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Amelia Boynton Robinson rencontre l’Abbé Grégoire

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Un moment de grande émotion : M. François Bier (à g.) accueille Mme Boynton Robinson devant le musée dédié à l’abbé Grégoire.

L’histoire est un processus continu, mais parfois apparaissent des singularités qui peuvent en changer le cours et déterminer les années à venir. C’est bien ce genre de moment qui eut lieu à Lunéville, en Lorraine, le 4 janvier dernier. En effet, la rencontre d’Amelia Boynton Robinson, fondatrice du mouvement des droits civiques américains et collaboratrice de Martin Luther King dans les années 60, avec l’histoire de l’abbé Grégoire - qui fit abolir l’esclavage en France le 4 février 1794 - peut et doit nous éclairer sur les principes qui devraient être la base d’une nouvelle alliance transatlantique.

Dans une période comme celle que nous vivons, où la pensée unique et la mondialisation nous poussent à nous exclure les uns les autres, des hommes et des femmes, comme l’abbé Grégoire en son temps et Amelia aujourd’hui, nous invitent à défendre la famille humaine au nom de la justice, contre toutes les tyrannies politiques, économiques et psychologiques. Ils nous incitent à placer notre esprit, comme disait Schiller, « là où les gens ne vont pas sans élan », et à fournir un idéal pour libérer les esprits. Pourquoi ces gens se sont-ils mis en avant ? Parce que l’histoire n’a pas de fin, et que pour eux, il existe toujours des choses à faire pour améliorer les conditions de vie de la famille humaine. Amelia, comme l’abbé Grégoire, ne sont pas uniquement des « défenseurs des minorités », ils ne s’attaquent pas au racisme par le simple anti-racisme, car leur conception de l’homme transcende les notions objectives de religion, de couleur, etc. pour voir, comprendre, éduquer ce qu’il y a d’universel en chaque être humain, sa capacité à faire le bien et le beau par la découverte scientifique et artistique.

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Mme Robinson reçue à la mairie de Lunéville.

C’est en la mairie de Lunéville, à l’invitation de son maire, Michel Closse, et du conseiller général, M. Florentin, que Mme Boynton Robinson a été reçue chaleureusement pour faire partager son expérience. Après une introduction de Michel Closse, elle a transporté l’esprit des auditeurs vers l’histoire du « pays des braves et des hommes libres », où la première abolition de l’esclavage par Lincoln allait permettre l’élection de nombreux Afro-Américains dans certains Etats. Malheureusement la machine raciste s’est remise en marche avec le Ku Klux Klan, rétablissant une politique de terreur par le lynchage, les pressions, les meurtres gratuits (et toujours justifiables !). Dès son plus jeune âge, Amelia s’engage à apprendre aux Noirs les démarches à suivre pour pouvoir voter, ce qui lui vaudra beaucoup de pressions de la part des autorités. Après trente-cinq ans de combat pour les droits civiques des Noirs, elle est la première candidate noire à se présenter au Congrès américain, et le 2 janvier 1965, elle accueillera Martin Luther King chez elle, faisant de son domicile leur quartier général pour le sud. A cette époque, nous raconte-t-elle, personne ne veut parler à Martin Luther King, ni même lui donner un verre d’eau, car c’est un agitateur, un communiste ! La machine de propagande médiatique est déjà bien en place. Amelia raconte beaucoup d’anecdotes, parfois dures, mais toujours avec le sourire, car elle sait que son combat est juste.

Après une visite rapide du château de Lunéville, nous prenons la direction du petit village d’Emberménil pour découvrir son trésor : le musée dédié à l’abbé Grégoire. Une visite guidée par M. Bier, homme passionné et passionnant quand il vous raconte le vie du curé d’Emberménil (Grégoire). Amelia va découvrir un homme qui, deux cents ans avant elle, a jeté les premières pierres du pont qui mènera à la liberté des Noirs. Ce jour-là, le combat de Grégoire pour les « droits de l’homme et du citoyen » et celui d’Amelia pour les « droits civiques » sont une seule et même idée, un même combat nous donnant à voir ce qu’il nous reste à faire dans la « guerre pour la justice » qui n’est pas terminée. C’est cette idée qui était au coeur de la présentation qu’elle donna le soir même devant une soixantaine de personnes. Après une introduction du conseiller général, Jacques Cheminade demanda à l’assemblée de ne pas voir Amelia « comme un monument du passé, car elle est toujours sur le front de la bataille pour la justice ». Ce qu’Amelia ne tarda pas à confirmer, en nous annonçant que « G. Bush n’est pas le président légitime des Etats-Unis », qu’une fois encore la machine médiatique et financière a exclu du vote les minorités, et plus uniquement les Noirs mais les pauvres en général. « Si F.D. Roosevelt, J.F. Kennedy et Martin Luther King étaient encore parmi nous, il se battraient tous » affirma-t-elle. Pour elle, chaque vote est important ; un seul vote peut vous faire élire ou vous exclure, et le droit de vote a été gagné parfois en payant le prix suprême.

