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Helga Zepp-LaRouche : les syndicats doivent défendre l’intérêt général !

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La lettre ouverte adressée le 17 novembre 2007 aux conducteurs de trains allemands, en grève à l’appel de leur syndicat GDL.


Chers amis cheminots,

Le syndicat GDL a parfaitement raison de faire grève, et c’est pourquoi une grande majorité d’usagers du train en Allemagne a exprimé d’emblée sa sympathie pour cette action. Pourquoi devriez-vous vous contenter d’un salaire mensuel de 1500 euros quand le moindre des petits spéculateurs boursiers empoche plusieurs fois ce montant ? On vous confie des centaines de vies humaines durant chaque trajet et le stress que vous ressentez ne se dissipe que lorsque le train s’est définitivement arrêté en gare. En outre, pourquoi les conducteurs devraient-ils supporter quotidiennement une avalanche d’insultes de la part des usagers, pour 1500 euros ? En effet, ces usagers ont une bien piètre image du rail car ils ratent leurs correspondances suite aux retards, résultant généralement d’une programmation à la seconde près - profit financier oblige - mais rendant tout rattrapage impossible.

Mais malgré la popularité de votre grève, un problème reste posé. Même si vos revendications pour une augmentation de salaire grâce à un accord sectoriel sont justifiées, elles restent partielles. Le problème c’est que le système financier se désagrège comme un tout. Le casino financier mondial est entré dans un processus d’effondrement systémique dont la crise du crédit hypothécaire américain n’est pas la cause, mais la conséquence.

De nombreux hedge funds et fonds d’arbitrage, les fameux « fonds sauterelles », sont sur le chemin de la banqueroute. Les banques d’affaires, et malheureusement aussi quelques banques publiques qui se sont engagées dans des opérations très risquées, commencent à essuyer des pertes se chiffrant en milliards d’euros qu’elles sont condamnées à passer par pertes et profits.

En réalité, ces banques sont assises sur des milliers de milliards de dollars en papier commercial invendable sous forme de SIV (Structured Investment Vehicles). La totalité de la dette dépasse plusieurs fois le PIB mondial de l’économie réelle.

La Fed, la banque centrale américaine, a accru démesurément la masse monétaire afin de désamorcer l’effondrement du crédit hypothécaire et du marché de l’immobilier. Ceci nous a conduit à une baisse historique du dollar et au retour de l’inflation, qui menace en retour les exportations européennes et asiatiques. Afin d’amortir la chute du dollar, la Banque centrale européenne (BCE) se garde d’augmenter les taux d’intérêt, ce qu’elle aimerait pourtant faire face à l’inflation. Les pays asiatiques, de leur côté, baissent leurs taux (parce que des taux élevés feront chuter encore plus le dollar), ce qui accroît encore l’inflation. En vérité, le système actuel nous place entre le marteau et l’enclume : éviter l’effondrement systémique du système ou éviter une explosion hyperinflationniste.

Début août, quand la banque IKB était en difficulté, Jochen Sanio, le chef de l’autorité monétaire allemande BaFin, a dit que nous étions dans la pire crise bancaire depuis 1931. En vérité, la situation est bien pire parce qu’aujourd’hui, à cause de la mondialisation, le problème se pose à l’échelle planétaire. Mais la comparaison reste pertinente parce que, comme à l’époque, de nouveau, un seul choix s’offre à nous. Soit les gouvernements réagissent en adoptant une politique d’austérité draconienne, comme l’a fait le gouvernement Mueller, puis Brüning, Hjalmar Schacht et Adolf Hitler - soit nous optons pour la politique adoptée par Franklin Delano Roosevelt, c’est-à-dire celle du New Deal, qui a permis de surmonter la dépression.

