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Le pont terrestre eurasiatique devient réalité (Compte-Rendu de la Conférence de l’Institut Schiller)

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Lire le discours d’ouverture de Lyndon LaRouche

Lire Le discours de Jacques Cheminade

Lire la résolution de Kiedrich


Une alternative concrète et réalisable au krach financier et à la guerre a été présentée à la conférence de l’Institut Schiller les 15 et 16 septembre 2007 à Kiedrich, Allemagne.

Plus de 350 personnes, venant de quarante pays et de cinq continents, ont répondu à l’invitation de l’Institut Schiller pour participer à une conférence, les 15 et 16 septembre à Kiedrich, en Allemagne, sur le thème « Le pont terrestre eurasiatique devient réalité ». Comme l’a noté d’emblée Helga Zepp-LaRouche en ouvrant les travaux, cette conférence intervient à un moment d’extrême tension, alors que le système financier est en pleine désintégration et que le danger de guerre, notamment contre l’Iran, reste, de ce fait, plus réel que jamais.

En dépit de ces dangers gravissimes, déclara Mme Zepp-LaRouche, « l’esprit de cette conférence est optimiste. Au fil des nombreuses présentations et discussions, nous verrons à quel point il serait facile de rebâtir le monde. A condition que nous sortions de cette zone de danger immédiat, l’humanité peut entrer dans une nouvelle phase, déterminée par un débat rationnel sur les manières de reconstruire l’économie, vaincre la pauvreté, développer l’industrie et l’agriculture, verdir les déserts. Le but de cette conférence est de rendre les gens optimistes, non seulement le temps de ces deux journées, mais au-delà. Cet événement doit devenir le début d’un dialogue mondial, un forum pour ceux qui veulent reconstruire le monde. »

Eriger d’urgence des coupe-feu

Après l’introduction de Helga Zepp-LaRouche, Lyndon LaRouche a pris la parole, entrant tout de suite dans le vif du sujet. Il a évoqué l’effondrement en chaîne du système financier et monétaire, qui menace l’existence même du dollar et, partant, la survie de la Chine et de l’Europe, incapables de se protéger contre la débâcle. Dans l’histoire récente, dit-il, un changement funeste s’est produit à la mort du président américain Franklin Roosevelt. Ce dernier avait obtenu de la Grande-Bretagne qu’elle s’engage à vaincre Hitler - que l’empire britannique et la Banque d’Angleterre avaient eux-mêmes mis au pouvoir et qu’ils hésitaient à éliminer définitivement, comme en témoigne le cas du maréchal britannique Montgomery, qui prolongea la guerre en Europe alors qu’elle aurait pu être terminée fin 1944. Une fois la guerre terminée, Roosevelt était déterminé à démanteler tous les empires. Il voulait collaborer avec la Chine et la Russie et considérait les Nations unies comme une institution qui devait aider à éliminer le colonialisme, contribuer au développement de nouvelles nations indépendantes et faciliter la coopération internationale dans l’intérêt général. A la mort de Roosevelt, son successeur Harry Truman adopta une politique totalement opposée, déclarant la guerre à l’Union soviétique en lançant la guerre froide.

Les Etats-Unis ont connu une certaine croissance économique jusqu’à environ l’assassinat du président Kennedy. Ensuite, ce fut le déclin, avec les ravages de l’interminable guerre d’Indochine, la montée des « cols blancs » dans la génération du baby boom qui méprisaient les « cols bleus » et le travail productif, ainsi que le démantèlement du système de Bretton Woods en 1971, sous la présidence Nixon. Depuis lors, les forces de l’empire ont tenté de détruire les Etats-nations, aux Etats-Unis et ailleurs, pour les remplacer par une dictature mondiale. L’arnaque du « réchauffement climatique » fait partie de cette offensive, de même que le système de Maastricht en Europe.
Il est nécessaire, poursuivit LaRouche, d’opérer un changement immédiat dans les relations internationales, notamment à travers une alliance entre quatre pays - Etats-Unis, Russie, Chine et Inde - à laquelle se joindront d’autres nations lorsque la dynamique se confirmera. L’une des mesures les plus urgentes à prendre est de construire un « coupe-feu » contre l’effondrement actuel du système monétaire et financier, pour l’empêcher de se propager. Tel est le but du projet de loi de Protection des propriétaires et des banques, mise en avant par LaRouche lui-même. Un deuxième coupe-feu consiste à établir un calendrier raisonnable pour la transition d’un système monétariste vers un système de crédit public au service de l’économie réelle. Pour cela, il faut de bons économistes qui ne soient pas dupes des modèles sophistes de prévision statistiques, utilisés par les hedge funds, par exemple.

