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LaRouche : Une coopération USA-Russie-Chine, base d’un nouveau système international de crédit

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17 septembre 2011 (Nouvelle Solidarité) — L’économiste américain Lyndon LaRouche a clairement posé l’enjeu de notre époque sur la table : soit nous organisons une relance de l’économie physique suffisamment vaste pour sortir le monde de cette crise d’effondrement, soit nous périrons sous les dettes pourris de ce système financier. Le projet de développement transcontinental autour du détroit de Béring revêt donc une importance fondamentale pour inverser la dynamique politique du monde.

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Le monde de demain vu de l’Arctique. Tracés des grands couloirs de développement économique du « Pont terrestre eurasiatique » proposé par Lyndon LaRouche.
H.A. Cooper Consulting Co.

Bien qu’il ait malheureusement dû décliner l’invitation qui lui avait été adressée à prendre la parole lors du Forum de Iakoutsk en Russie — qui a accueilli fin août les principaux acteurs publics et privés s’intéressant au développement de l’extrême-orient russe, et venant des Etats-Unis, de Chine et évidemment de Russie — LaRouche a développé cette perspective de sortie de crise russo-sino-américaine lors d’un entretien sur LPAC-TV le 14 septembre. Extraits.


LaRouche : Bonjour. Nous sommes en effet devant une situation intéressante. Nous avons eu l’occasion d’en discuter en interne, mais je pense qu’à ce stade, on peut en parler publiquement.

Il est indéniable qu’un krach généralisé du système financier est en cours. Il reste à voir comment cela se terminera, mais il n’empêche que nous approchons d’un point de non retour dans cet effondrement global auquel on peut pourtant remédier.

La solution se trouve, pour l’essentiel, dans la conclusion d’un accord entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine, qui ne serait qu’un pas préliminaire mais représente la seule issue capable d’empêcher le monde de sombrer dans la pire dépression de l’histoire. Car cette menace est immédiate, elle pourrait frapper d’ici la fin de l’année.

Qu’est-ce que cela implique ? Avant toute chose, l’actuel président des Etats-Unis doit être évincé. Les deux raisons principales en sont, d’abord son état mental qui, d’après les critères du 25e amendement de la Constitution, s’avère déficient, et deuxièmement, le fait qu’il ait violé la Constitution dans la conduite de la guerre en Libye [la Constitution stipule que dans les 90 jours suivant le début d’un conflit militaire, le président des Etats-Unis doit soumettre à l’approbation du Congrès sa décision d’entrer en guerre].

Pour ces deux raisons, Barack Obama est passible de destitution. A l’heure actuelle, il est déjà au bord de la dépression et l’homme ne pourra plus cacher encore longtemps qu’il est cliniquement inapte pour le métier de Président. A mesure que le temps passe, sa santé mentale se détériore de jour en jour. Obama est fini. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si les Etats-Unis le seront avant lui ?

En supposant qu’il quitte ses fonctions, on pourra alors rétablir la loi de séparation bancaire Glass-Steagall du président Franklin Roosevelt. Ce rétablissement ne suffira pas, à lui seul, à sauver le pays, mais il représente un pas indispensable pour sauver la nation. En d’autres termes, cela ne garantit pas, en soi, la résolution de tous nos problèmes, mais sans ce premier pas, c’est l’effondrement assuré des Etats-Unis, et même la fin de leur existence sous la forme que nous connaissons aujourd’hui. On doit donc rétablir Glass-Steagall.

Une coopération américano-sino-russe

Une fois ce pas franchi, j’ai proposé deux autres mesures : d’abord, que les Etats-Unis concluent un accord cadre avec la Russie, du type approprié pour un traité dont je vais exposer la teneur. Ensuite, que ce traité soit immédiatement élargi à la Chine.

Les raisons qui m’ont conduit à soumettre une proposition diplomatique préliminaire de cette nature, c’est qu’aux Etats-Unis comme en Russie et en Chine, le potentiel existe pour conclure relativement vite ce type d’accord. En d’autres termes, si l’on tentait d’y inclure d’emblée un grand nombre d’autres pays, cela échouerait, car trop de sujets feraient capoter les négociations.

