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L’effondrement est hors de contrôle — Appel urgent pour un Glass-Steagall global

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Par Helga Zepp-LaRouche
le 12 août 2011


 

Il serait préférable que nos dirigeants trouvent enfin le courage d’admettre ouvertement ce qui est désormais une évidence : la désintégration globale du système financier est hors de contrôle ; nous sommes confrontés au danger d’une véritable désintégration du système financier et de l’économie réelle qui fera passer le krach de 1929 et la Grande dépression pour une promenade de santé. Face à cela, en vérité, nos gouvernements n’ont pas la moindre idée de ce qu’il faut faire. La plupart d’entre eux nourrissent néanmoins l’affreux soupçon que la création d’une « union fiscale » européenne souhaitée par Londres et les mesures d’austérité draconienne qui l’accompagneraient ne résoudront pas le problème, et n’aboutiront au contraire qu’à créer partout en Europe des situations comparables à ce que nous voyons actuellement avec les émeutes au Royaume-Uni.

Il n’est guère étonnant de voir aussi la crédibilité des gouvernements voler en éclats, puisqu’ils se sont mis eux-mêmes à la merci des « marchés » depuis l’éruption de la crise en juillet 2007. Plutôt que de juguler ces marchés en réintroduisant une régulation, ils se sont laissés garroter, sous le coup de l’urgence répétée, dans une spirale de concessions aux institutions financières. C’est ainsi que des centaines de milliards d’euros de dettes spéculatives privées ont été transformées en dettes publiques, que l’on demande aux populations de rembourser en procédant à des plans d’austérité monstrueux.

 

Le secteur financier, bénéficiant de plans de renflouement en série, a exprimé sa gratitude en déclenchant de nouvelles attaques spéculatives : d’abord contre la Grèce et d’autres pays « périphériques » de l’Union européenne, et plus récemment contre la France et l’Allemagne, notamment en jouant contre eux avec des CDS (Credit Default Swaps), « comme si la fin du monde était arrivée », pour reprendre la formule du quotidien économique allemand Handelsblatt. Dans le même temps, l’abaissement de la note de plusieurs pays par les agences de notation a provoqué une contraction du « système bancaire de l’ombre » (shadow banking) qui, à cause des mécanismes d’effet de levier propres aux produits financiers dérivés, provoque un effondrement en cascade. Ironiquement, il s’avère maintenant que c’est précisément la partie la plus « profitable », et aussi la plus risquée de l’économie casino, qui est le talon d’Achille du système.

 

Non à une union fiscale européenne

 

Dans cette situation dramatique, tous les porte-voix de l’Empire britannique – qu’il s’agisse du Financial Times, du président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet ou du président de la Commission européenne José Manuel Barroso, qui à peine deux semaines après le sommet européen du 21 juillet, a invoqué l’état d’urgence pour exiger une augmentation substantielle du capital du Fonds européen de stabilité financière (FESF) – affirment que seule la création immédiate d’un gouvernement économique européen pourrait empêcher l’éclatement de la zone euro. Leur discours fallacieux consiste à dire que seule une union fiscale européenne serait plus puissante que les marchés !

Evidemment, un tel gouvernement économique européen, planifié dès le début par les architectes de l’Union économique et monétaire, serait en mesure d’imposer avec « plus d’efficacité » ce que les marchés réclament de toute façon, c’est-à-dire l’austérité draconienne déjà imposée à la Grèce, au Portugal, à l’Italie, à l’Espagne et à la France. La seule nouveauté étant que les Etats ne disposeraient plus d’un droit de veto leur permettant de défendre l’intérêt général, le tout couronné par les conséquences sociales de ces coupes budgétaires, tel qu’on le constate avec les émeutes en Angleterre.

 

Cette élimination des derniers vestiges de souveraineté nationale serait le pas ultime dans la violation en série des constitutions nationales des Etats européens (constatée dès 2009 par le « verdict de Lisbonne » de la Cour constitutionnelle allemande), ainsi que des traités européens de Maastricht et de Lisbonne eux-mêmes. A l’heure actuelle, la BCE, en violation de ses propres statuts, achète sur le marché secondaire les obligations pourries d’Etats en faillite, provoquant, non pas la stabilité de l’euro, mais une hyperinflation contraire aux intérêts des Etats européens et au bien-être de leurs citoyens.