Les gens, précisa LaRouche, doivent prendre conscience du rôle des pouvoirs créateurs de l’homme, afin de développer des idées pour l’avenir de l’humanité. L’essentiel, c’est de revivre le processus ayant permis de réaliser les percées scientifiques à l’origine des vrais progrès, afin d’éviter de répéter les erreurs ayant mené au désastre actuel.

Après ce discours, les participants ont eu l’occasion de poser quelques questions à Lyndon LaRouche. La première concernait le bon équilibre entre les investissements publics et ceux du secteur privé, que LaRouche avait développé dans sa présentation. En réponse, l’économiste et homme politique américain rappela que l’aspect central de toute économie consiste à développer la créativité humaine chez des individus souverains, le rôle de l’Etat étant simplement de fournir le cadre général propice à cela. C’est une question de leadership. Un bon système fonctionne non pas sur la base de facteurs fixes, mais d’idées innovatrices, comme, par exemple, le concept d’une machine qui accroît la productivité.

Autre question posée à LaRouche : les Etats-Unis constituent-ils actuellement un empire ? LaRouche donna alors un aperçu historique des empires, qui reposaient tous sur une oligarchie, comme celle pour laquelle travaillaient les prêtres contrôlant les oracles de Delphes. L’empire romain se situe dans le même fil, de même que le système bancaire anglo-hollandais, sur lequel repose le fonctionnement de l’empire britannique à ce jour. C’est à travers la lutte contre cet empire que les Américains établirent leur république. Les Etats-Unis ne s’inscrivent donc pas dans la tradition impériale, au contraire, ils s’en font simplement l’instrument.

Une autre question fut posée sur la méthode polémique de Rabelais et la façon de l’appliquer au combat actuel pour changer la politique. LaRouche traça un parallèle entre la méthode de Cervantes, qui ridiculisa le désastre de l’Espagne habsbourgeoise à son époque, et celle de Rabelais, qui se moquait de la dégénérescence de la nation française, contrastant avec la grandeur de Jeanne d’Arc ou de Louis XI. A travers le rire, Rabelais fait en sorte que le lecteur prenne conscience de ce processus de déclin et reconnaisse la folie qui s’empare de la société, c’est un rire sain qui permet de voir l’origine du problème.

La Russie : grande nation eurasiatique

La deuxième session de la conférence, consacrée aux projets en Russie, a été précédée par une belle interprétation du célèbre motet de Bach, Jesu meine Freude, par la chorale du Mouvement des jeunes larouchistes (LYM) de Berlin.

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Lyndon LaRouche, Helga Zepp LaRouche,
Stanislaw Menshikow

Ensuite, la parole était au professeur Stanislav Menchikov, l’un des économistes et experts sur les Etats-Unis les plus respectés de Russie, qui présenta « la politique industrielle et le climat politique en Russie, sur fond du projet de pont terrestre », plus particulièrement du projet de tunnel sous le détroit de Béring, approuvé par le gouvernement russe.

Reprenant l’analyse de LaRouche sur le danger impérial, le professeur Menchikov montra comment l’empire britannique tente de détruire la Russie depuis la dissolution de l’Union soviétique, en y instaurant un système oligarchique et obligeant Moscou à adopter le modèle économique néo-libéral. Le président Boris Eltsine était l’instrument de cette politique et ce n’est que dans la période récente que Vladimir Poutine réussit à renverser certains de ses effets les plus dévastateurs.
Dans le contexte des efforts du gouvernement actuel et des institutions pour développer les capacités industrielles de la Russie, selon le professeur Menchikov, le projet de tunnel sous le détroit de Béring est crucial, mais ne pourra être réalisé sans la coopération des Etats-Unis, de préférence en collaboration avec la Chine et l’Asie orientale. Pour ce qui est de la Chine, avec son taux de croissance impressionnant et ses exportations, ce projet pour le transport de marchandises devrait s’avérer extrêmement intéressant. Mais sans l’apport des Etats-Unis, « rien ne se réalisera ». Le professeur Menchikov souligna que c’est ce genre de projet qui permet d’« éviter des conflits entre grandes puissances ».