L’intérêt de la Chine

La situation russe s’y prête. Un Poutine très actif revient en tant que candidat présidentiel. C’est ce qui définit le contexte actuel. Dans le cas de la Chine, il est clair que si le système mondial bascule, il l’entraînera dans sa chute car elle dépend des marchés étrangers pour accéder à des produits manufacturés et autres biens de ce type. Un krach du système mondial aurait ainsi, à long, voire à moyen terme, des conséquences tragiques pour la Chine. Tout comme la Russie, elle a besoin entre autres, pour se développer, d’une source d’approvisionnement en matières premières et minerais. La Chine connaît un processus avancé de développement qu’il est souhaitable d’étendre. Or, cela nécessite des minerais, et il en existe dans le nord de l’Asie. Evidemment, les Etats-Unis ont le même type de besoins et c’est également une solution pour la Russie.

Aussi ces trois nations, Etats-Unis, Russie et Chine, devraient-elles conclure un traité établissant un système de crédit opérant avec des parités fixes entre leurs devises – le genre de projet que Franklin Roosevelt envisageait entre ces nations au sortir de la guerre.

Voilà ce dont le monde a besoin aujourd’hui et pour longtemps. J’étais un jeunot qui terminait son service militaire quand cela fut mis en place à l’époque. Aujourd’hui, cela marchera.

Une fois ces trois pays parvenus à un accord, il sera assez facile d’y rallier un grand nombre d’autres nations dans des conditions similaires, car toutes sont assez inquiètes pour leur sort. Tous les pays du monde ont besoin d’un système de crédit à taux de change fixes, tel que l’envisageait Franklin Roosevelt à la fin de la guerre. Cela tomba à l’eau avec sa disparition et l’arrivée de Truman.

Voilà où nous allons, ou plutôt, où nous devons aller. C’est un changement dramatique et cela doit avoir lieu comme un changement dramatique. C’est pour cela que je n’ai retenu que trois pays au départ. Car les autres, tels que l’Inde par exemple, bien que qualifiés pour intégrer ce processus, seraient obligés de surmonter des processus internes, ce qui empêcherait d’aboutir à un accord dans un délai raisonnable. Mais je sais qu’une fois un accord obtenu entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine, on arrivera rapidement à un accord global, ou du moins très large, avec d’autres pays.

Cela nécessitera une âpre bataille. Ce projet n’est pas encore sur la table, mais je serai sans doute associé personnellement à cette démarche. Le moment est venu pour moi de donner les grandes lignes de ce vers quoi nous évoluons. En tout cas, cette démarche est la seule issue. Les Etats-Unis doivent évincer ce Président pour des raisons parfaitement légales, car il s’est livré à des violations flagrantes de la Constitution et son esprit est manifestement défaillant. Cela saute de plus en plus aux yeux. Par exemple, alors qu’Obama s’adressait à un auditoire, dans la salle les gens jouaient aux cartes et discutaient entre eux, du genre : « Tu sais ce que ma grand-mère pense de ce type ? » Plus personne ne le respecte, disons-le, dans les milieux qui autrefois étaient impressionnés par sa présence. C’en est fini pour lui, il a perdu les pédales.

Voilà ce qu’il faut faire. C’est la seule solution à effet immédiat.

Il faut toutefois ajouter une chose, qui s’avère de toute façon nécessaire avec le rétablissement de Glass-Steagall, y compris en l’absence d’accord avec la Russie et la Chine. Rappelons-nous ce qui s’est passé en 2007 lorsque j’avais élaboré le Homeowner and Bank Protection Act (HBPA, loi sur la protection du logement et des banques), que de nombreux Etats entendaient adopter. Ils ne sont jamais allés jusqu’au bout. Entre-temps, en particulier depuis début 2008, avec le lancement du processus de renflouement bancaire, les Etats-Unis sont devenus un tel amas de ruines que même le rétablissement de la loi Glass-Steagall ne pourrait sauver ce pays de l’enfer. Pour la simple raison que le crédit disponible requis pour tout ce qu’il faudrait reconstruire d’urgence sur le plan économique, n’existe tout simplement plus au sein du système monétaire actuel.

