entre les Maires et Jacques Cheminade

Jean-Jacques Billaz, ancien Maire socialiste de St Pierre d’Allevard dans l’Isère (1981-2008), Colette Macquart, Maire de Chambrecy, dans la Marne, Paul Fromonteil, Vice-président PCF de la région Poitou-Charentes, Alain Marsac, ancien Maire de Montreuil-le-Guast (1995-2008) et Jean Pierre Mondy, ancien Maire radical de gauche de Plesder (2001-2008), tout deux d’Ille-et-Vilaine, ont envoyés leurs contributions qui ont été lues à l’auditoire :


Éléments d’intervention de M. Paul FROMONTEIL
Vice Président du Conseil Régional Poitou-Charentes

Comme tous les élus territoriaux et locaux, je peux mesurer dans des domaines très concrèts les conséquences des orientations ultralibérales des politiques européennes, des orientations mondiales dominantes dans lesquelles s’inscrivent les choix et les décisions du Président de la République et du Gouvernement.

Je suis Vice Président du Conseil Régional Poitou-Charentes en charge du « Vivre Ensemble », incluant dans une vision sociétale la culture, le lien social, le sport, le logement. Ce sont des domaines où les conséquences d’une concurrence dite « libre et non faussée » mettent en cause directement la notion de « bien commun » pour les êtres humains qui ne sauraient vivre « en tas » mais en enrichissant chaque vie et individualité du mouvement d’ensemble de l’humanité.

Transférer le poids financier sur les Régions et les Territoires pour la culture et le social, c’est remettre en cause la substance même d’une culture comme élément indispensable à la société et à chacun. C’est remettre en cause l’idée que le social est la base même d’un développement durable, solidaire et citoyen.

Elu dans le Châtelleraudais, je mesure les dégâts que les choix ultralibéraux inscrivent dans la réalité d’un bassin d’emploi, fondé sur les équipementiers automobiles et l’aéronautique : pour une agglomération de 50 000 habitants, c’est 3 000 à 4 000 emplois supprimés ou gravement menacés. Même pour les entreprises aéronautiques avec leurs plans de charges assurés pour les années proches, les inquiétudes sont réelles quant aux évolutions ultérieures des marchés.

Je peux donc témoigner du fait que déjà les conséquences de la crise marquent en profondeur les réalités locales et font irruption dans la vie quotidienne des populations. Le social, l’économie, la culture, les rapports humains forment un tout : ils sont aujourd’hui bousculés.

Tous les domaines sont atteints. Par exemple :

  • les transports : pour la première fois, une partie du réseau de lignes TGV va être privatisée. Le tronçon de ligne nouvelle à grande vitesse Tours – Bordeaux sera réalisé sur la base d’un marché européen par un consortium privé. Cela remet en cause l’unicité du réseau ferroviaire français et aura des conséquences lourdes sur l’ensemble des relations,
  • l’hôpital de Châtellerault au lieu d’être engagé dans une coopération public – public est orienté vers une coopération avec le secteur lucratif des cliniques dépendantes de financement de fonds de pension. Cette « coopération » bénéficiant aux intérêts financiers.

Nous pouvons multiplier les exemples qui justifient et donnent un sens à notre engagement contre les conséquences de l’ultralibéralisme.

C’est pourquoi, je soutiens l’idée de Monsieur Jacques CHEMINADE de la création d’une commission d’enquête parlementaire sur la crise financière. C’est une nécessité de salubrité publique.

Je partage l’idée que la crise a franchi un cap critique qui éxige tout autre chose qu’une moralisation ou une régulation d’un système qui est en état de décomposition. Comme Solidarité et Progrès le dit fort justement, les conceptions même du système « argent » doivent être revues dans ses profondeurs faute de quoi « banqueroute », « remise en cause de l’euro », etc... sont à envisager comme des hypothèses sérieuses. Il s’agit ni plus ni moins que de l’avenir de l’humanité, de son développement, de l’alimentation, de la santé, de l’éducation des femmes et des hommes.

Ensemble, nous avons de beaux combats à mener. Il y a urgence !