Le discours suivant devait être prononcé par Viktor Razbegin, vice-président du Conseil pour l’étude des forces productives du ministère russe du Développement économique et du Commerce et de l’Académie des sciences. Cependant, en raison d’un changement de gouvernement russe à la veille de la conférence, M. Razbegin n’a pu y assister personnellement et son discours fut lu par Rachel Douglas, de l’EIR. Il portait sur « la liaison intercontinentale multimodale entre l’Eurasie et l’Amérique du Nord : une liaison clé du système de transport mondial », thème que M. Razbegin connaît bien puisqu’il est le promoteur officiel de ce projet et a organisé la conférence historique sur le sujet qui s’est tenue en avril dernier à Moscou, avec la participation de Lyndon LaRouche. Pour le public réuni à Kiedrich, Viktor Razbegin a retracé la genèse du projet depuis le XIXe siècle jusqu’à la création, en 1991, du Groupe interhémisphérique pour le tunnel sous le détroit de Béring et la voie ferrée, suivie en 1996, de la fondation de la Commission intergouvernementale américano-russe, qui a commissionné une série d’études. M. Razbegin a esquissé la faisabilité du projet et ses formidables avantages. Le coût de l’ensemble du projet, avec les lignes ferroviaires, oléoducs et gazoducs, les lignes électriques et de fibres optiques, ne s’élèverait qu’à environ 55 à 67 milliards de dollars.

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Prof. Stanislav Menshikov,
Dr. Sergei Cherkasov, Ilnur Batyrshin
 
 

La troisième intervention, préparée en collaboration avec l’académicien Dmitri Rundqvist du musée géologique d’Etat Vernadsky, appartenant à l’Académie russe des sciences, fut présentée par le Dr Serguei Tcherkasov. Sous le tire « Les corridors de transport en Russie, avantages et désavantages : l’approche des matières premières », ils montrent comment exploiter les vastes ressources minérales de la Russie dans le contexte du projet de Pont terrestre eurasiatique. Il existe actuellement 9000 gisements minéraux connus en Russie, mais le développement d’infrastructures, notamment pour le transport, permettra d’en découvrir beaucoup d’autres, a souligné le Dr Tcherkasov. Il a également évoqué les défis formidables posés par l’Est de la Russie et l’Iakoutie, non seulement le froid, mais aussi la densité démographique extrêmement faible dans cette région. Le monde, conclut-il, doit relever tous ces défis, aussi bien infrastructurels que politiques, sociaux et démographiques.

On a ensuite pu entendre la contribution du directeur de l’Institut de démographie, de migration et de développement régional, Youri Kroupnov. Portant sur le thème : « Le Cosmodrome de Svobodny : une "grappe" potentielle d’entreprises spatiales et un corridor de développement dans la région russe de l’Amur », sa contribution fut présentée par Ilnur Batirchine, chef de la section Jeunes du World Development Network, fondé par M. Kroupnov. Ce projet propose de développer non seulement un site de lancement spatial à Svobodny, dans l’Amur, mais aussi un centre de recherche spatial et industriel, venant compléter le projet infrastructurel du détroit de Béring. Si ce projet est effectivement mis en oeuvre, la population de la ville avoisinante passerait de 20 000 à 200 000 habitants.

Projets pour le Pont terrestre eurasiatique

Dans une session intitulée « Projets du Pont terrestre eurasiatique », différentes réalisations spécifiques ont été examinées par Hal Cooper, ingénieur de Cooper and Associates, Markku Heiskanen, collaborateur de l’Institut nordique des Etudes asiatiques et ancien directeur adjoint du Plan du ministère finnois des Affaires étrangères, et Nino Galloni, économiste italien.

