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Avignon, Aix-en-Provence, Marseille...nouveau foyer militant ?

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Si nombre de nos concitoyens, au réveil estival, descendent vers le Sud pour tenter d’oublier le mal de terre d’une société malade, nos militants y sont descendus chercher les maquisards de Provence et d’ailleurs. Et la région a de quoi politiser le touriste quand le paysage est divisé entre une Côte d’Azur bobotisée et une Marseille cosmopolite et populaire ; entre une vallée du Rhône de l’écologie décroissante et une vallée du nucléaire et de l’ITER.

Cette « hésitation » dans le paysage prend d’autant plus sens au regard de l’histoire politique marseillaise : celle de la Résistance française, et aujourd’hui les histoires sans fin entre Gaudin et Guérini, les deux parrains de la politique locale. Au vu de la précarité générale de la population, les travaux menés par l’actuel maire pour rénover la ville ne sont qu’un décor en carton-pâte cachant l’irresponsabilité de la classe politique. Un médecin nous a ainsi décrit la situation du chef d’une section d’un hôpital psychiatrique, qui, manquant de lits, a dû ouvrir un squat pour accueillir les patients.

C’est dans un contexte politicard similaire que nos militants ont organisé une réunion à Aix-en-Provence avec une dizaine de sympathisants et nouveaux venus, à la veille d’élections municipales, précédemment annulées pour cause d’insultes, mais gardant les mêmes protagonistes et les mêmes disputes de sourds. Les sympathisants rencontrés haussèrent la discussion au-delà de ces bassesses : l’engagement militant, le chemin parcouru par la nouvelle commission Pecora, l’approche scientifique ou encore le principe révolutionnaire d’« avantage d’autrui » de la Paix de Westphalie.

Ohé amis d’Avignon,

Avez-vous ouï la nouvelle ?
Les Grands Papes sont sans appel.
Du Nord, au Sud, à l’Est, à l’Ouest,
C’est le retour de la noire peste.

Nos seigneurs de belle prestance,
Ont comme ignoré leurs finances,
Puis, faisant pénitence,
Ont lâché leurs flatulences.

Depuis nos bourses se font la belle,
L’odeur est pestilentielle,
Chacune de leur envie vitale
Risque de nous être fatale.

Que faire face à tel péril,
Trouver un recoin, une p’tite île ?
S’y réfugier, et oublier,
Afin de profiter... de son été ?

J’en appelle aux vrais troubadours,
Ceux qui ne servent point les jeux de cour,
Ceux qui en rien à l’animal s’abaisse,
Mais qui à l’âme humaine du spectateur s’adresse.

Oh trop rare troubadour, soit à pied d’oeuvre,
Afin que la population se meuve.
Qu’elle monte sur la grande scène,
Et ne soit point victime de l’obscène.

C’est cette question culturelle que nous venions justement de soulever dans les rues du Festival d’Avignon, accompagnés d’un poème appelant à l’engagement historique (voir ci-contre). Ainsi, de l’étudiant impliqué dans la politique locale reconnaissant un combat du réel, à la comédienne lyonnaise vomissant « l’art pour s’évader », la curiosité du passant fut interpellée par nos appels à sortir du pessimisme du spectateur déçu. Cette ardeur citoyenne, pouvant aujourd’hui renverser la situation, est ce que nous sommes également venus exciter à Marseille, après déjà quelques missions, venant renforcer physiquement la très grande visibilité de notre site internet dans la cité phocéenne. Le réseau s’étoffe et la bataille y grandit d’autant plus que les consciences pensent au sein du réel, et le légendaire sens de l’exagération n’enlève rien (voire ajoute) à la réflexion en prise avec les contraintes physiques nécessaire à la vie de la cité.

Ceci est très présent dans la jeunesse marseillaise et notre dernière visite fut l’occasion de parler avec plusieurs étudiants rencontrés lors d’expéditions précédentes. C’est chez ces jeunes que les questions de choix de société et d’implication de soi se montrent être les plus vives nécessités sociales, que ce soit sensiblement ou saisies comme nécessités du monde physique même. Cela s’est révélé dans une discussion avec une jeune, pour qui passer les concours d’entrée aux écoles de commerce signifie abandonner son indépendance critique et sa portée citoyenne. L’existence de notre combat contre la médiocrité politique et le malthusianisme, accepté par résignation par beaucoup de jeunes élites aujourd’hui, ne lui a pas permis d’accepter son propre pessimisme.

C’est ce qui a pu laisser place, lors d’une discussion avec un autre jeune, à une volonté de s’armer pour faire découvrir autour de lui ce qu’est la situation et ce qu’elle devrait être, en quittant une vision locale pour une vision internationale dans une histoire longue.

C’est là que la bataille se joue, réanimer une subjectivité humaine et scientifique, guidée par le sens du bien commun et redonnant vie à une histoire se confrontant au réel dans une passion pour l’inconnu ; faire que la population relève le défi actuel et que le leadership soit pris à Marseille et ailleurs, quand les élites politiques ne représentent plus que leur propre image.

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