Sans NAWAPA, pas de solution

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Le projet NAWAPA (Alliance nord-américaine pour l’eau et l’énergie).

C’est uniquement en revenant à un système de crédit à parités fixes qu’on pourra dégager les fonds nécessaires pour servir un dessein de type rooseveltien et de cette envergure. Par exemple, à moyen et long terme, on ne peut offrir aucun avenir aux Etats-Unis sans rétablir le Glass-Steagall et sans réaliser le projet NAWAPA (North American Water and Power Alliance, alliance nord-américaine pour l’aménagement de l’eau et de l’énergie). Sans NAWAPA, pas de solution à long terme pour les Etats-Unis. Ce projet est immédiatement faisable car il s’agit d’un plan élaboré dans les moindres détails, même si l’ancienneté de sa conception nécessite quelques mises à jour techniques. Toutefois, sa réalisation insufflera un tel élan de productivité dans l’économie américaine que l’adoption de Glass-Steagall, couplée à la mise en place d’un système de crédit, permettra de sortir immédiatement les Etats-Unis de la crise en les embarquant dans une relance économique accélérée. Cela fait partie intégrante de l’accord américano-sino-russe. On pourrait y ajouter beaucoup d’autres choses mais c’est là l’essentiel.

Sky Shields  [*] : Je voudrais souligner trois choses dans ce qui vient d’être évoqué. Primo, le besoin de lancer le projet NAWAPA ; secundo, la volonté de la Russie d’aller avec les Etats-Unis dans cette direction si nous changeons de cap ; et tertio, le fait que tout cela est impossible si Obama n’est pas évincé du pouvoir afin de faire naître un autre système de crédit.

Il faut également se rappeler quelques développements importants ces derniers mois en Russie. Quand on regarde la carte de notre projet de « Pont terrestre eurasiatique », cela semble dépasser de loin l’imagination de la plupart de nos concitoyens. On y voit tout un maillage de couloirs de développement formés par des lignes de chemins de fer et d’autres modes de transport rapides, reliant la pointe méridionale de l’Afrique, via le Moyen-Orient, l’Europe et l’Asie, en franchissant le détroit de Béring par tunnel, pour rejoindre, en traversant l’ensemble des Etats-Unis, l’extrémité du cône de l’Amérique du Sud. La partie étasunienne est essentiellement composée du projet NAWAPA. Du côté russe, on constate depuis quelque temps un immense regain d’intérêt pour le développement des régions de l’extrême orient russe.

Le cosmodrome national de Vostochny

La première pierre de ce projet sera posée avec la construction du nouveau cosmodrome national de Vostochny, près d’Uglegorsk. Avec une surface de 100 km2, il sera la première base de lancement spécifiquement russe. Jusqu’ici la Russie lançait ses fusées à partir d’une base spatiale, que lui louait le Kazakhstan. Avec le cosmodrome de Vostochny, la Russie compte se doter de sa propre base spatiale. C’est déjà une perspective enthousiasmante en soi, mais quand on en évalue les implications sur la carte, on se rend vite compte qu’il s’agit de désenclaver et de développer toute une région. Dotée de nombreux centres de production pour l’industrie spatiale, la ville accueillera quelque 30 000 habitants. Elle est située directement sur le BAM, la ligne dite Magistrale reliant Baïkal à l’Amour, dont le tracé offre une troisième interconnexion entre l’Europe et l’extrême orient russe, les deux autres étant le transsibérien et la ligne longeant la frontière chinoise. On prévoit de doubler la ligne ferroviaire, ce qui ne pose aucun problème d’espace. On compte également installer des lignes électriques et des réseaux de communication le long de la ligne. Sans oublier la construction d’un aéroport et l’interconnexion de la région avec le reste du Pont terrestre eurasiatique, c’est-à-dire avec le transsibérien et les couloirs de développement économique sur le tracé de l’ancienne « route de la soie ».

Cela ne se réduit donc pas à une simple base de lancement, c’est un élément clé d’un développement intégré du Continent et au-delà. Il n’est donc pas faux de dire qu’il s’agit du pendant au projet NAWAPA aux Etats-Unis.

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