Voilà la clef pour le syndicat GDL. Le plus vieux syndicat d’Allemagne - le GDL, fondé en 1867 - doit être le porte-voix de l’intérêt général ! Qui d’autre pourrait se lever pour défendre l’intérêt général en Allemagne ? Les partis politiques représentés au Bundestag [chambre basse du parlement allemand] préfèrent garder le profil bas. L’ancien président du SPD, Franz Muentefering, qui avait un jour qualifié les hedge funds de « locust » (« fonds sauterelles » ), n’a plus jamais osé répéter son accusation depuis.

Un premier pas consisterait à abandonner le débat sans fin sur la privatisation du chemin de fer allemand. Il est tout simplement inadmissible que, dans le Land de Saxe-Anhalt, par exemple, 54 % des lignes de chemin de fer soient fermées. Dans certains Etats de l’ex-Allemagne de l’Est, des communes entières sont « fermées » parce qu’on affirme qu’il n’est plus économiquement justifié de maintenir les réseaux d’eau, d’électricité et d’égouts. Si nous continuons ainsi, la cathédrale de Cologne risque de figurer bientôt parmi les attractions dans une exposition en Mongolie, comme un fossile d’une civilisation disparue.

Par contraste, regardez la Russie qui construit 14 000 miles de nouvelles lignes de chemin de fer, dont 1000 miles de voies rapides. Dans les cinq ans à venir, la Chine va construire 12 400 miles de nouvelles lignes, et moderniser 10 000 miles de son réseau ferroviaire pour faire circuler des trains plus rapides. Nous rappelons ici que le « Commandant Wu » n’a eu besoin que de 22 mois pour construire la ligne maglev (train à lévitation magnétique) entre Pudong et Shangaï !

Le maglev a été conçu en Allemagne, mais nous avons été incapables de le construire chez nous. Cela doit changer ! La Chine, les Etats du Golfe, l’Ibéro-Amérique et même la petite Danemark, tous veulent des maglev. Et nous, nous n’en voulons pas ? En Allemagne, nous n’avons pas besoin de hedge funds ni de la privatisation du rail pour construire le maglev. Comme le stipule la loi fondamentale allemande (Articles 1, 20, 56 et 115) et la loi sur la stabilité et la croissance de 1967, l’Etat a le droit et le devoir de corriger les déséquilibres économiques en investissant dans des projets du type maglev, grâce à du crédit productif public !

La vérité, c’est que la crise du système financier mondial actuel est bien pire qu’en 1931. Cependant, pour parler de 1931, il faut noter qu’à cette époque, il y avait aussi un vaste débat sur une sorte de New Deal. En septembre 1931, une conférence secrète de la Société Friedrich List s’est tenue à Berlin, dans les locaux de la Reichsbank. Lors de cette réunion, l’économiste Wilhelm Lautenbach a présenté son plan pour le plein emploi grâce au crédit productif public.

En décembre 1931, un plan similaire fut soumis par les syndicats. C’était le plan WTB, des initiales de ses trois auteurs, Woytinsky, Tarnow et Baade. Ce plan, soutenu par la Fédération générale des syndicats allemands (ADGB), fut écarté par le parti socialiste allemand (SPD). Aux Etats-Unis, de l’autre côté, après 1933, Roosevelt a imposé avec succès sa politique de New Deal et sorti son pays de la grande dépression. Si le plan Lautenbach/WTB de 1931 avait été adopté en Allemagne, les conditions sociales n’auraient pas favorisé la prise de pouvoir d’Hitler en 1933.

Une fois de plus : les revendications du GDL sont parfaitement justifiées. Cependant, dans la crise économique et financière actuelle, elles ne peuvent aboutir que si nous changeons radicalement de cap économique et laissons de côté la spéculation pour revenir à une économie de production. Nous avons besoin d’une nouvelle architecture financière, un nouveau Bretton Woods et un New Deal. Si le GDL reprend le flambeau de la défense de l’intérêt général, il accomplira une mission historique pour toute l’Allemagne !

Cordialement,

Helga Zepp-LaRouche,
présidente du Büso

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