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Les éditoriaux de Jacques Cheminade

Amont d’Auschwitz

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Auschwitz-Birkenau, Treblinka, Belzec, Sobibor, Chelmno, Madjanek : là fut commis le crime absolu du XXème siècle, l’extermination de 5 à 6 millions de juifs et de 200 000 à 400 000 Tsiganes pour le simple fait d’être nés. Dans les enfers terrestres de ce siècle de fer, les nazis ont voulu anéantir l’idée même de genre humain.

Avec une odeur de feu, de cendres humaines et de déjections, des êtres encore vivants dévorés par les poux et creusés par la dysenterie, et des cadavres dénudés entassés dans les chambres à gaz ou brûlés par l’épuisement d’un travail forcé viennent aujourd’hui nous interpeller au nom des générations à naître.

C’est à cette interpellation, j’en suis le plus intimement convaincu, que les commémorations actuelles ne répondent pas. Le déporté Roger Perelman nous dit justement que « la vérité, c’est que le régime nazi pourrait se reproduire n’importe où, à tout moment. » Que devons nous faire, ici et maintenant, pour l’empêcher ?

Tout d’abord, ne pas nous considérer quittes en faisant la morale, comme si nous-autres, adultes de 2005, étions porteurs d’une vertu que n’avaient pas nos prédécesseurs. Les camps d’extermination doivent demeurer quelque chose qui continue d’interroger. Ensuite, l’on ne peut se réfugier dans de vagues considérations sur la banalité du mal. Les nazis entendaient, et c’est ce qu’Auschwitz a de terriblement spécifique, effacer avec les juifs ces idées de justice et d’égalité entre les hommes qui sont la référence des fils d’Abraham, la matrice du judaïsme et de ses descendances religieuses, intellectuelles et politiques. Enfin, l’on n’a pas le droit de dire qu’on ne peut comprendre Auschwitz, car aucun événement humain ne doit échapper à la raison. L’admettre serait perdre le sens moral de ce qui fait la spécificité de notre espèce.

Mais surtout, nous devons travailler sur tout ce qui s’est passé en amont des chambres à gaz, et qui leur a permis de fonctionner, pour que plus jamais les feux ne se rallument et que des être humains soient traités pire que des bêtes.

Or, aujourd’hui, des conditions économiques et sociales semblables à celles de la fin des années vingt et du début des années trente se produisent à l’échelle du monde. Un système financier, monétaire, économique et culturel s’effondre, faute d’avoir respecté - cette fois encore - ce qui est humain en l’homme. Le concept de guerre préventive, adopté et appliqué par l’Administration Bush, la torture infligée à ceux qu’on désigne comme des hors la loi, le pillage économique de la substance de son propre peuple, comme le veulent aujourd’hui comme en 1929 les oligarchies financières, font apparaître de nouveaux monstres à l’horizon. Ce que nos prédécesseurs du milieu du XXème siècle n’ont pas fait, c’est donc à nous de le faire. La pauvre face infirme de Jean Moulin, celle de son dernier jour, était le visage de la France. Aujourd’hui, il doit nous inspirer pour arrêter la machine infernale, pour que nous devenions citoyens d’un monde meilleur dans lequel occuper la dernière place est plus honorable que d’être installé à la première de l’ordre officiel.

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