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Areva : le défi énergétique du XXIe siècle

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Par Jacques Cheminade

Alors que le baril de pétrole dépasse les 80 dollars et que tous les Etats et les intérêts économiques du monde prennent position en vue de l’après-krach financier, le débat sur le futur d’Areva est absolument fondamental, bien au-delà de notre pays.

Areva, qui a regroupé en 2001 Cogema et Framatome, est présent sur toute la filière du nucléaire, qui va de la mine d’uranium jusqu’au retraitement des déchets en passant par les réacteurs nucléaires et l’activité de maintenance.

Au moment où se définit - si des mesures courageuses sont prises pour sortir de la désintégration financière internationale - un Pont terrestre eurasiatique et une politique de grands travaux à l’échelle du monde, Areva constitue un immense atout. C’est en effet la base pour une politique publique de l’énergie, nécessaire à ce niveau car le privé ne peut prendre en charge des projets à plus de 25 ans. Or Areva est détenu aujourd’hui à 91 % par l’Etat, dont 79 % par le Commissariat à l’énergie atomique, l’actionnaire de référence.

Cependant, le drame est qu’en se situant dans les paramètres du système financier actuel, qui est condamné, Nicolas Sarkozy et Anne Lauvergeon, l’actuelle PDG d’Areva, aboutissent logiquement à la conclusion qu’une privatisation est nécessaire, « avec une vraie cotation en Bourse permettant de nouer des partenariats industriels ». C’est ainsi le terrain où ils se situent qui est mauvais : on ne peut pas faire rentrer une reprise du nucléaire ou construire politiquement le Pont terrestre eurasiatique au sein du système financier actuel. Tenter de le faire aboutit à livrer un outil dont la rentabilité physique doit être mesurée sur 25 à 50 ans à des intérêts qui visent une rentabilité financière à un horizon - au mieux - de 3 à 5 ans.

C’est absurde et, fatalement, immoral. Ainsi, sur ordre de l’Elysée (ce que confirme Le Canard enchaîné du 19 septembre), le gouvernement a confié une « mission exploratoire » sur l’avenir de la filière nucléaire française à la banque britannique HSBC et au cabinet McKinsey. Non seulement ces deux institutions sont par nature opposées à la cause des Etats-nations et à leur défense à long terme de l’intérêt général, mais l’opération se déroule avec un conflit d’intérêts scandaleux. HSBC a en effet embauché il y a deux ans l’ancien président du conseil de surveillance d’Areva, Philippe Pontet, et son successeur Frédéric Lemoine est devenu conseiller principal - pardon, senior adviser - de McKinsey. De plus, Bruno Bézard, l’actuel dirigeant de l’Agence des participations de l’Etat (APE), qui a pour vocation de superviser la privatisation d’Areva, est aussi administrateur du géant nucléaire !

En réalité, le futur d’Areva ne peut être conçu qu’au sein d’un nouvel ordre économique et monétaire international, fondé sur de grands travaux financés par du crédit public productif à long terme et faible taux d’intérêt. Dans ce contexte, l’énergie étant le combustible nécessaire à long terme du projet, Areva doit demeurer sous contrôle de l’Etat. EDF et Total, pour qui les réserves d’hydrocarbures ne sont pas éternelles, doivent étendre leur participation au sein de la société. Les deux ont les moyens de passer à une participation de 5 % ou un peu plus (actuellement, EDF possède 2,4 % d’Areva et Total 1 %). Alstom pourrait également y avoir une part, mais ni 34 % ni 25 %, ce qui serait un cadeau indu fait par M. Sarkozy à son témoin de mariage. Siemens, qui possède actuellement 34 % d’Areva NP (ex Framatome) ne devrait rester au sein du groupe que si de fermes assurances sont données par sa direction, avec l’appui du gouvernement allemand, sur son engagement dans la filière nucléaire.

Bref, Areva est au cœur du débat concernant l’avenir de notre société. L’intérêt général et le service des générations futures ne peuvent être assurés que par un engagement de tous les citoyens, c’est-à-dire de l’Etat qui les représente. Laissons à l’Economist et aux ultra-libéraux britanniques, dont on a pu apprécier la qualité de gestion dans le désastre de la Northern Rock, la conviction selon laquelle « l’industrie nucléaire doit pouvoir convaincre sans le soutien du gouvernement ». C’est une absurdité de croque-mort financier pensant avec sa calculette.

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