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L’AG de l’ONU, une occasion unique pour changer la donne

La rédaction
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Des décisions capitales attendent les dirigeants du monde qui se retrouvent cette semaine et la semaine prochaine à New York, pour l’Assemblée générale de l’ONU. Des décisions portant sur des questions existentielles comme la guerre et la paix, le développement économique pour tous et la mise sous tutelle de l’oligarchie financière.

Si l’on s’attend à ce que les représentants du monde transatlantique défendent les paramètres de leur système condamné, à savoir le néolibéralisme anglo-américain et l’ordolibéralisme européen, la politique de « changement de régime » et l’imposture du réchauffement climatique, ils devront confronter une réalité bien différente, celle de la dynamique des BRICS pour bâtir un futur.

Le président chinois Xi Jinping sera aux Nations unies du 26 au 28 septembre, après avoir été reçu par le président Obama le 25 à Washington. Le président américain s’est contenté jusqu’à présent de reprocher à la Chine la quasi totalité des problèmes économiques du monde, ainsi que de se livrer au cyber-espionnage aux États-Unis ; mais dans les deux jours précédant son arrivée à Washington, Xi rencontrera des représentants de l’industrie américaine pour leur proposer de profiter de la politique chinoise de Nouvelle Route de la soie, y compris dans des projets ferroviaires à grande vitesse aux États-Unis.

A l’ONU, le président chinois mettra l’accent sur la paix, le développement et « la mise en place d’un nouveau type de relations internationales reposant sur la coopération gagnant-gagnant », selon son ministre des Affaires étrangères Wang Yi.

Dans ce cadre, il soulignera aussi la nécessité de respecter la souveraineté d’autres pays et de leur permettre de choisir leur propre modèle de développement et leur propre système social. C’est-à-dire de mettre fin à la politique de « révolution de couleur » en vue de renverser tout gouvernement peu enclin à se soumettre à l’oligarchie financière.

Une autre intervention très attendue à l’ONU sera celle du président russe Vladimir Poutine, qui prendra la parole devant l’Assemblée générale le 28 septembre, le même jour que Xi. Il présentera son offre en faveur d’une coalition mondiale pour combattre le terrorisme, en particulier Daech et ses alliés. Nombre de pays ont déjà réagi favorablement à sa proposition, et même Barack Obama a dû consentir des concessions.

L’essentiel du message envoyé par ces deux dirigeants et bien d’autres, c’est que les pays membres devraient coopérer tant pour vaincre les ennemis communs de l’humanité que pour réaliser ses objectifs communs, ce qui implique, pour reprendre l’expression de l’économiste américain Lyndon LaRouche, de créer de l’harmonie entre les différentes cultures.

C’est pour saisir cette occasion unique, que Mme Helga Zepp-LaRouche, fondatrice et présidente de l’Institut Schiller, a lancé un appel que nous reproduisons ici au complet. Il est en train d’être diffusés aux délégués qui entrent dans le bâtiment des Nations Unies à New York et il a été posté le 15 septembre sur le site du très prestigieux World Public Forum-Dialogue of Civilizations de Rhodes.

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Une dernière occasion pour sauver la paix !

Appel à l’action aux chefs d’Etat qui se réuniront à partir du 24 septembre à l’Assemblée générale de l’ONU

Déclaration d’Helga Zepp-LaRouche, le 29 août 2015.

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De plus en plus de gens dans le monde entier en sont profondément préoccupés, mais peu de personnalités le disent en public : la provocation de l’OTAN vis-à-vis de la Russie et de la Chine s’intensifie au point de rendre presque certaine une guerre thermonucléaire mondiale, faute de changer de cap. Le krach boursier mondial ayant suivi le « Lundi noir » a provoqué « la volatilisation » de quelque 5000 milliards de dollars. Sans surprise, une fois que les banques centrales ont fait tourner à fond la planche à billet électronique, les spéculateurs ont aussitôt récupéré leurs pertes.

La désintégration finale du système financier transatlantique a été provisoirement reportée suite à un gigantesque « assouplissement quantitatif », le nouveau nom de ce que l’ancien patron de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke décrivait comme l’argent (balancé au tout venant par) « hélicoptère ».

L’imminence du krach de Wall Street et de la City explique le danger de guerre bien plus que tout ce que la Russie ou la Chine aurait pu faire.