Points de vue

Alain Marsac

Maire d’une commune au nord de Rennes de 1995 à 2008.
Inspecteur à l’éducation nationale

Nous assistons en ce moment à l’écroulement du système capitaliste dans ce qu’il a de plus pernicieux. Un système centré sur l’accumulation égoïste et psychotique de richesses, puisant dans les poches des accros de la logique « casino », eux-mêmes aveuglés par leur addiction à l’argent. L’affaire Murdock montre à quel point cette économie est gangrénée par des escrocs, qui du haut de leur arrogante posture, n’ont pas hésité à ruiner des milliers de gogo. Dans ce tourment, les citoyens du monde le payent, bien malgré eux, de leur emploi, de leur retraite, de leur logement, voire de la faim.
Il est donc temps de mettre au rebus ce système pourris et de mettre en place une économie tournée vers l’humanité et non vers quelques hommes. Ce système ne sera pas mis en place par la simple volonté des gouvernements qui sont largement sous l’emprise de la finance internationale et des possédants.

Les collectivités locales n’ont pas échappées à la tourmente. Ayant contractées pour leur investissements des emprunts véreux, elles vont devoir faire face à des remboursements dont les montants croissent significativement. Cela pour certaines conduira à augmenter les impôts locaux, déjà élevés. Outre la légèreté de certains élus, la responsabilité des banquiers, inféodés à la haute finance, va faire porter leur irresponsabilité et incompétence sur les citoyens. Le flot grandissant d’entreprises fermant leur porte va aussi atteindre les collectivités en les privant de ressources.
Pourtant celles-ci aujourd’hui doivent participer au soutien de l’économie réelle. Ce sont elles qui pour les ¾ assurent les investissements publics. Elles doivent donc concentrer leur action sur l’investissement, de manière à faire vivre les entreprises et donc leurs salariés. Elles doivent aussi développer le logement qui aujourd’hui s’écroule alors que tant de personnes ont besoin de se loger. Parallèlement, elles devront soutenir les citoyens les plus démunis et les plus fragiles. Attention donc au choix qui seront fait dans les politiques locales.

Le monde de l’éducation est en crise. Cette crise est profonde et pas seulement structurelle. Les personnels de l’éducation ont le moral au plus bas ce qui peut conduire à l’explosion du système. Nous assistons depuis des années à des réformes successives, à des rythmes rapides, souvent peu concertées. Aucun projet global, lisible, donnant une vraie perspective d’avenir à notre société n’a été présenté. Ces derniers mois donnent l’impression d’une réforme essentiellement comptable. Même si cet aspect ne peut être négligé, il ne peut définir à lui seul le fondement d’une politique d’éducation des peuples ambitieuse.

Pourtant notre système éducatif a besoin d’être rénové pour le mettre en adéquation avec la société actuelle, ce qui lui manque le plus et le rend si déprimé. L’éducation est la pierre angulaire d’une société. L’histoire montre très bien que seules les sociétés qui ont su émanciper leur population se sont développées.


Intervention de Colette Macquart
Maire de Chambrecy - 51170

Face à la crise actuelle : qu’advient-il des jeunes ou moins jeunes locataires, femmes seules élevant un ou des enfants, smicards, rmistes, et petits retraités ? Et bien tous ceux là souffrent encore plus… Du fait de leurs faibles revenus, jugulés à l’augmentation de l’immobilier et à l’élévation des prix de l’alimentation, des prix de l’énergie.

Les personnes qui ont engagé des frais importants, il y a quelques années, pour s’installer en milieu rural : quel va être leur devenir ? Et si le rêve des rurbains d’une vie au vert…Pour certaines personnes, leur vécu de la précarité en milieu rural, renvoie à cet emploi qui ne leur permet pas ou plus de joindre les deux bouts, pour d’autres à ce logement qu’elles ne trouvent pas ou qu’elles ont du mal à payer, pour d’autres encore, à leur problème de santé, en particulier les personnes âgées et handicapées… parce qu’elles sont malades, dépendantes et loin des services de soins. Pour ces dernières, le manque de médecins et le départ des hôpitaux de proximité contribuent un peu plus à fragiliser la santé des personnes en milieu rural. Quant à l’emploi, il est lui aussi devenu un casse-tête pour les ruraux, qui doivent souvent aller le chercher loin de chez eux. La raison en est : l’augmentation du prix de l’essence – tandis que les transports en commun étant souvent peu nombreux ou peu adaptés aux déplacements professionnels. Côté logement, le rural décroche une palme en « mal logement »… - l’habitat en milieu rural se caractérisant par une forte proportion de logements anciens puisque la moitié d’entre eux ont été construits avant 1949. « 40 % des logements inconfortables (dans WC, sans salle de bain, ou sans chauffage) se situent en milieu rural : 770 000 personnes seraient ainsi mal logées… », selon les sources de la Mutualité Sociale Agricole.

