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Communiqué de Jacques Cheminade

Attentats aux Etats-Unis : éviter la fuite en avant ; chercher les complicités intérieures

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Paris, le 14 septembre 2001 - Si je n’ai pas voulu réagir tout de suite aux attentats terroristes aux Etats-Unis, c’est parce que la passion est toujours mauvaise conseillère lorsque se produisent des événements de cette envergure. Condamner ces actes barbares et exprimer sa solidarité au peuple américain est en effet dérisoirement insuffisant ; ce qui est demandé à un homme politique responsable est de fournir les éléments dont il dispose pour définir une stratégie.

1) Les actions menées n’ont pu l’être par une simple organisation terroriste ; elles ont exigé une compétence impliquant la participation d’éléments haut placés dans les services de renseignements et l’appareil d’Etat d’un des principaux pays du monde.

2) L’ensemble de l’opération a exigé, hors des Etats-Unis et à l’intérieur de ce pays, plusieurs mois de préparation avec la participation de plus de cent personnes. On ne peut qu’être surpris que la principale puissance du monde, avec les moyens d’écoute et de renseignement dont elle est dotée, n’ait pu repérer ces préparatifs.

3) La connaissance par les « terroristes » des procédures et des codes secrets, ainsi que des déplacements de l’avion de George W. Bush, indiquent, comme l’écrit Jeremy Laurance dans l’Independent, la forte possibilité de la présence d’une « taupe » à la Maison Blanche ou à des niveaux très élevés au sein du FBI, de la FAA, de la CIA ou des services secrets américains en général.

4) Ces éléments de fait confirment que l’acte de guerre entrepris contre les cibles américaines n’est pas une « opération terroriste » au sens habituel du terme, mais une opération géostratégique menée avec des moyens d’Etat.

5) Dans ces conditions, les accusations portées contre « l’organisation Ben Laden » n’ont de sens que si l’on signifie par là des éléments qui, lors de la guerre d’Afghanistan, ont été déployés, entraînés et techniquement formés par des services, principalement américains, mais aussi britanniques, israéliens et pakistanais.

6) Aujourd’hui, en désignant Ben Laden, le Proche-orient et les islamistes, le but recherché, comme l’a souligné le ministre des Affaires étrangères norvégien, est d’entraîner un George W. Bush mesurant mal les enjeux, dans des « représailles irrationnelles ».

7) C’est ici qu’est la clé de l’enjeu : ceux qui ont déclenché la barbarie ont entrepris une guerre psychologique amenant directement et principalement à des « représailles ». En ce sens, l’on peut dire que, comme au moment de la guerre du Golfe mais à une échelle bien plus générale, les « représailles » provoquées sont le but visé par l’acte « terroriste ». Ce but consiste à entraîner les Etats-Unis et l’ensemble des pays occidentaux, liés par l’article 5 de l’OTAN, dans une aventure débouchant non seulement sur un conflit sanglant au Proche-orient, ou ailleurs, mais aussi sur le « choc des civilisations » espéré par Samuel Huntington et Zbigniew Brzezinski entre « l’Ouest » (et éventuellement la Russie) et le monde arabo-musulman. D’ores et déjà, les Etats-Unis sont sortis de l’isolement dans lequel leur arrogance et leur politique unilatéraliste les avaient enfermés depuis des mois et ont réussi à nouveau à rassembler les principales puissances autour d’eux.

8) C’est ici que les « élites » et les responsables de mon pays en général ne veulent pas voir la réalité. En effet, si certains éléments de l’oligarchie anglo-américaine, reliés traditionnellement aux services secrets, peuvent entreprendre de se lancer dans une telle aventure, c’est parce que le monde dans lequel nous entrons est tragique, défini par une tragédie qui est la chute du système financier et monétaire international actuel.

Face à cette chute, ceux qui savent que les solutions supposeraient leur mise à l’écart du pouvoir, n’ont plus à jouer que la carte du chaos. Ceux qui, en France, voient dans le monde survenir une simple récession ou une crise cyclique ne peuvent pas comprendre ce dont je parle ; je leur conseille de prendre connaissance de la tentative d’assassinat entreprise contre Franklin Delano Roosevelt le 15 février 1933 et de la chape de plomb jetée par les « élites » américaines sur les assassinats de J.F. Kennedy et de son frère Robert, ce dernier déjà par un « palestinien ».

9) L’on dira encore que les autorités d’un Etat ou ses services secrets ne laisseraient jamais se commettre de telles opérations criminelles contre leurs propres ressortissants. Ce dont les responsables de mon pays ne se rendent pas compte est que les services secrets américains sont pénétrés par des familles de l’oligarchie, bien plus qu’en France où un appareil d’Etat est en place, pour le meilleur ou pour le pire. Ces familles allient souvent intérêts financiers et convictions fondamentalistes religieuses : l’actuel ministre de la Justice américain, John Ashcroft, en est un exemple. Au-delà de l’image mythique qu’on peut avoir des Etats-Unis, souvenons-nous que ce sont des Américains qui ont assassiné les Présidents les plus populaires de ce pays : Lincoln et Kennedy. Rappelons-nous aussi la façon dont un véritable Etat dans l’Etat avait organisé les relations entre la Contra au Nicaragua et les Mollahs iraniens. N’oublions pas que plus récemment, dans l’attentat d’Oklahoma City, le FBI a étouffé des milliers de documents prouvant que McVeigh, le principal suspect, n’avait pas agi seul mais avec un réseau complexe. Lorsque celui-ci a tenté, sur cette base, d’obtenir un nouveau procès, John Ashcroft est intervenu personnellement pour le faire taire, en rejetant sa demande et lui faisant subir, le plus vite possible, la peine capitale.

10) Ma conclusion est qu’il faut avant tout raison garder. Je reprends ici les appels de Lyndon LaRouche, mon ami américain, qui a souligné que les Etats-Unis, avec la Russie, la Chine, l’Allemagne et la France, entre autres, doivent calmement examiner les causes des actes de barbarie perpétrés, en ne se laissant pas entraîner vers des pistes impliquant sans doute des hommes de terrain, mais non ceux qui les ont commandités, organisés et couverts. Jeremy Laurance, dans l’Independent, incite d’ailleurs les Etats-Unis à d’abord balayer devant leur porte, pour rétablir les conditions de fonctionnement d’un appareil d’Etat délivré de ses influences néfastes.

Cet examen devrait du même élan entraîner les principaux dirigeants du monde, ainsi réunis, à mettre en place les premiers éléments d’un nouveau Bretton Woods, mettant fin à la loi de la jungle actuelle sur les marchés et rétablissant un ordre financier et monétaire international digne de ce nom.

11) Enfin, toute opération entreprise, en Afghanistan ou ailleurs, sans avoir réfléchi aux causes profondes, conduirait au désastre mondial voulu par les instigateurs de la barbarie. Nous autres, Français, ne devrions plus avoir la mémoire courte. Par exemple, le 8 mai 1945, après le meurtre de 103 européens à Sétif, nous avons laissé massacrer près de 15.000 algériens par vengeance. Ce sang est retombé sur nos têtes dans les conditions que l’on sait. Aujourd’hui, le drame serait à l’échelle du monde. Le nouveau nom de la paix est le développement économique mutuel, dans des conditions de sécurité qui permettent de l’assurer, sans se laisser égarer par l’esprit infantile de vengeance ou d’autres passions plus ou moins troubles.

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