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Les éditoriaux de Jacques Cheminade

2009

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Par Jacques Cheminade


Le 1er janvier 1959, j’étais en Amérique du Sud. Les barbudos castristes entraient triomphalement à La Havane. J’y voyais, adolescent, la fin d’un monde, celui de la souffrance de ceux d’en bas et du confort stupidement satisfait de ceux d’en haut. J’ai depuis perdu mon enthousiasme pour les épopées trop faciles, Cuba étant devenue ce que l’on sait et les années de plomb ayant fait que je ne sois jamais revenu vivre sur le continent où je suis né.

Cependant, s’il a perdu son objet d’alors, mon enthousiasme est demeuré le même et je suis heureux de l’avoir conservé pour des causes plus réfléchies. Aujourd’hui, si je ne m’étais pas engagé dans ma vie comme je l’ai fait, j’aurais trahi cet élan de mon passé vers plus de justice et si je m’étais limité formellement à ce à quoi je croyais, je ne serais qu’un inutile romantique de plus. D’être resté ainsi, au fond de moi-même, dans le camp du changement et de la remise en cause est ce qui me permet de me sentir à la mesure du défi qui vient. Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve, pourvu que nous engagions toutes nos forces pour le salut. C’est pourquoi nous pouvons faire de 2009 une année belle et heureuse dans le combat.

Les apparences sont pourtant terribles. En s’effondrant, le système financier et monétaire international provoque d’abord une terrible déflation, et la réaction de ceux qui font fonctionner à fonds perdus les planches à billets pour tenter de sauver les intérêts financiers qui ne peuvent pas l’être, condamne ensuite le monde, si rien ne change, à une hyperinflation destructrice de tout avenir. Ce sont les conditions de l’Allemagne de Weimar en 1923 mais cette fois à l’échelle du monde.

Plus personne ne peut se mettre la tête dans le sable. En novembre, la France a connu la plus forte augmentation du taux de chômage de son histoire et en décembre, l’indice PMI du secteur manufacturier de la zone euro est tombé à son plus bas niveau depuis sa création. Partout en Europe les ménages ne consomment pas, les entrepreneurs n’embauchent pas ou débauchent, les investisseurs n’investissent pas et les banques ne prêtent plus. La paralysie économique s’accompagne d’un recul social, la dernière enquête du Credoc venant confirmer l’aggravation de la situation pour les plus pauvres dans un pays, le nôtre, où 39% des habitants remettent à plus tard une dépense médicale ou y renoncent.

La crise s’étend, la Chine et la Russie ne sont pas épargnées.

Dans ces conditions, l’espérance me vient de ce que les illusions imbéciles se dissipent, et qu’un monde où gérer une banque était plus profitable que de la cambrioler va disparaître.

La question est par quoi nous le remplaçons. Nous sommes peu à voir avec les yeux du futur, après avoir fait le bon diagnostic du passé, ce qui nous donne une responsabilité particulière. Nous savons désormais qu’il y a devant nous ou bien la destruction et le chaos, avec ce que certains appellent déjà un « fascisme universel », ou bien un nouvel ordre économique, social et monétaire international redonnant priorité à la découverte, à la création et au travail humain.

Je revois dans ma mémoire les barbudos satisfaits d’eux-mêmes et courant à l’échec pour n’avoir pas mesuré leur combat à la dimension universelle. Cette fois, 2009 nous attend, pour que dans la réalité nouvelle, idéal et réel puissent enfin s’épouser.

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