 

Avec cette offensive contre les Constitutions, qui aux Etats-Unis opère sous la forme d’un « super-Congrès », piloté par la Maison Blanche au détriment de la Chambre des représentants, et qui prend en Europe la forme d’un Etat fédéral anticonstitutionnel, les défenseurs de cette politique ont mis un terme à leur propre légitimité. La preuve de leur faillite se reflète dans un taux de chômage moyen des jeunes dépassant les 20%, qui a engendré une génération sans espoir et sans avenir dans le système actuel. Poursuivre et intensifier cette politique au nom d’une union fiscale européenne plongera la région transatlantique dans un nouvel âge de ténèbres qui se répandra aux quatre coins de la planète.

La solution Glass-Steagall

 

Devant cette menace existentielle, il n’y a qu’une porte de sortie : une séparation bancaire dans la tradition de la loi Glass-Steagall de 1933. Aux Etats-Unis, un projet de loi visant à rétablir cette législation (House Resolution 1489), introduit à la Chambre des représentants par la démocrate de l’Ohio Marcy Kaptur et co-présenté par 32 autres membres du Congrès, est soutenu par la grande confédération syndicale américaine AFL-CIO, par le deuxième syndicat agricole des Etats-Unis, la National Farmers’ Union (NFO), ainsi que par un ensemble de fédérations syndicales locales, des conseils municipaux et des élus locaux, démocrates comme républicains.

J’énumère ici les mesures requises de toute urgence :

1. Tous les pays de la région transatlantique doivent adopter des lois prévoyant la séparation des activités bancaires, calquées sur la loi Glass-Steagall du 16 juin 1933 de Franklin Roosevelt, dont les principes existaient aussi dans les pays européens jusqu’au début des années 1980 sous forme de régulations strictes, conférant au secteur bancaire le rôle central de banque industrielle et lui interdisant d’utiliser l’épargne privée pour des opérations spéculatives risquées.

Comme c’était le cas avant l’abrogation du Glass-Steagall en 1999 par la loi Gramm-Leach-Bliley, banques commerciales, banques d’affaires et secteur de l’assurance doivent être complètement séparés les uns des autres.

2. Les banques commerciales seront mises sous protection de l’Etat, les banques d’affaires devront mettre elles-mêmes de l’ordre dans leur bilan sans l’aide de l’argent des contribuables, ce qui signifie que des milliers de milliards de dollars de titres toxiques devront être effacés, même si cela mène à l’insolvabilité des banques en question.

3. Les secteurs légitimes de l’ancien système qui sont liés à l’économie réelle et aux fruits du travail productif seront identifiés et réintégrés dans le nouveau système. Certaines catégories de ces créances devront être gelées dans un premier temps, en raison de la complexité des interdépendances, puis analysées et évaluées par une institution d’Etat avant d’être honorées.

4. Dans le cadre de ce nouveau système basé sur le crédit, une banque nationale dans la tradition d’Alexander Hamilton devra alors mettre à disposition des crédits à long terme et faible taux d’intérêt pour des investissements productifs qui, en privilégiant l’accroissement de la densité de flux énergétique et le progrès scientifique et technique, relanceront la productivité de l’économie.

5. Un système de taux de change fixes doit immédiatement être adopté par les nations parties prenantes.

6. En vue de reconstruire l’économie mondiale, les Etats souverains devront conclure des accords de coopération à long terme, ayant pour objectif la réalisation en commun de projets d’infrastructure et de développement bien définis. Ces accords représenteront de fait un nouveau système de crédit, c’est-à-dire un nouveau Bretton Woods dans la tradition de Roosevelt.

7. Durant des décennies, au nom du dogme monétariste, on a démantelé les capacités industrielles et agricoles, devenues désormais inférieures au niveau permettant d’assurer des conditions de vie dignes à une population mondiale de quelque sept milliards de personnes. Par conséquent, l’objectif doit être de passer, grâce au vecteur scientifique, à une plateforme de développement économique plus élevée, telle que l’a définie Lyndon LaRouche, du point de vue de l’économie physique. L’accroissement de productivité auquel l’économie est parvenue grâce au programme Apollo du président Kennedy, dont l’effet est encore ressenti aujourd’hui, constitue un exemple historique de ce type de mobilisation.

Rejoignez-moi en appelant de toute urgence les Parlements et les gouvernements à remplir leur devoir constitutionnel et protéger le bien commun de ceux qu’ils représentent, en établissant sans délai une séparation bancaire.

Helga Zepp-LaRouche
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