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L’aérotrain, ou la redécouverte d’un principe de science politique

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Par Jean-François Grilhault-des-Fontaines,
ancien candidat aux législatives sur la 1ère circonscription du Tarn-et-Garonne

« Mais pourquoi n’avez-vous pas fait cette présentation sur l’aérotrain il y a quatre ans, lors du débat sur la LGV ?! On aurait eu des arguments pour se battre ! » C’est ce que s’est exclamé un adjoint au maire local, à l’issue d’une conférence sur l’aérotrain, organisée par l’association TEG82 « Tous ensemble pour les gares du Tarn-et-Garonne », basée à Caussade, à 30 km au nord de Montauban.

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Vincent Crousier présente le système de crédit productif public, nécessaire à la mise en œuvre d’un réseau d’aérotrain national

TEG82 s’est créée dans le cadre du bouleversement du service public que provoque la mise en œuvre de la Ligne Grande Vitesse (LGV). L’objet de TEG82 est « de mener toute initiative - et ce dans le cadre du Service Public et du respect de l’environnement - pour le développement des dessertes des gares du Tarn et Garonne. Il s’agit notamment du maintien ou du rétablissement des arrêts des trains de grande ligne en gare de Caussade et Montauban de manière à satisfaire les besoins des usager-e-s des transports ferroviaires, des populations du bassin de vie concerné, de l’économie locale, du maintien du Service Public et du respect de l’environnement ». C’est dans ce cadre que TEG82 a invité le journaliste scientifique Vincent Crousier, à Négrepelisse – 15 km au nord de Montauban – le jeudi 21 février dernier pour évoquer l’alternative au train que constitue l’aérotrain.

« Mes travaux de journaliste scientifique et technique m’ont amené à travailler sur l’épistémologie des sciences. Il s’agit de l’étude de l’évolution du paradigme sur lequel on se base pour penser une question scientifique. On pourrait résumer la chose par une question : Comment une révolution scientifique – c’est à dire l’introduction de nouveaux paradigmes, de nouveaux types de réflexions sur la science – se produit-elle ? », nous a expliqué Vincent Crousier. Et de continuer sur l’aérotrain : « Et lorsqu’on touche à ces questions, on en vient assez naturellement à étudier l’histoire des sciences, l’histoire de la pensée économique, etc. Dans cette optique, l’aérotrain est symptomatique. »

Après avoir mis l’accent sur une différence fondamentale à ses yeux – et trop souvent amalgamée - entre un « progrès scientifique » et un « progrès technologique », l’originalité de l’exposé a été de montrer le lien entre une rupture scientifique, appliquée dans l’économie physique sous la forme d’une nouvelle technologie, et le changement de paradigme scientifique, culturel, et économique que cela implique dans la société.

Concernant les transports, l’exemple donné est le passage du train, à la voiture, et à l’aérotrain :

« Avec la roue d’un train, tout le poids du train repose sur un seul point d’appui sur son support. La roue de voiture, plus souple, s’appuie sur une surface déjà un peu plus large sur la route : le poids du véhicule est donc déjà mieux réparti. Mais qu’il s’agisse du tramway, du train, du TGV, de la LGV, de la voiture ou du bus, le déplacement implique toujours friction avec un support, donc usure, énergie pour s’affranchir de cette friction... Tout cela n’a plus lieu avec la lévitation, que ce soit par coussin d’air, par électromagnétisme ou encore par supraconduction. Qui dit absence de frottement, dit absence d’usure, moindre dépense énergétique, accélérations et ralentissements plus rapides, donc possibilité de relier des villes ou des villages relativement proches... »

Après avoir exposé la révolution économique que l’équipement cohérent de nations entières avec le train avait impulsé au XIX° siècle, M. Crousier a ensuite mis en lumière l’aspect indispensable que représente l’élimination épistémologique de tout apport scientifique révolutionnaire dans la perpétuation d’un ordre économique spéculatif.

« Pour continuer à exister en tant que système économique, la spéculation a besoin que la population croit elle-même en un dogme, celui de stocks, de ressources finies. Sans ça leur arnaque tombe à l’eau, car c’est avec la raréfaction d’une denrée, que son prix augmente. C’est la raison pour laquelle la distinction entre une révolution technologique et une révolution scientifique est si importante : les révolution technologiques – des trains qui roulent de plus en plus vite, des centrales nucléaires dont on booste les performances mais qui utilisent les mêmes principes scientifiques qu’il y a 50 ans, comme l’EPR - ne sont pas dangereuses pour les intérêts financiers.

« Au contraire, ils “feront de l’argent” avec, exploitant l’outil jusqu’à le rendre extrêmement dangereux... phénomène que dénoncent les écologistes à juste titre, mais en général sans comprendre que c’est l’introduction d’un nouveau principe physique plus efficace, donc avec un rendement énergétique plus dense, et d’une sûreté sans commune mesure (par exemple les centrales au thorium) qui va nous sortir de l’impasse ; et non le retour à des technologies bien moins efficaces, donc bien moins denses... et qui impliquent une friction d’autant plus monstre ! Eliminez la friction et l’usure dans les transports, ou révolutionnez l’industrie nucléaire avec l’introduction du thorium... et ce n’est plus la même histoire ! Par exemple, avec les centrales nucléaires au thorium, vous avez des ressources énormes – très mauvais pour la spéculation, ça ! -, infiniment moins de risques de prolifération, aucun risque d’emballement, ni d’explosion, des milliers de fois moins de déchets à vie longue... »

Enfin, le journaliste a terminé sa présentation en exposant la nécessaire révolution dans les affaires économiques que représentait une révolution scientifique :

« Il se trouve que le système financier possède ses propres banques dites “universelles”, c’est à dire qu’elles possèdent des banques dans lesquelles transitent autant leur jeux spéculatifs, que l’argent des entreprises et des ménages (salaires, épargne, retraite, investissement productif...). Et l’ensemble de cet argent est leur propriété, non celle des entreprises ou des ménages, malgré les apparences que donnent les distributeurs de billets. C’est tout l’enjeu de la non-réforme bancaire de Pierre Moscovici, qui en l’état actuel permettrait aux banques d’affaires de garder leur filiation avec l’argent des déposants, continuant le renflouement de leurs pertes spéculatives. L’aérotrain, cela signifie un maillage extrêmement dense du territoire, donc moins de temps perdu dans le tout-voiture, la création de nouvelles villes, villages, de PME, sans parler de l’abandon du tout pétrole...

« Ce ne sont pas les intérêts financiers qui choisiront l’aérotrain ! Les intérêts financiers veulent continuer à exploiter la vieille technologie de la roue, et user autant les voies de chemin de fer que la société ! Si le peuple trouve que l’aérotrain est mieux, il faudra qu’il se batte pour sa mise en œuvre. Et cela commencera par reprendre le contrôle souverain de l’émission de crédit, au lieu d’emprunter auprès d’intérêts financiers spéculatifs. Comment ? Décrocher le téléphone pour prendre rendez-vous avec son député, et lui dire ce qu’on veut. C’est un vieux principe de science... politique ! »

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