Constats :

  1. La précarité dans les petites collectivités, est elle en hausse ou en baisse ?
    En hausse, hélas : les CCAS et les associations sont de plus en plus sollicitées pour des demandes financières, alimentaires, vestimentaires, de soins et d’hébergement. Les dossiers de demande d’aide (FSL, FSE..) sont également en augmentation, il en est de même des fonds d’action sociale des différents organismes publics et privés. Les travailleurs sociaux sont très sollicités par des travailleurs ne pouvant plus faire face à toutes leurs charges et dépenses habituelles…
  2. Quelles formes revêt la précarité en milieu rural ?
    La précarité en milieu rural n’est pas différente de celle du milieu urbain, si ce n’est qu’elle est accentuée par un éloignement aux différents services (administratifs, de soins...).
    Cette mobilité "réduite" est liée à une raréfaction, voire une absence de transports en commun et également à la réduction, la moindre présence ou la disparition de certains services publiques. Avec des incidences qui se répercutent pour : les recherches d’emploi, la formation professionnelle, l’accès aux soins en particulier aux spécialistes, et l’accès aux droits….

Différents moyens d’agir existent, le travail en partenariat, le pouvoir d’innover des maires et équipes municipales dans les domaines du logement (crédit-bail....), de l’insertion (intégrer dans les marchés publics la notion d’embauche de personnes en situation fragile....), de la santé, des déplacements(prise en charge de permis de conduire etc....).Ce sont des exemples cités très rapidement il en existe certainement d’autres très nombreux.

Chiffres : 52% des français sont endettés (dette moyenne équivalente à 56% de leurs ressources-source : observatoire de l’endettement des ménages).
Je termine sur ces chiffres et vous laisse le soin de la relecture et de la mise en page.


Chronique d’un dépérissement annoncé

par Jean-Jacques Billaz

ancien maire de St-Pierre d’Allevard (Isère) pendant 27 ans
ancien dirigeant de la CGT-Impôts
membre du Parti socialiste

La vallée du Grésivaudan, située entre Grenoble et Chambéry, passe pour être une région au riche passé industriel ; elle demeure un bassin d’emploi important qui rayonne autour de ces métropoles avec notamment des entreprises de pointe comme ST Microélectronic à Crolles.

Le lien qui existe très tôt entre la recherche et ses applications industrielles caractérise le développement de la région grenobloise.

Ainsi Bergès, inventeur de la houille blanche, a favorisé la création de papeteries sur Lancey. La présence de gisements de fer dans une vallée supérieure de l’Isère, celle d’Allevard, a contribué à l’essor industriel des Ets Schneider jusqu’à leur fermeture dans les années 20. Les Forges d’Allevard vont prendre le relais. C’est l’époque où les jeunes ne se posent pas de questions sur leur avenir, qui est assuré par l’entreprise. Plusieurs générations partageront leur activité entre l’usine et leur exploitation agricole. Ce sont souvent des ouvriers paysans. L’entreprise assure le développement des communes. Elle est omniprésente, propriétaire de biens immobiliers importants. Les années 70 connaissent les premiers soubresauts d’une activité industrielle qui procurait un millier d’emplois dans cette vallée. La situation ne cessera de se dégrader. Les Forges d’Allevard regroupent leur activité de fabrication d’aciers destinés à la production de ressorts, dans la vallée, au Cheylas.
Grâce aux travaux de Louis Néel, prix Nobel de physique, l’entreprise Ugimal qui rachète le site industriel de St-Pierre d’Allevard se spécialise dans la fabrication d’aimants ferrite, destinés à la production de moteurs électriques pour l’industrie automobile. Elle occupe une place non négligeable au plan mondial avec l’ensemble de ses filiales.
Plus de 30 ans se sont écoulés. Durant cette même période, en charge des destinées de ma commune, j’ai vécu comme une épée de Damoclès ce déclin.

