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Nucléaire de quatrième génération : la France au rendez-vous !

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13 avril 2010 (Nouvelle Solidarité)— Mieux vaut tard que jamais ! Le 1er avril, le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) annonçait que 650 millions d’euros venaient d’être alloués, sur les 35 milliards du Grand emprunt, à son projet de réacteur nucléaire expérimental de quatrième génération, Astrid, pour la période 2010-2017. Actuellement en construction à Marcoule, ce réacteur à « neutrons rapides » (RNR) de 600 MW de puissance doit voir le jour en 2020 et représenter à partir de 2040, l’étape précédant celle de la tête de série d’un réacteur commercial.

Pourquoi passer à la quatrième génération ? Rien de moins que pour assurer l’indépendance énergétique future de notre pays, dans un contexte de compétition croissante et d’épuisement de ressources naturelles.

Les ressources en uranium de la planète ne sont pas éternelles. « Aujourd’hui, le nucléaire assure 16% de la production mondiale d’électricité, avec plus de 400 réacteurs en fonctionnement. A l’horizon 2030, l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) prévoit une augmentation de 20 à 80% de la puissance nucléaire installée dans le monde. 45 réacteurs électronucléaires sont en construction dans le monde et de l’ordre de 130 autres sont prévus, principalement en Chine, en Inde, au Japon, aux États-Unis et dans la Fédération de Russie ». Tout ceci ne tient pas compte d’autres pays totalement néophytes qui ont décidé d’opter pour le nucléaire, notamment au Moyen Orient et en Asie, explique un dossier de presse du CEA.

« Selon l’AIEA et l’AEN, les réserves mondiales d’uranium identifiées s’élèvent à 5,5 millions de tonnes. A ces ressources identifiées, peuvent être ajoutées 10,5 millions de tonnes d’uranium qui resteraient à découvrir et environ 22 millions de tonnes d’uranium non conventionnelles, qui seraient extraites de minerais de phosphates, pour un coût plus élevé. » Or, avec les technologies actuelles, pour la production annuelle d’un gigawatt électrique (GWe) on doit extraire 200 tonnes d’uranium naturel de la mine.

Avec les prévisions de croissance du marché du nucléaire mentionnées ci-dessus, le marché de l’uranium devrait donc se tendre vers le milieu du XXIe siècle, d’où le besoin d’aller vite vers des technologies qui, comme celle de la quatrième génération, permettent 1) de mieux utiliser toutes les ressources en uranium à notre disposition 2) d’utiliser aussi le plutonium produit par le cycle des centrales nucléaires actuelles, ainsi que 3) une partie des déchets ultimes à vie longue, les actinides mineurs (américium, neptunium, curium…). Ne resterait donc dans les cuves, en tant que déchets, que les produits de fission, c‘est à dire, 4% du combustible usé, des éléments qui retrouveraient leur radioactivité naturelle au bout de 300 ans et non pas d’une dizaine de milliers d’années comme à l’heure actuelle.

Il faut considérer qu’avec nos techniques actuelles, seul l’un des deux isotopes naturels de l’uranium, l’U235, est utilisé dans les réacteurs, car c’est le seul qui soit directement fissile. Or, il ne représente que 0.7% - 1% de l’Uranium naturel. Les autres 99%, sont constitués par l’uranium 238 qui n’est pas fissile, mais qui peut se transmuter facilement en plutonium 239, qui, lui, est fissile. « Dans les réacteurs de quatrième génération, sous l’action des neutrons rapides, c’est l’ensemble de l’uranium 238 qui pourra être transmuté en plutonium 239 et servir à la production d’électricité », multipliant la disponibilité mondiale en ressources fissiles par 100 !

Pour ce qui est de notre pays, avec cette technologie, « les stocks d’uranium issus des opérations d’enrichissement et de retraitement, qui s’élèvent aujourd’hui à 250 000 tonnes, sont a priori suffisants pour alimenter une production nucléaire au niveau actuel pendant 5000 ans » !

Vite rattraper le retard

Les 650 millions d’euros permettront-ils à la France de combler son retard dans ces technologies qui permettent de produire plus de combustible qu’elles ne consomment ? La France, avec son surgénérateur Phénix, puis son réacteur commercial Superphénix, avait été pionnière dans ces technologies, avant qu’une malencontreuse alliance entre Lionel Jospin et Dominique Voynet, ne décide d’arrêter Superphénix pour toujours.

Mais sont-ils les seuls à blâmer ? Il y a eu aussi, sous la direction d’Anne Lauvergeon et d’autres, la dérive commerciale d’une filière nucléaire qui aurait dû placer en tête de ses priorités non pas de faire de l’argent avec un réacteur de génération ancienne, l’EPR de troisième génération, dopé à l’informatique et destiné aux pays riches, mais de rester à la pointe de nouvelles technologies d’avenir : des mini-centrales plus sûres pour les pays du Sud et le développement rapide de la quatrième génération. Il y a eu aussi l’incompétence de la plupart des gouvernements qui se sont succédés depuis les années 70, qui ont laissé la France se tiers-mondiser, avec un secteur tertiaire qui représente aujourd’hui 80% de l’économie, plutôt que de maintenir l’excellence industrielle de notre pays.

Mais, mieux vaut tard que jamais ! Dans un contexte de concurrence poussée, où des nouveaux pays émergents comme la Corée du Sud, ou d’autres puissances confirmées comme l’Inde, la Russie ou la Chine, se donnent des ailes dans le domaine du nucléaire, la France a décidé d’accélérer son programme de quatrième génération où participent tous les acteurs de la filière française. Le projet du CEA comprend deux types de réacteurs : Astrid, un réacteur refroidi au sodium qui pourrait aboutir le plus vite et auquel 80% des ressources seront allouées, et Allegro, un réacteur refroidi au gaz qui sera construit dans le cadre d’une collaboration européenne et à qui seront alloués les autres 20% des fonds. Pour développer les réacteurs de la quatrième génération, la France fait partie d’un groupe international, Génération IV, où les principales puissances dont la Russie, l’Inde, la Chine, le Japon, la Corée du Sud et les États-Unis, coordonnent leurs efforts.

Le CEA prend le soin de souligner, cependant, que 40 ans après ses prédécesseurs, Phénix et Super-phénix, Astrid sera « un réacteur en rupture forte par rapport à ces deux installations ». Par exemple, Phénix avait permis de tester la faisabilité de la transmutation d’actinides mineurs, pour réduire fortement leur radio-toxicité et leur durée de vie ; « Astrid, après quelques années d’exploitation, pourrait avoir la capacité de brûler autant d’actinides mineurs qu’il en produit. »



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