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Les analyses de Jacques Cheminade

Arrêter l’hypocrisie, relancer l’économie

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Les analyses de Jacques Cheminade sont publiées tous les quinze jours dans le journal Nouvelle Solidarité, sur www.solidariteetprogres.org ainsi que www.cheminade2007.org, et consitutent le principal regard du candidat à la présidentielle de 2007 sur l’actualité française et internationale.

Les PME sont le moteur de l’économie française : 69 % des emplois et 62 % de contribution au produit intérieur brut (PIB). Elles n’ont rien à voir avec les entreprises du CAC 40, dont près de la moitié du capital est possédé par des investisseurs étrangers et qui réalisent 75 % de leur chiffre d’affaires et 80 % de leurs bénéfices à l’étranger. Aussi, il faut une politique en faveur de ces PME et d’elles seules, avec une logique de production nationale. Nous devons les aider et les protéger contre un capital financier de joueurs errants, qui passent d’une table de jeu à l’autre sans être liés à aucune cause humaine à long terme.

Le cadre international

Ce qu’il faut, c’est d’abord rétablir la croissance. Une croissance sûre, à long terme. La responsabilité de l’Etat est de mettre en oeuvre un cadre de vie économique anti-spéculatif à l’échelle française, européenne et internationale : il faut nous battre pour un nouvel ordre économique et monétaire international, qui doit devenir la cause de l’Europe. Cela suppose qu’on ait le courage d’affronter l’oligarchie financière anglo-américaine et la synarchie européenne, en remettant l’argent au service de la production, du travail et des infrastructures. Cela s’appelle un nouveau Bretton Woods. Le système de banques centrales européennes, qui s’appuie sur un ordre monétaire à court terme, doit être remplacé par un système de banques nationales, émettant du crédit productif public à long terme : du crédit pour de grands projets de développement Est-Ouest et Nord-Sud, associant les PME à cet effort.

Pour cela, les PME doivent de plein droit bénéficier de 25 % de tout contrat confié à une instance gouvernementale. Voilà la formule d’un décollage réel ! Cependant, c’est aujourd’hui impossible : dans l’Accord sur les marchés publics (AMC) de l’OMC, l’Europe s’est engagée à interdire cette possibilité, contrairement aux entreprises américaines qui ont obtenu une exception. De plus, des directives européennes s’opposent à la mise en place de clauses donnant un « avantage concurrent » à une catégorie d’entreprises. Résultat : l’Europe des grands projets est au régime sec, il n’y a pas d’argent pour les grands chantiers, et s’il y en avait, les PME ne pourraient pas y participer. Bravo les artistes !

C’est précisément pourquoi il faut tirer un trait sur les erreurs commises depuis plus de trente ans, favorisant toujours le capital financier, et bâtir un nouvel ordre économique basé sur le travail et le développement mutuel, en Europe et dans le monde, dans la tradition de Franklin Roosevelt et du Préambule de notre Constitution de 1946, repris en 1958.

Quand un système devient insupportable, il en faut un autre. C’est le cas aujourd’hui, d’autant plus que l’actuel s’effondre sous le coup des bulles financières (logement, produits financiers dérivés, matières premières, hedge funds...). L’entrepreneur, avec ses équipes de travailleurs, doit être la base de ce nouvel ordre économique plus juste. Et quand nous disons « entrepreneurs », nous ne voulons pas dire les Pinault, les Arnault ou les Bébéar, qui sont des pirates de la finance !

Les mesures nationales

C’est bien beau d’aider les Gazelles (1), mais on doit faire beaucoup mieux.

  • Le fonds européen contre les délocalisations ne doit pas se limiter à 500 millions d’euros par an, mais être quatre fois plus élevé si l’on veut être un tant soit peu sérieux.
  • Un grand projet pour la recherche, soutenu par la Banque européenne d’investissement, doit porter sur 200 milliards d’euros, si l’on veut faire les choses au niveau nécessaire. Des fonds pour l’innovation doivent relayer cet effort au niveau national.
  • Il faut créer, avec le soutien public, de grands fonds d’investissement dans les PME, pour avoir une vraie politique de capital-risque. Pourquoi ne pas considérer l’exemple québécois d’un fonds syndical d’investissement dans les PME ?
  • Les exonérations de cotisations sociales, salariales et patronales, dans lesquelles on ne se reconnaît plus, doivent être systématiquement liées à la création effective d’emplois.
  • Une imposition différenciée doit fortement favoriser les profits réinvestis au détriment de la distribution des dividendes.
  • Une formation professionnelle digne de ce nom doit enfin être mise en place, au bénéfice des PME et des travailleurs. Le simple enregistrement des formateurs est insuffisant ; il faut que la déclaration d’activité soit suivie, au bout de deux ans, d’une vérification du parcours et de la compétence de l’organisme de formation.

Le système actuel produit de l’infidélité : infidélité des Français à un Etat qui ne se respecte plus lui-même, infidélité des Etats au droit international, infidélité de l’entrepreneur à ses employés et des employés à leur entreprise. Ce que veulent travailleurs et entrepreneurs, c’est une fidélité mutuelle pour le bien commun, pour que leurs enfants et petits-enfants vivent mieux qu’eux-mêmes dans un pays ayant retrouvé l’estime de soi. L’élection présidentielle doit être l’occasion de défendre ce cadre de vie, avec le courage politique nécessaire. Sortir le nez du guidon, voir avec les yeux du futur : c’est aujourd’hui nécessaire pour ne plus tomber.

Note

1) Environ 2000 entreprises qui comptent entre 5 et 250 salariés ont reçu le label « Gazelle ». Il s’agit des plus performantes sur deux années consécutives, opérant avec un taux de croissance exceptionnel (augmentation du chiffre d’affaires de 34 % en 2003, puis à nouveau en 2004). Elles bénéficient d’un programme d’aide visant à leur apporter des financements, l’accès à des « conseils d’experts » (en matière comptable et juridique) et un soutien des investisseurs de proximité. De plus, l’Etat a prévu en leur faveur « un nouveau mécanisme de gel de l’impôt sur les sociétés » afin de « neutraliser toute augmentation de cet impôt durant la période de croissance ».

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