La crise financière actuelle vient conforter un dépérissement déjà entamé sur le plan industriel depuis de nombreuses années et qui reflète une absence d’adaptation du secteur industriel à une concurrence sauvage des pays émergents. En l’absence d’une réelle politique d’aménagement du territoire, les collectivités ont dû s’adapter à une situation instable provoquée par les cessions d’entreprises en cascade, avec tout ce que cela représente en termes de drames humains et de perte de ressources fiscales, notamment avec une baisse très sensible du produit de la taxe professionnelle.
Les collectivités et leurs représentants, véritables entrepreneurs ruraux, se sont souvent efforcés de favoriser l’emploi en créant des zones d’accueil pour des entreprises artisanales, ou encore des activités de services à la population, fournissant ainsi des emplois à leurs habitants, désormais contraints de s’éloigner de plus en plus de leur domicile pour trouver du travail. Elles ont financé pour partie d’importantes implantations industrielles.
Le bilan actuel se traduit par la disparition de l’industrie papetière, l’activité des aimants très concurrencée par l’Asie ne représente plus que deux entreprises qui rassemblent un peu plus de 200 salariés. La crise actuelle de l’automobile pourrait leur être fatale.
L’usine du Cheylas qui a été rachetée par une groupe russe va réduire de moitié ses effectifs, soit 300 emplois. L’entreprise Tyco de Chapareillan, spécialisée dans les semi-conducteurs, va supprimer 160 emplois.
La plupart des programmes de lotissements immobiliers sont arrêtés, réduisant encore les carnets de commande des entreprises de BTP. Les licenciements de personnels se poursuivent dans ce secteur.
Les communes qui ont hérité, avec la décentralisation, de nombreuses compétences, sont confrontées à une situation qui risque de devenir de plus en plus critique, alors qu’elles doivent faire face dans le même temps à une population qui s’est appauvrie.
La fin de l’année a été difficile pour bien des salariés en chômage technique pour des périodes qu’ils n’avaient jamais connues auparavant. L’aide sociale n’a jamais autant été sollicitée. Même les activités de pointe comme celle de Crolles ne sont pas épargnées. Certains propriétaires venus s’installer commencent à rencontrer de réelles difficultés pour faire face à leurs échéances. La plupart des acteurs locaux se plaignent. C’est le commerce d’alimentation, la coiffeuse ou encore le restaurateur qui voient la baisse de fréquentation s’accentuer. Il est assez fréquent de voir un candidat voulant accéder à la propriété se voir refuser un prêt qui lui aurait été accordé les mois précédents, alors que sa situation n’a pas changé.
L’activité thermale, qui est une activité très ancienne à Allevard-les-Bains ou à Uriage, connaît aussi de sérieuses difficultés.
Face à une telle situation, les rares communes qui ne sont pas endettées préparent dans leur budget des programmes d’investissements qui permettront de soutenir des activités locales, notamment en matière d’infrastructures publiques. Elles ne pourront le faire indéfiniment et s’inquiètent de constater que les plans de relance annoncés n’ont pour le moment aucun effet. Pour les communes en difficultés financières, la situation peut devenir très vite dramatique.
49 communes du pays du Grésivaudan viennent de créer une intercommunalité qui rassemblera plus de 100 000 habitants. Elles entendent désormais mutualiser leur développement en adoptant la TPU (taxe professionnelle unique). Elles savent que ce pari sur l’avenir est nécessaire parce qu’aucune d’entre elles n’a de visibilité sur le long terme. A l’instabilité financière, économique et sociale s’ajoute celles des institutions dont les réformes successives privent de plus en plus les collectivités d’autonomie financière. Le président de la République n’a-t-il pas annoncé une réforme de la fiscalité locale avec suppression de la TP ? De loi de finances en loi de finances, l’assiette de la TP s’est trouvée réduite sensiblement (suppression de la part des salaires, plafonnement accordé aux entreprises). Autant de réductions supportées par le budget de l’Etat. La crainte des élus est qu’une nouvelle dotation qui se substituerait à la TP ne réduise encore les recettes fiscales des communes, qui ne disposeraient plus que des impôts des ménages que ces derniers ont déjà du mal à supporter. 71 % des investissements publics sont réalisés par les collectivités territoriales. Si ces dernières n’ont plus de recettes financières, c’est l’économie française qui est menacée.
Les services publics sont mis à mal. Les bureaux de poste réduisent sensiblement leurs heures d’ouverture, quand ils ne ferment pas dans les zones rurales défavorisées. Certains perceptions en milieu rural sont menacées.
Les partenaires institutionnels comme le Département ou la Région sont contraints de revoir leur politique d’aide aux communes, confrontés eux aussi aux transferts de compétence de l’Etat qui n’a pas compensé intégralement leurs coûts financiers.
Autant d’interrogations qui accroissent l’inquiétude des élus dont le début de mandat s’annonce difficile.