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Dr. Markku Heiskanen, Hal Cooper,
Dr. Nino Galloni
 
 

Le Dr Cooper a d’abord présenté à Helga Zepp-LaRouche, connue en Chine comme la « dame de la route de la soie », un tableau du projet de tunnel sous le détroit de Béring allant de Wales, en Alaska, à Uelen, en Choukotka (Russie), avec des lignes maglev. M. Cooper, qui travaille en pionnier depuis des années sur ce projet, présenta ensuite sa projection d’un corridor reliant la Chine et le Mexique, en passant par la Russie, le Canada et les Etats-Unis. Aux Etats-Unis, des liaisons s’étendraient jusqu’aux côtes orientale et occidentale, et une autre entre l’Alaska et Chicago. Ce pont terrestre serait multimodal, c’est-à-dire permettant le transport de passagers et de fret, et doté d’oléoducs et de gazoducs. On pourrait développer un véritable « corridor de transport » facilitant le développement de la bande terrestre tout le long du corridor, de part et d’autre. Cooper estime que 20 % des conteneurs transportés dans le monde pourraient emprunter le tunnel sous le détroit de Béring. Le coût de la voie ferroviaire est estimé entre 6 et 10 milliards de dollars, celui du tunnel entre 10 et 15 milliards et l’ensemble du projet à quelque 65 milliards de dollars. Soit une somme bien inférieure au coût de la guerre en Irak.

Le Dr Markku Heiskanen a ensuite évoqué la liaison scandinave au Pont terrestre eurasiatique. L’Eurasie est un seul continent, souligna-t-il, qu’il ne convient pas de couper artificiellement au niveau de l’Oural. Plusieurs corridors existent déjà en Europe du Nord, dont le Transsibérien, long de 9200 kilomètres, reliant Moscou et Vladivostok. Cette ligne, la plus longue au monde, est entièrement électrifiée et informatisée.

M.Heiskanen discuta en détail des possibilités de relier la péninsule coréenne à la Russie, créant la « route de la soie ferroviaire ». La ligne de base est déjà en place, puisqu’en 2001, lorsque le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il rendit visite au président Poutine, il voyagea en train de Pyongyang à Saint-Pétersbourg, à quelques heures de la frontière avec la Finlande et l’UE. La compagnie des chemins de fer russes négocie depuis quelques années la reconstruction de la section orientale du Transcoréen et son raccordement au Transsibérien. Ce projet, estimé à 2 milliards de dollars, créerait l’un des corridors pour marchandises les plus courts entre l’Europe et l’Asie, et les biens sud-coréens destinés à l’Europe pourraient transiter par la Corée du Nord et la Russie. Cette ligne couvrirait les 12 000 km entre le port sud-coréen de Pusan et Moscou, ramenant le temps de livraison de13 à 18 jours, contre les 30 à 40 actuellement nécessaires par mer.

Attirant l’attention sur la Méditerrannée, l’économiste italien Nino Galloni discuta d’un projet de liaison sur les 147 km séparant Pizzolato, en Sicile, et Cap Bon, au nord-est de la Tunisie. L’Agence italienne des Energies alternatives et le gouvernement régional de la Sicile ont déjà présenté une étude de faisabilité pour ce projet, estimé à 20 milliards d’euros, et comportant surtout un tunnel sous la mer. L’on propose de créer quatre îles avec les déblais, réduisant ainsi le coût d’élimination des déchets et ramenant chacun des segments du tunnel à seulement 30 km. Ce projet pourrait être inclus dans le réseau d’infrastructure global allant du détroit de Béring à la Méditerranée et, de là, en Afrique. D’autres projets intéressants sont le pont sur le détroit de Messine, en Italie, et le tunnel de Gibraltar (30 km), entre l’Espagne et le Maroc.

