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Ce que les maires ont à dire

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Par Odile Mojon

Il n’y a pas si longtemps encore, le maire d’une petite commune d’à peine trois cents habitants à soixante kilomètres de Toulouse, se désolait de ne pouvoir intéresser ses concitoyens aux idées de Jacques Cheminade, qu’il avait parrainé pour l’élection présidentielle de 2007 en prenant la peine d’en expliquer les raisons à son village. Fin avril, c’était pourtant onze de ses concitoyens qui se retrouvaient pour écouter le même Cheminade lors d’une réunion organisée en peu de temps, avant de s’engager dans une discussion à bâtons rompus.

Certes, les idées peuvent parfois prendre un peu de temps pour mûrir et, comme toutes choses, un climat propice leur est nécessaire. Or, ce climat politique est au rendez-vous, comme nous l’avons pu constater pendant notre tournée dans le grand Sud-Ouest qui nous a permis, notamment, de rencontrer des maires de petites communes s’étant déjà penchés sur nos idées.
Un point commun partagé par ces maires, c’est la conscience aiguë d’un retour du féodalisme. Non pas celui des bonnes vieilles baronnies d’antan, dont la corruption nourrissait les polémiques locales et qui essayait de donner le change en se parant des vertus de la respectabilité républicaine, mais le vrai féodalisme, celui qui s’assume d’autant plus facilement qu’il s’abrite derrière l’impunité, celui dont l’arrogance est d’autant plus satisfaite qu’elle s’épanouit dans une relation symbiotique, voire mafieuse, avec le système au plus haut niveau. Quand les adeptes de l’ultra libéralisme attaquent « la France sclérosée » incapable, selon eux, de tirer son épingle de la grande loterie des marchés financiers, ils seraient mieux inspirés de dénoncer le gigantesque verrouillage du pays par ce féodalisme, caste de quelques dizaines de milliers de personnes issues des différentes filières ou grandes écoles et qui s’auto-promeuvent entre elles.

D’ailleurs, et c’est l’autre facette du même problème, ces maires voient avec beaucoup d’inquiétude la tentative de détruire la démocratie locale au travers des regroupements de communes. Non pas qu’ils rejettent en bloc l’intérêt que peuvent représenter de tels regroupements. Certains pensent néanmoins qu’un jour ou l’autre, les communes réticentes à la fusion recevront purement et simplement l’ordre de se « marier » avec d’autres sous le prétexte a priori inattaquable de mettre en commun des ressources et faire des économies. Alors se perdra une démocratie d’autant plus authentique qu’étant véritablement issue de la population ; démocratie représentée par des individus n’appartenant à aucun réseau, faisant fi des plans de carrière car mettant leur engagement au service de l’autre et de la société. A cet égard, il n’est pas rare que ce soit pour répondre à la demande de leurs concitoyens que ces simples citoyens ont accepté d’assumer la responsabilité de maire.

Il est clair qu’à partir du moment où toutes les petites communes auront fusionné en regroupements plus vastes et plus abstraits, cet échelon de démocratie locale disparaîtra et que l’on assistera à l’émergence d’une nouvelle caste d’experts ou d’hommes liges placés là par des machines politiques.

C’est dans ce contexte que les communes vivent les retombées de la crise avec, en toile de fond, l’évidence que l’Etat se débarrasse des problèmes (en particulier le social) sur le dos des collectivités locales.

Un exemple, dans une région que l’on n’associe pourtant généralement pas aux situations de crise, éclairera ce sentiment que l’on rencontre d’un bout de la France à l’autre, de « vivre sur le fil du rasoir » (ce qui ne constitue pas vraiment une situation porteuse d’avenir).
Il s’agit du vignoble bordelais, région emblématique s’il en est d’une tradition d’excellence française. Le vin de Bordeaux n’a pas seulement eu à subir la concurrence étrangère, il est également délaissé par les acheteurs anglais qui en sont traditionnellement de gros consommateurs. Tous les crus ne sont pas touchés de la même manière : les grands crus s’en tirant bien avec leur clientèle de riches nouveaux et anciens.

Les viticulteurs de moindre noblesse sont obligés, pour vendre leur production, de passer par des négociants en vin qui, le cas échéant, peuvent posséder eux-mêmes des chaix. Comme il faut s’y attendre, le négociant mettra d’abord sur le marché sa propre production, puis celle des coopératives, puis celles des viticulteurs indépendants.

Il n’est alors pas difficile de comprendre ce qui se passe quand il n’y a pas d’acheteurs, comme c’est actuellement le cas…

Des grandes chaînes de distribution, souvent informées par les négociants, sachant que de nombreux viticulteurs n’ont pu écouler leur production et possèdent donc de gros stocks, prospectent à la recherche des centaines de milliers de bouteilles de bons vins qui dorment dans les caves et les rachètent à leurs propriétaires, financièrement exsangues, à quatre-vingts centimes ou un euro la bouteille pour des vins qui en valent plusieurs fois plus.

Ce sont les vins que vous trouvez à prix « sacrifiés » dans votre supermarché ! Comment nos viticulteurs tentent-ils de s’en sortir ? En essayant de développer des filières de vente dans les restaurants ou auprès de clients directs, mais le compte est très loin d’y être et puis, après tout, ne serait-il pas préférable que le vigneron soit à sa vigne plutôt que de s’improviser commercial à temps partiel ?

Si cette situation dure encore, de très nombreux viticulteurs tomberont en faillite ; s’ils tombent en faillite, non seulement leur perspective de trouver un emploi sera des plus incertaines mais la vigne ne sera plus cultivée et si elle n’est plus cultivée, il suffira de trois ans pour qu’elle soit perdue alors qu’il s’agit ici de vignobles de grande qualité (proches de Saint-Emilion).

Voilà pourquoi certains, parmi les maires intéressés aux idées de Cheminade et qui affichaient il n’y a pas si longtemps encore une certaine méfiance, étudient maintenant le journal Nouvelle Solidarité et le font lire autour d’eux. Ils remontent du local au national et du national au mondial les filières qui les exploitent. Voilà pourquoi ils comprennent comment ce qui se passe chez eux est un écho, à l’échelle locale, de ce qui se passe à l’échelle nationale ou internationale, et que le combat doit être mené à tous les niveaux pour être gagné.

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