Ecoles

par Jean-Pierre Mondy

ancien maire de Pleder (Ille-et-Vilaine)
enseignant
membre du Parti radical de gauche

Nous avons reçu récemment dans les écoles une « lettre ouverte » du pédagogue Philippe Meirieu au ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos. Si l’on fait momentanément abstraction au débat gauche/droite, auquel l’école devrait normalement échapper, le texte de Philippe Meirieu a le mérite de mettre l’accent sur quelques points qui me paraissent essentiels.

Tout d’abord, cette perpétuelle illusion du libéralisme, voulant appliquer à l’école les règles de fonctionnement d’une entreprise. A des enseignants qui « travaillent sur de l’humain » on vient parler de productivité. On exhibe des pourcentages dont on a bien du mal à savoir d’où ils viennent et à comprendre à quoi ils peuvent réellement servir !

Autre illusion, mais qui n’est peut-être qu’une manie dans une société toujours en recherche d’un coupable, la désignation d’un bouc émissaire. Même parmi les enseignants, il existe des spécialistes patentés de ce sport.

Le 19 mai 1940, alors que le sol se dérobait sous les pieds de la République, une cérémonie rassemble sous les voûtes de Notre-Dame les représentants d’une France qui, au sens propre du terme, ne savait plus à quel saint se vouer.

Quand tout fut consommé et que la poussière fut retombée, on chercha les coupables. Car il y en avait forcément. Il y eut, bien sûr, les « bonnes soeurs » de la Cinquième colonne, mais aussi ces enseignants qui, pendant vingt ans, n’avaient pas su forger les âmes de leurs élèves. Il faut dire qu’un certain nombre d’entre eux avaient vu l’enfer de près et ne se sentaient pas une vocation de sergent-recruteur. Alors, on les accusa d’avoir contribué à l’affaissement moral de la nation.
Aujourd’hui, nous connaissons un peu la même démarche. Si tout va mal, c’est parce qu’à l’école, les enfants n’apprennent plus rien. Ils ne savent plus lire. Ils ne connaissent pas les départements, ils ne sont pas capables de chanter la Marseillaise pour saluer les victoires de l’équipe de France. Histoire d’arranger les choses, les tests internationaux nous donnent des places aussi glorieuses qu’aux Jeux olympiques. Et pourtant, je n’ai jamais connu d’école où l’on ne travaillât point. L’explication est ailleurs. A quoi doivent faire face la quasi-totalité des enseignants aujourd’hui ? « A des familles recomposées en proie à des difficultés sociales de toutes sortes, nous répond Philippe Meirieu, à une surexcitation psychique des enfants chauffés à blanc par le capitalisme pulsionnel. » Tournez-vous vers les « valeurs » que diffusent les chaînes de télévision, en ayant à l’esprit le fait que beaucoup d’enfants ont dans leur chambre un récepteur et un lecteur de DVD qu’ils utilisent à volonté.

Je reprends encore à mon compte ces mots de Philippe Meirieux : « C’est toute notre société qui devient dangereuse pour les enfants et les adolescents en développant un environnement profondément toxique et contraire aux exigences d’attention, de concentration et de réflexion qui permettent de "faire l’école" ».

Voilà où nous en sommes : une société tellement viciée par le futile et l’instantané qu’il y a de moins en moins de place pour loger dans les esprits le mouvement des planètes ou la pensée de Platon.
Plus que jamais, l’Education nationale va rester une machine à produire des statistiques. Elles auront l’apparence de la précision et laisseront le goût de l’inutile.

Bien sûr, il faut modifier ce qui ne va pas et chercher sans cesse à améliorer la transmission du savoir. C’est à chacun de se lancer dans une véritable reconquête de son environnement humain. J’écris cela en espérant qu’il n’est pas déjà trop tard. C’est un travail de très longue haleine, qui demande de nager chaque jour à contre-courant pour ouvrir les yeux de ceux qui nous entourent sur la véritable nature de notre société et leur offrir des alternatives crédibles.
Bon courage à nous tous !

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