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Toulouse : Le Conseil municipal refuse de couper les banques en deux

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Sur proposition d’un militant S&P, une élue EELV a présenté au Conseil municipal de Toulouse un « vœu pour la séparation stricte des activités bancaires », une initiative peu appréciée par la majorité PS. Chronique d’un combat.

Le vote en vidéo...

Par Vincent Crousier, militant S&P Toulouse

Tout a commencé il y a six mois. J’avais pris mon clavier pour demander à M. le Maire, Pierre Cohen (PS), s’il pouvait m’inviter à parler devant le Conseil municipal au sujet du vœu en faveur de la séparation des fonctions des banques.

De la part d’un élu, sa réponse ne manqua pas de piquant : il ne répondit pas sur la possibilité qu’il a, en tant que maire, de m’autoriser à parler, mais me présenta tout d’abord les obstacles que rencontrerait l’introduction du voeu – « Il faut que cela figure à l’ordre du jour (...) seuls les conseillers municipaux ont cette possibilité » – avant de terminer par une fin de non-recevoir.

Il faut dire qu’avec les militants de Toulouse, nous avions un peu tâté le terrain un mois plus tôt. En mai dernier, nous l’avions interpellé lors d’une réunion pré-électorale :

 M.  Cohen, vous avez prononcé dans votre discours une phrase lourde et grave. Vous avez dit : « L’Etat n’est plus capable de relever tout seul les défis  ». Or personne dans cette salle n est dupe : ce sont les banques qui ont déclaré la guerre à l Etat, et en ont pris le contrôle. Et contre ça, il n y a qu un remède : arracher aux banques l arme financière qu elles pointent sur sa tempe. Ca s appelle la séparation des fonctions des banques, et cela a été amené dans le débat présidentiel il y a un an, par Jacques Cheminade. Etes-vous pour le Glass-Steagall Act, la séparation des fonctions des banques ?

La réponse du Maire de Toulouse fut… un agacement face à la réalité qui frappait à la porte du Capitole. Dans un propos incohérent, il reprochait aux militants de Solidarité & Progrès d’ « être partout » pour se faire entendre, à propos d’une chose qui n’est pas censée être discutée. Stop, on clôt le débat.

Un mois après cette rencontre, Créancey (Côte d’Or) sera le premier Conseil municipal de France à voter à l’unanimité un vœu exigeant le dépôt et le vote au Parlement de la proposition de loi relative au crédit et à la séparation entre banques de dépôt et banques de marché.

Puis le Glass-Steagall Act, séparation stricte des activités de banques, est à son tour introduit au Sénat américain, le Financial Times se faisant alors partisan de cette mesure !

Toulouse ne devait-elle pas emboîter le pas ? Certainement ! Mais il fallait rallier les élus... malgré l’impossible rencontre militante avec Monsieur le Maire. Car face aux tables d’informations que nous tenions, près desquelles nous le rencontrions (Place du Capitole, Port St Sauveur), il s’empressait de chercher des mains à serrer, pour se détourner d’une rencontre avec le spectre de MM. Glass et Steagall.

C’est sur le front du Conseil municipal que se poursuivra la bataille, en allant voir le Conseiller municipal Jean-Marc Barès (FdG). Lors d’un entretien, je lui remets la proposition de vœu, et la proposition de loi de S&P pour couper les banques en deux. Fort intéressé, il me confie que seul le président du groupe Communiste peut mettre un vœu à l’ordre du jour du Conseil municipal, et m’invite à le contacter.

Je prends donc rendez-vous avec Pierre Lacaze, président du groupe Communiste, Républicain et Citoyen de Toulouse. Mais quelle gageure ! «  Vous vous doutez bien que je ne vais pas mettre à l ordre du jour un vœu provenant du parti de Jacques Cheminade !  ». Et rajoutant dans sa complainte dénuée de tout scrupule : «  Si cela se fait, ce sera par le groupe Communiste !  » En effet, on attend toujours !

Je contacte alors Antoine Maurice, tête de liste EELV aux municipales. Sa décision ne se fera pas attendre. Une décision cohérente avec certaines positions du parti, comme celles prises par le député Eric Alauzet, ou les amendements EELV à la loi Moscovici.

Aux meilleurs répondons présents ! Je me rends donc le vendredi 13 décembre 2013, au Conseil municipal de Toulouse. 15h : lecture du vœu par l’autre tête de liste EELV Michelle Bleuse, suivie du vote.

Le verdict est sans confusion : la majorité PS votera contre et l’UMP Jean-Luc Moudenc suivra, dans une sorte de collusion tacite, estimant que « ce type de vœu d’ampleur nationale n’a pas sa place en Conseil municipal » (sic !).

Pour François Briançon, président du groupe Socialiste, la loi Moscovici est déjà « une étape dans le bon sens ». Ce qui revient à dire que si, avec le gouvernement précédent, nous avancions dans le mauvais sens, aujourd’hui, nous reculons dans le bon…

Michelle Bleuse reprendra un instant la parole pour souligner l’intention du vœu : avec la loi Moscovici, on est loin du compte, il faut aller beaucoup plus loin. Mais les jeux sont faits : la trahison du peuple au bénéfice des banques est au rendez-vous de ce Conseil municipal.

Ironie de l’histoire, alors que le maire PS de la cinquième ville de France s’insurgeait contre l’affront que représentait ce vœu émis par EELV Toulouse – estimant que « l’embouteillage parlementaire » n’avait pas besoin qu’on revienne « sur une loi déjà votée » il y a plusieurs mois, au même moment, c’est de l’autre côté des Pyrénées que lui revint l’écho.

Nos amis espagnols recevaient du 13 au 15 décembre dernier Alexis Tsipras, leader de l’opposition grecque, pour la conférence du Parti de la Gauche européenne à Madrid. A cette occasion, le leader grec a émis dans son discours cette revendication raisonnée, raisonnable et morale :

« L’Europe a besoin de son propre Glass-Steagall. »

Alors M. Cohen, rendez-vous aux municipales !

Mobilisez-vous pour couper les banques en 2 !

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