Des technologies pour reconstruire le monde

Le deuxième jour de conférence commença avec une interprétation de l’Ave Verum Corpus de Mozart, par le LYM, sous la direction de Karsten Werner. Une belle introduction au discours de Helga Zepp-LaRouche, sur le thème : « La nouvelle renaissance culturelle dans l’âge de la Raison à venir ». Elle s’attacha plus spécialement à dénoncer les graves erreurs commises en Europe depuis la chute du mur de Berlin, en 1989. Au lieu de saisir l’occasion pour mettre en oeuvre les projets d’infrastructure à grande échelle entre Est et Ouest, pour lesquels l’Institut Schiller faisait campagne à l’époque, en vue d’unir les pays européens dans un dessein commun de développement, c’est le modèle néo-libéral qui a été poussé à fond. Aujourd’hui, nous voici à nouveau confrontés à la question cruciale : pouvons-nous nous mobiliser et mobiliser nos pays de manière à servir nos intérêts bien compris et garantir une civilisation épanouie pour les 50 prochaines années ? Mme Zepp-LaRouche est convaincue que l’Europe n’y parviendra qu’à condition d’abandonner le traité de Maastricht et de former une « Europe des patries », dans le sens où l’entendait de Gaulle, en vue de développer la coopération avec toute l’Eurasie.

Pour cela, l’Europe doit reprendre le meilleur de ses 3000 ans de civilisation, rejetant la « culture de masse » déshumanisante, qui abrutit délibérément les individus. La vision de Mme Zepp-LaRouche s’appuie sur celle de Leibniz, Lessing et Schiller.

Au cours de la troisième session, le public a d’abord entendu le professeur Pirouz Moitahed Zadeh, professeur de géographie politique à l’université Tarbiat Modarres (Téhéran) et président de l’Urozevic Research Foundation de Londres. Après avoir confirmé la mise en garde de Lyndon LaRouche sur le danger posé par le système impérial britannique, le professeur iranien a mis en garde contre le danger de troisième guerre mondiale découlant de cette politique. Les néoconservateurs, à commencer par Tony Blair et Dick Cheney, veulent la guerre et la destruction, comme on le voit en Afghanistan, en Irak et au Soudan. Maintenant, ils comptent lancer une guerre contre l’Iran, sous prétexte qu’il développe un programme d’armes nucléaires. Avec cette guerre contre la République islamique d’Iran, c’est tout le monde musulman qui serait visé, déclenchant le fameux « choc de civilisations » cher à Samuel Huntington. L’Iran a besoin de l’énergie nucléaire, expliqua le professeur Zadeh, notamment pour changer une situation économique malsaine, dans laquelle les recettes de pétrole et de gaz constituent 80 % de ses recettes en devises et couvrent 40 % du budget national.

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Ahmed Kedidi 
 

Il fut suivi par le professeur Ahmed Kedidi, de l’université de Doha, au Qatar, qui développa le thème du « développement des pays du Golfe et du Magreb ». Ami de Lyndon LaRouche et de son mouvement politique depuis 25 ans, le professeur Kedidi a évoqué l’impact de ses idées dans la région. Pour lui, LaRouche tente de « réunir l’histoire et la géographie ». Il a ensuite esquissé le développement de la région et de l’islam au cours des 15 derniers siècles, depuis l’Empire ottoman jusqu’à l’infâme partage de la région en vertu du traité Sykes-Picot, et jusqu’à aujourd’hui. Il a opposé l’approche de « la paix par le développement », prônée par LaRouche, à la politique britannique de division, où Israéliens sont montés contre Palestiniens, où les gens de la région sont traités de la même manière que les Romains traitaient les gladiateurs. Le professeur Kedidi a appelé les participants à se bagarrer avec les idées de LaRouche, comme il l’a fait lui-même.

La parole fut donnée ensuite au Dr Holger Beckmann, de l’université de la Ruhr à Bochum, qui décrivit le « Système de cargo souterrain automatique, une technologie de transport pour l’avenir » (en abrégé, Cargo Cap). Il s’agit d’un ingénieux système pour le transport de marchandises à l’intérieur d’une ville : on charge des palettes standard dans des capsules se déplaçant dans des tubes souterrains, d’un diamètre de 1,8 mètres. Chaque capsule est indépendante et entièrement automatisée. Les palettes peuvent être déchargées à différentes gares souterraines dans la ville. Une maquette de ce système a déjà été construite à son université. On pourrait creuser les tunnels nécessaires à l’aide des techniques désormais standard, et le système aura une efficacité incomparablement plus grande que le transport en camions, sans embouteillage.

