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Comment passionner les élèves avec l’oeuvre de Colbert

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Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) fut l’un des plus grands économistes de tous les temps. Il inspira, dans les siècles suivants, les plus grands projets contribuant au développement de l’humanité.

Or, l’oeuvre de sa vie, si vaste et si dense, peut difficilement être enseignée de manière exhaustive car cela demanderait beaucoup de temps Alors, de quelle façon pouvons-nous faire passer ses idées ? Nous verrons dans cet article la manière dont j’ai pu l’expérimenter lors d’une présentation pédagogique pour le mouvement politique Solidarité et Progrès..

Très tôt, Colbert est plongé dans le monde du commerce En effet, il naît au sein d’une famille de commerçants rémois exerçant le métier depuis plusieurs générations. Dès l’âge de 15 ans, son père, ne pouvant lui offrir une éducation scolaire très coûteuse, l’envoie travailler chez un ami banquier installé à Lyon. Ensuite, il va à Paris où il secondera un procureur, puis un trésorier, jusqu’au jour où le cardinal de Mazarin le recrute pour administrer ses biens Mazarin gouverne la France en attendant que le roi Louis XIV, trop jeune encore pour monter sur le trône, soit en âge d’exercer lui-même le pouvoir. C’est la période de « la Fronde », politiquement très tumultueuse, le pouvoir est menacé par des tentatives de coup d’Etat Contraint de s’exiler temporairement en Bavière, le Cardinal confie tous ses biens à Colbert qui transmettra dorénavant ses lettres codées à Le Tellier, ministre des Armées.

A son retour, Mazarin est stupéfait par l’efficacité talentueuse du jeune gestionnaire. Fidèle et soucieux du détail, Colbert travaille tout le temps De plus, sa force de caractère le pousse à réprimander son employeur pour les nombreux gaspillages et investissements calamiteux dont il est coutumier.

Jusqu’à la fin, Mazarin continuera à conseiller le futur monarque Sur son lit de mort, il lui dit ces quelques mots : « Sire, je vous dois tout, mais je crois m’acquitter de toutes mes dettes en vous remettant Colbert ». Il ajoute qu’il doute de la fidélité de Nicolas Fouquet, surintendant aux Finances.

Après la mort de Mazarin, Louis XIV devient roi et engage Colbert pour surveiller Fouquet.

Colbert envoie un espion à Belle-Ile, propriété de Fouquet, et déjoue le plan de « Saint Mandé », qui consistait à fortifier l’île pour s’emparer des navires de commerce venant des Amériques, du Canada et des Antilles, dans le but de prendre le pouvoir. En apprenant ceci, le roi est hors de lui et demande à Colbert d’organiser la chute de Fouquet. A cette époque, l’économie de la France est catastrophique Les routes n’ont pas été rénovées depuis Henri IV, les péages à l’entrée des villes limitent la circulation des marchandises, les seigneurs provinciaux saignent la population en les forçant à payer des impôts fort élevés... Le roi luimême ne perçoit que 38% de ses revenus, le reste servant à rembourser une dette due aux guerres, en particulier.

En effet, le roi est considéré comme un particulier au même titre que n’importe quel seigneur ou membre du clergé. Les banques se méfient d’un roi sans crédit, menacé de faire banqueroute C’est pourquoi il a besoin d’un homme de confiance qui lui serve de garant auprès des banques. En retour, ce financier a le droit de se servir sur les rentes du gouvernement pour se rembourser. Cependant, il échappe à tout contrôle Le poste de surintendant aux Finances est la plus haute ambition de ces financiers fonctionnaires.

Mais pour mieux situer la position du roi, il faut souligner que pour occuper un poste administratif au XVIIème siècle, il suffit d’acheter une charge. Aussi, Fouquet a-t-il pris soin d’acquérir la plupart des postes administratifs concernant le commerce maritime sur la côte atlantique et d’y placer des gens de son entourage proche qu’il contrôle, bien évidemment.

Alors, qu’auriez-vous fait à la place de Colbert ? Après avoir restitué le contexte historique, j’ai moi-même posé cette question de manière à stimuler l’imagination de l’auditoire Soudain surgissent des réponses pleines d’enthousiasme. Un jeune s’indigne : « Il faut exécuter Fouquet », un autre : « Il faut lancer une politique de grands travaux » et enfin, un dernier, plus constructif, annonce : « Il faut d’abord emprisonner Fouquet, redonner au roi la gestion de ses finances, supprimer les dettes et ensuite, lancer une politique de grands travaux, permettant de relancer l’activité économique » Ce dernier a vu juste car c’est effectivement ainsi que Colbert a résolu ses problèmes.

Il crée une chambre de justice lui permettant d’inculper Fouquet et de le forcer à vendre ses charges administratives pour en reprendre le contrôle. Puis il supprime le poste de surintendant aux Finances et déclare qu’un roi ne peut être souverain sans avoir le contrôle de ses finances, c’est pourquoi il fait un moratoire sur la dette et met en banqueroute le gouvernement. De plus, il supprime les péages à l’intérieur du territoire français, organise la gestion des forêts, lance une politique de grands travaux financée par l’Etat en développant les infrastructures (rénovation des routes, aménagement des fleuves, canaux et rivières, canal du Midi, création de manufactures, de ports, développement de la marine...) Enfin, il investit dans la culture, dans le pouvoir créateur de l’homme, en fondant « l’Académie royale des sciences », source de découverte et d’innovation technologiques.

Pour comprendre Colbert, nous pouvons l’enseigner de cette manière, c’est-à-dire en impliquant plus directement les jeunes dans le processus historique. Revêtir son costume et se poser cette question essentielle : qu’aurais-je fait à sa place ? En effet, un cours d’économie ou d’histoire est souvent présenté d’une manière académique et ennuyeuse, poussant les élèves à la passivité. Toutefois, on peut appliquer d’autres méthodes plus pédagogiques, comme celle que j’ai utilisée et qui s’est révélée efficace.

Pour finir, nous en sommes revenus à la situation actuelle. Il s’avère que l’ensemble des personnes présentes ce soir-là n’eut aucun mal à faire un parallèle avec cette autre période de l’histoire et que la nécessité de lancer aujourd’hui une politique de grands travaux apparut comme évidente.

Nicolas Benegent

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