« La Russie se prépare à un conflit avec l’OTAN, et l’OTAN se prépare à une éventuelle confrontation avec la Russie », constate la dernière étude de l’European Leadership Network (ELN), un centre de réflexion regroupant d’anciens ministres de la Défense et experts militaires européens et russes.

En effet, la modernisation en cours des armes nucléaires tactiques en Europe, le maintien du système de défense antimissile (ABM) en Europe de l’Est, et la doctrine de première frappe de l’OTAN ne permettent pas de conclure à autre chose. De leur coté, la Russie et la Chine ont réagi avec la modernisation de leurs propres capacités nucléaires et le développement de missiles hypersoniques qui devront neutraliser les systèmes de l’OTAN. Si cette guerre a effectivement lieu, il est fort probable que l’humanité sera en grande partie ou complètement anéantie.

Le drame effroyable des réfugiés qui touche actuellement l’Europe, résultat d’une série de guerres menées sur la base de mensonges en Asie du sud-ouest et en Afrique du nord, devrait servir de coup de semonce pour le monde entier : l’existence même d’une « communauté internationale » s’est effondrée. Des dizaines de milliers de personnes se sont déjà noyées en Méditerranée et des centaines de milliers de personnes ont fuit leur pays. Tout cela pour être potentiellement exposées chez nous [en Allemagne et ailleurs en Europe] à la violence d’extrémistes de droite ? En réalité, chacune de ces millions de personnes déracinées et en fuite constitue un réquisitoire sans appel condamnant les responsables de ces crimes de guerre et de ces crimes contre l’humanité.

Où est l’organisme qui, pour ainsi en « dernière instance », peut encore intervenir ? Où est la juridiction devant laquelle ce crime énorme peut être jugé ? Sommes-nous, l’humanité, collectivement capables de nous écarter d’une voie qui menace de nous conduire à notre propre naufrage ?

S’il existe une telle instance dans le monde, c’est l’Assemblée générale des Nations unies à New York, où de nombreux chefs d’État et de gouvernement se réuniront du 24 septembre au 1er octobre. C’est là, à Manhattan, que sera débattu le sort de l’humanité et qu’une vision pour un futur meilleur pourra être convenue. Ou pour le dire autrement : les conditions préalables seront créées pour déterminer si un avenir il y aura.

Il existe une solution à cette crise existentielle, mais elle doit se situer dans un tout autre paradigme, elle doit correspondre à l’identité de l’humanité en tant que seule espèce créatrice, et elle doit consciemment ouvrir une nouvelle ère de l’humanité.

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Lyndon LaRouche, le 6 septembre 2015.
Crédit : LPAC

Lyndon LaRouche souligne que seule l’introduction d’une séparation des banques de type Glass-Steagall – exactement comme celle adoptée par Franklin Roosevelt en 1933 – pourra protéger l’économie réelle des effets de la désintégration imminente du système. Wall Street est irrémédiablement en faillite. Par conséquent, il faut lancer une mobilisation générale pour amener le Congrès à fermer Wall Street à titre préventif en adoptant la loi Glass-Steagall.

Puisqu’il s’agit d’une crise mondiale, selon LaRouche, les critères de Glass-Steagall doivent être adoptés au niveau international. Autrement dit, le système financier international doit subir un processus de mise en faillite ordonnée et être remplacé par un système de crédit afin de pouvoir redémarrer la production à forte intensité de capital de l’économie réelle.

L’endettement total du système international, estimé à quelque deux millions de milliards de dollars, dont quelque 90 % représentent des contrats de produits dérivés en cours, est bien moins solvable que la dette grecque. Ce n’est qu’en mettant fin à l’économie de casino, c’est-à-dire en éliminant les « actifs toxiques » du secteur bancaire, et en protégeant l’activité bancaire au service de l’économie réelle, qu’une véritable relance de l’économie physique sera possible et brisera par là même la dynamique de guerre.

L’Assemblée générale des Nations unies présente vraisemblablement la dernière occasion pour décider d’une telle réorganisation systémique. C’est peut-être une coïncidence historique que la conférence a lieu à Manhattan, cet endroit où le premier ministre des Finances des Etats-Unis, Alexander Hamilton, a lancé le « système américain d’économie politique » et défini le principe d’une véritable « Banque nationale ». C’est en s’appuyant sur cette tradition hamiltonienne que Franklin Roosevelt a pu sortir les Etats-Unis de la grande dépression des années 1930 grâce à la loi Glass-Steagall et à la Reconstruction Finance Corporation. Tel est aussi le modèle suivant lequel la Banque de reconstruction allemande (KfW) put reconstruire dans l’après-guerre une Allemagne complètement ravagée et qui permit le « miracle économique » allemand.