 
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 Pierre Chiquet
 

Le dernier orateur de cette troisième session fut Pierre Chiquet, fondateur des centres spatiaux de Brétigny et Toulouse, et de la plateforme de lancement de Kourou. Son thème : « Grands projets et haute technologie : redécouvrir le volontarisme de la période de reconstruction d’après-guerre ». Pionnier du programme spatial français, M. Chiquet en retraça le développement, qui devait tant à la vision de de Gaulle et de Kennedy. Sa présentation a montré la nécessité de faire revivre cette vision chez les jeunes, dont l’enthousiasme ne connaît pas de bornes. Nous devons éliminer le pessimisme, dit-il, et revenir à une société optimiste, comme à l’époque.

Un nouveau paradigme

La session finale de la conférence était assurée par Amelia Boynton Robinson, la « grandedamedes droits civiques » aux Etats-Unis,suiviede JacquesCheminade,présidentdeSolidaritéetProgrèsenFrance,etdemembresdu LYM.

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Amelia
Boynton
Robinson
 
 

Mme Boynton Robinson commença en rappelant sa lutte, longue de presque huit décennies, pour la justice et la dignité humaines. Née en 1911, Amelia a commencé àlafin des années 1920 à militer pour le droit de vote, avant de s’engager dans le mouvement de Martin Luther King, puis dans celui de Lyndon LaRouche. Elle rappela que feu Rosa Parks avait fait avancer la lutte en 1955, simplement en refusant de céder sa place à un Blanc dans un bus. Elle refusa en sachant qu’elle courait le danger d’être arrêtée ou même tuée. Par la suite, Martin Luther King est venu en Alabama, l’Etat d’Amelia, pour y rester un an. Face à l’escalade de la situation, le Dr King organisa une marche de Selma jusqu’à Montgomery, la capitale d’Alabama, le 7 mars 1965. En souvenir de la brutalité extrême des policiers d’Etat, qui rouèrent de coups Amelia et la laissèrent pour morte sur la chaussée, refusant l’accès aux ambulances, ce jour fut baptisé le « dimanche sanglant ». Cette démonstration de force aussi violente, face à des gens désarmés, provoqua un retour de flammes, mobilisant des gens dans tous les Etats-Unis contre le racisme. Quelques mois plus tard, le Congrès adoptait la loi sur le droit de vote, que le président Lyndon Johnson signa, en présence d’Amelia Boynton Robinson, l’une des invitées d’honneur.

Cette histoire, dit-elle, montre l’importance d’avoir de la conviction, et de la persévérance, pour réaliser son rêve. Des années plus tard, elle rencontra des collaborateurs de LaRouche qui lui ont parlé d’un projet pour faire reverdir le Sahara. Une cause pour laquelle elle jugea nécessaire de s’engager et, depuis 1984, elle est membre dirigeante de l’Institut Schiller.

Jacques Cheminade a commencé avec les mots « J’ai un rêve ». Mais il deviendra réalité, car il y a tant de jeunes qui se battent pour le réaliser. Pour le nouveau millénaire, un nouveau paradigme culturel est nécessaire, dit-il. La vieille ère, avec son obsession pour les sens, les émotions et l’irrationalité, avec ces jeux de pouvoir, sera remplacée par un désir de justice et de vérité qui demande une nouvelle façon de penser, qui libère l’homme de la manipulation par les sens - la barbarie dont parle Schiller dans ses Lettres esthétiques.

La nouvelle ère sera donc dominée par le partage des avantages du travail créateur avec le reste du monde. Le nouveau paradigme culturel repose sur le sublime et, comme dans la contribution de Kepler, il reconnaît que l’univers est dans l’esprit humain, et pas en dehors de lui. Le pont terrestre est un défi pour toute l’humanité, exigeant de se changer au plus profond de soi et de développer un « sixième sens » pour cela. Nous avons besoin, dit Cheminade, d’un engagement similaire à celui de Beethoven lorsqu’il écrivit « Muss est sein ? Es muss sein ! »

La session s’est poursuivie avec la présentation par des membres du LYM du travail politique et scientifique qu’ils accomplissent dans les différents pays du monde. A la demande du LYM, la conférence s’est terminée par une belle intervention de Lyndon LaRouche sur l’importance des recherches scientifiques, dans lesquelles on reproduit en soi les grandes découvertes du passé et tout le processus ayant mené à leur réalisation.

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