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Obama dans la ligne de mire des anciens pilotes de drones

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Évoquant les attentats de Paris, quatre anciens pilotes de drone de l’aviation américaine ont envoyé une lettre au Président Barack Obama, au ministre de la Défense Ashton Carter et au directeur de la CIA John Brennan.

Dans leur lettre, ils mettent en garde contre la politique des « assassinats ciblés » par drone qui, à part provoquer bien plus de morts civils que le gouvernement américain ne veut bien admettre, est de nature à alimenter la haine qui nourrit les mouvements terroristes qu’elle prétend combattre.

Les quatre militaires (Stephen Lewis, Michael Haas, Cian Westmoreland et Brandon Bryant), en présence de leur avocat Jesselyn Radack, ont présenté leur démarche au monde lors d’une conférence de presse à Manhattan, New York, le 19 novembre 2015.

En réalité, la lettre ne fait que confirmer les affirmations récentes des Drone Papers, un résumé des documents confidentiels transmis par un « lanceur d’alerte » et publié par quelques journalistes d’enquête courageux.

La lettre affirme :

Cher Président Barack Obama, etc.

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Les anciens pilotes de drones lors de leur conférence de presse, le 19 novembre 2015 à New York. En disant la vérité, ils risquent la prison.
Crédit : Reuters

Nous sommes des anciens employés de l’Armée de l’Air. Nous avons rejoint le service pour protéger la vie des citoyens américains et protéger la Constitution. Nous nous sommes rendu compte que l’exécution de civils innocents n’alimentait que la haine qui enflamme le terrorisme et des groupes comme Daesh. Cette administration et ses prédécesseurs ont mis en place un programme de drones qui est une des forces motrices les plus dévastatrices du terrorisme et des déstabilisations dans le monde.

Lorsque la culpabilité de nos rôles, en tant que facilitateurs de cette perte systématique de vies, nous est devenue insupportable, nous avons tous subi un TSPR (trouble de stress post-traumatique). Le même gouvernement à qui nous avons tellement donné nous a alors abandonné et nous avons été lâchés dans la nature sans soins médicaux adéquats et sans la moindre récompense. Certains d’entre nous sont actuellement SDF. D’autres ont bien du mal à boucler les fins du mois.

Nous avons constaté un gâchis monumental, une mauvaise gestion, des abus de pouvoir et le fait que nos dirigeants mentent en public sur l’efficacité du programme des drones. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas rester silencieux et regarder se dérouler des tragédies comme celle de Paris tout en sachant les dégâts provoqués par le programme des drones à l’étranger et chez nous. Un tel silence violerait notre serment à la Constitution.

Nous vous demandons de prendre notre point de vue en considération, bien que cette demande risque d’être vaine, étant donné les poursuites sans précédent contre les lanceurs d’alerte tel que Chelsea Manning, Julian Assange et Edward Snowden. Pour le salut du pays, nous espérons que cela se passera différemment.

Interrogé, un des auteurs de la lettre, Michael Haas, a indiqué à Democracy Now le type de « culture » qui règne parmi les gens en charge du programme des drones et qui visait à déshumaniser les civils qu’ils tuaient.

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Nouvelle Solidarité N° 7/2014. S’abonner.

Les enfants qu’ils éliminaient furent caractérisés de « joyeux petits terroristes ». Ceux qui appuyaient sur le bouton disaient cyniquement que de toute manière il valait mieux « couper l’herbe avant qu’elle ne pousse trop », avant d’éliminer n’importe qui se trouvant sur leur écran.

Selon les documents révélés par le site d’enquête The Intercept, l’administration Obama dissimule les vrais chiffres de civils tués lors des frappes de drones « en classant des individus non-identifiés comme des ennemis tués lors de l’action (EKIA) », y compris lorsqu’il s’agit d’individus se trouvant sur place par pur hasard.

Un des documents obtenu, démontre que lors d’une offensive de cinq mois, 90 % des morts n’étaient pas des cibles choisies d’avance. Rien qu’au Pakistan, où les frappes de drones américains ont ciblé le nord du Waziristân sur la frontière avec l’Afghanistan, 400 à 600 civils ont été liquidées et presque 600 ont été blessé entre 2004 et 2013 par des drones américains.

Dans l’extrait ci-dessous du documentaire Drone, qui sort cette semaine en salle aux États-Unis et au Canada, on entend le témoignage du sergent Bryant qui a piloté des drones prédateurs de 2007 à 2011. A la fin de son service militaire, son unité a été créditée de 1626 éliminations. Dans l’extrait qui suit, il raconte à quel point cela continu à hanter son esprit.

A vous chère lectrice et cher lecteur, de faire circuler cette information qui intéressera sans doute toutes celles et tout ceux qui souhaitent combattre le terrorisme pour de vrai.

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