Consciente que la première barrière à briser pour mener ce type de combat est la peur, elle expliquera que c’est cette peur même qui est l’arme favorite des ennemis de la justice, car « la peur nous empêche de penser », et comme sur la stèle de l’abbé Grégoire où il demande à Dieu de « pardonner à ses ennemis », Amelia nous raconte qu’elle a découvert dans sa vie que la plupart des gens haineux en savent rarement la raison. Quant à elle, elle a toujours eu « peur d’haïr ». Convaincue que Dieu choisit ses leaders, elle s’est félicitée d’avoir pu rencontrer, il y a vingt ans, l’organisation de Lyndon LaRouche, et de ce qu’accomplit son mouvement de jeunes (le LYM) aujourd’hui dans le monde. Nous exhortant à oublier la peur, Mme Amelia Boynton Robinson conclut la conférence sur cette belle définition de la foi : « la Foi, c’est quelque chose de curieux, elle recherche, elle écoute, elle a le courage. La Foi aime tout être humain. Elle rend indépendant ». Chaque personne ayant vécu cette journée particulière aura pu comprendre comment une seule femme, un seul homme, peut changer le cours de l’histoire.

Une courte biographie d’Amelia Boynton Robinson

Amelia Robinson est née en 1911 dans le sud des Etats-Unis, en Géorgie, dans une famille de dix enfants. Son père était entrepreneur en bâtiment. Dans sa famille, on compte des esclaves africains, des indiens Cherokee ainsi que des aristocrates allemands.

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Amelia Boynton Robinson laissée pour morte, le 7 mars 1965.

La vie de cette femme remarquable et son combat pour les droits civiques et les droits de l’Homme plus généralement sont relatés dans son autobiographie, Bridge Across Jordan, publiée en 1991 par l’Institut Schiller. Ce livre vient d’être publié en France sous le titre Le Combat des noirs aux Etats-Unis par les Editions Duboiris (octobre 2007). Le 7 mars 1965, lors d’un épisode de violence policière devenu notoire dans l’histoire américaine, Amelia Boynton Robinson fut prise à partie, frappée à coups de bâton et aspergée de gaz lacrymogène sur le pont Edmund Pettus, à Montgomery, dans l’Etat d’Alabama, lors d’une marche pacifique désormais connue sous le nom de « dimanche sanglant ». C’est à la suite de cette manifestation que le mouvement des droits civiques devint un mouvement de masse international.

Le combat d’Amelia Robinson pour la justice et les droits civiques avait débuté bien avant 1965. Depuis les années 1930, elle et son époux, S.W. Boynton, se sont battus afin que les afro-américains puissent gagner le droit de vote et être propriétaire de leurs terres dans les zones rurales les plus pauvres de l’Alabama. C’est dans cet Etat qu’elle poursuivit une carrière comme fonctionnaire du ministère de l’Agriculture, où elle était conseiller social. Son époux, un « county agent », donna sa vie à la cause, car il mourut jeune d’un infarctus provoqué par la tension des confrontations avec les « suprématistes » blancs.

En 1965, la maison d’Amelia Robinson fut le centre de la bataille pour les droits civiques à Selma, Alabama, et fut utilisée par le Dr. Martin Luther King, Jr et ses collaborateurs, par des membres du Congrès américain et des avocats venus de partout aux USA, afin d’élaborer la stratégie des manifestations qui allaient déboucher sur le Voting Rights Act de 1965. En 1964, Amelia Robinson devint la première femme afro-américaine à présenter sa candidature aux élections du Congrès fédéral pour l’Etat d’Alabama, et la première femme à se présenter sur la liste du parti démocrate dans cet Etat.

Amelia Robinson est membre-fondateur ainsi que vice-présidente de l’Institut Schiller, créé par Lyndon LaRouche et Helga Zepp-LaRouche en 1984, une organisation qu’elle situe dans la directe continuité du combat mené par Martin Luther King, Jr.

En avril-mai 1990, Amelia Robinson fit une tournée de cinq semaines en Allemagne de l’Est et de l’Ouest pour l’Institut Schiller, où elle s’adressa à des milliers d’Allemands sur le thème des « Leçons du mouvement de Martin Luther King, Jr pour l’Allemagne aujourd’hui ».

Le 21 juillet 1990, Amelia Robinson reçut la « Martin Luther King, Jr. Freedom Medal » (la Médaille de la liberté Martin Luther King, Jr).

Amelia Robinson, âgée de plus de 96 ans, continue à sillonner le monde pour l’Institut Schiller, n’ayant jamais abandonné son combat pour les droits civiques et les droits de l’Homme.

Son intervention auprès de militants S&P à Paris

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