De nombreuses régions du monde ont besoin d’un tel miracle économique aujourd’hui, et sa réalisation est à portée de main. Depuis 2013, le président chinois Xi Jinping a inscrit à l’ordre du jour international la « nouvelle Route de la Soie » comme nouveau modèle de coopération économique entre nations, dans la perspective d’une collaboration « gagnant-gagnant »

Depuis au moins le sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) à Fortaleza en 2014, une dynamique sans précédent a vu le jour entre ces cinq pays et des nations latino-américaines, asiatiques, africaines et même européennes, autour de la mise en œuvre de projets d’infrastructure retardés pendant trop longtemps : le canal de Nicaragua, une voie ferrée transcontinentale entre le Brésil et le Pérou, des tunnels reliant l’Argentine et le Chili, de nombreux projets de nucléaire civil entre le groupe des BRICS et les pays en voie de développement, des projets spatiaux conjoints. On assiste désormais à une explosion de projets de développement, qui étaient bloqués depuis des décennies. La construction du nouveau canal de Suez en l’espace de seulement un an témoigne de ce nouvel esprit.

Les chefs de gouvernement sont appelés à présenter de toute urgence une vision pour l’humanité. Les premières pierres ont déjà été posées. La réalisation de la Ceinture économique de la Route de la Soie et de la Route de la Soie maritime « Une ceinture, une route » et leur intégration avec l’Union économique eurasiatique (UEEA) sont pleinement en cours. De nombreux États en Asie, en Amérique latine et en Afrique accélèrent leur développement grâce à la coopération avec les BRICS. Tous les problèmes de ce monde pourront être résolus, si l’on réussit lors de l’Assemblée générale de l’ONU fin septembre à amener les nations européennes et les Etats-Unis à coopérer avec les BRICS pour développer les régions qui se désagrègent actuellement à cause de la guerre, de la faim, du manque d’eau, des épidémies et du terrorisme.

Si cette Assemblée générale de l’ONU parvient à décider, dans le cadre de la nouvelle Route de la Soie qui a vocation à devenir le « pont terrestre eurasiatique » d’amitié entre les peuples, d’une perspective de développement commun en particulier pour l’Asie du sud-ouest, mais aussi pour l’Amérique centrale et du Sud, et à laquelle pourront travailler aussi la Russie, la Chine, l’Inde, Iran, l’Égypte, l’Allemagne, la France, l’Italie et d’autres pays européens et les États-Unis, alors il sera relativement simple de vaincre le terrorisme. Car on offrira ainsi aux gens dans ces régions une véritable perspective pour leur avenir, celle de bâtir l’économie de leur pays. C’est là que réside aussi la seule chance d’offrir à ceux qui cherchent actuellement refuge contre la guerre et l’horreur un espoir chez eux, et d’empêcher ainsi qu’une nouvelle vague de migration, de millions de personnes, se heurte à des capacités dépassées en Europe ou en Amérique.

La géopolitique et la tentation de résoudre des conflits par des guerres, qui à l’ère des armes thermonucléaires peuvent mener à l’extinction de l’espèce humaine, doivent être supplantées par l’idée des objectifs communs de l’humanité auxquels œuvreront toutes les nations de la planète. Si l’on parvient à faire comprendre aux chefs d’Etat et de gouvernement et aux autres représentants de leur nation, qu’ils doivent oser maintenant, en ce moment de danger extrême pour l’existence de l’humanité, sortir des sentiers battus des règles du jeu oligarchiques et se mettre d’accord sur un grand dessein pour l’avenir de l’humanité, alors nous pourrons avec confiance résoudre tous, mais vraiment tous les problèmes actuels et ouvrir une nouvelle ère de l’humanité. Une ère où l’humanité sera véritablement humaine et mettra les lois et les activités sur notre Terre en harmonie avec les lois de la création et du cosmos.

Ce n’est que de cette manière que nous pourrons survivre en tant qu’espèce. Et c’est à cette aune que seront mesurés les chefs d’Etat et de gouvernement à Manhattan. S’il doit encore y avoir une histoire de l’humanité, l’on se souviendra d’eux soit comme des monstres, soit comme des individus extraordinaires qui ont réussi, au moment décisif, à retrouver un amour profond et tendre pour l’humanité et à inaugurer une nouvelle phase de l’évolution.

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